Une flamme d'amour

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Joachim vit difficilement les affres de son veuvage : il lui tarde de se remarier. Il rencontre Aurélie qu'il épouse en secondes noces. Mais Aurélie serait-elle mi-ange, mi-démon? Une successions de rebondissements maintient le récit en haleine, avec, comme une toile de fond, la Loire, fleuve royal mais aussi sanguinaire.
Publié le : vendredi 1 octobre 2010
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EAN13 : 9782296434172
Nombre de pages : 171
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Michel Leclerc
Une flamme damour   roman
 
 
 
LHarmattan
 
 
Du même auteur   Parus Laissez venir à moi les petits enfants et les petits savants , (essai philosophique), Éditions $, 1997. De Tontaine au Sainte-Thérèse , Éditions du Panthéon, 2000. Jehanne dArc, entretiens avec mes saints protecteurs , Éditions Résiac, 2002. Lastre et la mer , Éditions LHarmattan, 2005. Le temps des Ladies , Éditions Dorval, 2006. La Vendéenne , Éditions Demeter, 2007. Sor Juana , Éditions Édilivre, 2010.  À paraître Mon ami le commissaire Magret , Éditions Dorval 2010. Le destin d'Anna , (conte pour enfants), Éditions Dorval 2010.      
 
© L'H ARMATTAN , 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-12890-3 EAN : 9782  296128903  
 
CHAPITRE 1 Joachim Murat, homonyme du célèbre maréchal du I er  Empire, aurait pu très bien dire ces mots, eu égard son état d'esprit, issus de l'ouvrage Le Médecin de campagne  d'Honoré de Balzac et prononcés par l'un des héros du roman : « C'était pendant la retraite de Moscou. Nous avions plus l'air d'un troupeau de bufs harassés que d'une grande armée. » Joachim, veuf depuis cinq ans, accumulait, depuis peu, les déceptions en tout genre. Il voulait refaire sa vie, car l'existence lui pesait. L'hiver l'avait rattrapé, mordant âprement ses membres, qui frisaient la quarantaine. Le givre, bientôt la neige l'engourdiraient Et si le salut venait de Dieu Il attendait le moment propice, le dimanche à l'église, où ses yeux se poseraient, comme par enchantement, sur l'être élu de son cur, l'être complice. La paroisse de Sandillon accueillait, en ce temps d'avent, des handicapés mentaux et leurs tuteurs qui voulaient « sociabiliser » ces jeunes et moins jeunes, que d'aucuns appellent autistes. La tâche, si elle se révélait ambitieuse, avait le mérite d'exister. Au cours de l'office, et pendant le prêche, un de ces jeunes, spolié par la vie, s'agitait inconsidérément. Son
 
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éducateur, une jeune femme, le calmait en lui prodiguant des saveurs lénifiantes, et lui alors de prendre son Doudou, comme un tout petit enfant réconforté par sa maman. La jeune femme, aux cheveux châtains, attisait la curiosité de Joachim qui la trouvait fort à son goût. Elle devait avoir la trentaine et se singularisait par des yeux d'un bleu pervenche, yeux dont on dit qu'ils sont le miroir de l'âme. La jeune femme communiait, Joachim communiait. À la fin de la cérémonie, ce dernier saluait le groupe, son responsable et l'éducatrice qui magnétisait tant et tant monsieur Murat. Quatre malades, trois cadres, éducateurs psycho-moteurs, férus en psychopathologie allaient repartir ; ils avaient élu domicile dans les communs d'un château, proche de Sandillon, appartenant à un riche assureur, qui mettait gratuitement, faut-il le dire, ceux-ci à la disposition de cette association paramédicale.  D'emblée, Joachim comprit qu'il ne pouvait séduire la jeune femme sans séduire le jeune garçon mal portant : « Quelle noble tâche que la vôtre, Madame.  Mademoiselle, reprit-elle.  Et si je souhaite vous raccompagner au château, vous et...
 
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 Philippe, poursuit-elle. Alors, demandez à mon responsable : Didier Grandmaison. » Un minibus, tout maculé de graffiti expressionnistes, attendait tout ce petit monde Et Didier Grandmaison me faisait comprendre que ma requête semblait prématurée : elle risquait de dérouter Philippe qui ne me connaissait pas encore suffisamment, mais, ajoutait-il : «  Passez nous rendre visite au château cet après-midi !  Avec joie, monsieur Grandmaison !  Connaissez-vous la route pour y accéder ?  Certes, oui, il s'agit bien de la propriété de monsieur B. ?  Tout juste.  Alors, je vous trouverai sans aucune difficulté ! » À ce moment-là, un doute existentiel, incommen-surable, m'envahissait. Certes, je me sentais investi d'une mission, mais celle-ci, par certains côtés, me dépassait et me fragilisait : quel comportement devais-je adopter, vis-à-vis de ces « Paumés de chaque jour », comment ne pas les effrayer ? Et puis comment gagner le cur d'Aurélie ? Aurélie puisqu'il s'agissait d'elle, la jeune femme aux yeux bleu pervenche. Saurait-elle m'apprécier à ma juste valeur ? Je ne voulais, en aucun cas, la décevoir !
 
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Je ne vais quand même pas arriver les mains vides au château, cet après-midi ; j'ai ouï dire que les autistes avaient une nette propension, à mal déglutir : je n'achèterai donc pas de bonbons, mais un gâteau brioché qui « coulera » plus facilement, et puis ces quelques fleurs, pour Aurélie. Au fur et à mesure que le temps s'écoulait, et qu'il me rapprochait de l'instant attendu, j'angoissais à ma manière. Mon repas s'avéra frugal Est-ce qu'Aurélie avait des dons culinaires au moins ? Depuis mon veuvage, je n'avais eu guère l'occasion de festoyer ; il est vrai que je m'en accommodais fort bien ! Mais qui es-tu, fils d'homme, pour tirer déjà des plans sur la comète ? Aurélie avait peut-être quelqu'un dans sa vie ! Lorsque j'ai croisé, ce matin, son regard, sur le parvis de l'église, j'avais cru puiser en elle une communauté de sentiments. Avouez que cela tenait du prodige : il avait fallu cette rencontre inopinée ou pas, pour que ma vie changeât d'un seul coup. Je me sentais, à cet instant, privilégié, encore que j'eusse mangé de la vache maigre, pendant ces cinq dernières années. À la mort de ma femme, qui souhaitait se faire incinérer, j'avais mal vécu cette « séparation en cendres » qui reposaient dans un crématorium à Orléans. Il y aurait beaucoup à dire sur
 
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