Le destin d'Esisi

De
Publié par

TEDANGA I. B. invite ses lecteurs à séjourner avec lui dans l'univers de sens des Ndengese Bolamba, une des 450 (?) ethnies de la République Démocratique du Congo. Ils leur projettent "Le Destin d'Esisi", film captivant de l'époque précoloniale. Un prince aimé de son peuple et ayant les plus belles qualités d'un homme généreux. Le tout en synergie avec le monde invisible préalablement consulté et bien écouté.
Publié le : mercredi 1 juillet 2009
Lecture(s) : 298
EAN13 : 9782296680777
Nombre de pages : 235
Prix de location à la page : 0,0121€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
Aux millions des victimes de l’holocauste congolais
1 A Boila nka BIIko Batfukfu Lwambo lIKengele 2 Mon grand-père maternel, dit Babilo
A Sandrine Es En guise de gratitude
A Naoko Suzuki En guise de gratitudeégalement
1 Grand-père ou grand-mère dans la langue bondengese. Ici grand-père. 2 Le grand-père de l’auteur fut « capita » c’est-à-dire chef de son village appelé Nkongo. En tant que tel, il faisait des démarches dans de nombreux bureaux de l’administration coloniale. D’où son sobriquet deBabilo(de ba- (modalité nominale « pluriel ») et deBureau (prononcé bilo par les Ndengese suivant les possibilités de la grille phonologique de leur idiome).
Préface
Le texte que Tedanga met à la disposition du lecteur permet de lire dans son imaginaire l’univers des Ndengese Bolamba, une branche ethnique des Mongo de la moyenne Lokenye en République Démocratique du Congo. On peut penser qu’en partie l’auteur retrace dans l’écriture ce qu’il a appris etvécu dans sa jeunesse. On ne peut que l’en féliciter. Mais Tedanga offre davantage. Il faitvivre autrement son texte. Ce dernier est à la fois un récit, un mime, un chant, une danse, une proclamation, une image, une sauvegarde et, enfin, l’illustration d’une culture, celle de ces Ndengese Bolamba, Mongo de la Lokenye dans le Kasaï Occidental. Une illustration littéraire dans toute savariété, notamment à travers les mythes, les légendes, les contes et les proverbes. En outre, cette littérature livre des éléments des problèmes sociauxet politiques de ce monde précolonial. C’est en effet un récit qui se produit totalement dans l’espace historique d’avant la colonisation. L’auteur effleure une foule de questions qui intéresse le sociologue, l’anthropologue ou encore l’historien. Par exemple, le chapitre intituléChâtier Iyolo et détruire Nshieng pose, tout en étant purement imaginé, la question de l’origine des pionniers des bâtisseurs de la civilisation du fameuxgrand royaume des Bakuba. On connaît la ou les thèses de Jean Vansina sur cette question. Mais les peuplesvoisins des Bakuba (dont les Ndengese Bolamba) ont chacun à ce propos uneversion colportée dans leur tradition orale et que l’auteur de ce texte récupère et insère dans la fiction. Sur cette base, l’auteur élabore un récit sous la forme d’un conflit entre deuxpeuples. C’est un clin d’œil en direction de l’Histoire. En résumé, ilya dans ce texte une
ambiance qui interpelle en permanence tout celui qui s’intéresse à la vie de ce type emblématique de société à l’époque d’avant l’irruption du colonialisme et du christianisme ou de l’islam. Ces sujets interpellateurs sont multiples : l’initiation, les croyances religieuses, les rites dont celui de l’attribution du nom, la question de la dévolution et de la gestion du pouvoir, le rôle de la femme, le rapport avec l’intemporel, la médecine locale, etc. Le microcosme romancé par Tedanga fonctionne entièrement selon le code social et épistémologique endogène, sans rapport avec les pesanteurs philosophiques allogènes. L’intrigue se déroule dans un lieu réel, mais un lieu avec lequel l’auteur prend évidemment plus que quelques libertés. Bref, cette fiction romanesque est un terreau qui donne du grain à moudre à ceuxqui se consacrent à l’étude des sociétés négro-africaines dites traditionnelles. L’intrigue est imaginée, fictive ainsi que les protagonistes, exception faite de la figure historique d’Ikonga Mbongo dont cependant le rôle tel que réécrit dans le texte est également inventé. Bien que ancré dans la tradition négro-africaine, ce texte est cependant produit dans la langue française, héritage historique assumé pour traduire et diffuser lavariété culturelle de la R.D. du Congo et, notamment, celle des Ndengese Bolamba, une des subdivisions des Mongo du Kasaï. Tedanga rejoint ainsi la ligne suivie par d’autres romanciers congolais et africains : les Paul Lomami Tchibamba, les Thomas Kanza, lesAmadou Kourouma, etc. Je souhaite tout le succès que ce livre mérite.
Georges Ngal Professeur émérite à la Sorbonne
8
On ne peut pas voir l’avenir si on ne connaît pas le passé. (Proverbe bantu)
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.