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Quel ennui !

De
144 pages

Cet essai décline toutes les variations possibles sur le thème de l'ennui, témoignant avec humour du côté ludique de la philosophie moderne. Laissez-vous prendre aux mille facettes de ce jeu de Lettres qui vous enseignera qu'un propos sur l'ennui n'est pas dénué de divertissement ni de poésie !

Publié par :
Ajouté le : 01 novembre 2007
Lecture(s) : 50
EAN13 : 9782296916685
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Préface
Un livre sur l’ennui ? Quelle chance ! Que de souvenirs ranimés, de pièces revisitées… Peutêtre estce le propre de l’enfance de s’ennuyer beaucoup. En tout cas l’âge adulte l’a chassé de ma vie, sauf, soyons franche, lorsque je suis condamnée à des dîners interminables et que renaissent mes impatiences d’enfant, les pieds s’agitent sous la table, les doigts émiettent le pain ou façonnent des boulettes… Mais ce livre vous expliquera que le désintérêt n’est pas l’ennui… Mortelles journées qui s’étirent en longueur, les « cours »… – qui a dit que ce mot signifie « ce qui coule » comme un fleuve ?… un amnésique ou un dispensé, quelqu’un qui n’a jamais été élève – on devrait plus justement direles étangsde physique,le lacde géographie,la « marre »de latin – grâces soient rendues à ce livre qui nous en apprend l’étymologie –. On joue avec sa montre, on s’invente des trucs pour que le temps redevienne fluide ; pour lefaire passer, j’y mettais la bonne volonté d’un tamis, je l’y enfournais, l’y pressais, mais au lieu de suivre l’exemple du jus de framboises qui traverse le chinois, s’écrase en larges gouttes pour se transformer en gelée ou en glace, ce temps épaissi se tassait, refusait de passer. Occlusion interminable.
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Pénibles messes où l’on n’a rien à faire sinon scruter le visage des femmes. Que se produisaitil pour qu’elles aient l’airconfites? Ma grandmère tombait dans ces plongeons mystiques, sur le banc, à côté de nous à l’église ; heureusement elle en sortait sans souffrance, reprenait son air à elle, quand on lui donnait un coup de coude, juste pour voir si elle le sentait, nous souriait, ou nous donnait les pièces de cinq francs qu’elle gardait pour la quête. Nous tenions bon en pensant au marchand de couleurs chez qui elle nous achèterait un filet de balles en mousse et de billes –pretium dolorisdes petits, « sages comme des images, ils méritent un cadeau ! », nous approuvions largement – puis nous passions chez le boulanger pour la sainte « surprise », cornet géant, bleu pour les filles, roses pour les garçons, bourré de papier journal, garni de deux maigres caramels et d’une cochonnerie verte, ou jaune ; nous le savions, mais rien n’altérait le plaisir de l’ouvrir, de retirer les montagnes de papier, de repêcher les minuscules bonbons et de faire semblant de s’intéresser au stupide moulin à vent, à l’imbécile trompette que le chien déchiquetterait d’un coup de dent. Corvées des dimanches, rien à faire, rien à prélever, rien à décortiquer… on erre comme une âme en peine… «je m’ennuie»… On soupire, conscient de l’irritation que déclenche cette petite phrase de rien. On vous envoie promener : Ouste ! On chasse l’insecte qui se cogne aux lampes, aux vitres, « Va jouer dehors… » comme si l’amusement s’improvisait, à cinq ans, six ans, quand les journées bâillent, trop longues, deux tailles audessus de la
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Un pour Un
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