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Proverbes et dictons Babemba du Haut-Katanga (RD Congo)

De
199 pages
Récoltés dans la région de Luapula-Moëro, ces proverbes sont passés au crible des points de vue des vieux et sages. Le souci des auteurs de ce répertoire est de meubler la génération montante d'une banque de données (jeu du langage, philosophie populaire, préceptes moraux, maxime, devise, imaginaire collectif, mémoire, humour, histoire et tradition orale).
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mémoire, humour, histoire et tradition orale) capable de s’infléchir
KabékéLUBEMBOETMasataMANIKUNDA
Proverbes et dictons Babemba du HautKatanga (RD Congo)
Vivre dans la paillote à palabres
Proverbes et dictons Babemba du Haut-Katanga (RD Congo)
Kabéké LUBEMBOet Masata MANIKUNDA
PROVERBES ET DICTONS BABEMBA DUHAUT-KATANGA (RDCONGO) Vivre dans la paillote à palabres
L’Harmattan
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13060-6 EAN : 9782343130606
INTRODUCTION
MUNSAKA YA BABEMBA KUSENGUSHANYA Vivre dans la pailloteà palabre c’est échanger!
Ce titre nous rappelle deux anecdotes. Premièrement, le titre et la matière reprennentl’embryond’unprojet culturel que le R.P. Jean Luc VandherkerkovSDB avait monté à la Kafubu, dans la banlieue de Lubumbashi. Le corpus que nous avonsréuni à l’époque n’avait pas la taille du présentrecueil estimé à plusieurs centaines de proverbes alors que pour raison de perfection, plusieurs d’entre eux ont été rejetés. Deuxièmement, nous avons préféré reprendre le titre qui explique le lieu où les proverbes étaient souvent utilisés. Bien que la transmission du savoir précolonial ne fût pas localisée dans un espace bien déterminé, qu’elle était rituelle, la paillote restait le lieu du débat par excellence.
LA PAILLOTE
Ubumi (ubwikalo) bwa munsaka kusengushanya: le savoir-vivre dans une pailloteréside dansl’échange, la discussion, l’opposition, le dialogue, la complémentaritéLa bienséance exige que les résidents échangent de places, d’opinions, de perception, de vision. Dans tous les cas ce proverbe introduit l’exigence deréciprocité : la vie dans une paillotes’oppose à l’unilatéralisme.
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Aussi pédantesque que soit une traduction contraire à cette compréhension,l’unanimité autour du terme «échanger » met d’accordtous les herméneutes de quelquebord qu’ilsproviennent. Le choix du titre justifie que l’usage des proverbes se vit dans le dialogue et non dans le monologue. Ainsi la paillote, la métaphore de la palabre reste une occasion de discussion, de débat autour d’une thématique importante pour le bien de la communauté : mariage, pouvoir, guerre, épidémie, calamité, sècheresse, sorcellerie, culture, pêche, chasse
La paillote, en tant que référence spatiale, symbolise la rencontre de plusieurs personnes pourdébattreun sujet donné plutôt que cette toiture conique soutenue par des piliersabritant les participants contre les intempéries, elle protège mieux que l’ombrage d’unbaobab qui se vide quand survient la tempête ou la pluie. Lors de nos enquêtes au Moëro, nous entendions souvent les gens dire : «iyo milandu yakutwala ngale ku nsaka». Un problème quiétale les limitesdel’intelligence individuelleexige le concours du groupe.Un proverbe corrobore d’ailleurscette idée en disant :
Uwatwala pa nsaka tonaula (qui soumet son son problèmeà la discussion du groupe ne ledétruit pas).
La concertation ne se faisait pas exclusivement dans une paillote dont la forme circulaire en dit long sur l’égalitédes participants et l’absence de préséance parmi les intervenants. Même aujourd’hui, lensaka se constitue occasionnellement partout et selon les circonstances.Il suffit qu’unévènement sollicite la présence du groupe !
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METHODOLOGIE Nous avons d’ailleurs organisé plusieursnsakade nos lors enquêtes avec les informateurs issus de différentes catégories (chefs, intellectuels, chasseur, pêcheur, danseur,nganga, sorciers,…) de différents âges, sexes et groupes sociaux habitant le littoral du Moëro.Point n’est besoin d’égrener ces rencontres fortuites dans lesquelles nous avons acquis une connaissance inestimable de notre propre culture. Nous nous rappelons à peine de certains rassemblements, notamment à Kawama, à Kashobwe, à Kyaka (avec le dirécole Mayingwe, le chef Kilele, le notable Kambeza), à Munkonzwe, dans labanlieue de Kilwa (avec le Chef Kamponge Temfuma, le notable Malio et les autres Kasule Monika, Matemba, Mulwani, Alwisho, Kabemba Matrikil, Katango ), à Kilange (autour du Chef Kaseba), à Kilwa (autour de Kyembe Katiti), à Mulimba (autour du Chef Mbuya), à Mubanga (autour du Chef Kunda), à Kasolo (autour de Kabingandu Mbekumbeku), à Lusalala (autour de Ndaye), à Mulonde, à Lukonzolwa, à Lwilwa, Kapeshi, Nzwiba (autour des chefs Kamfwa, Kapoposhi, Nkuba, Kapeshi et Kilemba), à Luanza (autour de Kanguluma), à Mumbalanga (autour de Lishité), à Nzwiba (autour du directeur Kambwi), à Kamakanga, dans la banlieue de Pweto (autour de Kamwangele), à Nshimba (autour du chef Nshimba Wasswa Vital), à Mununga (autour du Chef Mununga), à Nchelenje, Kabuta, Chiyenge, à Mulanga, à Kalobwa, à Chiiba, à Kambwali, chez la reine Mwepya et à Kipipya (en République de Zambie). Il n’a pas été seulement question de collecter des proverbes, mais aussi de les confronter aux multiples interprétations. Notre enquête couvrait plusieurs thématiques différentes. Si nous évoquons ici les noms de certains de nosinformateurs qui n’ont pas trouvé inconvenant de les citer, plus d’une centaine d’entre eux ont requis l’anonymat.Qu’ils trouvent, ici toute notrereconnaissance. 9