Mokanda illusion

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Elève d'Hergé à Bruxelles, le Congolais Mongo Sisé (1948-2008) est considéré comme le précurseur du neuvième art en Afrique. Cet album inédit est tiré de ses archives, dans ses deux versions successives. Un mokanda (c'est-à-dire une lettre) arrive d'Europe, et tout d'un coup c'est la panique à Kinshasa !... Le sujet de cette comédie truculente est d'une actualité très africaine : le miroir aux alouettes que représente l'Occident, avec son cortège de fantasmes, d'espoirs et de désillusions.
Publié le : jeudi 1 novembre 2012
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EAN13 : 9782296507630
Nombre de pages : 41
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MOKANDA illusion
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© 2012 L’Harmattan éditions Tous droits réservés pour tous pays y compris la République démocratique du Congo. Dépôt légal juillet 2012 - première édition. ISBN : 978-2-296-99397-6 Direction artistique et maquette : Hobopok. Achevé d’imprimer en juillet 2012 par IGO au Poiré-sur-Vie (Vendée). 2
avantpropos
L’Harmattan BD publie pour la première fois les deux versions existantes de Mokanda illusion, la dernière des aventures de Mata Mata et Pili Pili, les deux sympathiques héros immortalisés par l’une des figures de proue de la bande dessinée congolaise, Mongo Sisé.
Vous trouverez ainsi la version finale, encrée, mais inachevée, suivie d’une maquette crayonnée, avec lavis, que l’auteur avait utilisée pour tester son découpage, et restée jusqu’ici inédite.
Le lettrage original de la version encrée ayant été fortement endommagé sur la plupart des planches, il a dû être remplacé.
La lecture comparée de ces deux versions, une grande première pour une œuvre de bande dessinée africaine, permettra au lecteur de mieux apprécier la richesse créative et la vitalité du travail d’un grand fantaisiste dur au labeur, qu’on comparait d’autant plus volontiers à Hergé que Sisé avait fait un stage au Studio Hergé à Bruxelles dans les années 80 et y avait rencontré à plusieurs reprises celui qu’il considérait comme son maître.
Sisé fut très influencé dans son style par l’auteur deTintin au Congo. Avec la série des aventures de Mata Mata et Pili Pili, il aura même, à sa façon, et avec une verve toute personnelle et très africaine, créé une sorte deTintin au Zaïre!
Mongo Sisé est mort le 31 octobre 2008 à Kinshasa. Vous trouverez au milieu de cet album sa biographie très complète.
Bonne lecture !
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préface
Mokanda illusionl’illusion des reflète espoirs que fait naître une lettre expé-diée de l’Occident par un parent émi-gré, que l’on croit forcément nanti des ressources financières susceptibles d’enrichir les membres pléthoriques de la famille africaine demeurée au pays (mokanda veut direlettrelin- en gala, la langue parlée à Kinshasa).
Aux premières années des indépen-dances, recevoir un courrier d’un pa-rent ou ami parti étudier en Europe exerçait sur le destinataire une fasci-nation axée sur l’enveloppe, le timbre-poste, la carte postale, le papier à lettre ou la photo de l’expéditeur.
Vers les années 80-90, la ruée vers l’eldorado européen s’est accrue à cause de la dégradation du niveau de vie dans les familles zaïroises. Les heureux élus acceptés sur le marché du travail en Occident faisaient figure de nouveaux riches capables de ré-soudre les soucis financiers de leurs familles demeurant au pays.
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Alors, le décodage social de la lettre venant de l’étranger change. Car, dé-sormais, il revêt un sens porteur d’as-sistanat pécunier qui pour le réci-piendaire témoignait au contraire des qualités de solidarité et de puissance financière de l’expéditeur.
À l’époque de diffusion de l’éphémère fanzineBédé Afrique, Sisé décrivait déjà un personnage confronté aux dif-ficultés d’obtention d’un visa pour la Belgique. C’était Dikidjenko, dit Diki.
En 1999, des tentatives suicidaires de migration d’Africains bouleversèrent Sisé, notamment la mort tragique d’un jeune Sénégalais de 17 ans, Bouna Wade, qui s’était accroché au train d’atterrissage d’un avion.
Le crayonné deMokanda illusion na-quit dans ce contexte, puis sa mise à l’encre progressa entre 2001 et 2002, au gré des sollicitations auprès de partenaires commerciaux pour faire financer l’édition grâce à des publici-tés insérées dans les dessins.
Malheureusement, ces sponsors s’in-téressaient davantage aux productions scéniques musicales qu’à la bande dessinée. Alors, un peu déçu, Sisé rangea au placard les planches de cet ultimeMata MataetPili Pili.
La fin de l’histoire est assez prémo-nitoire du départ inopiné de l’artiste n’achevant pas son œuvre...
Après les obsèques, j’ai retrouvé cette BD dans les archives de mon frère, un peu comme un testament dédié à ses lecteurs, dans la fidélité narra-tive d’une relation graphique que nul temps ne peut corrompre.
José Mongo 11 janvier 2012
Sisé et José Mongo à Kinshasa en 1975
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* Brazzaville et Kinshasa.
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