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Les jours de cuivre

De
194 pages
Un étranger débarque un jour à Bouskour, mine de cuivre, de poussière et d'ennui. A travers le récit de cet homme, un enfant restitue l'histoire de cette mine. Témoin du désagrégement d'un monde traditionnel sapé par l'exploitation minière, il relate ses premières expériences de vie, ses angoisses, ses désirs, puis son exil dans une ville lointaine où il poursuivit ses études.
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El Hassane Aït Moh
Les jours  de cuivre
Lettres du monde Arabe
Roman
©L’Harmattan,20135Ȭ7,ruedel’Ecolepolytechnique,75005Parishttp://www.librairieharmattan.comdiffusion.harmattan@wanadoo.frharmattan1@wanadoo.frISBN:978Ȭ2Ȭ343Ȭ00403Ȭ7EAN:9782343004037
Lesjoursdecuivre
Lettres du monde arabe Collection dirigée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan
Raja SAKKA,Un arbre attaché sur le dos, 2012. Naaghi REMACHE,Square des pas perdus, 2012. Bouchra Belhaj BOURARA,À la lisière de soi, 2012. Hocéïn FARAJ,Instants de voix, 2012. VLADIMIR,Le Nain amoureux, etc., Nouvelles, 2012. Sami AL NASRAWI,La récompense, 2012. Mokhtar SAKHRI,L’illusion d’un espoir romain, 2012. Ahcène AZZOUG,Le destin sans frontière, 2012. Gérard BEJJANI,La parenthèse, 2011. Abdelkader BENARAB,La bataille de Sétif, 2011. Mohamed ARHAB,Les Aumônières de Dieu, 2011. Ridha SMINE,Tout lecteur est un ennemi, 2011. Sami AL NASRAWI,Fissures dans les murailles de Bagdad, 2011. Fouzia OUKAZI,L'Âge de la Révélation,2011. Rachida NACIRI,Nanna ou… les racines, 2011. Abdelaaziz BEHRI,Moha en couleurs, couscous light et autres récits…, 2011. Myriam JEBBOR,Des histoires de grands, 2011. Moustapha BOUCHAREB,La troisième moitié de soi, 2011. Ahmed-Habib LARABA,L’Ange de feu, 2011. Mohamed DIOURI,Chroniques du quartier, 2011. Nadia BEDOREH FAR,Les aléas de ma destinée, 2010. Sami Al Nasrawi,L'autre rive, 2010. Lahsen BOUGDAL,La petite bonne de Casablanca, 2010. El Hassane AÏT MOH,Le Captif de Mabrouka,2010. Wajih RAYYAN,De Jordanie en Flandre. Ombres et lumières d'une vie ailleurs, 2010. Mustapha KHARMOUDI,La Saison des Figues, 2010. Haytam ANDALOUSSY,Le pain de l’amertume, 2010. Halima BEN HADDOU,L’Orgueil du père, 2010. Amir TAGELSIR,Le Parfum français, 2010. Ahmed ISMAÏLI,Dialogue au bout de la nuit, 2010. Mohamed BOUKACI,Le Transfuge, 2009. Hocéïn FARAJ,Les dauphins jouent et gagnent, 2009. Mohammed TALBI,Rêves brûlés, 2009. Karim JAAFAR,Le calame et l’esprit, 2009. Mustapha KHARMOUDI,Ô Besançon. Une jeunesse 70, 2009. Abubaker BAGADER,Par-delà les dunes, 2009.
ElHassaneAïtMoh
LesjoursdecuivreRomanL’Harmattan
DumêmeauteurLethén’apluslamêmesaveur,L’Harmattan,2009LecaptifdeMabrouka,L’Harmattan,2010
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UnjoursepropageaàlaminedeBouskourunerumeurpersistante,lebruitcouraitqu’unétrangeravaitétéaperȬ çuàl’entréeduvillageetquesestracesavaientétésouȬ dainperduesdevue.Sisousd’autrescieuxuntelfaitanodindesurcroîtétaitadvenu,ilseraitpasséinaperçu,tellementilbrillaitparsoninsignifiance.Maiscommedisaitmamère:«Ilnefautjamaissefierauxapparences,souventdefaitsordinairesnaissentdesévénementsd’uneimportancejamaissoupçonnée.»Etfranchement,endehorsdecettesagessematernelle,riennepermettaitd’éleveraurangd’événementexcepȬ tionnell’arrivéed’untelindividudanscetenferderochesnoiresetdesolitude.ÀlaminedeBouskourcependant,leschoseslespluscourantesprenaienthabituellementuneampleurdémesuȬ rée;ainsi,lanouvelleserépanditcommeunetraînéedepoudre,aidéeencelaparlesattroupementsspontanésdeshabitants,attirésparlesbavardagesdeslonguesjournéesd’été;etenmilieudejournée,d’autresbruitsvenaientalimenterlesracontarsquis’amplifièrentetfinirentparfrôlerlefantastique.
Dansunclimatenfiévréparlaguerredesconjectures,lessignalementsfinirentparprêteràl’hommedestraitsqu’ilseraitimpensabledevoircoexisterdansunmêmeêtre.Seulunfaitrassuraitnéanmoins:toutlemondes’accordaitàdirequ’ils’agissaitbeletbiend’unhomme,unhommeàlamoustachenoire.Aufonddesmodestescabanesdesmineurs,ilyavaitdesépousessolitairesvivantdansl’angoisseetl’attentedeleursmarisplongésdansleventredesterrescuivreuȬ ses.Danscedésertminéral,lesfemmesemprisonnéestuaientletempsavecdeshistoiressouventnéesdeleurpropreimagination.Enferméesdansleursgourbis,lenezcolléàcequirestaitdeleursvitres,ellesétaienttoujoursàl’affûtdumoindreévénement,rienn’échappaitàcesfemmesdésœuvréesavecleursorganesdessensouvertsauxquatrevents.Souventd’unfaitdérisoireellesbâtirentdesrécitsdontellestiraientunecertainefiertéenlesraȬ contantàleursépouxdansl’obscuritéd’interminablessoiréesduvidesentimental.
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Demafenêtre,seuljepromenaismonregarddistraitsurlaplacedéserte,jevissoudainarriverl’homme.LorsȬ qu’ileutaperçunotrevieuxchienblanccouchéàl’ombredufiguier,ils’immobilisauncourtinstant,gagnéparlapeur;puis,d’unpaslent,ilavançaencorequelquesȬ tres,etlorsqu’ilfutprèsdelaminusculeboutiquetenueparmonpère,illâchasongrossacenplastiqueàmêmelesol;lechien,haletant,écraséparlachaleur,nemanifestaaucunsignedevie,seuleunepoussièregrises’élevaauȬ tourdel’inconnu,commepourluisouhaiterlabienvenuedanscetteterredecuivreetd’ennui.C’étaitledernierjourdumois,inutiledechercherleshommes;sicertainsétaientencoreàl’œuvredanslesprofondeursdelaterre,d’autres,s’étanthâtivementacȬ quittésdeleurtâchequotidienne,s’agglutinaient,impaȬ tients,devantlebureauducomptabledansl’attentedeleurpaie.L’homme,submergéparundernierrayondesoleil,avait,enplusdesacurieusemoustache,degrandsyeuxglobuleux,ilsedressaaumilieudelaplace,sonallurebizarreéveillaenmoilasensationd’unrêveétrange.Il