La rupture

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Dans ce roman, les destinées se font et se défont sur fond de questionnements et quelquefois de mutisme. L'auteur s'interroge sur la place de la religion dans nos vies. Sommes-nous maîtres de notre destin? Faut-il suivre les passions ou les étouffer? Peut-on échapper à sa propre conscience? Au-delà de l'histoire de Maïdumga et de Cicibélé, ce roman interroge la condition du converti en proie aux mutations de son identité et à celles de la société.
Publié le : dimanche 1 janvier 2012
Lecture(s) : 57
EAN13 : 9782296479814
Nombre de pages : 178
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La rupture
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Kolyang Dina Taïwé         La rupture Ou les déboires d’une conversion
Du même auteur
- Chez le même éditeur Culture et identité au Nord-Cameroun, (essai), 2008, en collaboration avec Clément Dili Palaï. Wanré le ressuscité, (roman), 2008. Pulsations, (poésie), 2009.Parlons tpuri : Cameroun et Tchad, 2010. -Chez dautres éditeursPleurs sans larmes(roman), LaPensée Universelle, 1994. Le Sahel, ses femmes et ses puits(poésie), CLE, 1996. Na joŋ jeux Tpu hrage/Lesri e, (essai), Kaarang, 1996 , n collaborat . ion avec Dadaï Kolyang ndet, eine Be dann ist das Herz verwugegnung der Kulturen(nouvelles), Atlantik, 1997.Anthologie des écrivains du Nord-Cameroun (essai),Kaarang, 2002, en collaboration avec Clément Dili Palaï. Le Mur de Berlin ma rendu polygame(nouvelle), Kaarang, 2006.Orature et Littéralité, une perspective africaine(essai), LIT, 2008. Maïye(roman), CLE, 2010 © LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55604-1 EAN : 9782296556041
Avertissement
Dans les pages qui suivent est contée la vie de l'une des premières familles à se convertir au christianisme en pays tpuri. Ce livre n'est pas un roman. Il ne répond aux normes ni littéraires ni historiques d'un récit. Ni ne s'accorde-t-il au témoignage dans le sens classique. C'est un conte moderne. Pour la discrétion, nous avons changé les noms des lieux et des personnages. Hormis le premier chapitre, ce conte couvre la période de la deuxième guerre mondiale à la chute du mur de Berlin. Afin d'en faire un texte cohérent à la lecture facile, nous avons amendé le récit des descriptions des villages. Cependant au fond, nous n'avons changé ni le statut des personnes impliquées ni leur identité ni la trame des événements. Dans l'écriture, nous n'avons pas obéi à un genre donné (quitte à ce que cela ne fasse pas littéraire). Cela nous a paru contraignant et limitatif. Nous avons prêté juste notre voix à un homme écrasé par ses contradictions et qui, résigné, a attendu de partager ses peines et ses angoisses avec d'autres. Aussi a été le souhait du héros d'avoir une écriture facile, sans trop de locutions "littéraires" afin que le témoignage ne se perde pas dans le style et les mots. Sa vie est plus un poème tragique qu'une prose berçante. Les gerçures de son âme sont trop douloureuses pour se livrer à un exercice intellectuel qui entraverait le verbe cru. Parfois, il suffit juste de donner vie à quelque chose pour lui attribuer sa raison d'exister. Ainsi soit-il de cet écrit.
Dans les réalités et les duretés de notre histoire, nous avons des convictions à offrir à l'humanité, issues des moules de nos êtres en mutations et allant vers des univers parfois opposés à nos vécus quotidiens. Que Cicibélé trouve ici son cri. Déjà, se confier pour que cette douleur soit exprimée a suffi pour lui redonner courage.
8
Bremen, 17 janvier 1999
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La société tpuri entre la tradition et l'indépendance Sous les derniers pleurs des tambours s'achève une nuit de rythmes. Les danseurs posent leurs mouvements. Leurs corps alourdis de fatigue s'enlisent. Leurs voix s'éteignent dans le concert des cocoricos qui annoncent les premières lueurs matinales. Alors, à l'aube, les jeunes gens, accompagnés des filles, se dispersent. À la croisée des chemins, Cici se sépare de ses amis. Le jeune homme se glisse dans sa hutte, en dehors de la concession parentale. Pour donner l'impression, le matin en sortant, qu'il n'a pas découché. Avec ses camarades d'âge, il a passé toute la nuit sur l'aire de danse. Seuls les chants de cops les ont chassés. À l'arrivée à la maison, le disque solaire déchire déjà le voile de noirceur nocturne. Les couleurs fauves du matin dessinent des fresques sur un firmament encore somnolent. Dans des huttes peureusement fermées, des femmes se précipitent sur les moulins pour chanter des poèmes que les vieilles mères transmettent aux générations. Le rythme des meules disparaît dans l'odeur du matin. Des toux sèches percent la langueur matinale. Des cris de bébés s'estompent dans les douces berceuses. Bientôt, les rayons solaires se noient dans d'épaisses étoffes bleuâtres des nuages de fumée sur les toits de chaume. Le village renaît de la lourdeur nocturne, les premières silhouettes sortent des cases et observent la couleur du nouveau jour. Les vieilles mères dont les
cases sont placées devant les concessions des fils, brûlent les ordures pour chasser le froid menaçant. Le vent hivernal traversant le Sahara s'échoue sur la bordure du désert, le Sahel. Sirmiguiri, dans le chapelet de villages sahéliens, se tord dans la fraîcheur des saisons froides. Une laideur couleur de lait couvre les arbres et les cases. Les vieilles mères, accroupies autour des foyers de feu, sont blanches comme des os malades. Une peau fendillée s'étale sur des jointures pointues. Les enfants aux yeux vitreux, les ventres gondolés et les pieds grêles, tournent autour du feu de bois, courbés et claudiquant des genoux comme des malades. Ils tendent leurs paumes vers le feu et les posent sur leur petit ventre pour le réchauffer. Hésitant à se laver la face tant l'eau est froide, ils sont surpris par les grands-mères qui la leur versent sur tout le corps. Alors zébrés comme des crapauds, les enfants, sous les pleurs et les sanglots ravalés, se doivent de prendre une douche. Chaque matin, la même procédure revient jusqu'à ce que les petits grandissent. Dans la routine grise des temps, ils deviennent des adultes. Dans cette vie où les enfants apprennent à oublier, ils se découvrent responsables. Grandir signifie oublier, se remémorer seulement des décisions cruciales, la mémoire est un tamis. Ainsi va la vie du village. Des salutations par dessus des clôtures, des haies, des chemins et des champs, quelques rares coups de pilons, des aboiements suivis du caquet des poules. Le village est debout. La famille Gongbélé, avec ses cinq femmes, s'est aussi réveillée. Les femmes, en intrépides nourrices, se lèvent tôt et s'acquittent du travail domestique. 10
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