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Mutations, vous avez dit mutations ?

Une mutation est un léger changement intervenant sur un gène, et qui induit un travail un peu différent de celui-ci. En comparant les chromosomes à des chaînes de montage dans une usine, le gène est un ouvrier qui fait un travail particulier.Par exemple, l'ouvrier qui peint le chat en noir s'appelle "B" (black). Lorsqu'une "mutation" se produit, le travail fourni n'est plus tout à fait le même.Ainsi, quand il y a une petite mutation au niveau de l'ouvrier qui peint le chat en noir, l'ouvrier devient "b" (brown), et peint le chat en marron ou chocolat.Il peut y avoir une ou plusieurs mutations pour un gène. Ainsi, en B il existe une seconde mutation, appelée "bl" (brown light), et qui peint le chat en un brun roux appelé "cinnamon".

Une mutation naturelle

Les mutations sont toujours "spontanées". En effet, personne ne les induit. Il se produit un bug lors de la multiplication des cellules, et une "mutation" apparaît. La plupart des mutations sont "récessives". Elles doivent être amenées par les deux parents pour avoir un effet sur le chat. Pourtant, il existe aussi de nombreuses mutations qui sont "dominantes", c'est à dire qui agissent immédiatement sur l'apparence du chat, même si apportées par un seul parent. Dans le cas d'une mutation dominante, l'un des parents doit obligatoirement la montrer pour que naisse un chaton la montrant. Les mutations sont nombreuses, et peuvent avoir une influence sur divers aspects du chat.

Au niveau du squelette et de l'apparence générale du chat

Les mutations engendrant une queue courte et/ou nouée sont dominantes. Il en existe différentes de connues. Celle du chat de l'île de Man comme celle du Japanese Bobtail sont connues depuis très longtemps. Plus récemment, le Kuriklian Bobtail a fait son entrée dans le monde du chat de race. Étonnement, ces trois races sont originaires d'îles.

La mutation "courtes pattes", similaire à celles des teckels et bassets est aussi une mutation dominante. Elle est présente et sélectionnée d'abord chez le Munchkin cat. Des éleveurs désireux d'avoir des chats à courtes pattes et à la morphologie des Persans et Exotics on introduit le gène dans ces races pour sélectionner une nouvelle race appelée "Napoléon". Cette dernière reste une race très confidentielle et méconnue en Europe.

Deux autres mutations concernent l'apparence du chat, et ont un impact sur la forme des oreilles : Le gène "Fold", qui induit une pliure de l'oreille, et le gène "Curl", qui produit un enroulement de l'oreille vers l'arrière.

Les mutations concernant le poil : De nombreuses mutations ont un effet sur le poil. * La toute première donne les chats à poils longs, et concerne aussi bien les Persans que tous les chats concourant en catégorie "mi-long" en jugement traditionnel. * Certaines mutations produisent un poil frisé et raréfié. Il en est ainsi des mutations donnant les Cornish Rex comme les Devon Rex. Ces deux races sont apparues et ont d'abord été sélectionnées au Royaume-Uni.

Comme ces mutations sont récessives, le gène pour avoir un effet sur la robe doit être apporté par les deux parents, et deux Cornish Rex ou deux Devon Rex ne donneront qu'un chaton de même apparence. Deux mutations plus récentes sont à l'origine de poils frisés : le Selkirk Rex, apparu aux Etats Unis dans l'Etat du Wyoming, et le LaPerme, apparu dans l'Oregon. Ces deux mutations sont dominantes, et des chatons non frisés peuvent naître de deux parents frisés.

Angora Turc aux yeux vairons Falène de la Plume d'Argent
Scottish Fold - Photo : Hermeline

Les maladies génétiques

Les mutations ont soit un impact uniquement sur l'apparence générale du chat (seulement "cosmétique"), soit une dimension portant sur la santé : les maladies génétiques. Beaucoup de maladies génétiques sont des allèles récessifs. Si le gène est transmis par un seul parent, le chat ne déclare pas la maladie, il est "porteur sain". Par contre, il le transmet lui même une fois sur deux. D'autres maladies sont transmises par un allèle dominant. Dans ce cas le chat qui le reçoit a de grandes chances de déclarer la maladie à un moment ou à un autre. Il existe de plus en plus de maladies génétiques pour lesquelles il existe un test ADN.

Lorsque le gène détecté est un allèle dominant, il est préférable de ne pas utiliser l'animal comme reproducteur. En admettant que le potentiel soit particulièrement intéressant pour l'avenir de la race, il est possible d'utiliser l'animal comme reproducteur, et de tester sa descendance, afin d'obtenir des descendants sains. Le problème dans ce cas est la manière de placer les chatons qui n'entrent pas dans le programme d'élevage ...!

Lorsque le gène de la maladie testable est un allèle récessif, il suffit de toujours marier le reproducteur qui le porte à un chat sain (non porteur). Aucun chaton porteur ou non ne sera alors malade.

Contact : Alyse Brisson, écrivain, juge félin et éleveuse d'Abyssin Silver

Chatterie Alyse de la Pagerie www.alysepagerie.net

Site consacré à la génétique www.alysebrisson.net

« Le Nouveau Chat De Race », Conseil d'élevage et abrégé de génétique de la robe, Editions Cophi Publishing, 204 p., 39 €
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