Histoires de vieillir

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Vieillir, est-ce une histoire qui peut se raconter ? Dix-huit histoires de vieillir montrent, avec sensibilité et humour, comment des femmes et des hommes engagent une dernière partie. Ils vivent à la campagne ou à la ville, seuls ou en maison de retraite. Parfois, ils se parlent à eux-mêmes, parfois leurs enfants, leur docteur, leur banquier parlent d'eux. Sympathiques, odieux, lucides, tous vieillissants, chacun livre bataille, chacun cherche et trouve des alliés. Entre fiction et témoignage, ces nouvelles donnent un visage à la vieillesse en ce début de siècle.
Publié le : samedi 1 mai 2010
Lecture(s) : 35
EAN13 : 9782296696549
Nombre de pages : 186
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LE COQ

À Sophie

Cen’est pas si simple de remplacer un médecin de
campagne! D’abord la défiance des adultes: une jeune,une
femme, elle va manquer d’autorité sur notre vieuxounotre
enfant. Puis,si les adultes sontmalades(cequiarrive
malgré tout), comment se laisser examiner par quelqu’un qui
pourraitêtre notre fille. Etle plusdifficile,trouverles
cheminsdeshameauxetdesfermes quand les repères sont
inexistants.

Jousse? Laferme des Jousse? On luiavaitdit :
aprèsle pont, le premier cheminàdroite, paslaroute, le
chemin, vous allez jusqu’en haut de la côte et à gauche,
vous verrez, c’est indiqué,lePuechHaut, laferme estlà.

D’habitude, elle conduisait vite:devasteschamps,
pasde haies, lavisibilité étaitbonne et,àquatorze heures,
ellecommençaitlesconsultations.Ce jour-là,enquittant
la départementale, ellevitau-dessus d’elle le piton
rocheux et mesura l’épaisseur des bois qui menaientau
sommet.Bellecampagne, escarpée,sauvage, desbois
denses troués d’échappées qui créent un suspense visuel
jusqu’au panorama.En haut, plusieursbâtimentsautour
d’une place. Elle laissa la voiture sur la place. Vous
traversez laplace et vous prenez le chemin à l’opposé, vous
tournez à gauche, le premier chemin à gauche, jusqu’au
bout.Lechemin longeaitla crête.Ilétaitlarge et sec. La
rocheaffleuraitparendroits.Àgauche, lesjardinsetles
poulaillersdesmaisons qui ouvraient surlaplace,àdroite,
desprésbroussailleuxen pentevive.
Elleregardaitpardessuslesmuretsles alignementsdes chouxetdes rames,

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lesglaïeulsetles hortensias.Desmargueritesfleurissaient.

Elle entendit uncoqchanter.Ellereconnutlechant
immédiatement.Ilchantaitavecpersévérance
etconviction. Comme les sonneries des réveils, il s’interrompait
puis reprenait, encore etencore.

Enapprochant, elle entendit unécho,non pas un
autrecoq(ni le mêmequiauraitfait unesorte decanon)
mais un échosans que pourtantletimbresoitidentique,un
écho. Ce chant ressemblait à s’y méprendre à celui que
produisentlesdessinsanimésoulesimitateurs.Seule-
ment,chaque phrase étaitlégèrementdifférente.Que peut
bien dirececoqen plein milieude lajournée?Ellesavait
que lescoqscommetouslesanimaux sontperturbésparla
modification de lalumièreterrestre, lanuitadisparu, le
soleil nese lève
plus.Lescoqschantentàdesheuresimprobables.

Quand elleatteignitlebasdujardinaucoq, ellese
dressale long dumuretpourlevoir.Il étaitlà,aumilieu
de la basse-cour.Lespoulespicoraient quelques touffes
d’herbes survivantes sans émotion particulière. Il lui
tournaitle dos.Iltournaitle dosau soleil.Ilavait un plumage
magnifique,un portdetêteroyal.Ilregardait
verslamaison.Àl’autre bout du jardin, dos au mur de la maison, il y
avait un fauteuil d’infirme et, assis dans le fauteuil dont
elle distinguaitlesgrandes rouesetleslonguespoignées,
untrès vieuxmonsieuravecsa casquettesurlatête.Il
faisaitfaceàla basse-couret regardaitlecoq.Ilse mità
chanter.

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Quand levieuxmonsieur setut, lecoq répondit
avecdesnotesglorieusesetchaudes, il déployait sagorge
et sa crêteversle fauteuil etce futletourdu vieux.

Laferme desJousse étaitjuste là, etelle
lesentendit chanter en traversant la cour jusqu’à ce qu’elle entre
danslamaison.

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MADAME ANDRÈS

Ilétait tempbs :ienau-delàdesracines,sescheveux sont
d’un blanc terne, des
écaillesblondâtrescollentàleursextrémités.Elleapris rendez-vouspourla coiffeuse.La
coiffeusevient une foispar semaine, il
fautprendrerendezvous. Dans dix jours, a dit l’employée qui tient le cahier.

Elle estàsaplace, le dosaucouloir,balayantdu
regard l’espace qui se remplit de fauteuils roulants. La
coupetient, elleretrouvesatête grâceàla
crèmevitaminée qu’elle utilise tous les jours. Blonde, blond eau
oxygénée, depuis qu’elle a pu les décolorer elle-même.Pas
quand elle s’est mariée,châtain frisécommeune paysanne
malgré la robe d’organdi. Blonds toujours, courts, effilés
sur la nuque. Elle sait ce qu’elle veut. L’employée a dit
Jeudi.

MadameAndrès notait deux fois par jour ce qu’elle
faisait.À chaque page,un jour,une date:soncarnet-ciel
clair, piqué de nuagesduveteux.Dumont est venuàonze
heures, resté jusqu’au repas. Une lettre de Mathilde:elle
vavenir.

Elletâtalesaccoudoirsdufauteuil pour vérifier:
lesdeux sacsavecleslunettes, lecarnet, le livre, les stylos
bille, lesmouchoirsen papier, latrousse entissudontles
motifsrappelaient ceux de la Dame à la licorne qu’elle
adorait.Ellevit surgirle murblanc, latapisseriesombre,
lasalle deséjourdesamaison.Latrousse, le peigne, le
miroir, lapinceàépiler, lerougeàlèvres ;plusde fardà
paupières,ses yeuxétaient trop irrités.Elle
ouvritlecar

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net,relutlapage de laveille etcherchalebic bleuetlebic
rouge.

Les résidantsétaient roulés touslesmatinsjusqu’à
une grandesalle panoramique.De petites tablesdequatre
étaientdisposéesdanslevaste espace, desfauteuilsle long
desfenêtres- pourceux qui pouvaientcirculerde leur
table au fauteuil. De l’autre côté du ravin, toute la ville se
dressait:seséglises,sesécoles,sonséminaire,ses
remparts.Les visiteursdisaient:quellebellevue;les
résidants n’étaient pas toujours en état de donner leur avis;le
personnel trouvait commode le vaste parking à l’écart de
laville;lanavette (pourles visiteurset quelques rares
pensionnaires) partait quand elle étaitpleine.

nal !

–MonsieurPichon, monsieurPichon,votre
jour

MadameRémi le dépliadevantmonsieurPichon.Il
étaitdixheures trente, lerepas serait serviàdouze heures
etmonsieurPichon étaitassisimmobilesous sonchapeau
orné d’un ruban plus foncé. Ses grandes mains étaient
poséesdevantlui, immobiles, lesonglesbien
formés,bombés.Onvoyait sespantouflesfourrées, neuves; il ne s’en
servaitpaspourmarcher.Lebord desonslip decoton
dépassaitentre lesbretellesdeson pantalon etlesboutons
de son gilet gris étaient mal attachés. Il n’avait
probablementpasentendu:ellesecouale journal puislui donna
une tape sur l’épaule:

–Hé !MonsieurPichon !Alors, on dort ?

Àtravers l’écran déformantet sale deses verres,
monsieurPichon laregarda;elletapotadudoigtle
journal:

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–Là!MonsieurPichon, là!Çase passe là!

Elle jeta un coup d’œil
àmadameAndrèsetàmadame Perrotti. Il n’y avait que trois résidants à cette table
parceque madame Perrotti ne cessait de s’agiter sur son
fauteuil,un fauteuilbeaucoup pluscomplexeque les
autres, dossierplushaut,accoudoirsformantbarrières, et,
rabattu souslesiège,untroisième élément qui devait
s’allonger en forme de lit. Madame Perrotti étaitattachéeà
son fauteuil par uneceinturesouple, ellese penchaità
droite etàgauchesurlesmécanismes, passait unevitesse,
accélérait,agitaitlespieds,tournaitlevolantavecunbruit
de moteur.

–Çayest!J’yvais, je pars!Mon gars l’a
conduite chez le garagiste… Dans la pente, ça va, mais en
hautde la côte,rien, plus rien.

Toutétaitnormal,aussi madameRémi, laplus
mince des soignantes, entra-t-elle danslebureaupréparer
lesmédicaments.

MademoiselleIda allaitarriveràquatorze heures.
Àlarésidence, elle nesoignaitpersonne;elle était une
sorte de dame decompagnie;bouclée, fardée,rouge des
onglesassortià celui deslèvres.MadameRémi
laregardaitde haut: elle n’avait pas de compétence. Quant
àmademoiselleIda, elle désapprouvait souventlespratiquesde
l’institution: appeler résidants toutescespersonnes,belle
hypocrisie! Pas si faux d’ailleurs le mot, les pensionnaires
sont visiblement résidants, immobiles, la bouche ouverte
surleurfauteuil etmêmeceux qui marchentavecun
déambulateurmarchentinlassablement sansjamais voirla
porte
duhall,sansmêmechercherlasortie.Muets,attachéspar uneceinture desécuritéautourdu ventre, latête

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penchée sur l’épaule dans une torsion bizarre, il fallaitles
nourrir, leschanger, les sortir, les rentrer.Parfoisleurs
filles venaientpourleurdonneràmangercuilleréeaprès
cuillerée.Lafemmequi marchaitnesavaitplus rien faire
d’autre, elle marchait dans un autre espace, antérieur,
aucune entreprise ne pouvait être attendue d’elle et,si ellese
trouvaitassise, ellerestaitassise danscetespace de
docilité sans avenir qui n’avait rien à voir avec celui de
l’enfance. Ce n’était pas un apprentissage, c’étaient le
sursaut, lesdernières secoussesde fonctions qui
disparaissaient.No future, pensaitIdaquetouchaientlesnaufrages.
Elle était venue d’Odessa pour trouver un mari dans ce
coinreculé etcela allaitbien.Pasde laisseraller,toujours
féminine,soin de lapeau, descheveux, ducorps, des
jambes.Ellerestaitcharmante,un peuépanouie, peut-être
mais sûre deson jugementetdesesdroits.Danscettesalle
à manger, peu de femmes vieillissaient en femme et c’était
verselles queson intérêtlaportaitmais
touslesaprèsmidi ilsétaient unecinquantaine danslasalleàmanger.
Elle ne s’occupait pas de ceux qui restaient dans leur lit, la
télévision allumée qu’ils n’entendaient pas. Elle
accomplissait satâcheavec conscience.

Àquinze heuresce jour-là, on emmèneraitceux
qui levoulaientetceux qui ne pouvaientpasdonnerleur
avisdanslasalle desfêtes: chansonsen langue
etcostumes régionaux.MademoiselleIda avaitparléavec
chacun des résidants et s’était assise près demadameAndrès.
MadameAndrèsavait remarquéque mademoiselleIda
avaitchangé leton desonrougeàlèvres, elle préférait
l’ancien;celui-ci, orangé, faisait vulgaire.

–En patois,répétamadameAndrès,ah, non!Ça
ne m’intéresse pas!

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On essayaitde la convaincre:il faut quitterla
salle, c’est déprimant d’êtretoujoursassiseaumême
endroit,àlamême place.

L’administration formait les tablées de manière à
équilibrerle groupe, équilibrer,c'est-à-dire ne pasmettre
les agités ensemble, donner quand c’était possible, un
interlocuteurappropriéaux résidantsen
meilleurétatetisoleraussi grâceàdesguéridons.Àlatable de
madameAndrès se trouvait l’un des sept hommes du groupe. Madame
Andrèsletraitaitavecégard,répétantbonjourjusqu’à ce
qu’il ait l’air d’entendre, s’émouvant si on lui tapait trop
familièrementdansle dos, pourleréveiller, disait-on.Elle
lui demandait son journal quand elle estimait qu’il avait
fini de le lire.QuantàmadamePerrotti, elle ne
lasupportaitpas ;elle faisait signeàmademoiselle Ida qu’elle était
folle;ellel’empêchait de prendre les objets qu’elle
disposait surlatable devantelle et qui étaientàelle.Madame
Perrottivoulait toujourslesattraperpourlesemmener
dans savoiture.MadameAndrèsavaitfini parluitaper sur
lesdoigtsavecsonstylo.On éloignaitlamachine de
madamePerrotti, maiscelle-cise
plaignaitamèrementetinterpelaitles visiteursde madameAndrèspourleur
raconter l’histoire du garage, de son fils et de la voiture,
dédaignant sesenfants quand ils venaientluirendrevisite,
s’acharnant à conquérir ce qui semblait appartenir à l’autre
femme.

Àquatorze heures trente madamePerrotti fut
roulée vers la salle des fêtes. Monsieur Pichon n’allait pas
bien,toussaitetfutconduitdans sa chambre.Madame
AndrèsditàmademoiselleIdaqu’elle attendait la
coiffeuse pourla couleuretla
coupe.MademoiselleIdarépondit que la coiffeuse nevenaitpas touslesjourset
qu’elle devait s’inscrire sur une liste.

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–Jesais, jesais, ditmadameAndrèsenrelevantle
menton.

Sonvisagese figealégèrementetIda comprenant
sa confusionallavérifierlecahierderendez-vous.

– Vous êtes bien inscrite, pas aujourd’hui, elle ne
vient pas le mardi mais le jeudi et ce n’est pas cette
semaine maislasemaine prochaine.Vous savez, pourla
couleur, elle n’a pas de choix et il vaudrait mieux que vous
demandiez à vos amis de s’en occuper, ce serait plus sûr.
Vousnevoulezpasallerau spectacle?

MadameAndrès secoualatête
etcherchasoncarnetdans sonsac.

Aumomentdugoûterlasalle futde nouveau
pleine etlesfauteuilsmassésautourduposte detélévision
furent ramenésàleurs tables.MadamePerrottiaussi,qui
mitaussitôtlamainsurle journal de monsieurPichon et
commença àfroisserlespages sanspouvoirles tourner.
MadameAndrès
setournaversmadameRémiquiapportait les orangeades et frappa de l’index la place
demonsieurPichon:

–Etce monsieur ?

– Il est dans sa chambre, il n’est pas bien;ilvous
restetoujoursmadamePerrotti.

MadamePerrotti poursuivait son offensive pour
mettre lamainsurlecarnetde madameAndrès:
l’extrémité du majeurgrattaitlareliurecartonnée.Elle ne
pouvait s’avancer plus loin, retenue qu’elle étaitparla
ceinture dufauteuil;en mêmetemps, elle pédalaitpour

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faireavancerlamachine, persuadée de pouvoir saisirle
carnet.MadameAndrèsappliquaquelquescoupsdestylo
surlecarnetpuis surlatable:elle ne pouvaitatteindre la
main de madame Perrotti. Personne n’était là.
MademoiselleIdaparlaitpaisiblementavecun petitgroupe de fans
detélévision.MadameAndrès se mitàfrapperlatable de
plusen plus vite poureffrayerlamain de madamePerrotti.
Lamainavançait reculaitenrythme puisfutatteinte de
battements spasmodiques, frappant l’accoudoir métallique.
Il fallait vaincre.MadameAndrès s’empara de son verre et
se mit à marteler la table si bien que d’un coup le bruit
domina et qu’une infirmière surgit du bureau,
roulamadameAndrèsdans sa chambre etlaplantalà,repartant
aussitôt:

–Vousle direz,quandvous serezcalmée !

MadameAndrèsne pouvaitplus se lever seule,
n’entendait plus très bien;
soncarnet,sonstylo,seslunettesétaient restés surlatable;le fauteuiltournaitle dos
àlafenêtre, elle ne pouvait rien faire nivoir.Unami entra
dans sa chambre peuavantle dîner, ellese mitàpleurer.

On tira l’affaire au clair etmadamePerrotti
futexilée de latable de
madameAndrèsmaiselletournaitinvinciblementlevisageverslatable prèsde lafenêtrequi
avaitété lasienne.MonsieurPichonrevint, plus silencieux
encore que d’ordinaire. On pouvait lui taper sur l’épaule
oului ôter sonchapeau, il neréagissaitpas.

–Cesgrossesfemmesnerespectent rien, disait
madameAndrès.

Le personnel préférait s’occuper
réactionsapparentes,sansaucun

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des vieux sans
souvenirde

l’indépendance, Ida le comprenait. Heureusement, son
momentet sonrôle étaientdifférents:le long loisirde
l’après-midi.Elle étaitanimatrice.Que pouvait-elle
organiserdanscette population detrès vieillespersonnes ?Ils
étaientmuets,agités, pitoyables,agressifsmaischacun
avait saplace indéfiniment; la disparition de l’un d’eux
bouleversaitlesaprès-midicommeune maille perdue
menace letricot.

Le lundisuivantmademoiselleIda
consultalecahierde la coiffeuse:madameAndrèsétaitbiensurlaliste
dujeudi,aussi luirappela-t-elle dese procurerla couleur
qui était la sienne, ce n’était pas un blond courant, elle le
voyaitauxdernières traces.

La coiffeusetransportaitavecelle
lavaboadaptable,collerette, douchette,blouses,serviettes.Elle portait
desjupescourtes, des talonscarrés, despullspastelbrodés
de fleursprotégéspar un grandtablierde pastique luisant.
Le jeudi, pendantqu’elle lavait, enduisait,rinçait,coupait,
madame Andrès s’efforça de répondre comme ilconvenait
à ce qu’elle entendait, questions et commentaires. Elle
n’aimait pas le séchoir, elle préférait le casque, elle ne
supportait plus qu’on lui tire les cheveux qu’on lui chauffe
le cuir chevelu mais, d’après la coiffeuse, cette coupe
impliquait unbrushing.Un peude laque etmadameAndrès
put seregarderdans un miroir.

–Commevousfaitesjeune !

La coiffeuse fit signeàmademoiselleIdadevenir
admirerlerésultat.

MadameAndrès, la bouche entrouverte,
nesemblaitplus savoiroùelle était,qui elle était.Sonregardse

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