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Soirée mondaine

De
158 pages
Vous avez été convié(e) à une soirée mondaine dans une grande et belle bâtisse bourgeoise où des convives un peu prolixes se racontent des histoires. En français, en anglais, en espagnol ou en créole, ils conversent et philosophent quand ils ne se moquent pas des petites misères humaines. Joueurs de loto presque gagnants, amants séparés et Homo erectus se côtoient dans une ambiance légèrement empruntée, propice à la réécriture des histoires les plus célèbres commeŠdes plus anodines.
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Soirée mondaine
Lettres des Caraïbes Fondée par Maguy Albet, cette collection regroupe des œuvres littéraires issues des îles des Caraïbes (Grandes Antilles et Petites Antilles essentiellement). La collection accueille des œuvres directement rédigées en langue française ou des traductions. Derniers titres parus : Louise ADELSON,Tribulations d’une Négropolitaine, 2014. Carmelle ST. GERARD-LOPEZ,Une lettre à ma mère, 2014. Juan DEL PUNTO Y COMA,Un écho du tamtam. De l’interculturalité de la banane plantain et du camembert, 2014. Gabriella MANGAL,Je ne suis pas morte. Je l’ai cru. Ce n’était pas vrai, 2014. Martin MAURIOL,L’Enfant imaginé, 2014. Fabian CHARLES,Les racines du présent, 2014. Clarisse BAGOE DUBOSQ,Lucie Solitaire, 2014. Roland TELL,Un homme d’esclavage, 2013. Steve GADET,Un jour à la fois, 2013. Yollen LOSSEN,Le Fruit de la passion, 2013.Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Juan del Punto y Coma Soirée mondaine Roman
Du même auteur Un écho du tamtam,L’Harmattan, 2014. © L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03692-2 EAN : 9782343036922
Bonsoir. Vous allez assister à l’une de ces soirées mondaines où les convives conversent un verre à la main en déambulant entre les larges pièces d’une maison bourgeoise. Peu importe si vous n’avez jamais assisté à un coquetèle. Nous procédons ici à un exercice fictif de littérature, laissez-vous guider. Lisez ce livre seul ou en bonne compagnie, confortablement installé(e) dans votre canapé préféré, votre lit, ou tout autre lieu où vous vous sentez bien. N’excluez pas la possibilité de le lire un verre à la main, voire, organisez-vous vous-même un petit cocktail avant de commencer. Prenez votre temps. Légumes frais finement coupés, cacahuètes, saucisson, fruits… Selon les goûts.
Puis promenez-vous librement au gré des pages comme vous le feriez dans les salons de cette vaste et prétentieuse maison, et écoutez ces beaux parleurs qui plastronnent devant un parterre attentif. Nous ne donnerons aucune indication sur eux. Cela importe peu, et vous les imaginerez à votre gré. Certains inventent et saoulent leur auditoire avec des rengaines à prétention philosophique, d’autres un peu enivrés livrent des anecdotes grivoises, certains déclament, et deux d’entre eux offrent même de véritables partitions théâtrales. Dans ce salon, on parle français, espagnol, mais aussi, un peu, anglais, latin et même créole ; nous vivons dans un monde globalisé, très cher, très chère, et le plurilinguisme est désormais d’une roturière banalité. Vous pouvez décider d’écouter l’un plutôt que l’autre, ou de sauter quelques pages ; n’hésitez pas non plus à abandonner en cours de route l’un de ces beaux parleurs si d’aventure il vous ennuie ou que vous n’y comprenez rien. Mais ne vous y fiez pas. Ils ont été choisis par un hôte supposé attentionné et délicat qui sait
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offrir à ses convives matière à une soirée heureuse. Alors, n’hésitez pas non plus à revenir vers eux un peu plus tard, on ne sait jamais. Maintenant, installez-vous confortablement et passez une bonne soirée.
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Le vaste escalier qui vous accueille dans la cour pavée de cet hôtel bourgeois vous rappelle ceux des romans de Balzac que l’on voit dans les séries télévisées à prétention historique. C’est aussi, d’une certaine façon, le même genre de perron où le Président de la République reçoit ses hôtes de marque. Vous n’êtes pas dans la résidence du chef de l’État bien sûr, mais la pierre massive d’Estaillade et les deux nez de marches soulignent le caractère solennel d’une épure imposante et accueillante, comme seules ces grandes bâtisses du XIXème siècle semblent savoir le faire. Vous montez. La froideur brumeuse de cette fin de mois de novembre s’estompe et la douce chaleur d’un feu de bois vous enveloppe alors que l’on vous défait de votre pesant manteau. Le majordome vous indique respectueusement la large porte vitrée qui cède le pas au vestibule. Les lueurs des riches lustres en cristal se reflètent sur les lattes des parquets de bois précieux à points de Hongrie. Dans la première pièce, des serveurs s’affairent autour de quelques groupes de convives. Vous saluez d’un léger hochement de tête celles et ceux qui vous croisent en croyant vous reconnaître, et vous décidez de vous arrêter devant un petit aréopage emmené par un homme à la forte stature. D’une voix assurée, il semble entretenir son auditoire avec une histoire originale. Vous vous approchez.
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