Les semelles rouges

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"J'ai fait l'amour sans amour, comme on boit un verre d'eau pour étancher la soif". Ainsi parle Dérac, célèbre écrivain à qui apparemment tout réussit. Pourtant, quel terrible secret se cache-t-il sous son rire ? Cette question taraude deux amies d'enfance : Hermine et Crécy. La première veut se venger du bel amateur de femmes en faisant pacte avec la seconde. Mais tant de secrets voilent ses origines. Elles vont, peu à peu, décrocher les masques pour s'approcher d'une improbable vérité.
Publié le : dimanche 1 septembre 2013
Lecture(s) : 15
EAN13 : 9782336322681
Nombre de pages : 202
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Nicole Hardouin

Les semelles
rouges
Roman




































© L’Harmattan, 2013
5Ȭ7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978Ȭ2Ȭ343Ȭ00748Ȭ9
EAN : 9782343007489

Les semelles rouges


Écritures
Collection fondée par Maguy Albet


Zen (Claude),Secteur postal 14 200, 2013.
Danbakli (Yves),Les tribulations orientales du baron de
Castelfigeac, 2013.
Lecocq (JeanMichel),Portraitrobot, 2013.
Pons (FrançoisMarie),Filspère, 2013.
Carrère (Pascal),De mémoire et de gouache, 2013.
Prével (JeanMarie),La bête du Gévaudan, 2013.
Rode (JeanFrançois),L’enfant projeté, 2013.
Hermans (Anaële),Bananes sauce gombos, 2013.
Jamet (Michel),Joute assassine, 2013.
Tirvaudey (Robert),Paroles en chemin, 2013.
Mahdi (Falih),Dieu ne m’a pas vu, 2013.
Labbé (François),L’Imbécile heureux, 2012.
Le Forestier (Louis),La Vie, la Mort, l’Amour, 2012.
Dini (Yasmina), Soroma (Joseph),L’Amante religieuse,
2012.
Mandon (Bernard),L’Exil à Saigon, 2012.


*
**

Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages,peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr

Nicole Hardouin

Les semelles rouges

roman



















LȇHarmattan

DU MÊME AUTEUR

Les Noyés du Ciel.
Éditions Les Cahiers Bleus Troyes, 1994.
Encres G. BOUILLY.
Une Chevelure de Pluie pour Horizon.
Éditions L.G.R, Paris, 1998.
Dessins G. Bouilly.
Pierres de Brume.
Éditions L.G.R, Paris, 2000.
Encres de G. Bouilly.
Les Portiques du Vent.
Éditions LȇHarmattan, 2003.
Illustrations G. Bouilly.
Le Rire de LȇOmbre.
Éditions LȇHarmattan, Paris, 2007.
Préface C. Luezior.
Liminaire A. de Matharel.
Fontaines Carnivores.
Éditions L.G.R, Paris, 2010.
Illustrations H de La Taille.
Soie Sauvage
Editions Encre Vive, Colomiers, 2010.
Illustration S. Arabo
Prométhée, Nuits et Chimères.
Éditions de LȇAtlantique, Jonzac, 2011.
Préface M. Bénard.



Mais le mutisme est si violent
quȇon entend suinter
le sang
hors du silence.

Jean Mambrino

I

Seule chez moi, je me laisse envelopper par la Sonate de
Vinteuil, si chère à Antoine, mon irrépressible tourment.
Sa pipe à jamais froide entre mes mains, je ferme les yeux
et retrouve la lumière de son regard, son rire. Jȇentends
ses phrasesȬlianes aux intonations ponctuées de soufre et
de chair. Comme les serres dȇun aigle, les souvenirs
sȇagrippent à leur proie. Je suis leur proie.
Ces souvenirsȬsangsues me renvoient à nos étreintes, je
me souviens combien ma peau se confessait de tentations
lorsque ses doigts apprivoisaient les confidences de mes
fibres. Mon corps tanguait sous sa langue autoritaire qui
explorait mes contrées les plus secrètes, dévoilant des
élans nacrés jusquȇà moduler lȇaccord dȇun rythme
ancestral.
Antoine, mon aimant. Et pour passer dȇaimant à
amant, il avait suffi dȇôter une petite lettre, tout en
préservant, dans nos cœurs, un point sur le i du verbe
aimer…
Oui nous nous sommes aimés et aujourdȇhui, à lȇaube
dȇun crépuscule aux ombres lactescentes, la neige me fait
revivre ce jour, où Antoine me pressa de lȇaccompagner
sur la tombe de ses parents.

En sortant du cimetière, nous sommes retournés une
dernière fois au village. À quelque trente mètres de
lȇéglise, un homme âgé cheminait, capuchon sur la tête,
bâton à la main. Il avançait difficilement, sȇarrêtait contre
les murs de pierres plates pour reprendre souffle, les
semelles de ses sandales aux lanières de cuir élimé étaient
usées. Un trou dans lȇune des chaussettes laissait suinter
du sang : chapelet rouge égrené dans la neige.
Sa silhouette décharnée de gueux, son regard bleu et
doux, la capuche marron qui voilait son front ridé me
faisaient penser au St Jérôme de Zurbaran.
Arrivés à sa hauteur, Antoine ralentit, sȇarrête à côté de
lui. Vitre baissée, je mȇadresse à lui :
« Monsieur vous semblez peiner. PouvonsȬnous vous
conduire quelque part, où allezȬvous ?
ņ
Je vais louer Dieu à St Jean.
ņ
Mais vous nȇêtes pas chaussé pour affronter cette
froidure.
ņ
Jésus était pieds nus dans la montée du Golgotha,
comme lui je porte ma croix, elle est à lȇintérieur. Jȇai la
chance de mȇappuyer sur un bâton, lui nȇavait rien.
ņ
Vous êtes blessé, vous boitez.
ņ
Rien de grave. Merci de votre proposition, le froid ne
mȇatteint pas. Je chemine lentement, loin du bruit, de
lȇagitation, dans le silence de la réflexion, unique accès à
la révélation. Je suis heureux. »
ņ
Soit, comme vous le souhaitez, louez Dieu aussi
pour nous. »

Soulevant une myriade de flocons, la voiture redéȬ
marra bruyamment, brèche au cœur du silence. Lui sȇen
alla, calme, sans déranger lȇordre des choses.


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Au loin, lȇécho dȇun glas précédait une charrette.

Le cimetière, le sang, la vieillesse ; de nouveau lȇanȬ
goisse mȇenserre, sème ses échardes. Plus que jamais, en
ce début de nuit, je repense à ce sage, Socrate égaré sur
notre chemin. Nous nȇavons pas su mettre nos pas dans
les siens ni conserver lȇévidente substance de son regard.

Dans la solitude et le grésillement de mes songes, je
porte tout le désespoir de lȇimpossible.

PeutȬêtre, fautȬil laisser glisser lȇinsolence du rêve pour
retrouver la réalité de notre première rencontre.


11

II

Cȇest un jour ordinaire. Lors dȇun salon du livre, Antoine
Dérac y dédicace son dernier ouvrage sur Proust dont il
est un des spécialistes. Derrière une table, où mes recueils
de poésie sȇempilent, jȇy suis aussi, regardant défiler les
visiteurs, comme le fauve dans sa cage observe les
passants. Ayant lu, apprécié les livres de Dérac, je me
dirige vers lui. Un cercle de lectrices lȇentoure.
Les peintres, les écrivains sont toujours très prisés par
la gent féminine. Ils ont pour les femmes un côté mysȬ
térieux, elles se posent une multitude de questions à leur
sujet : « où, quand, comment écriventȬils ? »
Souvent, loups solitaires, ils incarnent des vaisseaux
dans lesquels elles navigueraient volontiers, à contreȬ
courant…
Échanger avec un auteur, cȇest sȇintroduire dans le
mystère de sa nuit, boire le filtre qui coule dans ses livres.
FiltreȬpoison, filtreȬlabyrinthe dont je suis devenue priȬ
sonnière. Mais je voulais le rencontrer, me confronter à
lui, le voir, lȇécouter.
Jȇaurais dû mieux voir, mieux écouter !

Lors de ce salon, son attachée de presse lȇaccompagne,
jolie fille, attentive, très attentive, exagérément attentive
sous ses paupières de suie. Elle lui tend les livres, caresse
la couverture de ses longs doigts aux ongles à lȇovale
parfait, ouvre la page pour la dédicace, non sans le frôler
négligemment de sa manche. Cette attachée est très attaȬ
chée… Une femme sent vite ces chosesȬlà.

Jȇapproche, achète son dernier livre : « Céleste dans la
vie de Proust. » Un regard vif, furtif, passe dans ses yeux,
lȇéclair qui fait trembler les biches le soir dȇété lorsque le
grand cerf approche du point dȇeau.
Ce jourȬlà, je porte veste et pantalon noirs, éclairés par
une grande écharpe rouge. On a la Légion dȇhonneur que
lȇon peut, lui fisȬje remarquer. La sienne éclaire le revers
de sa veste sombre. Suivant mon regard, il sourit.
« Je lȇai obtenue grâce au député Tréville, il possédait
une maison de campagne près de chez moi, nous nous
fréquentions beaucoup.
ņ
Je le connais. Pendant une année jȇai tenu sa perȬ
manence de province. Souvent, il mȇest arrivé de rédiger
des interventions pour lȇobtention de la Légion dȇhonneur.
Jȇai remarqué, quȇen période électorale, les demandes sont
plus fréquentes. Le dépôt dȇune voix dans lȇurne pouvant
être un remerciement ; mais je ne dis pas cela pour vous.
ņ
RacontezȬmoi comment vous lȇavez connu?
ņ
Ce serait beaucoup trop long. »
Et, dȇune façon anodine, nous échangeons des propos
sur la littérature, la poésie. Puis, soudain il sȇadresse à son
attachée, très attachée : « voulezȬvous aller me chercher
un expresso, bien serré, merci. »
Nous sommes seuls, face à face, son visage sȇadoucit,
sa voix prend des nuances de soie, ses yeux sȇégarent sur

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ma silhouette tout en me demandant ce que jȇécris, lis,
ainsi que le motif de mon intérêt pour Proust. Avec aisanȬ
ce, il passe dȇun sujet à lȇautre, manifestement, avec
habileté, il me teste. Jȇapprécie ces échanges, véritables
orgasmes intellectuels.

Un pot dȇorchidées décore sa table. Les regardant, je
souris. Lueur coquine au fond des prunelles, il sȇen avise.
« Pourquoi souriezȬvous en regardant ces fleurs ?
ņ
Pour mon plaisir, je collectionne diverses variétés
dȇorchidées : celleȬci est un cattleya. Cȇest tout à fait
normal, vous qui vivez chez Proust, si près de Swann. »
Ses lèvres charnues semblent caresser le verbe faire, son
sourire lance un filet sur mes yeux. Il me fixe intensément
pour sȇassurer de ma bonne compréhension à lȇallusion
faire cattleya, expression très fleurie chez Proust pour faire
lȇamour. Jȇaurais pu lui répondre en plaisantant, mieux
valait rester dans la cale froide de la raison, plus prudent,
pour cette fois au moins !
« De plus, enchaîneȬtȬil dans un rire complice, dȇaprès
la dédicace, vous vous prénommez Crécy, comme Odette
de Crécy, une des héroïnes de Proust ! Nous sommes faits
pour nous rencontrer. Si nous devions nous revoir, « tiens,
tiens, il songe à me revoir » je vous appellerais tour à tour
Crécy ou Odette.
ņ
Mais cher Monsieur, la vie nȇest pas un roman.
ņ
Elle peut le devenir.
ņ
Je ne suis ni la mondaine, ni la cocotte du roman. Je
suis moi, entière en tout, donc : Crécy, seulement Crécy.
ņ
Vous avez du caractère, pourtant je vous sens forte et
vulnérable, je vous appellerai… »


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Un expresso apparaît devant lui, rapidement son
attitude change, le ton redevient anonyme, et lȇattachée
susurre :
« Nȇoubliez pas Monsieur, vous avez une interȬ
view dans vingt minutes, il faudrait vous y préparer. »
Élégante façon de me dire : « partez. »
À ce moment précis, cette rencontre me laisse le goût
dȇun agréable badinage. Je nȇimagine pas le revoir, quoiȬ
que… Jȇai lȇimpression quȇil a jeté lȇencre, lȇancre au fond
de ma rétine. Songeuse, je retourne à ma place, juste le
rang devant lui.
LȇaprèsȬmidi touche à sa fin ; soudain, je le vois à
lȇextrémité de lȇallée. Feignant de sȇintéresser aux uns et
aux autres, prenant un livre, le feuilletant, échangeant
quelques mots avec son auteur et ainsi, nonchalamment, à
pas de félin, il sȇapproche : longue silhouette légèrement
enrobée, embonpoint dissimulé par une chemise assez
large, pantalon taille basse, veste à deux fentes, bel
homme.
En le regardant sȇapprocher, une voix intérieure
mȇavertit : « cet Antoine Dérac va te faire manger des
pommes acides dans un verger de miel. »
Il est une sente de feu, je le sens et je suis prête, contre
toute logique, à tisser des flammes. Cet homme dégage
une aura à laquelle nulle femme ne peut rester insensible.
Là, jȇaurais dû me dire : « attention danger ! » mais jȇaime
les rêves insensés, ceux qui hésitent dans les méandres
dangereux de lȇimaginaire, ceux que lȇon caresse avant
quȇils ne franchissent les lèvres. Jȇaime le frémissement
voluptueux de la bouche qui les laisse filtrer. Jȇaurais dû
aussi songer aux rêves qui se brisent dans le silence de
lȇabsence. Oui, jȇaurais dû…


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Arrivé devant moi, il plonge ses yeux dans les miens
puis, lȇindex gauche sur ses lèvres, il me donne une
poignée de main et repart, démarche souple, démarche
féline. Au creux de ma paume : un tout petit papier jaune
plié en quatre.
De retour à sa place, il mȇobserve, son regard brûle ma
nuque. Ne voulant pas afficher mon impatience, jȇattenȬ
drai dȇêtre chez moi pour lire ce minuscule message.
Cet index en signe de silence, me fait sourire. Oui, bien
sûr, cȇest à cause son attachée… Il doit être du genre à se
ménager plusieurs points dȇeau pour se désaltérer. Ce,
sans avoir le courage dȇassumer sa soif. Jȇaurais dû encore
me redire : « attention, tu vois ce quȇil est, ne te laisse pas
envahir par des chimères », mais je suis tout à fait prête à
être submergée par la crue rebelle de mes fantasmes. Folie
ou coup de foudre ? Vite, je range mes affaires, salue mes
voisins et pars sans passer devant lui. Quȇil est long le
trajet de retour avec dans ma poche, ce papier mystéȬ
rieux !

Dès mon arrivée, Prométhée, mon compagnon de
solitude, un chat tigré noir et blanc, accourt se frotter
contre mes jambes. Je le câline, me déshabille et mȇinstalle
à mon bureau. Mon premier geste : déplier le feuillet.
Sous mes yeux apparaissent noms, adresse, numéros de
téléphone personnels tracés dȇune écriture autoritaire. Le
tout est suivi de trois lignes très brèves à lȇencre bleue :
Jȇaimerais bien parler avec vous mais tranquillement, en dehors
du bruit et du monde, appelezȬmoi le soir de préférence. A. D.

Diable : déjà ! Cȇest un peu fort, il ne me connaît pas du
tout, il pouvait bien me dire cela de voix vive ! Cȇest un
dragueur, craintif face à son attachée. Elle doit être

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jalouse, il fait profil bas. Me glisser ce billet aussi presȬ
tement, sans quȇun pli de son visage ne bouge, témoigne
dȇune grande habitude. Cȇest un prédateur, certain de son
pouvoir sur la femmeȬproie dont il sait les faiblesses, un
cavaleur avec des atlas dȇalcôves dans les pensées, du
velours dans la voix. Le tout doublé dȇun jouisseur, qui
doit solfier des accords sur de nombreux claviers.

SuisȬje excessive ?

Au fond de moi, je le sais, il cherche lȇaventure, mais
nos échanges furent intéressants, enlevés (cȇest moi qui
suis en voie de me faire enlever), mon sens de la répartie
lui a plu, il mȇa trouvée drôle et les hommes aiment être
amusés. Oui, mais celuiȬci aime aussi sȇamuser, murmure
une petite voix de plus en plus inaudible…
PeutȬêtre seraȬtȬil différent avec moi ? Je devrais bien
me demander pourquoi les femmes ont toujours lȇimpresȬ
sion que lȇhomme sera différent avec elles? Mais je ne suis
déjà plus lucide !

Le combat entre raison, doute, euphorie perdure.

Voyons réfléchissons : il souhaite une rencontre, il nȇa
pas osé me le dire, la chose peut être plausible. Mais
lȇappeler la première, car je vais lui téléphoner, même à sa
demande, cela mȇennuie. Je voudrais que cela vienne de
lui. Jȇai peutȬêtre une solution. Comme il écrit : « le soir de
préférence », jȇen déduis quȇil nȇest pas disponible dans la
journée. Pour ne pas avoir lȇair de me précipiter, je lui
téléphonerai lȇaprèsȬmidi, dans quelques jours et laisserai
mes coordonnées, cȇest décidé.


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Cette résolution tisseȬtȬelle déjà ma déraison ?

Décision prise, je mȇoccupe de Prométhée, mon chat
pure race gouttière ; la bâtardise régénère le sang. Je frotte
mon visage contre ce havre de chaleur. Quand jȇécris, il
sȇallonge sur ma feuille et ses prunelles étroites suivent la
mine du crayon, puis il sȇendort, rêvant à des courses
folles qui le font frémir, voire sursauter. Le voilà qui se
réveille, étonné, pour sȇabandonner de nouveau à
Morphée, tous muscles relâchés. Il est velours, quiétude et
confident. Il nȇa pas la liberté de certains de ses congéȬ
nères : les fugueurs qui maraudent de toit en toit, ceux qui
chassent, oreilles droites, regard fixe, corps tendu prêt à
bondir sur les musaraignes, les errants, ceux qui se
reposent sur les dalles des cimetières, épiant le frôlement
des ombres et le craquement des sépultures. Il est comme
les chats débonnaires, ceux des notaires et des confesȬ
sionnaux, qui dorment entre dossiers et péchés murȬ
murés.

Il est heureux.

Cinq jours se sont écoulés, le petit papier me nargue
toujours sur la table de nuit. Je ne résiste plus, auȬ
jourdȇhui, je téléphone à Dérac.


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