Vieil Alger

De
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Judéo-espagnole, la famille Cazès s'est installée à Bâb Azzoun, près du port. Au fil des siècles, Mimoun, Messaouda, Shalom et Israk, tous vont vivre leur Alger selon les contingences du temps. La ville les réunit dans ses tavernes et sa Casbah... Pittoresque, enchanteresse, la ville brille des feux d'un monde que les Français vont découvrir en 1830... avant d'en faire table rase. Artisans, boutiquiers, bienvenue au vieil Alger...
Publié le : dimanche 1 février 2009
Lecture(s) : 57
EAN13 : 9782296227453
Nombre de pages : 201
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DanielCohenéditeur

www.editionsorizons.com

Littératures,une collectiondirigéeparDanielCohen

Littératuresest une collection ouverte,toutentière, àl’écrire,
quellequ’en soit la forme :roman,récit,nouvelles, autofiction,
journal ;démarche éditoriale
aussivieillequel’éditionellemême.S’ilestdifficile de blâmer les ténorsde celle-ci d’avoireu
le goûtdesgenres quiluiont ralliéun largepublic, il resteque,
prescripteursici, concepteursdela formeromanesquelà,
comptablesde ces prescriptionsetde cesconceptionsailleurs,ont,
jusqu’àundegré critique, asséchélevivierdes talents.
L’approche deLittératures, chezOrizons, est simple—il
eûtétévaindel’indiquerend’autres temps:publierdesauteurs
queleurforcepersonnelle,leurattachementauxformes
multiplesdu littéraire,ontconduitsaudésirde fairepartager leur
expérience intérieure.Du texte dépouillé àl’écrit portépar le
souffle del’aventurementale et physique,nous vénérons, entre
tous lescritères supposantdéterminer l’œuvrelittéraire,lestyle.
Flaubertécrivant: « J’estimepar-dessus toutd’abordlestyle, et
ensuitelevrai »; plus tard,lephilosopheAlain professant:
« c’est toujours le goût qui éclairelejugement», ils savaientavoir
raisoncontrenosdépérissements.
Nousenfaisons notre credo.

ISBN978-2-296-08747-7
© Orizons, Paris,2009

D.C.

VIEILALGER
Histoires

Dans lamême collection

FaridAdafer,Jugement dernier,2008
Jean-PierreBarbier-Jardet,EtCætera,2009
Bertrand duChambon,Loin deVErEnas`,2008
Monique LiseCohen,Le parchemin du désir,2009
MauriceCouturier,Ziama
OdetteDavid,LeMaître-Mot,2008
JacquelineDeClercq,LeDit d’Ariane,2008
TouficEl-Khoury,Beyrouth pantomime,2008
MauriceElia,Dernier tango àBeyrouth,2008
PierreFréha,Laconquête de l’oued,2008
GérardGantet,Les hauts cris,2008
GérardGlatt,Une poupée dans un fauteuil,2008
GérardGlatt,L’ImpasseHéloïse,2009
CharlesGuerrin,Lacérémonie desaveux,2009
HenriHeinemann,L’Éternité pliée, Journal, éditionintégrale.
GérardLaplace,La Pierre à boire,2008
GérardMansuy,LeMerveilleux,2009
LucetteMouline,Faux et usage de faux,2009
AnneMounic,Quand onamarché plusieursannées...,2008
EnzaPalamara,Rassembler les traits épars,2008
BéatrixUlysse,L’écho du corail perdu,2009
Antoine deVial,Debout près de lamer,2009

Nosautrescollections:Profils d’un classique,Cardinales,Domaine
littérairese corrèlentau substrat littéraire.Lesautres,Philosophie —La
main d’Athéna,Homosexualitéset mêmeTémoins,nepeuvent pas y
être étrangères.Voir notresite(décliné en page2de cet ouvrage).

PierreFréha

VieilAlger
histoires

2009

Du même auteur
ROMANS

VieilAlger, histoires, Orizons, Paris,2009
LaConquête de l’oued, Orizons, Paris,2008
Sahib, L’Harmattan, Paris,2006
Ladivades ménages, L’Harmattan, Paris,2004
Tournesol, L’Harmattan, Paris,2001
L’ombrelle des sentiments, Mercure deFrance, Paris,1981
Anglo-Lunaire, Mercure deFrance,1979

NOUVELLES

MonsieurFlagel, « L’Autre Journal»,1986
TheFamilyBoulin, «Formations»,États-Unis (enanglais),1986
Retour deMéditerranée, « LaCroix»,1987
MonsieurFlagel speaks,terms of old francs, «Formations»,États-Unis
(enanglais),1988
Un visage deprince, « LaCroix»,1989
Casino, « LibreAccès»,1993

GRANDPUBLIC

Les réussites pour tous,De Vecchi, Paris,2003
Le grand livre des jeux de cartes,De Vecchi, Paris,1995
Jouerau bridge,De Vecchi, Paris,1991
Jouerau poker,De Vecchi, Paris,1991
Joueraux réussites,De Vecchi, Paris,1991
L’entretien d’embauche : erreurs et pièges à éviter pour être recruté,De
Vecchi, Paris,1992

THÉÂTRERADIOPHONIQUE

MonsieurFlagel parle enanciens francs,France-Culture,Grand Prix
PaulGilson1989

Quelle est laplusgrandemerveille encemonde?
.
demandale Yaksha

Chaquejourdeshommes meurent, et nous poursuivons
notre chemincommesinousallions vivretoujours,
réponditYudhishtira.

AROUDJET ZAPHIRA

Départ

laété conclu et résolu que soit ordonné à tous les
Juifs etJuives de quitter nos royaumes, et qu’ils ne
soient jamaisautorisés à y retourner.Nous ordonnons
en cet édit que tous lesJuifs etJuives de toutâge,
résidant en nos domaines et territoires, partentavec leurs
fils et filles, leurs domestiques et parents, grands et
petits, quel que soit leurâge, d’ici lafin de juillet de
cetteannée, et qu’ils n’osent pas revenir sur nos terres,
fût-ce d’un pied, ni s’y introduire sans permission de
quelque manière que ce soit.ToutJuif qui n’obéirait
pas à cet édit et serait trouvé en nos royaume et
domaines, ou qui retourne dans le royaume de quelque
manière que ce fût, encourralapeine de mort, et la
confiscation de tous ses biens.De façon à ce que lesdits
Juifs puissent vendre leur ménage et leurs effets, nous
leur pourvoyons pour le moment l’assurance de notre
royale protection et sécurité, de sorte que, d’ici lafin du
mois de juillet, ils puissent vendre et échanger leur
effets, meubles, etautres objets, et s’en défaireaussi
librement qu’il leur plaira; et que durant ladite période,

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VIEILALGER

personne n’ale droit de nuire,attenter à, ou porter
préjudice à leurs personnes ou leurs biens, ce qui est
contraire à lajustice, et feraencourir lapunition qui
survient à ceux qui violent notre royale sécurité.Nous
accordons donc lapermissionauxditsJuifs etJuives
d’emporter leurs biens et effets en dehors de nos
possessions, que ce soit par voie maritime ou terrestre, à la
condition qu’ils n’emportent ni or, niargent.
En cette ville deGrenade,Trente-et-unième jour
de mars en l’an deNotreSeigneur1492,
Juan deColoma,Secrétaire duRoi et de la Reine,
laquelle j’ai écrite sur l’ordre de nosMajestés.

Une branche dela familleCazès n’avait pasattendu
lesderniersinstants.Quatre décenniesavant l’édit
officialisant l’évictiondesJuifsdu royaume d’Espagne,
elleprit sescliqueset sesclaques, conformémentàla
volontéroyale, et quittaGrenade avec
d’autresfamilles maures.Seul
uncousinéloignépartitencatastrophe au printemps92et retrouvales siensàAlger.
Dernierépisode dela Reconquista,lapublicationdu
Décret sur ordre
deleursGracieusesMajestés,Ferdinand etIsabelle, confirmaque ceuxdes nôtres qui
avaientdéjàpris lelarge avaienteu raison.
On se doit toutefoisdenoter uneredoutable
méprise :plusdesdeux-tiersdelatribuCazèschoisit
dese convertir, certainsdans l’urgence, enavril92,
incapablesdeserésigneràpartir.Lamoyennenatio-
naletourna autourde50/50.Undepartipour un qui
resta.La familleCazèsà elleseule fitgrossir les

AROUDJETZAPHIRA

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chiffresau profitdes renégats…Oui,nous sommes,
majoritairement,nous lesCazès, des renégats.
LevieuxIsaacserésigna àl’exil.Il refusa dese
convertir.Il lui étaitdifficile de comprendre en quoi
saprésence en terre d’Espagneposait unemenace àla
foi catholique, alorsbah il partit.Lareligionfut
surtout un prétextie : lavait la bougeotte.Il tenta de
vendresesbiensavant le grand départ,juste comme
d’autresen1962, cinq siècles plus tard.Le bravenetira
pasfortune des quelques meublesetbibelotsdevaleur
quela famille avait réussi àpréserverdepuis
leurinstallationenAndalousie.
Plusimpérieux, il s’empressa demarier
sesenfantsavant levoyage.Qu’allait-on trouveràl’arrivée?
Autantforger les liensdela communauté audépart.
On serait plusforten terre étrangère !
« Où partons-nous,papa?demandalapetite
Estheraqui à14ans s’apprêtaità épouser le fils très
âgé(31)du voisinSananès quiprofitaitdel’exil pour
le caser.
PSoitConstantinoplesoitAlDjazaïr.J’hésite
encore.
PLe Sultan veutbiendenous ?
PJe crois quenousironsàAlDjazaïrd’abord.
Ensuitenous verrons.Nous verronscomment
leschoses sepassent.Nosancêtres neviennent-ils pasdela
régiondeCaesaria etTipaza?Nous y serons mieux
qu’ici.J’ai hâte,j’ai hâte.
PMoi,non.

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VIEILALGER

PC’est l’endroit leplus sûret quasiment leplus
proche.Il ya aussi Wahran,mais nousavonsdela
famille àAlDjazaïr, c’est mieux pour nous.»
GensdeGrenade, de Valence etd’Aragon,juifs
ou musulmansberbères,nous passâmes,ou plutôt,
repassâmes, enAfrique.Certains retrouvèrentdetrès
lointainsancêtres quin’avaient jamais quittéleur
Maurétanie césarienne.Cen’était pas notre cas.Pas
une âme connue àl’horizon.Vers1450,les premiers
Cazès sautèrent lepasdans l’inconnuafricain.Alger
pasencorelaBlanche,Alger sanscasbah futànous.
La communauté comprenaitdenombreusesfamilles,
onauraitdu malàleschiffrer.Ellesétaientinstallées
dans larégiondepuisdes siècleset s’ilest vraique
nousétions partis,voilà bien longtemps, de Tipazaou
deCherchell,lemoins qu’on puisse dire est qu’on
nousavait oubliés.L’accueil ne fut pasdes
pluschaleureux.C’est toujours pareil.Les
nouveauximmigrants sont mal vus par les plusanciens quiles
snobent.
« Occupe-toi detonfrère »,recommanda Isaac
àEsthera commesilemariage avecun vieillard d’une
trentaine d’années nesuffisait pasàla gamine.
LepetitSancho n’avait pasencoreneuf ans,le
départd’Espagnelui avaitbriséle cœur.Lapromesse
deson pèrequ’on reviendrait vitenevalait pas un
clou.L’enfantflairalemensonge.
«C’est pas vrai,objecta-t-il.
PPapale dit parcequ’il voit quetuasdela
peine.»

AROUDJETZAPHIRA

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Dès les premiers moisàAlgerSanchoconnutce
qu’onappelleraitdenos joursdes
troublesducomportement quesonaînée futchargée desurveillerde
près.Il n’allait pas simal,lepauvre gamin,saufqu’il
était souvent prostré,mangeaitdésespérément peu,
neparlait pas,sauf àsasœur, etencore.
Esthera était occupée à détester sonépoux
(principalementà cause del’odeur nauséabonde,selon
elle,qu’ildégageait quand ellese forçait,pour lui faire
plaisir, às’allongeràsescôtés).Elletrouvaletemps
d’inventeravecsonfrèreune complicitéliée
audéracinement quileurfitgrand bienàtous lesdeux, comme
si être ensemble c’était leseul remède àl’exil.Il ne
leur restait riend’autre.On les retrouvait souvent
dans le grandlit, blottis l’uncontrel’autresous une
couverture en laine épaisse.Ils serappelaient
l’Espagneperdue.
Isaacnetardapasàrelever latête,pendant que
sa fille, confrontée àunépoux paresseuxetgoinfre,
inauguraitdans la famillel’ère des jeunesfemmes
sépharadesdifficilesetintenses.Moinsde deuxans
après le
départdeGrenade,lesévénementsévoluèrentfavorablement pour lesexilés.Avecundeses
frèresil ouvrit une boutique d’horlogerie grâce aux
économies qu’ilavait réussi
àsortird’Espagne.Quarante ans plus tard c’eûtété impossible,sil’onen
croit le
décret.IlinstallasoncommercesurBâbAzzoun.Jusqu’àla findudix-huitièmesiècle il yeutdes
Cazèshorlogers.Depère enfilsils serepassèrent le
flambeau,jusqu’àl’arrivée desFrançais,un peuavant.

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VIEILALGER

Les nouveauxenvahisseurschangèrent les mentalités.
Et onchangea deprofession pour leurfaireplaisir.
Lesannées passèrent.Àl’âge devingt-cinqans,
lepetit-filsde Sancho,prénommélui aussi
Isaac,reprit la boutique.1509marquaune annéenoire.Leroi
d’Espagne,noncontentd’avoirchangé d’aviset
proposé auxJuifsderevenir, attaqua Oran quipassasous
soncontrôle.Lamer seraitbientôt nettoyée detous
cesbarbares.Il neluirestait plus qu’Alger.
« S’ilétaitencoreparminous, grand-père aurait
peut-êtrevoulu repartir, glissa-t-ilàson père,tu ne
crois pas ?
PQuilesait ?Et toi?demanda Jacob.Et toi?
Aimerais-tu retourneràGrenade?»
Isaac haussalesépaules.
« Mavie estici.Jene connais pas l’Espagne.
Qu’est-cequeje ferais là-bas ?Ils nous ontchassés,
c’est trop tard.Et jamais jeneme convertirais pour
leurfaireplaisir.SiFerdinandnousenvoiesa flotte,je
combattrai.Nous n’allons pas revivre ici cequenous
avons vécu là-bas.»
Pourcequi estducombat,sesconcitoyens ne
partagèrent pascetavis.Quandonapprit
quelapuissante arméenavale du roi d’Espagne allaitfondresur
AlDjazaïr,on préférapayer un tributàFerdinand
d’Aragon plutôt qu’affronter une défaite certaine.
Après tout, ceneserait qu’unepartinfimequ’on
verserait sur toutcequenous rapportaient lescourses
grâce auxcorsaires…Méfiants,lesEspagnols
s’empressèrentde construireunfort sur lapetiteîlequi

AROUDJETZAPHIRA

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faitface àlaville.Pour mieux nousbombarderà
l’œil.
«Cescanons nenous laissentguère de chance.
Ah ils sontforts!Cette citadellenemeplaît pas,
s’écria Isaac.C’est une épineplantée aucœur!Au
moindremouvementdenosgalères,
avecleurscanonsils nemanqueront pasde…
PBah,lesgalères partirontd’ailleurs,rétorqua
levieuxJacob.Nous serons obligésde haler nos
navires sur laplage deBâb elOued, c’est tout.Celava
compliquer la course, c’est sûr,mais pas larendre
impossible,n’aie aucune crainte.
PQuelgênant voisinage ! Une
garnisondeplusieurscentainesd’hommes qui contrôlent notre
port.»

PremièresembrouillesàAlger

ourquoi fallait-il quenous soyonsautant pirates
P
dans l’âme?Ce fort nousdéplaisait, ànousautres
habitantsd’Alger.Dès quenos yeux seposaient sur la
mer,quevoyait-on ?Cette immondesalissure.Nous
nous sentionsinsultés.Letributannuel versé aux
Espagnolsconstituait lavexationfinale.Après sixans
de cerégime,la forteresse insolentetoujours sous nos
yeux,nosgrandesfamilles seréunirentautourdu
Prince etdécidèrentde faire appelau seulhomme
capable denous tirerde cemauvais pas:uncélèbre
corsairevenude Méditerranéeorientale.Toutes les
chancelleriesen parlaient.L’indigneFerdinand de
Castille etde Sicilevenaitdemourir, et
nousdemandâmesàBabaAroudjdese dépêcheràvenir nous
chasser lesChrétiensdont laprésencesiprochenous
incommodait.La Sublime Porte,
autrementdit,l’Empire Ottoman, accueillitfavorablement notre appel.
Lepacha étaitbienconscientdenosdifficultés:
l’Espagne arrogante constituait unemenace.Et le

AROUDJETZAPHIRA

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principe d’une aidemilitaire futaccordé, hourra.
Aroudj lui-même,le bandit,nousfit savoir qu’il n’y
avait rienau mondequ’ilattendait plus que denous
délivrerde ces mauditsEspagnols…Surmontée desa
coiffe de hautdignitaire corsaire, SonAltesse barbue
sepressait jusqu’ànous sans tarder.
Commentaurions-nous pu nousdouter qu’avec
une demandeponctuellesommetoute banale,nous
partions pour trois sièclesd’occupation…Et par
notre faute ! Nosambassadeursétaientbien mal
renseignés sur lanature del’homme.BabaAroudjdirigea
dix-huitgalèreset trente barques surAlger.Àpeine
arrivé,notre ambitieux sauveurfutfélicitépouravoir
accouru (relativement) sivite, et on lelogea
biencontentdans lepalaisdenotre bon prince Selim.Qui
aurait pu se douter ?Lanaïveté denotre chef està
l’image denotre Régence :nousfaisonsconfiance.Il
estdifficile dese débarrasserdubesoinde faire
confiance.Nousaurionsdû réfléchirà deuxfoisavantde
fairevenir la famille de corsaires (quatre frères) la
plus redoutable de Méditerranée.Àpeine dans les
lieux,Aroudj, dans saquarantaine insolente, au lieude
s’occuperdesEspagnols quinous narguaientà deux
cent mètresdu rivage,préféra assassiner sonhôte dans
desconditionsabominables.Deuxchoses, différentes
l’une del’autremaiscomplémentairesen l’espèce,
intéressaient l’intriguant:serendremaître d’Algeret
posséder la femme desonhôte,la bellissima Zaphira.

20

VIEILALGER

« Quelbonheurd’avoiravecnouscethomme !
s’écria Isaac.Jemesens mieuxdepuis qu’ilestentré
dansAlgir.
PHm mm, fitJacobpas toutà faitconvaincu.
Attendons lasuite.On nese déplacepasavectantde
Turcsetdenavires sansespérer une
grosserécompense.Queveut-il ?Pourquoin’attaque-t-il pas les
Espagnolsau lieudepasser ses journéesauPalais ?
PUnhomme desonimportancene fait rienà
moitié,répliqua Isaac.Voiscommentil
s’estdébarrassé de cetraître de capitaine.Il réussit toutcequ’il
entreprend.Etcomment ?En…en réfléchissant! »
Eten poignardantdans le bain.L’aventure avait
malcommencé.Aroudjétaitencolère.Alors que
nous nousétionsaimablement portésau-devantde
lui,lejeune Isaac en tête, àune bonnejournée de
marche d’Alger,pour lesaluer,le corsairesans nous
remercier pour notrepeine annonçaqu’ilavait une
affaire des plus urgentesàrégleràCherchellet qu’il
neserendraitàAlger queplus tard, auquel momentil
seraitànotre disposition, et nous le commanderions
autant qu’on levoulait.C’étaitexactement notre
intention.Il nousapparutcurieux qu’ilfût venudesi
loin pour nous plantercomme desidiotsenfilant sur
Tipaza etCherchell.Nous repartîmes,malgrétout,
confiants.Lavériténetardapasà éclater.Undeses
capitainesindélicatsavaitdécidé dele défieretde
prendresaplace endébauchant scandaleusement six
navireset leurséquipagesendirectiondeCherchell.
Le dénommé Kara-Hassan,jalouxdelarenommée

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