Mariannaria

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Charles Simond, brasseur de mots, comme il se définit lui-même, nous raconte une passion amoureuse, qui est amour de la musique et de la littérature. Vingt-cinq séquences entrecoupées d'intemporalité et de temps décalé, qui révèlent une riche palette d'écriture. Cet insolite roman de poète, mêle humour et plaisir sensuel du mot.
Publié le : lundi 2 février 2015
Lecture(s) : 13
EAN13 : 9782336369587
Nombre de pages : 208
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Charles SimondMariannaria
« Je hais ce livre. D’une haine impuissante amplifée mot à
mot. Mots qui ne sont que mots. Inopérants thaumaturges.
Gisants pétrifés sur la page. Mots cadavres qui tissent le
suaire proscrit, prescrit par la littérature. »
Charles Simond, brasseur de mots, comme il se défnit Mariannaria
lui-même, nous raconte une passion amoureuse, qui est
aussi amour de la musique et de la littérature. Vingt-cinq Roman
séquences entrecoupées d’intemporalité et de temps
décalé, qui révèlent une riche palette d’écriture.
Cet insolite roman de poète, mêlant humour et plaisir
sensuel du mot, fait de la littérature – qui n’est peut-être
que le corollaire de l’échec d’une vie – la voie privilégiée
d’apprivoisement de sa destinée, et par-là même, de sa
propre mort.
Charles Simond fut instituteur, dans une vie et
un siècle antérieurs.
Il vit maintenant en Ardèche du sud, dans une
petite maison de garrigue, sans eau courante,
sans électricité, en communion, presque en
symbiose, avec la nature.
Poète, colporteur de poésie, peintre, musicien, sculpteur,
amateur en toute expression, il croit en la rédemption par
l’art et à la poésie comme antidote au ux dévastateur de
la société contemporaine marchandisée.
Tout homme, même s’il l’ignore, a un impérieux besoin de
poésie.
Illustration de couverture : dessin de l’auteur
ISBN : 978-2-343-04641-9
Prix :19 €
f
Charles Simond
Mariannaria1111©L’Harmattan,2015
57, ruedel’Ecolepolytechnique,75005Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:9782343046419
EAN:978234304641911
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11Écritures
Collectionfondée par Maguy Albet
Serrie(Gérard), J’ai une âme,2014.
Godet(Francia), La maison d’Elise,2014.
Dauphin(Elsa), L’accident,2014.
Palliano(Jean), LanaStern,2014.
Gutwirth(Pierre), L’éclat des ténèbres,2014.
Rouet(Alain), Chacuneen sa couleur,2014.
Cuenot(Patrick), Dieu au Brésil,2014.
Maurel Khonsou et lepapillon,2014.
D’Aloise(Umberto), Mélodies,2014.
JeanMarc deCacqueray, Lavie assassinée,2014.
Muselier(Julien), Les lunaisonsnaïves,2014.
Delvaux(Thierry), L’orphelin de Coimbra,2014.
Brai(Catherine), Une enfance àSaigon,2014.
Bosc(Michel),MarieLouise. L’Or et la Ressource,2014.
Hériche(MarieClaire), La Villa,2014.
*
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Ces quinzederniers titresde la collection sont classéspar ordre
chronologiqueen commençantpar leplus récent. Laliste complètedes
parutions,avecunecourteprésentationducontenudes ouvrages,
peut être consultée surle sitewww.harmattan.fr
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Mariannaria
Roman
L’Harmattan
111111111AMarianneI
11111Lebonheurestunevertu. 11
Spinoza
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1111111Monaspéridouce
Maclitoritendre
Mabalbusirène
Maluminaissance
Madivagalame
Monéchevelure
Machrysanthaimée
Malibellulaine
Malibelluliane
Moninhespéride
Madésiréelle
Mapianissimuse
Maprovidansante
Madéessentielle
Monémoiseaulyre
Mapoésivresse
Monoctobrumeuse
Monéchoquillage
Maromancenelle
Maromansemence
Masemensereine
Monincitavie
Monincitavivre
Monencensuelle
Mamusidéale
Mamuséquinoxe
Monenvisionnaire
Monenvibration
Monéblouicielle
Monéboulivresque
Mamélodivine
Mavioloncéleste
Monabsensirène
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Macantilaineuse
Pourtoicesmotssymbiose
Pourtoimamyrtilleule
Pourtoimonimagique
Monespérancerise
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111111111111111111111LITTERATURE
Toute littérature, Aragon nous l’a rappelé,estdu« mentir
vrai ». Eventail ouvert, du gros mensonge en rangers et
Kalachnikov, effronté et… affronté en toute mauvaise foi
littéraire,aupetitgraindemensonge,aupetitbrindemen
terieparinadvertance,commeenpassant,s’excusantdese
tromper de leurre ; de la duperie calculée, âprement ma
thématique, réfléchie, mûrie, fermentée, nauséeuse, à la
contrevérité primesautière, sympathique, attendrissante
comme un chaton chatouilleux, attachante chimère ; de la
fourberie,perfidie,duplicité,àlafable,histoire,invention,
bourgeonnantesd’unprintempsdefantaisie,depoésie.
Lavérité,commeunelamedesciemusicalecambréead
libitum devant l’archet, presque lascive la dévergondée –
j’ai eu récemment, et pour la première fois, l’opportunité
devoiruneinstrumentisteàl’œuvre–peutsetordrevoire,
imaginons le, se distordre jusqu’à la rupture. Pour le plus
grandbonheurfoisonnantdelalittératurequifaitmotsde
toutbois,émauxdetoutémoi,inflexiondetoutecourbure.
Mariannarian’yéchappepas.
Encore en lambeaux, au sortir de l’archipel Marianne
dont les récifs m’ont lacéré, ma souffrance à chair vive
pourraitinduireaumensongequiblesse,dégrade,destitue
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dansson unicité,que parle couple quien est la résultante
affichée, le panneau publicitaire. Encore, cependant, dans
le halo pervers du champ magnétique de mon aimante
amanteaimant,mabéatitudefascinée,quoiqueendomma
gée,pourraitinduireaumensongequimagnifie,enlumine,
sublime.Deuxécueilsquej’espèreéviter.Nonpourtoilec
teur, qui navigue en mer inconnue, toi à qui j’offre cette
histoiredéconnectée,maispourlaseulelectrice,Marianne
potentielle, qui, comme moi, sait. Et sûrement, sa vérité
n’estpas la mienne.Vaine préoccupation néanmoins, seu
lementdictéeparl’orgueild’êtrelégitime,chroniqueurdu
désespoirassumé,puisquelalittératureabsouttout.Alors,
que la littérature soit bonne ! Et si Héloïse émascule
Roméo,siAbélardsodomiseJuliette,quelleimportance.Si
c’estavecnoirdésir,éléganteperfidie,ignominieuxtalent.
Desmauxpourdesmots.
Présenterlavéritédesfaits,litanieàdessein,peutsem
bler limpide. Vérité alors froide, chronologique, à l’hu
mour d’huissier, sec compte rendu, indigeste procès
verbal. Aux antipodes de la littérature. Les faits sont l’os
d’uncorps dechairetdesang,d’uneviandepsychique,si
jepuisrisquercetoxymore,quiexplicitecombientoutsen
timent, toute interprétation passée au crible de l’intellect,
ne peut se départir de son ancragede chair, même si cette
chairenloquesn’estplusquelacérations.Leventre,alam
bic d’émotions, dicte au cerveau la pensée qui n’est que
métastases de douleur ou de plaisir de tripes. Le cerveau
peutmentir.Pasleventre.
Je t’offre, lecteur, ce magma de lave amoureuse et
convulsée, encore en fusion douloureuse malgré les va
cuolesderépit;etsijemefondevolcanpouréjaculercette
coulée superfétatoire – il existe tant de belle littérature –
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rature,appelantàlavigilance–pourtenterd’exorciserles
démons de douleur qui me damnent et me dament
jusqu’au tassement irrémédiable, à l’ultime laminage,
doubled’ombredelamortjumelle.
Je ne souhaite pourtant pas que cette plongée sous
mari(an)neenfossedeMariannefasserimer«littérature»
avec« torture » ;alors que le tranchantdusouveniraffûté
taillademasensibilitédontl’esthésieencoreàvifengendre
deshémorragiesdedouleur,desélancementsderegretsté
rile. Je veux que « littérature » rime avec « ligature », au
senschirurgicalduterme,provoquantl’hémostasedesré
serves de bonheur éventuel – presque anéanties – qui
tentent encore d’espérer en moi, homme possiblement af
femmé, et saignent abondamment sur ma dérive. Littéra
turenecmergitur.
« Donnez un masque à un hommeet il vous dira la vé
rité » a écrit William Butler Yeats. Mariannaria est sans
doutecemasque.Hélas.
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Uneîle
Graindebeautésurlamerétale
11111111111111ARCHIPEL
Juillet.Matintôt.Accordéauxfeuxdel’étésemi provençal.
Le ciel, déjà, océan de bleu inflexible. La place de Banne,
déserte,coulejusqu’àl’architecturedesarcadesdepierres,
intermittentes, qui la bordent plus loin, distendant l’es
pace. Scénographies où s’agrafe l’ombre lunatique des
pans de nuit résiduelle que le soleil dissoudra dans son
ignition initiale ; n’épargnant que les opacités immarces
ciblesdesprofondsdevoûtesoùs’entrelacentdessouffles
mystérieux et oniriques, des haleines immémoriales et fé
condes.LaplacedeBanneestunDeChirico.
Juillet.Matintôt.Lemême.Endivagagehoraire.Accordé
aux transpirations de l’été Pacifique de Micronésie.
L’océancommeuncielenpartance.Noyédebleu.L’archi
pel des Mariannes, mosaïque fantasque d’expirations de
nuit en camaïeu, d’îles dissoutes d’ombre, de lumière ini
tiéeoùs’enlacentlessoufflesdes ventserrantset les rêves
ailés de « vastes oiseaux des mers ». L’archipel des
MariannesestunBaudelaire.
Juillet. Fin de matinée. Le bleu amplifie le cielqui s’an
goisse. En débâcle, la place de Banne, diserte, renie De
Chirico. Maintenant foisonnante d’îles humaines, comme
grains d’archipel ruisselants de liberté après un séisme
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