La métamorphose des Ailes

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Un jeune homme perd l'usage du langage et n'émet plus que des syllabes difformes, des hurlements grotesques. Il est inspiration et expiration. Il décide alors de gagner l'horizon pour voir ce qu'il y a derrière. Il veut franchir les frontières de la terre et du ciel et finira par franchir les frontières de la mémoires et du réel...
Publié le : mardi 1 mars 2011
Lecture(s) : 72
EAN13 : 9782336250069
Nombre de pages : 172
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DanielCohen éditeur
www.editionsorizons.com
Littératures,unecollection dirigée par DanielCohen Littératuresest unecollection ouverte,toutentre,àl’écrire, quelle qu’ensoitlaforme: roman,récit, nouvelles,autofiction, journal;démarche éditorialeaussivieille que l’édition elle-même.S’il estdifficile deblâmerles ténorsdecelle-ci d’avoir eule goûtdesgenresqui lui ont ralliéun large public, ilreste que, prescripteursici,concepteursde laformeromanesque là, comptablesdecesprescriptionsetdeces conceptions ailleurs, ont, jusquà un degrécritique,asséché levivierdes talents. Lapproche deLittératures,chez Orizons, est seimple — il ût étévain de l’indiqueren d’autres temps :publierdes auteurs que leurforce personnelle, leur attachement auxformesmul-tiplesdulittéraire, ont conduits ausirde faire partagerleur exrience intérieure.Du texte dépouilléàl’écritporté par lesouffle de l’aventure mentale etphysique, nous vénérons, entretousles critères supposantterminerl’œuvre littéraire, lestyle.Flaubertécrivant:«J’estime par-dessus toutd’abord lestyle, etensuite levrai »;plus tard, le philosopheAláin professánt:«c’est toujoursle goûtqui écláire le jugement», ils sáváientávoir ráisoncontre nosdépérissements.Nousen fáisonsnotrecredo.D.C.
ISBN :978-2-296-08780-4
©Orizons,ris,2011
La métamorphose desAiles
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Éric Colombo
Latamorphose desAiles
2011
à tous ceux que j’aime et qui peuplent mon présent
omme je ne savais pas quoi faire d’autre, jesuis C descendudanslarue etje mesuismisà hurler. C’estainsi que jesuisentré enrésistance. J’aisenti le monde entierpasserparma gorge, lespiétonsetles voitures, lespassagescloutésetles immeubles, leciel immense etleventglacé.Plusmon cris’imposaitetplusje pensaisqu’il ne prendrait jamaisfin.J’esraismême qu’il engloutîtma chair,si douloureuse, etcesmaudits souvenirsquiconsumaient mespensées.Ce fut une explosioncontinue,une déflagration devisagesoubliésetd’heureslointaines, devoixmorceléesetde printempsamers.J’emplissais chaqueatome d’aird’unerébellion indistincte, d’une colèreaussi incandescente qu’insondable.L’espace entierdevenaitl’écho formidablement retentissantde toutesmes souffrances, l’antreassourdissantde mon sespoir. Autourde moi lesgens s’értèrenten étálántleur fráyeurdecirconstánce etleurcuriositévénále.Leur silhouetterectilignese muáenun horizon impréciset fugitif jusquàdispáráître définitivement,ábándonnánt surlebitume desbrisde leurhumánité.J’écháppái áinsiáuquotidien de láfouleálorsque jetomisà
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ÉRICCOLOMBO
genoux etque mabouche ouverte poursuivait sa révolte inarticulée.Je nesaispluscombien detemps celadura, maisje mesouviensavoirhurlé letempsque mes yeux s’emplissentd’obscurité, que le froid inondât moncorpsjusquàmes veinesetque mon hurlement se tplainte, maplainterâle, monrâlesilence. J’oubliaisl’heure qu’il était, le jouretle moismême, larue oùjevenaisde déversermavoixetlaville que j’avais tantparcouruecesdernièresannées.J’oubliais toutjusquàmon nom et regardaisaussi loin que mes yeuxme le permettaient.Tandisque monsouffle m’abandonnait, jecherchaisàvoirau-delàdeshabita-tions,à balayerlesmursetlespapierspeints,àrepousser lesentraillesdeshommesetdesfemmes,àretarderle coursde leurshabitudes.Ladistance qui meséparait d’eux s’emplissaitd’encre noire,une maréecontrainte etprogressive.Jesaisque je fermai les yeux.Jesaisque je perçusencore lesbattementsde moncœur.Ilsfurent despharesqui merassurèrentquelquesinstants,une régularitéréconfortante dansletumulte de ma chute. Jesaisenfin qu’ilyeut unchocsourd,semblableau bruit ridicule que fait unballon encaoutchoucgonflé d’eaulorsqu’iltombe etéclate, que j’eusmalaufront. Une douleurgrotesque, ensomme,comme il estdes drames risibles. Ce futlecontactde l’eaugeléesurmon pied qui mesortitde mon évanouissement.Jetentai d’extraire lamoitié de majambe droite ducaniveaumaischacun de mesmembresn’obéissaitque partiellementàmon commandement.J’entendisde nouveaule paspressé despassants, levacarme des voitures, l’aboiement
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