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"Elle refoulait, la présence de son fils pour avancer, continuer, tout autant qu'elle l'aurait voulu contre elle. Avec simplicité et courage, ce qu'autorise ce qui est valable." Ces pages évoquent la mémoire d'une femme dont l'existence fut marquée par la mort prématurée de son jeune fils. Une existence devenue acte de réparation que l'auteur ré-invente, re-suscite fidèlement.
Publié le : dimanche 1 mars 2009
Lecture(s) : 30
EAN13 : 9782296218284
Nombre de pages : 80
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ELLE

Écritures
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A.A.L. BINDI

ELLE
Roman

L'Harmattan

Du même auteur
Adresse au Père, L'Harmattan, Paris, 2007.

@ L'Hannattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairiehannattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.Er harmattan l@wanadoo.Er ISBN: 978-2-296-07638-9 EAN : 9782296076389

1 - ÉTÉ

J'avais décidé qu'une fois seul, mon tour viendrait de la veiller. A présent, immobile, je la regardais attentivement, comme si j'avais à lui parler en tête à tête. Penser, oui, fixer ma pensée, malgré tant de choses qui m 'habitaient, des souvenirs qui se dérobaient à ma mémoire.. . Je me trouvais dans ce qui avait été ma chambre partagée et, auparavant, la salle à manger réservée aux grands jours, très indistincts, que l'on évoquait à l'occasion en quelques mots, sans quitter des yeux ce qui alors se faisait - dans le sombre des tableaux et portraits de famille, figés, sans âme, accrochés à l'épaisse tapisserie des murs. Celle qui avait été ma grand-mère reposait là où elle avait justement aimé se tenir pour regarder la rue. Une lampe l'éclairait, telle une présence aussi intime que résolue, en cette période estivale très chaude encore. Moi, le dos tourné a l'obscurité, au silence, sur une chaise, j'étais confiant et à l'aise. Ces lieux, j'en savais les souffles et les objets, et ce qu'avaient été les heures, le repos pour les uns, les absences incertaines et tues; pour d'autres, les solitudes bien vivantes, mal perçues et laissées à leur propre sort, par pudeur peut -être ou par timidité. Avec, dans les pièces 7

attenantes, aux vitres des portes abondamment ouvragées sur la partie haute, où pénètre une lumière vive, quelque chose qui ronge... À l'écoute de la rue, des pas identiques. Présence assurée, comme voulue, des voix tranquilles qui se font écho. Discussions sans rupture, pas même celle d'une affirmation. En face du lit quasiment, j'étais à ma place, près d'elle. Sur son visage que la mort avait apaisé, rien ne paraissait de ce qui avait été l'agonie. Dans ses traits, sa pâleur, ses rides sombres avec d'immédiates atténuations autour des yeux, il y avait sa force et ses défaites, la beauté d'une irréalité qui isole le corps et trouble son approche. En un mot, une destinée, seule. À l'annonce de sa disparition, je me souviens, je m'étais précipitamment levé, quittant ma chambre à la recherche de ce que j'aurais voulu posséder - toucher au moins. J'eus du mal à garder ma joie pour moi. Les atteintes répétées au cerveau l'avaient fait sombrer dans un coma irréversible, après qu'elle eut d'abord réussi à suivre les conversations, ce qu'un pincement des lèvres ou un hochement de tête révélait. Des escarres lui avaient creusé le bas du dos, gravant la forme d'un poing. Autour d'elle, le découragement s'était accru. C'était le mois d'août, et j'y voyais encore le signe d'une volonté amicale. Je vivais alors à la lisière de ce que je suis. À cause de l'été qui s'en va déjà, dès les chaleurs caniculaires, de manière à peine perceptible, et qui suscite en moi une sorte de méfiance. Ce ciel changeant, des averses subites et déchaînées, les fêtes et les rendez-vous sur fond de grisaille 8

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