Emigrés de l'intérieur. Qui ose m'épouser ? Tome 1

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De retour en République du Syli, son pays d'origine, Sory espère rencontrer l'âme soeur, avec laquelle il repartirait en Amérique. Mais il est confronté à deux problèmes majeurs : il doit reconquérir sa place au sein d'une famille dont les valeurs ont muté sous l'effet de la pauvreté, et il doit s'accommoder du caractère unitaire de la gouvernance dans un pays où il est considéré comme un "diaspo", jargon péjoratif qui désigne les émigrés de l'intérieur.
Publié le : samedi 2 mai 2015
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EAN13 : 9782336375977
Nombre de pages : 300
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M.S. Yansané
Émigrés de l’intérieur Qui ose m’épouser ?,tome 1
Nouvelle édition
Émigrés de l’intérieur
Qui ose m’épouser ?, tome 1
M. S. Yansané
Émigrés de l’intérieur
Qui ose m’épouser ?, tome 1Nouvelle édition
Du même auteur Émigrés de l’intérieur, Le survivant, tome 2, L’Harmattan, 2015 Clause de non-responsabilité Émigrés de l’intérieurest une version de l’archétype de l’enfant prodigue. Le récit dépeint la trajectoire de trois frères, dont le retour inattendu d’Europe et d’Amérique met à rude épreuve les liens familiaux, parce qu’ils prennent des chemins totalement différents, dans un pays africain traumatisé par la dictature et la pauvreté. En dehors de certains personnages historiques, toute ressemblance avec des personnages vivants ou ayant vécu est fortuite, dans ce récit composé d’imaginaires inspirés du réel. La République populaire du Syli est un pays fictif que je situe quelque part sur la côte ouest-africaine. Le nom de famille du héros, Bainaka, vient du substantif « Baina », contrée qui existe en Basse-Guinée actuelle, sur les rives du fleuve Kolenté et qui est dominée par les colonies du Moriah, berceau des mœurs soussous. La ville de Kaloum emprunte son nom à la presqu’île sur laquelle est bâtie la ville de Conakry.Nyalama est un mot soussou qui peut se traduire par « héros » ou « bourgeois », tandis que les termes malinkéMiryaetKöroh Bombahsignifient respectivement « pensée » et « Big Brother ». © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30978-1 EAN : 9782336309781
«La noblesse est l’ouvrage de la nature. On naît noble ou esclave, peu importe. Mais la distinction c’est celle de l’art, de la vanité originelle, autant dire du sang. L’une est innée, l’autre s’acquiert!» Facinet Touré, philosophe guinéen
Je dédie ce récit à mon père, El Morlaye Yansané, et à ma mère, Hadja Mamet Traoré. Le besoin ardent de les honorer a largement facilité l’épreuve des années de rédaction — ; je le dédie également à tous les bons Samaritains dont l’amour m’a servi de ponts pour négocier les épreuves de la vie ici et là à travers le monde ; je le dédie enfin à tous mes compatriotes français, américains et guinéens et autres… qui sont devenus des étrangers dans leur pays et donc des émigrés de l’intérieur. M. S. Yansané
CHAPITRE1 KALOUM,DECEMBRE1985 C’EST UN DIMANCHEcomme un autre dans la ville de Kaloum. Noël est à l’horizon et Marly n’a pas encore reçu de nouvelles de son mari, Bainaka. Elle se réveille ce matin la tête remplie des mêmes séries de questions sans réponse. Où exactement se trouve Bainaka en Amérique à présent ? Qu’est-ce qui l’empêche de garder le contact ? Va-t-il renouer avec son ex-épouse Kate et leur fils Matthieu ? Depuis le départ de son mari, Marly analyse sans arrêt les barrières qui ont sapé les fondements de son ménage. Ayant laissé les enfants au lit, après s’être débarbouillée, Marly se rend à la véranda à palabre pour présenter ses respects aux vieillards auxquels Bainaka se réfère par les termes « bibliothèques vivantes ». Parmi ces vieillards, son beau-père, Alhaj Tatalaye Le Nyalama (elle l’appelle Alhaj ou simplement Sir qu’elle prononce Saah) est comme d’habitude, flanqué de Maahsory, Tatasory et Nafodé ainsi qu’un certain nombre de visiteurs inconnus. Les hommes mangent le petit déjeuner. « Est-ce que Sory t’a écrit ? » La question vient de Tatasory. Marly ne peut dire s’il est sympathique ou sarcastique. « No, Saah ! », répond-elle simplement. Elle se sent humiliée, toute petite ; une épouse étrangère abandonnée en pays étranger, la République populaire du Syli. De retour à la véranda de sa villa, Marly s’assied sur une chaise, les mains jointes sur ses cuisses ; elle se sent
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