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RENDEZ-VOUS MORTEL























Amarante


Créée en 2009, cette nouvelle collection est consacrée à la création
littéraire contemporaine francophone. Elle accueille les œuvres de
fiction (romans et recueils de nouvelles) et quelques récits
intimistes

La liste des parutions peut-être consultée sur le site de l’éditeur.





















© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56499-2
EAN : 9782296564992

Roselyne BERTIN










RENDEZ-VOUS MORTEL
Roman



































L’Harmattan
Du même auteur

Aux éditions Marie-Noëlle :
La feuillaison 1993
Ephémérides 1995
L’aubier Nu 1997

Aux éditions Rageot :
Mini Max et maxi durs 1996
L'inconnu du jeudi soir 1997
Max est amoureux 1998
Le trouble-fête 1999
Journal sans faim 2000
SOS urgences 2000
Tempête sur l'Erika 2001
Du respect pour le prof ! 2002
Léo a disparu 2005
Rencontre au refuge 2006
Qui a volé mon chien ? 2009
La demoiselle et le troubadour 2009
Plus petit que soi 2010

Aux éditions du Batsberg :
Juliette et l’escargot magique 2001

Aux éditions Flammarion:
Un papa téléphonique 2004

Aux éditions Oskar:
Lettres à Cécile 2011
Mon amie l’hirondelle 2011







L'histoire avait bien commencé. On ne peut mieux.
Difficile, en effet, de rêver des conditions plus favorables.
Le cadre, d'abord. Idéal, le cadre, pour une histoire
d'amour. Le kiosque à musique, élégant et voluté, rendu
célèbre dans les années cinquante du siècle dernier par Peynet
et son couple d'amoureux. Quel meilleur endroit auraient-ils
pu trouver, en la bonne ville de Valence, préfecture de la
Drôme, pour se donner rendez-vous ?
La saison, ensuite. Les ors et les pourpres d'un automne
tout de douceur et de lumière qui n'en finissait pas de
s'attarder. Un automne rutilant. Somptueux. Mais dont les
arbres peu à peu défeuillés, dont les tapis moelleux et colorés
disaient l'hiver à venir. Disaient la brièveté de la belle
maturité. Et qu'il fallait se hâter de savourer le bonheur et
l'amour.
Le jour, enfin. Ce vendredi 30 octobre, particulièrement
bien choisi pour une première rencontre. C'était la Sainte
Bienvenue. Qui dit mieux ? Le hasard n'avait pas tout à fait
présidé seul au choix de cette date-là. On lui avait donné un
coup de pouce, au hasard.
Quelques jours plus tôt, gonflé d'espoir, il avait pianoté sur
le clavier : « Rencontrons-nous enfin, voulez-vous ? »
Un silence avait suivi. Un silence d'écran qui avait fait
battre à son cœur une chamade dont il entendait les grands
coups sourds. Enfin, la réponse était venue, un simple
« oui ». Un oui d'épousée.
Ce n'était plus la chamade, c'étaient les trompettes de
Jéricho.
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A sa question : « Quel jour vous conviendrait ? » , elle
avait répondu : « Je consulte mon agenda » .
Lui s'était emparé du calendrier du facteur, avait cherché
sous quels auspices placer leur rencontre. Sainte Bienvenue,
dont la fête tombait sept jours plus tard, lui avait paru de très
bon augure. Sept jours. Sept jours pour se préparer. Pour se
nourrir d'attente fiévreuse.
Il avait donc proposé ce vendredi 30 patronné par Sainte
Bienvenue. Un vendredi, le jour de Vénus.
Elle avait accepté.
L'allégresse l'avait submergé, il s'était mis à respirer à
grandes goulées. Remis à respirer, plutôt, car en attendant sa
réponse, il avait retenu son souffle. Il avait essuyé ses mains
moites sur son pantalon avant de taper : « Où souhaitez-vous
que nous nous retrouvions ? Si cela ne vous ennuyait pas de
venir à Valence, je serais pour vous le plus efficace et le plus
attentionné des guides. »
Non seulement cela ne l'ennuyait pas mais cela
l'arrangeait ! Ce serait pour elle l'occasion de passer enfin par
Montélimar où elle devait se rendre depuis plus d'un mois
pour voir un fournisseur. Elle ne trouvait jamais le temps ni
l'envie de le faire...
En somme, c'était parfait.
Pour lui aussi, c'était parfait.
Il lui avait envoyé en pièce jointe un plan de la ville sur
lequel il avait fléché l'itinéraire à suivre. C'était on ne peut
plus simple. Sortie à Valence-Sud, elle n'aurait qu'à longer le
Rhône, tourner à droite à l'angle du Parc Jouvet et encore à
droite après l’esplanade du Champ-de-Mars, de façon à
pénétrer dans le parking souterrain.
Il avait précisé : « Il vous suffira de vous garer et de
remonter ; entre les deux pièces d'eau, vous verrez le joli
kiosque octogonal, vous ne pourrez pas vous tromper. C'est là
que je vous attendrai. »
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Les jours suivants, leurs échanges s'étaient poursuivis. La
veille du rendez-vous, il lui avait adressé un dernier
message : « Vous dire que je suis impatient serait tellement
loin de la réalité ! Je me consume d'impatience... Je ne mange
ni ne bois... Je compte les heures... Je pense à l'instant
merveilleux où nous serons enfin réunis dans le kiosque
tandis que, dans les profondeurs du parking, nos deux
véhicules reposeront, le mien 26, le vôtre 13, ô ma moitié... »



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