Les Magayantes

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Ce roman raconte l'histoire de ces paysannes insoumises, sur fond de misère, de guerre et de révolte. C'est l'histoire aussi de toutes ces femmes, bourgeoises, manantes, filles du ciel ou filles de joie qui, avec les Magayantes, ont jalonné l'histoire de cette île et embrasé leur époque, afin que l'on puisse, aujourd'hui, saisir un peu de leur lumière.
Publié le : dimanche 1 juin 2008
Lecture(s) : 249
EAN13 : 9782336281940
Nombre de pages : 144
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Les Magayantes
t 1
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t 1
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L'Harmattan, 2008
5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
di ffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan l@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-05744-9
EAN : 9782296057449
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Daniel Bernard
Les Magayantes
Roman
t 1
L'HARMATTAN
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Écritures
Collectionfondée par Maguy Albet
Directeur: Daniel Cohen
Dernières parutions
Hüseyin LA TIF, La mort bleue, 2008.
AICHETOU, Cette légendaire année verte, 2007.
Mireille KLEMENTZ, Le maître allemand, 2007.
Anne-Marie LARA, Les bellezêveries, 2007.
Antoine de VIAL, Prendre corps ou l'envers des mots, 2007. de VIAL, NY 9/11 911. Édition bilingue, 2007.
Urbano TAVARES RODRIGUES, La fleur d'utopie A flor da
utopia. Nouvelles traduites du portugais par Joao Carlos
Vitorino Pereira. Edition bilingue, 2007.
Collectif (concours de la nouvelle George Sand), Dernières
nouvelles du Berry, 2007.
Jaunay CLAN, Milosz ou L'idiot magnifique, 2007.
Jean BENSIMON, Récits de l'autre rive, 2007.
Anne MOUNIC, Jusqu'à l'excès, 2007.
Manuel GARRIDO PALACIOS, L 'Abandonnoir, 2007.
Pierre MARTIN, La beauté de Ghephra, 2007.t 1
François AUGE, Lumière cachée, 2007.
Derri BERKANI, Le retourné, 2007.
Alain LORE, À travers les orties, 2007.
Nicole Victoire TRIVIDIC, Pleure, 2007.
Liliane ATLAN, Même les oiseaux ne peuvent pas toujours
planer, 2007.
Liliane ATLAN, La bête aux cheveux blancs, 2007. Les portes, 2007.
Liliane ATLAN, Petit lexique rudimentaire et provisoire des
maladies nouvelles, 2007.
Liliane ATLAN, Les ânes porteurs de livres, 2007.
Hanania Alain AMAR, Le livre inachevé et autres textes, 2007.
Thomas KARSENTY-RICARD, Les poings serrés, 2007.
Geneviève CLANCY et Philippe TANCELIN, La question aux
pieds nus, 2007.
Marie GUICHARD, Le vin du souvenir, 2006.
Pauline SEIGNEUR, Les bonnes intentions, 2006.
Michelle LABBÉ, Le bateau sous le figuier, 2006.
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Du même auteur
Romans
Le saunier de Saint-Clément,
Éditions L'Harmattan, Paris, 2002.
Une île bien plus loin que le vent,
Éditions L'Harmattan, Paris, 2005.
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« Buckingham, qui attaqua en vain l'île de Ré, ôta les vivres
à la Rochelle et en facilita la prise. L'île était défendue par
sa situation, sa réputation, sa religion, le courage d'un
peuple soldat et citoyen, par les secours, même par la
fureur de la mer, enfin, par l'ardeur naturelle à défendre
son indépendance. De ce coin de terre devait dépendre le
destin de l'Europe... »
t Mes pensées 1720-1755 1
Montesquieu
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«TI aimait l'indigence de la clarté sur le corps d'une femme
qui ne retire les linges qui enveloppent son ventre glabre et
ses mamelles nues que pour les confier à la pénombre; son
odeur est plus forte; sa peau plus nue est plus douce; ses
traits, étant plus fantomatiques, sont plus féminins; elle
remonte du passé... »
Les Ombres errantest Pascal Quignard 1
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À Lydia, Laetitia, Octave et Emile
mes ancêtres magayants.
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Chapitre l
Sariot
e m'appelle Sariot.JJe suis né dans la contrée de l'Aunis, sur une île de
rocaille et de glaise, où la terre est si basse que la mer a
depuis longtemps éperonné le ciel, où la bruyère est si peu
abondante qu'elle suffoqua mille fois de sécheresse sous let 1
sable et le vent.
La mémoire des pierres a enseveli celle des hommes.
Les traces de l'histoire serpentent le long des murailles de
la citadelle de Saint-Martin, où l'ombre de Vauban hante
encore les fossés. C'est un chemin ténu et fragile, où se
mêlent, confus, les murmures du temps qui passe et ceux,
plus vastes encore, de l'océan, les cris de joie enfouis et les
douleurs contenues.
Seuls le sel et le vin résistèrent à la fureur passée.
Dans cette île, j'ai tellement couru dans les vignes
des seigneurs que le Pineau m'est passé dans les veines.
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Je suis reconnaissant à mes aïeux de m'avoir fait
aimer le vin du terroir. Mes deux grands-pères îliens ayant
été bouilleurs de cru jusqu'à leur mort, j'ai craint un instant
d'être condamné à passer ma vie à cuver. Tous mes
démentis n'y auraient rien changé. J'aurais pu y laisser la
santé.
Je me suis alors passionné pour l'histoire. Un autre
sport qui conserve. Je me suis intéressé à ces cœurs, ces
visages de manants, qui ne demandaient qu'à sortir de
oubli. Je me suis penché sur toutes ces blessures, cesl'
haines, qui n'ont jamais fait bon ménage et que les armes ne
vengeront plus, sur tous ces relents de marais, ces lieux
pourris d'histoire, qui commençaient, bien malgré moi, à
macérer. Je tenais ma bourrache. J'avais fini d'infuser. Ce
sont ces moments que je veux distiller.
t 1Au début, tout se précipita. On arracha les chênes
verts, on sortit les pelles, les hommes défrichèrent les
dunes. On planta des cinéraires, on inaugura les
chrysanthèmes.
Les rois, les seigneurs de guerre, consentirent des
détaxes, sur les récoltes et le sel, à condition que les
insulaires surveillent les côtes et donnent l'alerte. Ce
dédouanement, aussi soudain qu'intéressé, ne troubla pas
l'éveil du manant, pour qui ce droit s'inscrivit, aussi bien,
dans les textes que dans les gènes. TIs ressentirent une
aigreur viscérale, une allergie perpétuelle, à la vue d'un
impôt qui viendrait grever la terre de leurs ancêtres; cette
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