Blues andalou

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Des rudesses parfumées de son terroir aux "Trottoirs de Buenos-Aires" à Paris, Viviane élargit ses pas jusqu'à Juan en passant par l'astrologie et la psychanalyse. Juan et Viviane, deux points situés aux antipodes, font très vite l'expérience de la force d'attraction... L'un est scientifique, l'autre est versée dans les étoiles, les rêves et l'inaxpliqué...
Publié le : mardi 1 novembre 2011
Lecture(s) : 17
EAN13 : 9782296473935
Nombre de pages : 302
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© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55301-9 EAN : 9782296553019
Blues andalou
Joëlle Pailler Blues andalou roman L’Harmattan
A ma famille, à mes amis,
à mes élèves.
PROLOGUE
Novembre 1996
u Jardin des Plantes, le ginkgo biloba resplendit de ses A quarantemilleécusenéventailsdor.Lescrisdungibbon déchirent le ciel d’automne aux teintes tendres de quartz mauve. Les sons fusent triomphants puis retombent pour se répandre sur une nature cristallisée en ses dernières beautés. Ma traversée du parc est rythmée par des messages de vie grouillante ou aérienne, des odeurs fauves, des senteurs de pommes acides, de mousses après l’ondée. Ces forces enchanteresses m’éloignent des maux passés et retardent ceux à venir. L’osmose avec la nature est une renaissance. Un bonheur qui me chavire puis m’apaise. Une sorte de rendez-vous bienveillant avec mon âme. Mon intérieur se cale alors sur des énergies spéciales d’où émane une volonté qui ne vient plus de mon esprit mais plutôt de mon ventre. Je pose alors un regard tranquille, saisis des beautés, humbles, surprenantes qui, quelques instants plus tôt, m’échappaient encore. La marche cadencée devient une compagne qui contrecarre mes états d’âme. Avec elle et par elle, je secoue les époques, mes hésitations du jour. Je l’aime quand,
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BLUES ANDALOU
impérieuse, elle s’impose en flânerie introspective qui met en relief certains pans négligés de mon passé. En marchant je les revisite de façon plus musclée ou les revois avec plus de conscience et de réalisme. Si les uns passent comme des anges, je laisse aller, si d’autres se redressent avec insistance, je note au passage le retour à leur accorder… La marche, c’est un miracle qui bouscule l’étreinte tyrannique de sourdes angoisses. Elle m’offre, en un éclair, un champ poétique où les effluves de périls passés se suspendent aux arbres. Ils sont des bornes tranquilles à la sagesse séculaire. Près d’eux, les battements de mon cœur affolé sont souvent venus se perdre. Lavée, allégée, réparée, je repartais. Il m’arrive encore de connaître des lendemains de nuit sans sommeil qui me trouvent dessaisie de toute faculté à m’enchanter. Mon amour de la vie est sapé. Je traîne alors tout le jour un corps de suppliciée, partagée entre la prostration qui m’atomise et la fureur d’avoir perdu l’agilité de la veille. Rodée à cette alternance, je reconnais vite mon passé bourdonnant d’exigence ! Quand va-t-il me laisser en paix ? Et ma bouche qui, en ces instants lugubres, n’en finit pas de se remplir du même poison amer… un jour, une nuit… je tarirai la source, je le sais, je le jure. Dans les lueurs automnales étonnantes de promesses, mon esprit se sent libre. Mon cœur, prudent encore, semble vouloir mettre un terme à une semi-jachère volontaire.
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