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Le métal dont nous sommes faits

De
302 pages
Alors que Fanta effectue des recherches pour sa thèse, elle s'intéresse à Paul Devincre, découvreur en 1866 du nickel de Nouvelle-Calédonie. Aidée par un patron du CAC 40, elle découvre les échos de la vie de Paul, l'émerveillement et l'effroi qu'il a éprouvés au spectacle des puissances antagonistes que sa foi dans le progrès a libérées. Fanta poursuit ainsi le dévoilement de l'histoire qui unit la république et le colonialisme et dont elle s'estime être le fruit. Le dialogue qui se noue entre Paul et Fanta nous conduit là où se forme le métal dont nous sommes faits.
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Aloƌs Ƌue FaŶta eeĐtue des ƌeĐheƌĐhes pouƌ sa thğse dĠdiĠe à la poliîƋue ĐoloŶiale de Jules Feƌƌy, elle s’iŶtĠƌesse à l’uŶ de ses ĐoŶteŵpoƌaiŶs, Paul DeviŶĐƌe, dĠĐouvƌeuƌ eŶ ϭϴϲϲ du ŶiĐkel de Nouvelle-CalĠdoŶie. AidĠe paƌ uŶ patƌoŶ du CAC ϰϬ, FaŶta dĠĐouvƌe les ĠĐhos de la vie de Paul, l’ĠŵeƌveilleŵeŶt et l’eƌoi Ƌu’il a ĠpƌouvĠs au speĐtaĐle des puissaŶĐes aŶtagoŶistes Ƌue sa foi daŶs le pƌogƌğs a liďĠƌĠes. FaŶta, issue de l’ĠŵigƌaîoŶ postĐoloŶiale, pouƌsuit aiŶsi le dĠvoileŵeŶt de la sĐğŶe pƌiŵiîve Ƌui uŶit la ƌĠpuďliƋue et le ĐoloŶialisŵe et doŶt elle s’esîŵe ġtƌe le fƌuit. Le dialogue Ƌui se Ŷoue eŶtƌe Paul et FaŶta Ŷous ĐoŶduit là où se foƌŵe le ŵĠtal doŶt Ŷous soŵŵes faits.
tƌompeIste de jazz Dizzy Gillespie et d’ouvƌages juƌidiƋues. Le ŵĠtal doŶt Ŷous soŵŵes faits
ISBN : ϵϳϴ-Ϯ-ϯϰϯ-ϭϭϱϴϱ-ϲ Ϯϱ
Franck Verdun
Le métal dont nous sommes faits
Roman
Le métal dont nous sommes faits
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Adriaensen (Walther),L’escale écossaise, 2017. Sandral (André),Chacun son cirque, 2017. Cathelin (Annie),En attendant les matins clairs, 2017. Chambaud (Henri),Des rencontres nécessaires, 2017. Lissorgues (Yvan),Sous la pierre, 2017. Pommier (Pierre),Masques, 2017. Bejjani Raad (Nada),Le jour où l’agave crie, 2017. Lamy (Laurya),Marée montante, 2017. Payet (Sylvie),Camélia rouge, 2017. Maeght (Brigitte),Puisque c’est écrit, 2017. Serrie (Gérard),Au bord du Gouf, 2017. Noël (Sébastien),Conquête du pouvoir, 2017. Steinling (Geneviève),Histoires d’amour, de folie et de mort, 2017. Augé (François),Début de roman, 2017. Mandon (Bernard),Belleville tropical, 2017. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Franck Verdun Le métal dont nous sommes faits Roman
Du même auteur Avec Laurent Clarke et Dizzy Gillespie,Dizzy Atmosphere, conversations avec Dizzy Gillespie, Actes Sud/INA, 1990.
La gestion du risque juridique, Éditions de l’Organisation, 2006.
Le management stratégique des risques juridiques, Lexis Nexis, 2013.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-11585-6 EAN : 9782343115856
À Céline, Jeanne et Violette
1
Si l’on n’aime pas la douleur, alors on ne peut pas aimer la vie. J’ai détesté la douleur. Ma première conscience a été celle de la douleur. Je la devinais tapie dans toute chose, comme la première matière qui donnait ses formes au monde. J’ai détesté la douleur et j’ai haï son culte. La culture est là pour faire accepter l’inacceptable, pour tenter de lui donner un sens. Je me souviens, enfant des crucifix. Toutes les chambres desOmbries en avaient, et en premier, la chambre de mes parents qui pourtant me semblait l’ultime havre. Là, le petit corps du supplicié était sculpté dans l’ivoire. Son corps blanc, tirant sur le jaune, reposait sur un fond de velours noir, abrité sous un brin de buis dont le vert sombre, vernissé, tournait au marron vers la fin de l’été. Mes parents eux-mêmes, qui s’étaient crus autorisés à me faire naître, acquiesçaient à la douleur et y sacrifiaient leurs propres enfants. Ceux qui aiment la vie aiment la douleur. À sa rencontre, ils frétillent. Ils sentent qu’ils sont dans le vrai. Son intensité les convainc qu’ils vivent enfin. J’ai aimé le pouvoir. C’est la seule chose dans cette vie qui m’a paru le remède à la douleur. Plus encore que le pouvoir sur les hommes – j’ai fini par en diriger beaucoup – j’ai aimé le pouvoir sur les choses. J’ai aimé distinguer, dans les choses inertes qui m’entouraient, que je trouvais sous mes pas, des usages nouveaux, des puissances