Cher Papa, Chère Maman

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Un immigré est enfin arrivé à Bruxelles, son Eldorado. Il écrit sa première lettre à ses parents. Un homme retrouve le quartier de son enfance. Un jeune ouvrier a hérité d'un terrain dans un quartier de bourges. Il y bâtit sa maison. Un garçon obèse renait en apprenant qu'il ressemble à Bill Haley, le roi du rock and roll... Dix-sept variations sur la solitude. Toutes empreintes de peintures et de musiques, ces nouvelles finissent par ne plus faire qu'un seul récit : celui du combat pour la vie.
Publié le : vendredi 1 mars 2013
Lecture(s) : 18
EAN13 : 9782296532526
Nombre de pages : 97
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Un immigré est enîn arrivé à Bruxelles, son Eldorado. Il écrit sa première lettre à ses parents. Un homme retrouve le quartier de son enfance. Un jeune ouvrier a hérité d’un terrain dans un quartier de bourges. Il y bâtit sa maison. Un garçon obèse renait en apprenant qu’il ressemble à Bill Haley, le roi du rock and roll… Dix-sept variations sur la solitude. Solitude subie ou recherchée par des hommes ou des femmes vivant cependant en famille, en société. Toutes empreintes de peintures et de musiques, ces nouvelles courtes, très courtes înissent par ne plus faire qu’un seul récit : celui du combat pour la vie.
Iction dans diverses revues d’architecture et autres.
Illustration de couverture : © Stockbyte
ISBN : 978-2-296-99842-1 12 €
Paul Van Ackere
Cher Papa, Chère Maman
Nouvelles
Cher Papa, Chère Maman
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Labbé (François),L’Imbécile heureux, 2012. Le Forestier (Louis),La Vie, la Mort, l’Amour, 2012. Dini(Yasmina), Soroma (Joseph),L’Amante religieuse, 2012. Mandon (Bernard),L’Exil à Saigon, 2012. Mouton de Ponthieu (Caroline),Le Cœur des filles, 2012. Evers ( Angela) ,L’Apnée, 2012. Milo ( Chiara) ,Passion 68, 2012. Bilas (Charles),La Boîte en fer, 2012. Josserand (Sylvain),Courts métrages, 2012. Garrido Palacios (Manuel) ,Nuit de chiens, 2012. Humbertclaude (Eric),BasculepuisVulnus, 2012. B-Rittener (Patrice),Je n’aurais pas dû écouter Léna…, 2012. Albert (Laurence),Sans adieu, 2012. Bréna (Patrice),Bois sacré, 2012. Carrère (Pascal),Les Involontaires, 2012. Lallement (Anne-Marie),La Mémoire-allées, avec le soleil, 2012. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.harmattan.fr
Paul Van Ackere Cher Papa, Chère Maman Nouvelles
Du même auteur Courts Métrages,L’Harmattan, 2010. © L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99842-1 EAN : 9782296998421
Cher Papa, Chère Maman vo«usn’avez pas cru que j’étais mort. Avec tout ce qu’on Cher Papa, Chère Maman, C’est la première lettre que je vous envoie. J’espère que raconte dans les journaux ! Non, je suis bien vivant et je vis dans un bel appartement (voyez la photo de l’immeuble, tout moderne !). Le voyage a été long et pénible. Mais le passeur a été régulier. L’argent du terrain n’aura pas servi en pure perte. D’ici quelque temps, je pourrai vous rembourser car j’ai un bon travail. Je suis fonctionnaire de l’Etat, au service Propreté. Les containers que vous voyez au milieu de la photo, sont sous ma responsabilité. Votre fils tant affectionné. » Ce matin-là, il se leva de bonne heure. Pourtant, la veille, il s’était couchétard. Il avait passé la fin de la soirée à écrire une lettre à ses parents, sa première lettre. Et, avant de s’endormir, il avait dressé mentalement la liste de ses occupations du lendemain. Elle était longue. Le dimanche était son unique jour de congé de la semaine. Son travail commençait le lundi à 7 heures 30 pour se terminer le samedi aux environs de 20 heures. Un fameux changement depuis les semaines de clandestinité,d’errance autour du port d’Antwerpen etd’attente dansles différents centres de rétention où le mauvais sort l’avait plusieurs fois jeté. Le samedi, après 20 heures, les trois immeubles du site étaient placés sous la surveillance d’un homme envoyé par une société de gardiennage.Encore heureux qu’ilait pu obtenir son dimanche ! « Si je retire mon heure de table journalière, je suis encore loin des trente-cinq heures», s’était-il dit en signant son CDI obtenu après une période de trois mois d’essai.Mais il était loin de regretter d’avoir signé! Il venait de passer sa première semaine de locataire « officiel » dans ce F1 que lui avait procuré la société de logements sociaux qui venait de l’engager comme gardien-polyvalent. A la place du
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paiement d’une garantieéquivalente à deux mois de loyer, il avait repeint l’appart et remplacé le tapis plain. La Société avait fourni les matériaux. Telle avait été l’entente comme aurait dit son cousin qui vivait à Montréal.En s’approchant de la fenêtre, il vit qu’il avait oublié de passer une deuxième couche de peinture sur l’appui fait d’une simple planche de sapin qu’il était parvenu à sauver d’un fameux naufrage. Avant lui, l’appartementavait été habité par un vieux couple vivant entouré de plantes et de fleurs en pots, arrosées chaque jour de leurs mains tremblantes. Ces vieux ne devaient pas avoir souvent aéré, car il avait pris possession d’undont les murs étaient constellés de moisissures. foyer Les premiers rayons de soleil pénétrant dans la pièce accentuaient les traits maladroits et rudimentaires des coups de pinceau de la première couche. Il se dit que ce boulot-là pourrait bien attendre quelques temps. Il n’avait pas l’intention d’inaugurer engrande pompe ses nouvelles pénates.Demandeur d’asilearrivé à Bruxelles, il y a environ six mois, il avait enfin obtenu des papiers. Mis à part quelques membres du personnel de la Société, il ne connaissait pratiquement personne. Et on lui avait conseillé de garder ses distances avec les locataires. Il habitait une rue calme, au rez-de-chaussée d’un immeuble construit durant lesgolden sixties, l’époque du « dernier grand bond en avant de la Belgique », avait-il lu un jour dans unfolderqui vantait le savoir-faire de ce pays. Sur le trottoir d’en face, le verdurier posait ses premières caisses de légumes et de fruits sur les tréteaux fixés à l’avant de son magasin, tout en poursuivant une conversation avec l’homme qui était venu lui apporter un panier rempli de pains. Ils étaient vêtus de gros pulls aux motifs bariolés et d’écharpes aux couleurs de clubs de football, comme le sont souvent les travailleurs du matin. Le dimanche précédent, il avait vu ce genre de pull au marché proche de la Gare du Midi. Il se dit que l’hiver approchait et qu’il ferait bien d’en acheter un. Pour un homme du Sud, le danger, lui avait-on
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