L'aventure autrichienne

De
Publié par

Martine, étudiante en langue allemande, a obtenu un séjour d'un an en Autriche pour s'occuper des enfants d'une famille qui vit à la campagne. Elle ne se doute pas qu'elle va tomber en plein mystère de la disparition de sa soeur jumelle cinq ans plus tôt. Secrets, chagrin, amour seront son lot. Comment cela finira-t-il pour elle ?
Publié le : vendredi 1 janvier 2010
Lecture(s) : 18
EAN13 : 9782296691056
Nombre de pages : 135
Prix de location à la page : 0,0073€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
CHAPITRE 1
La première partie du concert se terminait ; les applaudissements devenaient assourdissants. Assise entre son père et son frère, Martine, toute rose de plaisir, se leva pour mieux acclamer l'orchestre qui se retirait après un dernier salut. − Ouf ! dit-elle, je suis épuisée. Ils sont vraiment extraordinaires ! Le solo de flûte surtout. Son père, son frère et sa mère souriaient à cette exubérance. Martine était leur joie de vivre. Son frère, de six ans son aîné, la considérait comme un objet précieux, comme une petite merveille pour qui il aurait fait n'importe quoi. Martine avait vingt-trois ans mais son visage rieur, sa taille fine et souple, ses longs cheveux qu'elle laissait en liberté sur ses épaules lui en faisaient paraître à peine dix-huit.
L’aventure autrichienne
Dix-huit ans ! C'est l'âge qu'elles avaient sa soeur jumelle Geneviève et elle, lorsque celle-ci avait disparu. Un beau jour elle avait quitté la maison en laissant une lettre : « J'ai rencontré un homme, je l'aime, il veut que je le suive tout de suite au loin. je pars ; pardonnez-moi tous. N'ayez pas de chagrin, je suis sûre que je serai heureuse. » Les parents effondrés, avaient remué ciel et terre pour retrouver leur enfant : police ... détectives ... Rien ! Aucune piste, aucun indice n'avait pu faire soupçonner où pouvait être ce « au loin » dont parlait la lettre. Pendant des mois ils avaient enquêté, fouillé, cherché parmi les amis de leur fille, les lieux où elle se rendait le plus volontiers. Toute cette histoire était à la fois mystérieuse et absurde ! Car enfin, Geneviève et Martine ne se quittaient guère et suivaient le même parcours de vie. Elles venaient d'être reçues au bac et s'étaient inscrites l'une et l'autre dans une faculté de lettres pour y apprendre les langues étrangères. Elles n'étaient pas de vraies jumelles identiques mais se ressemblaient beaucoup. Même taille, mêmes cheveux si longs, si dorés, mais alors que Geneviève avait les yeux bleus, ceux de Martine étaient presque noirs. Depuis ce drame, vieux de cinq ans, la famille s'était resserrée sur son épreuve et il fallait toute la
8
L’aventure autrichienne
gaieté de Martine pour consoler un peu les parents éprouvés et le frère aîné. D'autant plus que deux ans après cet enlèvement romanesque, une lettre était arrivée. Ecrite d'une main masculine inconnue, elle disait la mort de Geneviève dans un accident de montagne et le regret de l'avoir séparée de sa famille et de son pays. « Mais, continuait le correspondant, je vous jure sur l'honneur qu'elle était heureuse et sans regret de m'avoir suivi. Nous allions nous marier, car jusqu'alors je l'avais considérée comme ma fiancée. Elle n'était pas ma maîtresse. Ici, tous l'adoraient ; pardon de cette fuite impulsive qui a dû vous plonger dans la douleur. » Aucune signature et la lettre avait été postée dans un aéroport international en Europe centrale ; depuis cette lettre, les Préville avaient cessé de parler de leur fille, reportant toute leur tendresse sur leur fils aîné et leur fille Martine. Ce soir, ils étaient heureux tous les quatre d'être ensemble pour écouter ce beau concert. Ils se levèrent pour faire quelques pas pendant l'entracte. Martine regardait les photos qui décoraient les murs du foyer lorsqu'elle eut l'impression aiguë que quelqu'un la regardait. Comme attirée par un aimant, elle se retourna : à quelques mètres, dominant la foule des spectateurs de sa haute taille, un homme immobile, la fixait de son regard dominateur. Elle se troubla et rougit et eut peur soudain. Elle se rapprocha des siens et serra le bras de son frère :
9
L’aventure autrichienne
− Qu'as-tu ? dit-il surpris, tu as l'air bouleversée ! − C'est cet homme là-bas qui me regarde si fixement ! Je ne le connais pas ! Il me fait peur ! Xavier se retourna dans la direction indiquée mais l'inconnu avait disparu. − Je ne vois personne, tu te fais des idées ! Allons, viens, regagnons nos places, les parents sont déjà rentrés. Il l'entraîna rapidement et bientôt ils furent assis à leur place juste au moment où les musiciens de l'orchestre entraient en scène. Et de nouveau ce fut le plaisir sans mélange d'une exécution parfaite desQuatre Saisonsde Vivaldi. Martine se laissait emporter dans ce monde magique et ses yeux brillaient de plaisir. Entre deux mouvements elle laissait son regard errer sur le balcon au-dessus d'elle et de nouveau fut confrontée au regard de l'inconnu qui l'avait effrayée pendant l'entracte. Très bas, en remuant à peine les lèvres, elle dit à son frère : − Regarde l'homme là-haut au troisième fauteuil, à nouveau il me fixe. Xavier leva la tête et fut à son tour frappé par l'insistance insolite de cet homme dont l'aspect ne lui rappelait rien. Se voyant observé, celui-ci tourna la tête et le jeune homme en profita pour le regarder plus attentivement.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.