Darcy et Elisabeth

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Véritable exercice de style, le récit de Michèle Faudrin Fillol met l'accent sur le système de hiérarchies et de castes qui enserre la société anglaise du dix-huitième siècle. Système qui est mis en péril par l'amour rapprochant Darcy, un noble de haute lignée, d'Elisabeth, une jeune fille pauvre de rang inférieur. Affranchi des préjugés et des interdits de classes, l'amour révèle ainsi sa vraie nature, spontanée, libertaire et trangressive.
Le triomphe de l'amour et de la jeunesse sur un ordre ancien et puissant, mais sclérosé, fait alors pleinement apparaître la dimension thérapeutique du film.
Publié le : samedi 1 mai 2010
Lecture(s) : 67
EAN13 : 9782296256514
Nombre de pages : 216
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Darcy et Elisabeth
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Michèle Faudrin Fillol
Darcy et Elisabeth
Transcription du filmOrgueil et Préjugés
suivie d’un commentaire
L’Harmattan
Dédié aux fans d’Orgueil et préjugés sur You-tube
« L’Angleterre a détruit le système des castes »… blablabla… « et les nobles et les roturiers y vivent ensemble, y font les mêmes affaires, y em-brassent les mêmes professions et s’y marient entre eux, la fille du plus grand seigneur y pouvant épouser sans honte un homme nouveau ».
Alexis de Tocqueville
Certes, certes ! Toutefois, ça, c’est pour plus tard. Les nobles anglais auxquels nous avons affaire en ce printemps 1797, où, pour la première fois, Darcy et Elisabeth sevoient au bal de Meryton, n’ont pas lu Alexis de Tocqueville – et pour cause, le pauvre, il n’est même pas né ! – et sont donc pénétrés de la morgue et de l’arrogance de l’ancien temps.
AVANT-PROPOS
’aimerais revenir sur ce filmOrgueil et Préjugésde Joe JWright. Le film date de 2005. Ne l’ayant découvert que depuis peu, je suis très en retard sur les réactions d’enthousiasme qu’il a provoquées. Mais, est-ce si impor-tant ? Je n’ai pas lu le roman de Jane Austen d’oùest tirée l’histoire. Curieusement, moi qui suis une grande lectrice de romans, je n’en ai pas eu la curiosité, surtout après avoirvu le film parfait – réalisé par un Joe Wright surdoué – et dont la mise en scène est transcendée par la musique de Dario Marianelli. J’ai estimé que la lecture du roman pourrait brouiller les images des personnages idéalement interprétés par les deuxacteurs principaux, Keira Knightleyet MatthewMacfadyen. Mais aussi tous les autres.
Je me propose d’analyser – analyser est un bien grand mot, quelle prétention ! – je préfère dire transcrire les images telles qu’elles sont données àvoir dans le film, et noter ce qu’elles m’ont inspiré. La transcription est un procédé répandu en musicologie. On prend, par exemple, une œuvre musicale écrite à l’origine pour un instrument ou un orchestre et on la transcrit pour un autre instrument. Faire un récit à partir d’un film, c’est une drôle d’idée. Pourtant le cinéma crée
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depuis sa naissance des images à partir de textes, récits ou romans. Alors pourquoi l’opération inverse ne serait-elle pas tentée ?
La démarche que j’ai adoptée, transposer des images en texte écrit, m’a donné l’impression à tout moment de décoder un message formé de signes iconiques. Mieux, de décrypter des hiéroglyphes. Ainsi, par exemple, le geste que fait Darcyaprès avoir aidé Elisabeth à monter dans lavoi-ture. Il lui a tendu la main, il l’a sans doute serrée de telle manière qu’Elisabeth surprise tourne la têtevers lui et le regarde car ce geste est inattendu de sa part. Levisage de Darcydemeure cependant opaque ; il fait soudainvolte-face et sans une parole revientvers la maison. La caméra se focalise alors sur sa main, car, en repartant il écarte les doigts brusquement. Quel est le sens de ce geste, écarter les doigts brusquement ? Il a une signification particulière à l’évidence, sinon il n’yaurait pas eu ce gros plan sur sa main. Comment réellement savoir ce qu’exprime un acteur à partir de ce qu’il joue sans être censé l’éprouver dans le réel, et comment le spectateur perçoit et comprend ce que l’acteur exprime et en est ému tout en sachant qu’il joue. Je me suis aventurée à donner un sens à ce geste de la main, qui n’est que le mien, bien entendu, mais qui repose sur la connaissance qui nous a été livrée des protagonistes et de leur situation respective. Il en a été ainsi tout au long de la transcription. Je sais pour avoir consulté les commentaires de certaines personnes sur You-tube que d’autres significations ont été données à ce geste, tout comme pour d’autres séquences du film. Nous nous trouvons devant la polysémie des images, devant leur ambiguïté. Plus grande encore que celle du matérielverbal.
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