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Les truculentes et merveilleuses aventures de notre papy

De
162 pages
Flingo, un papy naïf et rêveur, apprend qu'il a une maladie incurable. Pour finir en beauté, ce fantaisiste décide d'entraîner Antoine et Anna, ses petits-enfants de 7 et 5 ans, dans une odyssée singulière. Les petits seront les bouteilles d'oxygène de ce cancéreux jovial. Cette odyssée est le voyage merveilleux qui unit les générations. Elle est le passage de témoin d'un doux fantaisiste à un Socrate 100 000 volts et à un coquelicot porté par le vent. Qui a décrété qu'une mort devait être triste ? Avec Antoine et Anna, Flingo pourra tirer sa révérence en beauté !
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JeanJacques Cambrelin
Les truculentes et merveilleuses aventures de notre Papy
/ Littérature
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Rue des Écoles Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus
Kalifa (André),Le turbot de Domitien, roman, 2017. Marin (Agnès),Sous l’amandier enfleur, roman, 2017. Allein (Aurélie),Maman de triplés : trois pas vers la folie, récit, 2017. Guichard Morin (Isabelle),Voyage initiatique sous le Tropique du Cancer, roman, 2017. Dubau (Christian),L’adoption de Sylvie au Burkina Faso, récit, 2017. Vennat (Francis),Moi, Lucie, 17 ans en 1939, récit, 2017. Delatour (Jacques),Mon village à l’heure allemande revisité, récit, 2017. Richa (Sami),Trois dont un de plus, roman, 2017. Pardini (Jean-Jacques),Que vive l’espoir !, essai, 2017. Campini (Rachel),Paule, roman, 2017. Palumbo (Giacomo),mots d’amour Quelques , correspondance amoureuse, 2017. Fernandes (Aurore),Celles qu’ils n’ont jamais pu oublier, récit, 2017. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
LES TRUCULENTESET MERVEILLEUSES AVENTURESDE NOTRE PAPY
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11840-6 EAN : 9782343118406
Jean-Jacques Cambrelin Les truculentes et merveilleuses aventures de notre Papy
Du même auteur :
La folle journée de Charles-Antoine Gonzague Folenfant (Éditions de l’Onde)
Pièges (Éditions GUNTEN)
CHAPITRE I
Depuis que je voulais savoir… Savoir comment j’allais mourir… Une véritable obsession ! Et je n’étais pas déçu. J’allais crever par la tête, comme les crevettes, les asticots et les hydrocéphales, mes frères ! Une tumeur au cerveau… Ça me convenait. La maladie serait moins prévisible. Un cerveau qui se détraque, c’est une pochette-surprise. Les neurones sont facétieux. Ils n’en font qu’à leur tête. Avec le poumon, on sait qu’on s’essoufflera, qu’on crachera et qu’on étouffera en serrant un drap. Avec les intestins, on dévide les boyaux, on les coupe et on vous colle une poche comme une bouée de sauvetage mais, avec le cerveau, le feu d’artifice peut être grandiose. Il commande à tous les niveaux. C’est le grand timonier. Avec lui, ce serait un jeu de piste. Une douleur par-ci, une paralysie par-là. Les docteurs traqueraient la bête. Mon corps deviendrait le Gévaudan. On se pencherait sur lui avec un air docte. On ferait des prévisions. On espèrerait, courbé sur ma carcasse, les signes avant-coureurs de ma déchéance. Il lui reste deux mois. Mais non, cher confrère, il peut tenir un an. Le loto médical, en quelque sorte, et mon cadavre en gros lot. Ses analyses sont excellentes malgré… S’en suivrait un silence… de mort ! La bataille était perdue d’avance mais je comptais rendre la fin excitante. Le taurillon au milieu de l’arène de blouses blanches ne se faisait aucune illusion. C’est pourquoi il n’avait demandé aucune explication. Une explication risquait d’engendrer un espoir et c’est le pire tourment que puisse endurer un condamné à mort. Je ne devais même pas espérer que ça se passe bien. Le fatalisme me paraissait plus sain. Et puis, j’avais déjà mon idée pour égayer ma dernière ligne droite… Je ne serai
pas seul. Antoine et Anna, mes petits-enfants, m’accompagneraient. Ils feraient des angelots très acceptables et me serviraient de tuteurs. Avec ces deux béquilles, je garderai un semblant de dignité. La dignité figée du condamné qui crève de trouille. Pour l’heure, j’étais allongé dans mon lit d’hôpital et un pied à perfusion veillait sur moi en délivrant un liquide visqueux. Et une perf de chagrin, une ! Déprimante, cette ferraille avec une de ces gouttes qui semble figée et empêche l’écoulement du bouillon. Panique assurée ! Je m’étais laissé prendre par surprise par une jolie infirmière bien décidée à se payer mes veines mais j’étais décidé à refuser leurs mixtures. Mes globules n’allaient pas tourner en mayonnaise. L’aiguille dans le bras était mal posée et je ressentais une légère douleur. Je n’avais rien dit. Premièrement parce que l’infirmière qui l’avait mise était charmante et, deuxièmement, parce que je prenais cette petite souffrance pour une épreuve initiatrice. Deux mille ans de christianisme laissent des séquelles… Si mon bras gonflait, il serait temps d’agiter l’alarme qui pendait le long du lit. Une fée clochette interviendrait avec célérité. Le bassin de lit posé sur la table de nuit me démoralisait. L’infirmière m’avait expliqué son maniement et, pire, avait ajouté que je pouvais l’appeler. Quel affront ! J’eusse préféré une gifle ou une insulte. Ce bassin était pour moi le symbole de la déchéance. Aboucher ce truc à mon zizi, en douce, dans mon lit, me dégoûtait. J’ai toujours préféré la miction amicale, entre potes, sur le bord d’un chemin et ce machin en plastique me narguait sur la table entre ma bouteille d’eau et mon téléphone. C’était le drapeau noir de la flibuste aperçu depuis un galion royal : l’assurance d’un naufrage. Je me 8
penchais vers la table et le fis glisser sous le lit discrètement. Pourtant, personne ne me surveillait. Maintenant, si j’avais envie de pisser, je sonnerais une infirmière. Ça resterait un affront mais pour une fois que j’avais du personnel à disposition… Depuis le couloir me parvenaient des voix. Les visiteurs, par décence, murmuraient habituellement mais le bruit de la conversation enflait. J’écoutais. Les blouses blanches sont les messagères du destin et je savais qu’elles allaient frapper à mon tombeau, chambre 166. Quand les voix se turent, une nausée m’envahit. Ils étaient derrière la porte. J’avais appris le diagnostic dans le bureau du professeur mais il avait voulu m’hospitaliser pour des analyses complémentaires. Il voulait gommer toute incertitude, disait-il. Ce qu’il gommait plus sûrement, c’était ma vie. Pas besoin d’être grand clerc pour deviner ce qui m’arriverait… Un scientifique a besoin de certitudes. Son gène logique est hypertrophié. Ce binoclard avec sa blouse et sa tonsure avait voulu compléter le tableau du naufrage. Pire que Géricault mettant la dernière touche au radeau de la méduse ! De toute façon, il manquait de souffle, ce rondouillard. C’était le genre de type à demander des confirmations en permanence. Un gars avec les mains moites et des auréoles sous les bras. Pas le genre à improviser et, d’après mes premières analyses, j’avais plutôt besoin d’un miracle. J’étais mal tombé avec le professeur Gaillard… Très très mal. Jésus à son époque « petits pains et poissons » eusse été plus utile ! Le binoclard frappa à la porte et entra sans attendre ma réponse. Mon intimité était accessoire pour lui. J’étais sur son territoire et il avait tous les droits. La connaissance engendre de petits tyrans orgueilleux. Il ne 9