Nerfs en feu

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Nerfs en feu est une histoire vécue, un témoignage à la suite d'un accident cardio-vasculaire cérébral. Elle raconte avec détails et précision des souvenirs d'enfance dans sa ville natale, Saint-Louis du Sénégal. Elle n'oublie pas de dénoncer sans complaisance les maux de la société à laquelle elle appartient.
Publié le : dimanche 1 juin 2008
Lecture(s) : 60
EAN13 : 9782336272818
Nombre de pages : 101
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Nerfs en feuEcrire )' Afrique
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Césaire GHAGUIDI, Les pigeons roucoulent sans visa..., 2006.Fatou Dial Ndiaye
Nerfs en feu
Roman
L' Harm.attan@ L'HARMATTAN, 2008
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan 1@wanadoo. fr
ISBN: 978-2-296-03440-2
EAN : 9782296034402DÉDICACE
Je dédie cet ouvrage à tous ceux qui ne baissent
jamais les bras. Je le dédie particulièrement à mon mari,
Alioune Ndiaye et à mon fils, El Hadj Amidou Ndiaye dit
Djiya pour le soutien constant qu'ils n'ont cessé de
m'apporter au cours de cette longue et terrible épreuve.œriface
Par Aminata Maiga Ka
~e récit autobiographique Nerfs en feu de Fatou Dial
Ndiaye revêt un intérêt certain dans l'espace culturel
sénégalais. À travers le personnage à multiples facettes de
Bintou, l'écrivain retrace sa jeunesse studieuse à
SaintLouis. L'éducation traditionnelle associée à la moderne,
contribuait à tremper le caractère de nos jeunes pour les
rendre prêts à affronter tous les pièges et tous les aléas de
la vie. L'auteur, par le biais de son héroïne, dont le
courage physique n'a d'égale que sa volonté de fer, fait
une critique sans complaisance de notre société dont
I'hypocrisie, les inégalités, et les injustices heurtent et
démobilisent les meilleures volontés. La conscience
professionnelle, la rigueur, le sens élevé du devoir, sont
pénalisés au profit du laxisme et du copinage. Les
meilleurs enseignants, loin d'être promus, sont relégués au
dernier rang et souvent payés à se tourner les pouces. Dans
cet ouvrage, l'auteur dénonce des tares de la société dans
laquelle elle vit. Un médecin inexpérimenté très peu
consciencieux a failli lui faire perdre son fils. N'eût été
son opiniâtreté, ce fils qualifié d'œuf mort, n'aurait pas
survécu et ne serait pas aujourd'hui le soutien le plus
constant de sa mère. Les agents des hôpitaux, loin de se
9préoccuper du bien-être des malades, détournent
médicaments et nourriture, les rudoient au lieu de les
consoler. Nerfs en feu montre le combat d'une femme
contre l'arbitraire et la maladie. Sa volonté inébranlable,
sa pugnacité, son désir de justice, son sens rigoureux des
principes moraux, lui valent une nette amélioration de son
état de santé.
Ce roman constitue une leçon de courage pour toutes les
femmes afin de sortir de leur condition d'être marginalisé,
méprisé, voué aux gémonies. L'auteur Fatou Dial Ndiaye
vient de réussir son entrée dans la famille des écrivains
sénégalais.
10I
UNE VILLE PAISIBLE
62a ville est bâtie sur l'emplacement d'une ancienne
lagune. Cette lagune ne tarda pas à se transformer en
estuaire; l'endroit n'avait jamais fait l'objet de convoitise,
même par les Portugais, grands navigateurs d'alors. Bien
plus tard, les Français s'y installèrent et lui donnèrent le
nom de Saint-Louis. Un autre nom lui avait été donné.
Près de Leybar, se développa un important marché qui
s'agrandit avec les nouveaux arrivants. La nouvelle place
fut appelée Ndar par les indigènes. La ville symbolisait
deux civilisations différentes, celle des Français et celle de
la population locale. Située sur le flanc méridional du
Sahara, la ville de Saint-Louis est née de l'histoire
coloniale. Avant l'indépendance, elle fut l'une des quatre
communes françaises en Afrique noire, capitale de
l'exA.O.F. (Afrique Occidentale Française). Saint-Louis se
trouve ainsi entre fleuve et océan. C'était aussi un lieu de
rencontre des habitants des villages environnants. Plus au
sud, «Thiaka Ndiaye » présentait le plus grand cimetière
musulman. Ses tombeaux disposés sur une dune, étaient
recouverts de filets de pêche. Ils se dressaient face au ciel.
Là, reposent encore de braves Saint-Louisiens. Le long de
l'Avenue Lamothe, Guet-Ndar, un quartier très populaire
avait vu le jour. Ce quartier devint rapidement un
important lieu de pêche. Il s'appelait aussi Guett, là où
l'on parque les animaux. Les Maures y amenaient souvent
leurs chameaux transportant diverses marchandises.
IlBintou est née dans cette localité, avant les indépendances
des colonies.
Tous les jours, le quartier Ndar-toute se réveillait de la
même manière pendant qu'on apercevait dans le ciel des
taches lumineuses indiquant la fin de la nuit et l'apparition
de la nouvelle aube. Le muezzin faisait ses premiers
appels aux fidèles. Des gens d'âge mûr quittaient leurs
concessions pour la mosquée et en ressortaient égrenant
leurs longs chapelets, une fois la prière accomplie. Ils
rentraient, dans ces baraques peintes à l'huile et dont les
toits uniformes étaient recouverts de tuiles rouges.
Ndar baignait dans une ambiance religieuse. Le
christianisme était bien introduit avec l'arrivée des
Français. Pourtant, le pouls de la ville battait au rythme de
l'Islam.
C'étaient les mêmes scènes interminables mais jamais
lassantes. Des enfants, torses nus, couraient allègrement le
long de la plage couverte de sable blanc et de coquillages.
Les pirogues débarquaient des poissons de différentes
variétés sur la berge, des « thiofs, » des « j arens. ..,»
poissons emblématiques de la ville. Des femmes
attendaient leurs parts, leurs paniers d'osier près d'elles.
D'autres s'affairaient pour la vente. Des vieillards
humaient leur poudre de tabac ou devisaient
tranquillement dans des huttes en paille tissant le filet qui
servirait prochainement. Au fond de l'horizon, une belle
couleur jaune orangé disparaissait au profit d'une couleur
dorée. Le soleil s'apprêtait à se coucher. Devant
l'immensité bleue, les dernières pirogues revenaient de la
mer. D'autres enfants se trouvaient encore sur la berge. Ils
aidaient à remettre en place ces pirogues qui venaient de
débarquer tandis que les pêcheurs se hâtaient pour rentrer
avant la tombée de la nuit. En guise de cadeau, les enfants
recevaient beaucoup de poissons. Sur I'Avenue Dodds,
12

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