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Les diamants de la Païva

De
244 pages
Deux diamants jaunes de près de cent carats chacun constituaient le cadeau de noces de l'immortelle marquise de Païva, célèbre courtisane du Second Empire. Mais survinrent la guerre franco-prussienne de 1870, l'abandon de l'Alsace et de la Lorraine et le drame des familles contraintes à tout laisser pour rester françaises. C'est ce que vivent Anna et Michel, son fiancé lorrain contraint de rester dans ce qui va devenir l'Allemagne. Après la découverte des deux diamants, le couple se retrouve de surcroît sous la menace de la redoutable marquise de Païva...
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Pascal Avisse Les diamants de la Païva
Romans historiques e Série XIX siècle
LES DIAMANTS DE LA PAÏVA
Romans historiques Cette collection est consacrée à la publication de romans historiques ou de récits historiques romancés concernant toutes les périodes et aires culturelles. Elle est organisée par séries fondées sur la chronologie. SEILER(Richard),Dans l’immensité de l’ombre. Le résistant du Languedoc, 2017. GUÉRIN(Jean-François),Sainte du peuple. Une histoire argentine, 2017. PINTAUX(Philippe),L’irréparable. Pithiviers, sur le chemin d’Auschwitz, 2016. POIRIER(James),Une même vague jusqu’à nous. Marquises, îles d’outre-temps, 2016. PINÇON(Jean-Marie),La tentation de Marathon, 2016. ABRAHAM(Angélique),Champ d’honneur, 2016. HOUZÉ(Roger Charles),L’odyssée maritime de la Sainte Claire ou les aventures extraordinaires d’un jeune paysan normand, 2016. RECH(Henri),Voyage au bout de la mer océane, 2016. MILLOT(Georges),Berceaux de guerre, 2016. LARRIAGA(Jean),Ils inventèrent l’été. Une escapade estivale sous l’Ancien Régime, 2016. BOUSQUET(Bernard),Le magicien de Pétra, 2016. BAROIS DIGAETA(Julien),Naples la cruelle, 2016. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Pascal AvisseLES DIAMANTS DE LA PAÏVA
Du même auteur sous le pseudonyme d'Alexandre Torquet aux éditions Albin Michel Les trois noces d’Anastasia, 1989.Ombre de soie, 1991.Le prince eunuque, 1994, prix de la ville de Nancy. La prophétie d’Alexandrie, 1995. Le matin des femmes, 1997. Les sultanes de Bonaparte, 1998. Le royaume de Bérénice, 1999. La princesse au Cobra, 2001,prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres. Les venins de la rose, 2007, prix de la ville de Rennes.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12315-8 EAN : 9782343123158
 Paris, 6 juillet 1870 1– C'est donc ici ? Le cocher avait fait arrêter la voiture au pied du perron et Joseph Chaumet inspectait avec un intérêt amusé cet hôtel particulier des Champs-Élysées, creuset où se consumaient les désirs de tant de mâles fortunés. La tapageuse construction de style néo Renaissance était trop neuve, trop pimpante pour être honnête, répétait-on. Les ors, les marbres, l'onyx et les fresques dont était surchargé le vestibule étalaient l'impudique réussite de la maîtresse des lieux. Et l'on murmurait que tout était prêt à l'emploi de cet endroit, surtout le trottoir. La mallette fixée à son poignet gauche par une chaînette, le joaillier fut introduit par un valet compassé dans un boudoir tendu de velours amarante, teinte des passions brûlantes. Et Blanche, la divine marquise de Païva, la maîtresse des lieux, apparut en personne vêtue pour l'occasion d'une robe de velours bleu toute simple. Joseph Chaumet fut presque déçu: elle n'avait rien de provocant. Sous l'épaisse chevelure rousse, dans un visage au teint mat à peine fardé, un sourire de commande ornait les lèvres gourmandes, faisait briller des yeux un peu saillants. Le corps paraissait mince et souple, agile sans doute et propre à toutes sortes d'exercice. Mais rien de
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tapageur n'évoquait en elle la courtisane adulée de l'élite, l'être pour qui se ruinaient les princes et les banquiers. – Je vous ai convoqué, monsieur, expliqua-t-elle en l'invitant à s'asseoir, pour une affaire tout à fait confidentielle. Aussi dois-je m'assurer d'abord que c'est bien à monsieur Prosper Morel en personne que j'ai affaire. Elle avait une voix douce, assez grave, un peu voilée et un accent indéfinissable, slave peut-être. Joseph Chaumet dut expliquer qu'il n'était pas le joaillier en personne, mais son propre gendre et associé. Visiblement contrariée, elle lui signifia qu'il s'agissait là d'un contretemps fâcheux et exigea de voir des documents prouvant la bonne foi du visiteur. Il montra son passeport. – Ainsi, je dois me résigner à être servie par un simple employé, soupira-t-elle. Je le regrette. Mais venons-en au fait : apprenez que Son Excellence le comte Enckel von Donnersmarck mon fiancé m'a proposé voici quelques jours de nous unir par les liens du mariage. J'y ai consenti. A cet effet, il souhaite me faire présent de deux joyaux, deux diamants symbolisant l'ardeur de nos sentiments mutuels. Je n'y vois nul obstacle, mais j'estime que ce serait lui faire offense que de lui proposer quelque pacotille. Il me laisse carte blanche pour le choix de ces pierres et, me fiant à sa réputation j'ai demandé à monsieur Prosper Morel, votre beau-père si j'ai bien compris, de venir me présenter le meilleur de ses collections. Joseph Chaumet se retint de sourire : tout Paris faisait des gorges chaudes de la liaison déjà ancienne de la courtisane et de ce richissime comte prussien, liaison qui n’empêchait pas Blanche de se livrer à son commerce intime avec le consentement amusé de son amant. Son intense activité dans le monde des artistes et des financiers était fort lucrative, mais insuffisante pour satisfaire son
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avidité. Le comte, propriétaire d'inépuisables mines de charbon et de zinc en Silésie, la comblait donc de présents tels ce somptueux hôtel particulier des Champs-Élysées et le superbe château de Pontchartrain. – C'est dans cette intention, madame, répondit le joaillier, que monsieur Morel m'a demandé de venir vous présenter quelques unes parmi nos plus belles pièces... Elle l'interrompit : – Seul, sans défense, ne redoutez-vous pas que ces pierres ne tombent entre les mains de quelque malandrin ? – Je suis armé, madame, et escorté de deux gardes du corps qui m'attendent dans votre vestibule. Posant la mallette sur un guéridon exposé au soleil, il en ouvrit les deux serrures avec deux clefs différentes. Quatre superbes diamants apparurent sur fond de velours noir, scintillant sous les chauds rayons comme des étoiles. Joseph Chaumet était habitué à la stupéfaction produite par de très belles pierres sur ses clients, surtout sur les femmes. Une phase de silence impressionné était habituelle suivie de commentaires prononcés à voix basse sur un ton d'admiration religieuse. La réaction de la marquise était différente : le regard fixé sur l'un des joyaux, le souffle court, elle avait pâli, ses mains étaient animées d'un léger tremblement et elle sembla longtemps incapable de prononcer un mot. Finalement elle murmura : – Est-ce tout ce que vous avez de plus beau ? Habitué à guider le choix des clients, il avait remarqué l'intérêt de la marquise pour l'une des pierres. A mi-voix, il commença à détailler les qualités du diamant concerné : si la taille « brillant » à cinquante-huit facettes était classique, la clarté de ce joyau était tout à fait remarquable et madame, dit-il en confidence, pouvait utiliser cette petite loupe pour vérifier l'absence de toute impureté dans
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