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L'oeuvre au bleu

De
258 pages
Juillet 1914, Victor passe ses vacances à Deauville avec Mariette dont il est amoureux. Mais la jeune femme, journaliste et féministe, mène une vie indépendante qui entrave singulièrement leurs relations. Un mois plus tard, emportés dans un conflit qui les dépasse, leurs convictions les mieux ancrées ont volé en éclats. Victor, antimilitariste, est affecté en première ligne comme infirmier. Mariette se retrouve à enquêter sur la passation d'un marché d'État frauduleux. Et chacun espère survivre au creuset des tranchées où s'opère le grand œuvre d'un monde nouveau.
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Sandrine Pautard
’ŒUVRE U LEU Roman
LŒUVRE AU BLEU
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11689-1 EAN : 9782343116891
Sandrine Pautard L’œuvre au bleu Roman
Du même auteur Ce n’est pas à une brasse !, Monpetitediteur (2012)Je hais septembre, Monpetitediteur (2013) Meurtres en crue, Monpetitediteur (2014) La morue voit rouge (l’Harmattan)Mention de l’Académie de Marine - 2016 En collaboration avec Jean-Baptiste Seigneuric A mare labor, Jacques Flament Editions, 2016Insolite caillou, Jacques Flament Editions, 20176
Ce livre est dédié aux hommes de Saint-Pierre et Miquelon qui, partis combattre sur les fronts d’Europe et d’Orient de la Première Guerre Mondiale, n’ont jamais revu leur caillou.
À la mémoire de mon arrière-grand-père, Albert Soulès, mon frère, qui fit une grande œuvre de sa vie après avoir survécu au creuset des tranchées.
Les situations ont une réalité historique, mais les propos et agissements des personnages ne relèvent que de l’opinion de l’auteur.
Saint-Symphorien, 21 janvier 1916 Très cher Victor, mon Ami Je n’ai reçu qu’hier ta carte de vœux pour cette nouvelle année. Comme toi, je n’en espère rien de meilleur que la précédente. Tout au plus, a-t-elle le mérite de clore douze mois d’un épouvantable cauchemar pour nous, nos familles et ceux que nous aimons. Le temps du salut pour notre pauvre Patrie n’est pas encore arrivé. Quoi qu’il nous en coûte, nous ne pourrons pas plus aspirer au repos en 1916 qu’en 1915. « Francescu, va où tu veux et meurs où tu dois ! » disait ma sainte corse de mère. Elle n’aurait jamais imaginé que j’aurais plus à craindre pour ma vie sur cette terre de France, que durant toutes mes errances passées sur les mers et au-delà ! Je crains fort, Victor, que lorsque cette histoire sera achevée, et je veux croire qu’elle se terminera, sinon avec toi et moi déjà estropiés, du moins grâce à nos sacrifices, le jour se lève sur un monde qui nous sera aussi inconnu que Mars ou Jupiter. La boue des tranchées est un creuset où s’opère le grand œuvre d’un monde nouveau. Une fichue alchimie, mon vieux ! Aux étapes du noir, du blanc, du jaune et du rouge, notre siècle a rajouté une couleur : le bleu. Le bleu de nos uniformes, le bleu de l’horizon vers lequel se porte le dernier regard du malheureux avant de quitter sa tranchée, et le bleu de l’azur où je volerai bientôt comme un oiseau. 9