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© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00409-9 EAN : 9782336004099
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SOMMAIRE La Tentation de Djenné ..............................................................9 Les chemins illégaux ................................................................31 Longue et asiate........................................................................59 L’Adoptée.................................................................................79 Le thé......................................................................................103 La révolte................................................................................125 L’homme de guerre ................................................................145 Les préparatifs ........................................................................165 Premiers sangs........................................................................185 Agitation et soubresauts .........................................................207 L’assaut...................................................................................227 Ce qui est en marche...............................................................245
La Tentation de Djenné
L’horizon se heurtait à une rive plate que surmontaient les pirogues sahéliennes en mal de navigation. Le fleuve avait pris ses quartiers d’été. De loin en loin subsistaient quelques reliefs d’humidité, aux endroits où le sable laissait place aux affleurements latéritiques. Le ciel s’étiolait de l’absence de nuages. Uniforme et gris, sans aspérité pour les brises d’altitudes où se figeait le vol immobile des vautours. Le monde alentour demeurait dans l’absence de mouvement. Las, sans doute, de tant de chaleur. Recuit.
En extrémité d’un vague embarcadère de planches, l’amas de tôle d’un improbable vapeur fluvial, victime de la parcimonie progressive du Bani, gisait. Pareil aux steamers qui hantaient Maqroll le gabier, terre après terre, port après port ; et jusque dans ses rêves. A l’agonie. Exténué par les exactions de la rouille et du soleil tropical. Perdant boulon après écrou, dans l’attente de la montée des eaux pour reprendre le cours chaotique d’un périple familier, entamé il y a bien des lustres, sous la houlette d’un capitaine itinérant dont la course s’était fourvoyée sur les hauts fonds de saison sèche. Entre-temps, le vaisseau offrait l’abri de sa coque ventrue aux fils verruqueux du phacochère et à leur mère.
La piste, celle, peut-être, empruntée par les naufragés involontaires, (Y avait-il au cœur de cette procession passagère un gabier claudiquant, un armateur libanais en quête d’horizons de fortune?) coupe le lit du fleuve à quelques encablures de la carcasse qui fut vaisseau. Et s’engage entre les graminées immobiles que le vent a désertées. Sente dépourvue