Ceux qui tombent

« Ceux qui tombent »  est une rêverie intime, poétique et dansée dans laquelle s'évade Ophélie. Ses pensées redonnent vie à Pierre, celui qui n'a jamais vraiment été là. Puis d'autres figures du passé ou de son imagination surgissent - comme des miroirs d'elle-même - et perturbent le récit qu'elle tente de livrer au public. Ophélie paraît perdre pied, sombrer dans la folie, se perdre dans ses rêves et ses illusions. Son témoignage revêt cette fonction de guérison, comme un fil tissé entre elle et le monde. « Ceux qui tombent » est un texte qui parle des moments en creux. Ceux qui sont laissés vides par nos sociétés modernes effrénées. Comme si ces moments de passage – fin de quelque chose, début d'autre chose – n'étaient plus rendus concrets, habités par du lien, des mythes, des rituels, comme par le passé. Ophélie vit dans un temps où la maladie, la souffrance et le deuil restent cachés, confinés et interdits. Comme si notre culture avait oublié ce temps du deuil pour lui préférer un temps plus rapide, plus extérieur aussi. Car peut-être si nous nous arrêtons une seconde de courir – après le travail, le temps, nos obligations, notre argent – nous tombons. Dans le vide, le rien, l'oubli, la désocialisation.
Publié le : jeudi 6 novembre 2014
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EAN13 : 9791022101721
Nombre de pages : 27
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couverture
Camille Davin

Ceux qui tombent

© Presses Électroniques de France, 2014

Personnages

Ophélie

Pierre, son frère

Le voleur

Ophélie bis, sa conscience

Le monstre de Pierre, un double de Pierre croisé dans la rue

Quelqu’un, une vieille amie de Pierre

2 personnages rêvés

Cousine, la cousine de Pierre

Femme, une ex de Pierre

Grand-père,

Grand-mère

Les gens


La pièce se déroule dans l’appartement du frère, Pierre, mort depuis dix jours. Au cours de la pièce, Ophélie crée d’autres espaces, convoqués par son imagination et ses souvenirs.

Scène 1

Ophélie, Ophélie bis, le voleur, Pierre

Chez Pierre. L’appartement est vidé, comme après un décès, quelques cartons.

Ophélie s’adresse au public sur le devant de la scène. Ophélie bis, en off, comme un double d’elle-même, ne cesse de l’interrompre.

Ophélie

Bonjour, public, je t’appelle public, ça ne te dérange pas ? Je prends la parole. 


(Silence)

Ça n’est pas facile de formuler. C’est un grand fracas. C’est rare et banal en même temps. Ça me... Il ne reste rien d’autre. On est dépassé. 


(Silence)

Maintenant, il y a cette blessure au corps qui me scinde en deux. Là. 


(Elle montre la blessure)

Je voudrais que tu la sentes parce que c’est réel. Je suis coupée en deux. Je ne les reconnais plus. Ces bouts de moi.

 

À part.

 

Ophélie bis

(Off)

Chut.

Ophélie

Pardon?

 

Ophélie bis 

(Off)

Quelqu’un t’écoute.

Ophélie

Oui, c’est normal. Toi aussi tu m’écoutes. Je dis quelque chose qui doit être entendu.

 

Ophélie bis 

(Off)

Non, moi je n’écoute pas.

Ophélie

Ah bon ?

 

Ophélie bis

(Off)

Je te surveille. Je surveille ta santé mentale.

Ophélie

Ah.


(Silence)

Merci.


(Silence)

J’aimerais que tu me laisses raconter. Je reprends.

 

Ophélie bis 

(Off)

Regarde.

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