Un paysan creusois en Antarctique

De
Publié par

Le docteur Jean Turquet (1867-1945), médecin français spécialisé en botanique et en zoologie, fut l'un des scientifiques qui participèrent, de 1903 à 1905, à l'expédition polaire en Antarctique dirigée par le Commandant Charcot. Les travaux qu'il réalisa durant cette expédition furent exploités sans vergogne par des confrères peu scrupuleux. Oublié par l'Histoire, le docteur Turquet a laissé peu de traces. Aussi, pour tenter de reconstituer le parcours d'un homme injustement traité, l'auteur a choisi le roman.
Publié le : samedi 2 avril 2016
Lecture(s) : 0
EAN13 : 9782140006524
Nombre de pages : 294
Prix de location à la page : 0,0135€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
Jean-Michel Auxiètre
Un paysan creusois en Antarctique ou le roman du docteur Jean Turquet
Un paysan creusois en Antarctiqueou le roman du docteur Jean Turquet
Jean-Michel AUXIÈTRE
Un paysan creusois en Antarctique
ou le roman du docteur Jean Turquet
Du même auteur
Des marcheurs au bout de leur rêve Comité des Jumelages, La Riche, Indre-et-Loire, 1990
De Creuse à Paris à pied Éditions Verso, Guéret, 1990
Jacques Lanzmann ou le sens de la marche Université François Rabelais, Tours, 1994
Par monts et par mots Éditions L’Harmattan, Paris, 2000
Tsomo, l’exilée tibétaine Éditions L’Harmattan, Paris, 2010
La Route des copains Éditions Publibook, Paris, 2011
L’Aristocrate et le brayaud Mon Petit Éditeur, Paris, 2012
L’Inde qu’il ne faut pas voir Éditions L’Harmattan, Paris, 2012
L’Ermite de Mafate Mon Petit Éditeur, Paris, 2012
La Ballade de Martin Nadaud Mon Petit Éditeur, Paris, 2013
Petits bonds en arrière Mon Petit Éditeur, Paris, 2014
Nouvelles vagues Mon Petit Éditeur, Paris, 2015
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08681-1 EAN : 9782343086811
C’est sciemment que, dans le titre de cet ouvrage, j’ai désigné le Docteur Jean Turquet par son statut social de paysan, et non par son statut professionnel de médecin (qui apparaît dans le sous-titre). J’ai voulu souligner que c’est bien ainsi que le percevaient ses supérieurs et ses confrères du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. En effet, en raison de cette « basse extraction », il n’obtint pas la chaire qui lui avait été promise. De plus, l’on n’hésita pas à profiter de ses travaux réalisés en Antarctique. Le fait de mettre en avant ses origines paysannes en regard de la mission accomplie renforce donc à mes yeux les mérites du Docteur Turquet qui, hélas, à l’époque, ne furent pas reconnus. Souhaitons qu’ils le soient aujourd’hui.
J-M. A.
Avant-propos Au cœur de la France profonde, à Pradelette, hameau creusois situé sur la commune de Clugnat, naquit le 20 mai 1867 celui qui devint le Docteur Jean Turquet. Pour la plupart de nos contemporains, ce personnage n’évoque rien. S’il connut, au début du siècle dernier, une petite notoriété, son nom est aujourd’hui tombé dans l’oubli, et le restera sans doute encore longtemps. Seuls ceux qui l’ont connu – de plus en plus rares – ainsi que quelques curieux instruits de son existence et séduits par son parcours, évoquent l’histoire, pour l’époque assez exceptionnelle, de ce fils de paysans devenu botaniste – une histoire singulière qui, pourtant, ne laisse que peu de traces, y compris en Creuse, sa région d’origine. Pourquoi me suis-je intéressé au Docteur Jean Turquet ? C’est parce que je fus, si l’on peut dire, l’un de ses plus proches voisins. Tout d’abord à Clugnat, où je passai ma prime enfance durant les dernières années de sa vie, puis, après son décès, au village du Bartheix, proche de Pradelette et de sa maison natale, où j’eus souvent l’occasion d’entendre parler de lui, en particulier par mon oncle, et pour cause : c’est le Docteur Turquet qui le mit au monde. Tout naturellement, je me passionnai pour l’expédition qui le conduisit au Pôle Sud. Pour moi qui n’avais jamais quitté ma ferme, mais qui voya-geais volontiers dans ma tête, ce fut une révélation d’impor-tance. Il n’en fallut pas plus pour que mon esprit se mît à vagabonder à travers les immensités glacées de l’Antarctique, parmi les manchots et les explorateurs qui, dans des conditions extrêmes, se partagent l’espace de ce grand désert blanc. Mon imagination sommeilla jusqu’au jour où, bien des années plus tard, je repassai par Pradelette, à la faveur d’une randonnée pédestre, et découvris l’obscure demeure où Jean Turquet poussa ses premiers vagissements. Ce fut un nouveau déclic. D’anciens souvenirs ressurgirent, et parallèlement,
7
s’amorça le désir d’en savoir plus sur cet homme dont le cheminement continuait de m’éblouir. Je collectai, à son sujet, un maximum d’informations, et décidai de les utiliser pour reconstituer son aventure polaire, sous une forme romancée. C’est dire que le présent ouvrage n’a aucune prétention historique. S’appuyant sur des faits réels tirés de sources fiables dont je me suis inspiré (1), il laisse une large place à l’extrapolation et au nomadisme mental, sans pour autant trahir la vérité. En allant de façon très libre, mais avec un souci de pertinence, à la rencontre du Docteur Turquet, j’ai voulu rendre compte de l’existence singulière et de la remarquable ascension d’un petit paysan creusois que rien, a priori, ne prédisposait à un tel destin. Au terme d’une brillante carrière, mais tumultueuse et parsemée d’embûches, le Docteur Jean Turquet se retira comme simple médecin de campagne dans la bourgade de Clugnat, dont il fut maire de 1925 à 1929, et où il mourut le 16 mai 1945 (j’atteignais l’âge de sept ans). Il repose au cimetière de Domeyrot – un bourg proche de Clugnat – où repose également ma grand-mère paternelle. Est-ce la magie de ces liens invisibles à connotation affective qui m’a poussé à entreprendre le roman du Docteur Jean Turquet ? Oui, peut-être… en partie tout au moins. La passion du voyage et des contrées lointaines, l’attrait des grands espaces et des explo-rations, l’emprise de l’ailleurs et du rêve ont fait le reste… Je précise à nouveau, pour que tout soit bien clair, que les scènes et dialogues rapportés dans ce roman sont en tous points imaginaires et ne traduisent donc pas la rigueur des faits que, d’ailleurs, on possède mal. Il s’agit de simples allégories qu’il convient de prendre comme telles. Si elles comportent des inexactitudes, des incomplétudes, des anachronismes, voire quelques erreurs grossières (et elles en comportent à coup sûr !), elles n’en cernent pas moins la réalité, puisque le roman est construit à partir d’un socle authentique qui est l’œuvre de spécialistes et ne peut, en ce sens, être contesté.
8
C’est la raison pour laquelle j’ai laissé aux personnages leur véritable identité, alors qu’ils évoluent, pour les besoins du genre et en l’absence d’informations plus fines, dans des situa-tions totalement fictives, mais pas pour autant mensongères. Le lecteur, espérons-le, me pardonnera ces digressions et ces envolées littéraires qui sont destinées d’abord à présenter, en la vulgarisant, donc en la simplifiant, la fabuleuse histoire du Docteur Jean Turquet, que trop de gens ignorent encore. (1) En particulier l’ouvrage de Jean-Baptiste Charcot : Autour du Pôle Sud – Expédition duFrançais(1903-1905), Préface de Charles Rabot, Éditions Flammarion, Paris, 1946.
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.