Les ondes fugitives

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1785... Au fond de son Périgord natal, Jean-Baptiste est heureux, insouciant. Mais un drame brutal le propulse hors de son univers familier. Les bas-fonds du port de Bordeaux, la traversée vers Saint-Domingue, la découverte de l'horreur indicible... Comment s'adapte-t-il, quand la révolte gronde chez les nègres, au fond de chaque morne ? Et comment ses enfants, puis sa petite-fille, pourront-ils s'adapter pour survivre, en sautant d'île en île pendant les longs désordres de la Révolution et de l'Empire ?
Publié le : dimanche 2 juin 2013
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EAN13 : 9782296537460
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Les ondes fugitives Voyage à travers  l’histoire des Antilles  de 1785 à  1902
 
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Les ondes fugitives
 
 
 
Romans historiques Collection dirigée par Maguy Albet   Dernières parutions
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Jahel Simbert         Les ondes fugitives
Voyage à travers lhistoire des Antilles de 1785 à 1902    
Du même auteur    Les colons aquitains de Saint-Domingue à la fin de lAncien Régime , T.E.R.  LEglise et les « nations sauvages » avant la Révolution (à travers lEncyclopédie de Panckoucke), T.E.R.                               © LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00205-7 EAN : 9782343002057  
 
 
Je voudrais dédier cet ouvrage à ma grand-mère Hélène, qui  encore petite fille  a croisé le chemin de « la Grande Dame Créole », Madame de Laulagnais. Cest donc elle qui ma mise involontairement sur la trace dun destin et dune trajectoire assez exceptionnels. Elle qui, paysanne du Périgord profond, ma plongée pour la vie dans cet amour des Isles    
 
 
 
LES ONDES FUGITIVES  (Dérive familiale à travers lHistoire des Antilles Françaises de 1785 à 1902)  CHAPITRE 1 : RACINES   Pour une fois, Joli-Cabri était très sage. Il navait même plus peur. Il ne voulait plus entendre tous les éléments déchaînés autour de la vieille demeure en péril. Il ne voulait plus quécouter « ManLisou », sa Maîtresse Héloïse, qui lentraînait dans un long récit étourdissant pour lui faire oublier le danger. Le récit de la vie surprenante de Jean-Baptiste, son « tout jeune grand-père », venu du lointain Périgord  * * * * * * * *                      [ Est du Périgord1785 ]  Cri strident, éclair turquoise du martin-pêcheur sur le miroir des eaux. Le soleil se couche en faisant rougeoyer les falaises. Chaque roche embrasée se mire fièrement dans le courant furtif de la rivière. Et je suis bien. Le cul dans lherbe, mon nid parmi les fleurs sauvages. En parfaite harmonie avec ma Terre-Mère. Etre de mon pays, cest vivre adossé à sa colline, les reins bien à lappui, à regarder passer leau, le temps, ou parfois quelques nuages avec cette impression sensuellement si délicieuse que le temps se prélasse encore beaucoup plus que notre voluptueuse rivière  * * * * * * * *                 Dis-moi, ma douce amie, quel fut donc ce destin pernicieux qui sabattit sur moi et marracha soudain à tout ce que jaimais ?  Nous, gueux du Périgord, nous battions pour survivre, inconscients du pétillement lointain des salons de la capitale. Sur une autre planète, Paris polissonnait ou grondait, selon le niveau social que chaque individu sétait vu octroyer par la Divine Providence. Notre bon roi Louis, Louis le Mal-Placé, ou Louis le Seizième, voyait avec effroi ce talent politique  quil navait jamais réussi à apprivoiser  filer entre ses doigts. On disait quil avait enfin appris à compter fleurette à sa rousselette dAutriche, mais que leur union nétait pas très revigorante pour les finances de la nation Nous, gueux du Périgord, nous battions pour survivre. Encore que ma famille ne fût ni la plus misérable ni la plus mal lotie...
 
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Mon père, Victorien 1 , avait réussi à sémanciper quelque peu des pesanteurs ancestrales en allant passer plusieurs années lointaines dans les armées du roi. Il y apprit ainsi le métier de cordonnier, indispensable à tout son régiment, et capable de le libérer des lourds travaux de la terre dès son retour au pays.  Ma mère, la rêveuse Fantille, dun naturel artiste et fantaisiste, profita de leçons de couture bien assénées au logis familial pour sépanouir dans des créations de modiste qui la firent estimer par quelques coquettes de la ville voisine.  Quant à moi, Jean-Baptiste Romanet, javais longtemps préféré visiter les nids de pie au haut des peupliers plutôt que de fréquenter les bancs crasseux et glacés de lécole du Père Parrat. Mes frisottes noires flottaient encore à tous les vents : je les devais à quelque belle Bohémienne de passage, amoureuse dun de mes ancêtres !  Mais lentêtement pédagogique de ce vieux prêtre, qui me coursait par monts et par vaux, la flagelle à la main, pour me ramener dans le droit chemin de la Foi et du savoir, avait été plus fort que mon insatiable désir de liberté Ma réussite dans les études avait été relayée par un malencontreux héritage, venu dun grand-oncle aussi solitaire que totalement inconnu. Ce qui, selon mon père, mavait déjà destiné à un éloignement vers les cieux menaçants de Bordeaux. Mon avancement y serait hélas assuré dans létude dun certain notaire, à la réputation irréprochable.  Avec un peu de chance, jépouserais peut-être sa fille ! mavait même affirmé lombrageux Victorien, grand spécialiste pour émotionner les dames les plus rétives. Javais donc commencé de brillantes études chez les « Bons Pères » de Sarlat, puis dans un bien triste collège de la grandville de Périgueux...  Quelques rares fêtes religieuses ou lardent soleil de lété me voyaient encore revenir au pays avec la dévotion amoureuse dun adorateur souvent repoussé. Jy retrouvais alors en cachette le minois vibrant et les yeux humides de ma délicieuse Suzon, gardienne des oies et bonne à tout faire dans la ferme voisine. Elle seule savait effacer mon « brillant avenir » pour redevenir ma nymphe, ma fée, ma sylphide resplendissante dans un univers de rêves enfin retrouvés Lindécence de telles amours, faisant soupirer ou rugir toute ma parentèle, ne pouvait que survivre sous forme clandestine, cachée des yeux des médisants.                                                           1 Voir généalogie de la famille Romanet : p.378.
 
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Par les beaux jours dété, jétais fermement convoqué à Sarlat, dans la boutique de mon père, devenu cordonnier émérite, pour aider quelque peu aux travaux les plus attardés. Au premier fléchissement de sa surveillance, je mesquivais vers la soupente du vieux Capette, pour préparer Pompon, son cheval de labours, à mon évasion et ma fugue vers la verte Dordogne  De lautre côté de notre rivière, ma charmante Suzon terminait sa journée de travail pour se rendre à lun de nos multiples rendez-vous nocturnes au bord des ondes chatoyantes.  Dans un scintillant clair de lune, les hautes falaises du château de Montfort dressaient leur noire silhouette, tour à tour protectrice et amicale ou armée des bras pendants et griffus de figuiers sauvages menaçants. Le vent courait dans les bélisses, où quelque animal nocturne faisait clapoter londe ténébreuse.  Tout soudain, de lautre côté du fleuve, le miracle se produisait : un feu follet furtif et vacillant contournait les derniers noyers, faisait quelques écarts agiles pour éviter la tache sombre des orties ou la masse renfrognée dun roncier. Puis ma jolie Suzon apparaissait, victorieuse et resplendissante, frêle silhouette déjà toute tendue vers moi, traversant les souples bélisses 2 .  La rivière, le dernier obstacle, ne la ralentissait quà peine : digne fille de pêcheur, elle savait trouver tout de suite les cachettes hors du courant, et le remous propice où lattendait une barque endormie. Bruit de chaîne que lon retire, cadence dune rame sur londe ; et elle était déjà là, escaladant à tâtons la falaise abrupte jusquà la grotte profonde qui accueillait nos amours  Là, plus de pierre froide, rien quun embrasement mutuel qui aurait dû décrocher du plafond chaque chauve-souris, si elle navait été déjà partie en quête de quelque gibier hasardeux  Comment oublier ces heures alanguies, ces instants insouciants où lavenir nexiste plus, où le monde extérieur et toutes ses menaces peuvent se dissoudre dans le doux bruit de cette eau qui court pour disparaître dans le lointain ? Il est certains instants magiques où il fait tellement de bonheur que latmosphère le distille, et lair vibre et tressaille comme une chair de femme Pourquoi ne pas dire « il fait du bonheur », puisquon dit si souvent qu« il fait » beau ?                                                           2 Les bélisses : variété de saules poussant en touffes au bord des cours deaux.
 
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