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ÉCRIRE POUR RIRE Oui, mais comment ?
Hugues LETHIERRY
ÉCRIRE POUR RIRE Oui, mais comment ?
Préface de Jean L’Anselme Avant-propos de Michel Tozzi
L’Harmattan
Sommaire
Du même auteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Remerciements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Avant-propos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les premières réactions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mise en pages ou la voix au chapitre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Première partie : rhétorique d’abord
Parodie, pastiche. La guérilla des rieurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ironie, vraie liberté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Deuxième partie : un peu de discipline !
L’histoire et la presse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Philosophie en Je(u). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Troisième partie : Esprit es-tu là ?
Créativité et imagination. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jouer avec les mots et les maux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Conclusion
Écrire où le fer me ronge. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Du même auteur
Livres • Aux éditions Subervie re Éducation nouvelle, quelle histoire(1 éd.), 1986, pr éface d’A. Jacquard. • Aux éditions Delval (Suisse) e Éducation nouvelle, quelle histoire1987, préface d’A. Jacquard.(2 éd.), • Aux éditions de l’Harmattan Feu les écoles normales(dir.), 1994, préface de F. Best. Potentialités de l ’humour. Vers la « géloformation »éfa-(dir.), 2002, pr ce de G. Mialaret. • Aux éditions De Boëck (Belgique) Savoir(s) en rire(dir.), 1996 T1 :Un gai savoir,1996, préface de Ph. Meirieu. T2 :Didactique et zygomatiqueéface de A. Giordan et, 1996, pr R. Escarpit. T3 :Expériences tout terrain, 1996, préface A. de Peretti. • Aux éditions Chronique sociale re Se former dans l’humour1998, préface de J. Houssaye.(1 éd.), e Se former dans l’humour2001, préface de J. Houssaye.(2 éd.), • Aux éditions Aléas Sauve qui peut les morales(Management à l’école ?), 2001, pr éface de J.-P. Obin. • Aux éditions Septentrion Rire en toutes lettres, 2001, préface de P. Boumard.
A paraître 2003 - La mort, les élèves et nous. - La vie est apprendre : r écit de vie et de formation.
Articles à paraître : Parler de la mort n ’a jamais tué personne. 2002 Utilisation du photolangage inPenser l’éducation. 2000 « Le dessein d’humour et l’ironie : une vertu pédagogique ». L’année de la recherche en science de l ’éducation. 1999lDehumouràlécoleinPenser l’éducation. 1994 Jaur ès, laïcité, laïcisme,Cahiers de l’IRETEP(non numéroté).
1994 Une bien curieuse loi Falloux,Cahiers de l’IRETEP. 1992 PeTtirtait é des vertus pédagogiques,Cahiers pédagogiques n° 302. 1986 La horde frénétique barbare,Traces de fairen° 2. - Dansédagogiquesées p Les id (coll. - Univ. de Rouen, 2002), Pour une critique cynique des idées en pédagogie. - Dans LIRESTThéâtre et sciencesçon, 1998),(université de Besan chapitre sur « Le théâtre de l’opprimé » (7 p.). - Dans AFIRSEéducationLe Temps en (université de Caen, 1994), chapitre « EN : l’éternel retour » (10 p.) - Dans’éducationPour une philosophie de l (CRDP Dijon 1993), chapitre « Vers la laïcisation » (12 p.). - DansHistoires de vie(L’Harmattan, Paris, 1987), chapitre « Le cas des militants pédagogiques » (3 p.)
Interventions récentes - Biennale de l’éducation (mai 1998, mai 2000). - AFIRSE (Angers, mai 1996), Rennes (mai 2000). - Institut Perault (janvier 1997). - ANCE (mai 1997), AECSE (Strasbourg, janvier 1998). - IUFM de Besançon (mai 1998), IUFM de Caen (f évrier 1998). - Université de Rouen (septembre 1998). - ADECE (Montpellier, mai 1999). - Rencontres Freinet de Tokyo (juillet 1998) et de Vienne (juillet 2001). - CRIH-CORHUM (Besançon, juin 2000). - LIREST (Chamonix, mai 2000 et 2001). - ISP de Paris (mai 2002). - Centre national p édagogique des maisons familiales d ’Orléans (septem-bre 2002). - École sup érieure Estienne des Arts et industries graphiques (octobre 2002). - Espace formateurs de Lyon (novembre 2002). - Action “Rencontre d’un chercheur” de l ’équipe Science et culture de la faculté des sciences de Lyon (2002-2003).
Remerciements (par ordre chronologique de mes rencontres)
- Mouvements pédagogiques (ICEM, GFEN...). - Le Cyclope. - M. Dru. - R. Cavalié (« Nacèles »). - C. Oriol-Boyer (Textes en main). - C. Sauzeau (Cave poésie, Villefontaine). - P. Dubost. - L’ALEPH 69 (F. Swiatly, O. Tergovla) et 75 (Ch. Grimm, E. Tergovla). - La médiathèque de Bron. - Les animatrices du musée de l’imprimerie. - La médiathèque de l’IUFM de Lyon et M. Vuillet. - J. Luthereau (formation continue). - F. Andribet (Université de Lyon). - J. Antonini (« A »). - G. Noiret, écrivain en résidence à l’IUFM. - M.A. Michiels (espace formateurs).
Et les équipes de : - la faculté d’Aix. - La Paillade à Montpellier. - F. Bon. - R. Doust (traduction desItaliques jubilatoires de N. Goldberg). - J.-Y. Debreuille.
Je remercie les nombreux co-auteurs de mes ouvrages et les intervenants des stages que j ’organise à l’IUFM de Lyon, en particulier MM. N éri et Fargier (EPS), J.-F. Py (arts plastiques), Mmes Rey, Marzloff (lettres), M. Guillot et Poulette (philosophie).
Préface de Jean L’Anselme
L’humour est vieux comme le monde ; les papyruségyptiens portaient déjà sa trace, les poteries gauloises étaient ornées de monstres hybrides et la dérision est peut- être née avec ce Christ à tête d’âne découvert au mont Palatin. C ’est peut- être ce qui a pr écipité l’humour dans un ghetto, l’Église l ’assimilant au diable, les rois le collant en prison pour ses moqueries et la R épublique en quarantaine pour museler cet emp êcheur de danser en rond fort d érangeant. D érangeant car l ’humour est une arme, non pas une arme de pouvoir car il n ’est pas un instrument de groupe, mais une mani ère pour les solitaires d ’exprimer leurs r évoltes individuelles en leur permettant de d énoncer les travers de la soci été et notamment la b êtise d’autant plus dangereuse que « comme la mauvaise haleine, elle ne se remarque que chez les autres ».
Ce chiendent devait avoir la racine tenace car il a surv écu à toutes les tyrannies. Il faut reconna ître à ce sujet que le terrain s ’est beaucoup modifié : l ’intolérance dont l ’humour était l ’objet s ’est progressivement atténuée pour dispara ître, la censure a referm é ses ciseaux et la lib érali-sation en est arrivée à un tel point que nos gouvernants s’enorgueillissent du ridicule que leur font subir les Guignols de l ’info ! La presse s ’en empare, du tr ès s érieuxMondeàLibé, toutes les manchettes y vont de leurs joyeux calembours. Cette « fiente de l’esprit » est passée au statut de « commerce intellectuel de haut luxe », c’est André Breton qui l’assure et, selon lui, l’humour est « une valeur ascendante capable de soumettre tou-tes les autres. Tout art qui en est d épourvu est condamné à mourir ! ».
Mais l’humour, comme la soci été qui le secr ète, est en perp étuelle muta-tion et parler de l ’évolution de l ’humour ressemble au bulletin de la météo. On peut aussi, à son propos, mettre ses fluctuations au compte des dépressions et des anticyclones du moment. Il me faudrait bien un livre pour expliquer pourquoi l ’humour en passe-montagne est aux antipodes de l’humour en pagne, pourquoi l ’humour juif fait friser les moustaches des Arabes, pourquoi Marius laisse de glace les citoyens du septentrion, pourquoi les farces et les fatrasies du Moyen âge ne s ’apprécient plus qu’entre m édiévistes distingu és. Il me faudrait un autre livre pour raconter qu’à travers l’histoire, l’humour a changé de visage en fonction de la liberté que le pouvoir lui a accordée, qu’il a perdu son mordant lors-qu’il n ’a plus connu de contrainte. Qu ’à l’inverse, son opposition au régime lui a valu, en même temps qu’un regain de vitalité, l’hospitalité des oubliettes.
L’humour est fonction de l ’humeur, ces deux mots ont d ’ailleurs la même origine. C’est à la fois le thermom ètre de l ’histoire et le miroir d ’une époque. L’époque contemporaine a vu ainsi se succ éder trois humeurs, trois états d ’esprit engendr és par trois grands événements ayant s écrété trois humours différents : - la guerre victorieuse de 14-18 suscita une joie de vivre se galvaudant, hélas ! dans la futilité et la frivolité ; - les lendemains meurtris de 40 ont ensemenc é l’angoisse et l’inquiétude ; - 68 a enfanté l’humour estudiantin frondeur et sabordeur. L’histoire nous a permis de remarquer que, contrairement à ce qui se passe chez les malades, plus l’humour vit dans la souffrance, plus il est en bonne santé. C’est la raison pour laquelle celui qu ’inspira l’euphorie de l’après 14-18 s’est révélé sans odeur, sans saveur, insignifiant et qu ’il ne mérite guère qu’on s’y attarde. En revanche, apr ès les lendemains douloureux de 40-45, l ’humour chan-gea radicalement de visage et connut sa rédemption. Il n’a plus rien à voir avec l’esprit Almanach Vermot et tarte à la crème qui l’a précédé. De sot-sot, il devient spirituel. Dans le contexte d’un environnement encore mar-qué par la trag édie vécue, il s ’interroge sur l ’homme, prend à sa charge ses alarmes. Il se tourne vers le non-sens et l ’absurde. Il devient m éta-physique, existentiel. N ’oublions pas que cette évolution est contempo-raine de Sartre. Pierre Dac, qui a raté plusieurs fois sa mort, définit l’hu-mour « comme une manière de voir la mort du bon côté » et Chris Marker – à moins que ce ne soit Boris Vian – la paternité est discutée – estime que « c’est la politesse du d ésespoir ». L’humour est donc grave. Bergson disait déjà « il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain ». Ce que confirme Tournier en nous confiant « plus je ris, moins je plaisante ». L’humour moderne proc ède donc de l ’angoisse. Il a trouv é son terrain d’élection dans le théâtre de Beckett, de Ionesco, d’Obaldia, de Dubillard, de Tardieu. Mais sa plus belle m étamorphose, il la doit au dessin, à telle enseigne que les Anglo-Saxons, qui reniflaient avec suspicion l ’esprit français, ouvrirent toutes grandes les couvertures du « Punch » et du « New-Yorker » à André François, notre plus grand dessinateur, inconnu des Français comme il se doit. Avec François et d’autres pionniers comme Mose, Chaval et Maurice Henry, toute une g énération s ’est mise à repenser l ’humour en oubliant les plaisan-teries grasses des prédécesseurs.
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