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L'histoire de la bande dessinée au Cameroun

De
238 pages
Rarement cité parmi les pays phares du continent en matière de bande dessinée, le Cameroun compte pourtant une histoire riche et ancienne en la matière. De nos jours, face à un marché parfois difficile à pénétrer et un milieu éditorial frileux en matière de 9è art, les auteurs continuent de s'organiser et se font connaître à travers l'autoédition de leurs oeuvres ainsi que l'organisation de festivals et d'ateliers. Ce phénomène, unique en Afrique, est retracé dans ce livre rempli d'illustrations.
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Christophe CassiauHaurie
L’HISTOIREDE LA BANDE DESSINÉE AU CAMEROUN
Préface de Raphaël Thierry
LHISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE AU CAMEROUN
Christophe Cassiau-Haurie
L’histoire de la bande dessinée au Cameroun
Préface de Raphaël Thierry
L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08333-9 EAN : 9782343083339
Sommaire
Préface ................................................................................................. 7
Le milieu de l’édition au Cameroun ............................................... 11
La BD camerounaise au pays .......................................................... 17 Les premiers essais : des années 40 aux années 80 ................................. 17 Un génie isolé à l’époque coloniale.....................................................17 Des débuts modestes après l’indépendance .........................................24 Les premiers albums ............................................................................28 Les années 90 : Quand la BD rencontre la caricature.............................. 31 Le canal salutaire de la presse satirique .............................................31 L’apparition des premières associations, entre caricatures et BD.....35 La très grande discrétion des éditeurs .................................................40 Le troisième millénaire : le vrai démarrage.............................................. 42 ème Un 9 art sous perfusion....................................................................42 Quand le milieu se structure ................................................................ 66 La BD camerounaise à l’étranger ................................................... 91 L’Europe comme eldorado ....................................................................... 91 La présence discrète des dessinateurs camerounais dans des collectifs et revues publiés en France..................................................................91 Quelques trajectoires singulières en Europe .....................................107 Une certaine reconnaissance dans d’autres pays de la francophonie..... 142
Répertoire des œuvres de bande dessinée du Cameroun........... 151
Entretiens ........................................................................................ 181
Conclusion ....................................................................................... 231
Le jeu des sept erreurs ................................................................... 233
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Mon ami Robert Furlong a relu gracieusement le manuscrit de cet ouvrage avec l’acuité et la compétence qui le caractérisent. Qu’il en soit vivement remercié !
Raphaël Thierry a bien voulu rédiger pour cet ouvrage une préface éclairante et instructive. Il fut, de ce fait, mon premier lecteur. J’en profite pour lui adresser ma gratitude.
Par amitié, Joëlle Ebongué a accepté de réaliser la belle couverture de cet ouvrage. Je lui dois de vifs remerciements ainsi qu’à Gunther e Moss dont un extrait de l’albumLaff Lafrikainillustre la 4 .
Enfin, un remerciement général à tous ceux qui m’ont donné de précieuses informations, nécessaires à l’écriture de cet essai. Je ne veux nommer personne de peur d’en oublier.
Et, évidemment, un grand merci à Sandrine.
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Préface
J’ai rencontré pour la première fois Christophe Cassiau-Haurie en 2009, alors qu’il donnait une conférence sur le thème de la chaîne du livre sur l’Île Maurice et en République Démocratique du Congo, deux pays où il avait travaillé plusieurs années dans le réseau de la coopération française. La vie est une histoire de croisements. On s’étonne souvent de ce que le monde paraît tout petit, mais une libraire m’a un jour dit que c’était une question de trajectoires et surtout de cohérence : lorsque je suis retourné au Cameroun quelques mois plus tard, j’ai fait la connaissance du collectif A3, né de la rencontre de plusieurs jeunes bédéistes et graphistes camerounais tous plus talentueux les uns que les autres. À vrai dire, Yannick Deubou Sikoué, Julien Fouejeu, Hervé Noutchaya Tsemo, Bertin Beyem Gouong ne m’étaient pas tout à fait inconnus. Deux personnes m’avaient déjà parlé de l’aventure de ce fameux A3 : Nadine Monchau, brillante bibliothécaire en charge du bureau du livre de Yaoundé… et Christophe Cassiau-Haurie, grâce aux articles qu’il publie, inlassablement, sur le portail Web de la revueAfricultures, depuis des années. Peu de temps après, j’ai eu le plaisir de le contacter pour lui demander conseil au sujet d’une communication que je devais faire sur l’édition à Lubumbashi, une ville qu’il connaît très bien. Christophe m’a alors éclairé de ses conseils et pistes bibliographiques. C’est cette fonction de passeur et ce travail de partage que j’apprécie énormément chez ce conservateur des bibliothèques, jamais en reste de nouveaux territoires de recherche, intellectuel atypique s’il en est. Si leDictionnaire mondial de la bande dessinée,édité en 2009, comporte un chapitre central consacré à la bande dessinée en Afrique, c’est avant tout grâce à Christophe Cassiau-Haurie. De la sorte, la diversité de la bande dessinée africaine bénéficie, peu à peu, d’un meilleur éclairage en France. Loin s’en faut encore pour que les jeunes français achètent des BD camerounaises, congolaises, ivoiriennes, etc. dans les librairies hexagonales… mais c’est un début. Un bon début. Je parlais de cette fonction de passeur, c’est bien plus que cela : par son travail, l’auteur de l’ouvrage que vous avez entre les mains nous ouvre une fenêtre sur un univers, que dis-je : sur des univers ! Il nous pousse à découvrir des livres différents, des plumes, des crayons et des couleurs auxquelles nous ne sommes pas habitués. Il nous ouvre
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les yeux sur d’autres manières de dessiner, dire et penser le monde à partir de Douala et Yaoundé, en passant par Bafoussam. La bande dessinée africaine se conjugue avant tout au pluriel. Elle est l’affaire de rêveurs et d’artistes, d’éditeurs et d’entrepreneurs culturels, qui ont su développer de nouvelles formes d’expression dans leurs sociétés respectives. Ils ont entrepris d’y susciter le goût de la lecture en enrichissant l’horizon des enfants et les jeunes. Le lectorat adulte n’est pas forcément une des plus grandes mannes pour le neuvième art africain et pourtant… Je me souviens de cet éditeur camerounais quinquagénaire qui me parlait avec nostalgie de ses lectures du magazineKouakou, lorsqu’il était enfant.Kouakou reste un des plus grands phénomènes de la littérature de jeunesse en Afrique francophone : ces magazines qui faisaient une large place à la BD, étaient distribués gratuitement dans les écoles d’Afrique avec le soutien du Ministère français de la Coopération, à partir des années 1970. Pour unKouakoupar le scénariste français Serge Saint créé Michel, distribué hors marché du livre, combien de bédéistes du continent ont participé à bâtir une histoire etdes marchésde la bande dessinée en Afrique ? Mongo Sisé, Christophe Ngalle Edimo, Achille Ngoie, Asimba Bathy, Shenaz Patel, Adji Moussa, Hector Sonon et tous les autres… autant de noms qui ont éveillé l’imagination des jeunes lecteurs béninois, camerounais, congolais, ivoiriens, mauriciens, tchadiens, sénégalais… Depuis des décennies, ils touchent un lectorat toujours plus vaste. Les lecteurs ont grandi, puisé dans de nouveaux livres ce qu’ils trouvaient dans les planches de leur enfance. Les enfants d’hier sont devenus les lecteurs d’aujourd’hui. Certains d’entre eux écrivent des livres, peut-être bien des bandes dessinées. L’histoire continue. C’est aussi au fil de cette histoire que se créent, d’un pays à l’autre, des possibilités d’existence économique, pour un genre souvent traité sous le seul jour de « l’aide au développement » (thèmes humanitaires y compris). Car les bandes dessinées et la littérature en général sont également une affaire d’éditeurs et de professionnels. Il est heureux que des passionnés comme Christophe Cassiau-Haurie s’attachent, chaque jour, à détruire des frontières imaginaires en rappelantà qui veut bien les lire,qu’il y a autant de possibles de lectures que d’espaces d’écritures et de lieux d’imagination. Certes, la BD n’a jamais été le mieux loti des genres littéraires édités dans les pays africains. Elle n’en est pas moins celui qui possède le plus grand potentiel : l’Afrique
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est un continent jeune et plein d’avenir, et des pays comme le Cameroun comportent suffisamment de femmes et d’hommes engagés dans des processus de création, pour occuper une place légitime dans la constellation éditoriale mondiale. Il y a l’obstacle de la circulation des livres. Le numérique apporte aujourd’hui son lot de possibilités. À suivre. Il y a la fameuse cherté du livre : il n’y a jamais eu autant d’éditeurs de jeunesse à travers le continent. À suivre. Il y a les difficultés de la diffusion : il n’y a jamais eu autant de supports de médiation : magazines, collection de jeunesse, Blogs… À suivre. Il y a enfin l’isolement des créateurs : il n’y a jamais eu autant d’associations de professionnels et structures de promotion. À suivre ! Je n’oublierai jamais l’échange que j’ai eu un jour avec Yannick Deubou, un des fondateurs du collectif A3, qui venait de participer au salon du livre de Tétouan, au Maroc. Yannick m’expliquait que c’était aussi notre travail – à nous les commentateurs – qui donnait du sens au leur – eux : les bédéistes, les scénaristes, les artistes. Car il ne faut pas oublier que pour que la bande dessinée existe, il faut qu’on en parle. C’est tout l’intérêt et le rôle que s’est fixé Christophe Cassiau-Haurie, au fil des années : celui d’esquisser, article après article, livre après livre, une cartographie et une histoire de la bande dessinée en Afrique. Par son travail, Christophe Cassiau-Haurie jette des ponts entre les amateurs de BD du monde entier. Ceci nous rend plus proches, nous aide à mieux nous connaître, et à mieux nous comprendre. Nul doute que ce nouvel ouvrage, consacré à la bande dessinée camerounaise, contribuera à apporter un éclairage inédit sur un pays qui compte parmi les plus intéressants foyers littéraires contemporains.L’histoire de la bande dessinée au Camerounsaura porter loin la voix des talents du neuvième art camerounais, d’aujourd’hui et de demain. Le plus grand problème des bandes dessinées africaines est peut-être, uniquement, de ne pas avoir encore assez pris place dans les mentalités.Things change. Raphaël THIERRY
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