le BROUILLARD SE LEVE

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"C'est une épaule nue dans l'air tiède du printemps précoce. De profil, un charme offert que je suis le seul à observer à cet instant. Une épaule à la peau tendre et pâle juste traversée par une fine bretelle rose. Cette femme conserve son pouvoir de me séduire". Voici le portrait d'un homme de la cinquantaine qui s'interroge sur sa relation avec la femme qu'il aime.
Publié le : vendredi 1 avril 2011
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EAN13 : 9782296805491
Nombre de pages : 193
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                              © LHarmattan, 2011 5-7, rue de lEcole polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54588-5 EAN : 9782296545885
Le brouillard se lève
 Du même auteur    Le Testament dArdengost,Éditions lHarmattan, Collection Écritures, Paris 2008
Bernard Mandon      Le brouillard se lève    Roman            LHarmattan
 
     
 
À la mémoire de mon père
    
   Elc lle se faufile à contresens, sa peau fine luit sous la lumière at-ténuée dun ciel sale d automne avant la pluie. Elle force encore le pas. Au carrefour de lhôtel Saint-Simon, elle se heurte au pictogramme rouge du passage pour piétons. Elle hésite et sengage, subissant un ou deux klaxons agacés Je la suis dans la ville. Je la repère au parapluie qu elle vient de déplier. Je ne vois que la moitié inférieure de son dos, son pantalon et des bottines ridicules de couleur crème. Cest inhabituel, elle a tant de goût. Je relève le col de ma veste. Un crachin pénétrant est pulvérisé à lhorizontale. Jai un peu froid. Elle entre dans un immeuble anonyme par une porte entrouverte. Je la perds. Un peu bizarre. Cela fait plusieurs semaines que je lobserve avec une acuité sin-gulière, j llais dire un il neuf. Cest de lordre de a lobsession, une lubie dont je ne saisis pas la cause à ce jour, une manifestation curieuse de mon esprit tordu. Rien de grave jespère. Lorsquelle se déplace dans la ville, je suis tenté de laccompagner ou de la suivre pour ne pas en perplus fort que moi. Il nest pas dansdre une miette. Cest mes intentions de découvrir quoi que ce soit de douteux. Le problème est ailleurs. Je la suis par curiosité de
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10 LE BROUILLARD SE LÈVE  létrange. Il sagit dobservation minutieuse dans le seul but de comprendre qui elle est en dehors de nous deux. Je nai aucune crainte, jessaie de men convaincre, je veux sim-plement pénétrer un monde que jignore, comme on entre au cinéma dans lhistoire dautrui. La différence troublante est que dans ce cas précis, linconnue est ma femme depuis presque trente ans.    Je me gave de confiture de figues à la petite cuillère. Elle me passe une main dans les cheveux et lautre sur mon ventre à la lisière du pantalon. Je frissonne. Ma langue es-suie mes lèvres. Jai la bouche sucrée et javale. Je vide les interstices nappés de sirop entre mes dents par une forte aspiration en coinçant ma langue contre les molaires du haut. Cela produit un chuintement. Elle me dit : « Gour-mand.» Elle me suce le lobe de loreille gauche. Je sens sa respiration sur mes tempes à travers mes cheveux. Jai la cuillère entre les dents, je la cale contre ma joue gonflée. Je pose le pot de figues sur lévier. Sa main simmisce sous ma ceinture, glisse sur mon ventre. Que faire ? Je dois dabord mettre mes idées en place. Je laime t ladmire, cest incontestable, mais il y a un flâneur en e moi. À nimporte quel moment de la journée, il marrive de perdre le fil, ne plus savoir où jen suis. Quelques minutes isolées sans raisons apparentes, juste un flottement médita-tif, une dilution de lesprit dans lair du temps qui sétire, sarrête presque. Un tic-tac de la pendule, le souffle du vent sur le carreau ou le frigo qui se déclenche, le passage du
 
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