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Hawa...ou l'Afrique au quotidien

De
93 pages
C'est l'histoire d'une enfant qui quitte son pays, le pays-de-la-porte-du-non-retour, pour le Paysbon, réputé pour sa vie paradisiaque. Clandestinement débarquée au Paysbon, elle découvre d'autres visages de la misère, voyant ainsi son illusion s'évanouir : maltraitance, vol, viol, sont son lot quotidien. Au terme d'un récit ponctué d'humour et de drame, l'héroïne agonise dans la douleur de l'enfantement, à cause de l'égoïsme de ses proches, dans un continent réputé pour sa solidarité.
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À mes pères et mes mères ; ceux qui croient que chaque expérience vécue est une connaissance que l’on acquiert du moment où l’on en tire une leçon. À ma fratrie ; la Easy Company, ces jeunes inventeurs d’espoir et créateurs de rêves. À mes filles : Koretha et Indira.
Remerciement Je souhaiterais remercier celui qui le premier a cru en ma plume et qui m’a orienté dans mes lectures, feu le professeur Claude ASSABA (puissent les ancêtres vous trouver une place convenable parmi eux). Mais aussi son collaborateur, qui est mon premier relecteur, Pierre FRANCOIS, ainsi que Monsieur ABDERAMANE NGAIDE, mon second relecteur. Merci pour votre disponibilité et votre dévouement. Je remercie, par ailleurs, tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, m’ont aidé pour la réalisation de cette œuvre : MBOMO Gilles F. pour la réalisation de la couverture. NDIWA A. pour le « partage de la parole ». À tous ceux qui ont participé à la prévente de mon roman. PAPA MBAYE (bailleur au grand cœur) Mémé ESOPE Pauline (grandmère bienveillante) MFOUNDI Augustin BOUNDONO Loïc AGBOGNON Lionel OBIANG Tanguy LONDO MVOU J. Et tous mes voisins de la 2518 Dieuppeul 2.
I Dans cette nuit profonde, où la pluie tombait dru, Hawa pouvait se laisser aller. Personne n’aurait l’ouïe assez fine pour prêter l’oreille à ses jérémiades. Elle pleurait à chaudes larmes et ruminait des paroles amères dans son patois. « Qu’aije fait au monde pour mériter un tel sort ? Pourtant, quand ma mère m’avait envoyée ici, c’était pour, disaitelle, venir connaître la paix, la fortune et l’instruction ». Le même bruit sourd de la pluie torrentielle contin uait, inexorable. Le vent soufflait fort ; la tornade rag eait. L’électricité se coupa et des toits de maisons volè rent. Au milieu d’un tel boucan, Hawa pouvait Néanmoins entendre le vieux lit de ses tuteurs qui grinçait. C’était encore Latifou qui secouait sa bonne femme, la grosse mama gâteau. Hawa savait qu’après mama gâteau, ce serait son tour. Latifou était un petit homme à peine grand comme ça... Mais il tonnait tellement des fois, que sa voix autoritaire compensait aux yeux de ses femmes, la taille que la nature lui avait refusée. De plus, sa vitalité sexuelle était une arme de dissuasion pour tenir à l’ordre celle qui voulait regimber. Recroquevillée à l’angle de la salle commune, seule une cloison de feuille de bois la séparait de ses tuteurs. Elle couchait à même le sol, sur un pagne. Dans sa plainte, elle commença bientôt à cligner de l’œil. Le poids du jour et les travaux harassants triomphaient d’elle. Alors, doucement, son corps connaissait la quiétude et s’endormait par ce froid tropical. Cette paix illusoire ne fut que de courte durée. Au quatrième chant du coq, sa tutrice la réveilla de fort belle manière. Elle lui versa de l’eau sur le corps et lui administra un bo n coup de pied. Le fait d’être esclave n’était pas la raison suffisante pour traiter ainsi Hawa. L’autre raison était là : mama gâteau
partageait avec une moins que rien ce qu’elle avait de plus intime. Alors tous les prétextes étaient de bon aug ure pour justifier une vengeance mal dissimulée. La jeune fille, comme chaque matin à la même heure, devait s’affairer à la préparation des beignets et des mets à vendre dans la journée. Par la suite, elle devait se consacrer au nettoyage des foyers et de tous les ustensiles ; ce qu’elle faisait non sans l’aide pimentée de sa rivale.
8
II Un jour, alors qu’elle se rendait comme d’habitude à la ville avec sa cuvette pleine de marchandises sur la tête, elle croisa un drôle d’individu, Mafia. Tel était son nom. Celuici sans raison apparente la saisit par le col de son teeshirt. « Toilà, tu vas où avec cette nourriture ? » « Laissemoi, ditelle, je pars la vendre le long de la route. » « Ah bon, c’est vouslà qui finissez l’argent du pays ! » « Non », répondit la jeune fille, un peu affolée. C’était le genre de réponse qu’il attendait et qu’il n’aimait pas du tout. Ce qui le mit dans une colère noire. Mafia avait un visage osseux et fortement irrigué. Ses yeux laissaient transparaître de la malice; et ses cheveux défrisés, mal entretenus, lui donnaient un air de rat trempé. Il n’était pas franchement costaud, mais faisait tout pour le para ître. Le malfrat avait toujours une meute d’amis qui l’aidait dans sa vile besogne, mais qui, à cet instant, se tenait à l’écart. Alors en un clin d’œil, avant que Hawa n’ait rien pu comprendre, Mafia lui donna un balayage assorti d’une gifle retentissante. La pauvre fille s’affala sur le sol, étourdie ; sa cuvette se renversa et ses marchandises s’éparpillèrent… Elle n’eut pas le temps de pleurer tellement sa surprise était forte. Seules, le long de ses joues, dégoulinaient des larmes de colère. La malheureuse entreprit de ramasser sa marchandise . Au même moment, Mafia décréta le tiers d’heure du libreservice. Chacun des brigands ramassait à cœur joie ce qui lui plaisait, tandis que Hawa tentait de récupérer ce qui aurait été épargné par les compagnons de son agresseur. Au moment où ils se redressèrent, un de leurs compagnons qui se tenait jusquelà à l’écart et qui avait tout observé leur dit : « Vous n’êtes pas sérieux les gars… La pauvre fille… »