Dieu n'exite pas, je l'ai rencontré et autres nouvelles

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Dieu n'existe pas, je l'ai rencontre...


Une vie après la mort, il n'y croit pas, il n'y a jamais cru. Le choc fut si violent qu'il ne pouvait survivre. À moins d'un miracle. Ou de conseils avisés de... De qui vous savez !




Les nécessités du marché


Marcus Whale écrit. Son éditeur se doit de l'éditer, il est là pour ça. Sauf que le manuscrit que lui a confié son auteur, lui parait complètement passé de mode. Il a besoin de textes collant aux tendances de l'époque, plus gore, plus accrocheur... Ils se peut qu'il le regrette.




Mélisse, délices


Qu'il est doux de s'installer à la terrasse ombragée d'un café, par un merveilleux temps estival, pour déguster la boisson de son choix, en compagnie de son aimée. Mais ce bonheur peut se révéler très fragile.




Lune fourbe


Voici comment débute cette surprenante nouvelle :


« La lune rousse ensanglantait les arêtes du viaduc antique et découpait des myriades de gouttelettes de sans sombre sur les grands chênes des berges du torrent. »




Sébastien est un con


"Sébastien est un con" nous projette dans la triste réalité d'un quotidien que l'on est malheureusement amené à côtoyer, une histoire pleine d'humour, un texte écrit tout en finesse.




Zodiaque


Ce jour là, les lignes écrites à la rubrique "horoscope" de ses magazines préférés, prennent toute leur importance pour Claudine.

Publié le : vendredi 1 mai 2015
Lecture(s) : 4
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782372221740
Nombre de pages : 24
Prix de location à la page : 0,0041€ (en savoir plus)
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MARKUS RICHARDSON

Nouvelles

Première partie :

 

Dieu n'existe pas,

Je l'ai rencontré…

Suivi de

Les nécessités du marché

et

Mélisse, délices

Deuxième partie :

 

Lune fourbe

Suivi de

Sébastien est un con

et

Zodiaque

Nouvelles © Markus Richardson

Bookless editions

Tous droits réservés

 

Première partie

 

Dieu n'existe pas, je l'ai rencontré…

 

 

« Tu es un looser et tu ne crois en rien ! » C’est sur cette phrase définitive qu’elle boucla ses valises et partit voir ailleurs. On ne pouvait pas à proprement parler de looser, j’avais une situation, précaire, certes, mais je travaillais dans le domaine de mes rêves : le journalisme. Je courais la pige pour plusieurs quotidiens et hebdomadaires, rien de transcendant mais cela finirait par se dégager, je réussirais sans doute. Niveau croyance, ma toute nouvelle « ex » n’avait pas tort : de mon enfance en école privée, patronages et autres services de messe, je n'avais gardé que le côté superstition de la religion. Ne pas poser le pain du mauvais côté, ne pas (trop) jurer, ne pas souhaiter aux autres ce qu'on ne voudrait pas qu'il nous arrivât. Des tas d'autres choses de cet acabit. De croyance et de foi, pas le moindre signe. J’étais donc seul ce mois de janvier-là ; pas d’animaux, pas de spiritualité, pas de compagne, guère d’avenir à y regarder mieux.

Le samedi 26 je quittai mon appartement en fin de matinée, j’avais deux événements à couvrir et je souhaitais me balader, à la recherche du scoop qui pourrait me sortir du ventre mou dans lequel je végétais. Scoop n’est d’ailleurs pas le mot juste, il vaut mieux parler d’information plus ou moins inédite, il est bien connu qu'il n'y a plus de scoop hors les métropoles obèses. Ma première mission se déroulait à une  soixantaine de kilomètres de mon domicile : aller photographier quelques vieillards « empastissés » en train de jouer à la pétanque. Ensuite, il faudrait carburer pour me rendre à un pot de retraite donné pour le directeur, justement, d'une maison de retraite. Si tout se passait dans les temps, je flânerais dans les rues de la ville et finirais probablement la soirée dans une boîte à blues. Si tout se passait bien...

Le ciel s’obscurcit dès la sortie de la ville, un ciel noir dans lequel anciens ou croyants auraient pu déceler les signes de quelque chose de mauvais ; de sales volutes gris foncé partant à l'assaut du gris souris habituel. Le tout avec l'agressivité d'un gardien de phare dans le métro, aux heures de pointe. Le crachin se joignit au tableau quelques kilomètres plus loin, et je peinais à nettoyer mon pare-brise. Le kilomètre 37 de la départementale se rapprochait à grandes roues mais nous ne nous connaissions pas encore, nous ne savions pas que nos destins étaient liés. La scène se rejoue sans fin...

11 heures 15, j’aborde un tournant un peu rapidement, ma grosse berline hésite, bégaie un peu mais décide de rester sur la route. Peu effarouché, je donne un petit coup d’accélérateur, sans doute pour vibrer en même temps que Freddie Mercury qui beugle « I want to break free » à la radio. J’aperçois au loin, presque au bout de cette ligne droite, une vieille camionnette bringuebalante. Je connais la route, il me sera délicat de doubler ensuite et je suis tout juste dans les temps pour les vieux boulistes. J’écrase le champignon, les « V » je ne sais plus combien rugissent en chœur et je me rapproche rapidement de l’obstacle honni. Il y a des flèches de rabattement mais j’ai l’habitude de mordre un peu sur tout ce qui est « mordable », les lignes jaunes, le feu orange, les flèches de rabattement. Zou ! Me voilà sur la voie centrale… Et ma vie va changer, du tout au tout.

Je ne suis pas le seul, tout à ma certitude qu’il me fallait doubler le tacot, je n’ai guère apprécié la situation, deux véhicules arrivent en face. Une Renault 5 verte, d’un vert pistache affreux (c’est fou, les détails qui remontent...), un autre véhicule, plus loin. Je pense au fait que la route est mouillée, ne surtout pas freiner abruptement, je ralentis un peu, le pistachier en face doit faire de même. Il se lance sur le talus d’une manière acrobatique et efficace, je donne un coup de volant pour me rabattre sur ma voie, nos rétroviseurs extérieurs explosent lentement, je pourrais parler de « Slow Motion » si le terme avait déjà cours. On s’en sort magnifiquement bien. Je vais freiner, me ranger sur le bas-côté et me répandre en excuses auprès du chantre du mauvais goût en termes de peinture de voiture. Sauf que... un sixième sens digne de Spiderman (quoi d’autre ?) me fait lever les yeux, le véhicule lointain n’est plus si loin, le chauffeur a pris peur, il a freiné, en aquaplaning incontrôlable, il vient à ma rencontre, irrémédiablement, pour me tuer. Le choc est incroyablement compact et le bruit mat englobant les chairs qui se déchirent, les tôles qui se fondent et les verres qui se brisent est lamentablement banal. Pas de grand fracas hollywoodien, pas d’explosion empanachée. Un gros « boum » opaque et un long silence… de mort. Même Freddie Mercury s’est tu. Je devrais être déjà parti dans le néant, presque oublié mais une parcelle de conscience me tire du brouillard rougeâtre où je me suis prélassé pendant 15 à 20 secondes. Check-up : mon bras gauche est cassé, j’essaie d’activer la poignée de mon véhicule, je sens le mouvement mais rien ne bouge. Mon poignet gauche est fracturé, une fracture ouverte, je vois plusieurs bouts d’os se promener, hagards, comme moi. Je n’avais pas la ceinture, j’ai été touché au visage, je sens le sang dégouliner sur mes joues. Je prie - c’est drôle comme on a envie de croire en quelque chose dans certaines circonstances - pour que cela soit des larmes, mais j’en doute fort. Mes poumons me font mal, j’ai déjà eu des côtes fracturées, cela fait très mal sans être forcement gravissime. J’ai une forte crampe à l’aine gauche et je ne sens plus le bas de mon corps à part cela. Le plus inquiétant c’est que je sens mes forces s’évanouir très rapidement. Trop. Le silence est troué par les premiers cris des spectateurs présents, l’un d’entre eux vient me demander si je vais bien. Je m’entends répondre que oui. Mais je pars. Une jeune femme qui s’approche - elle a annoncé qu’elle était élève infirmière - vient auprès de moi et me demande de refaire mon check-up. Je le fais pendant qu’elle m’éponge le visage. Elle est belle et son visage blêmit à vue d’œil, surtout quand elle voit mon flanc droit. Je regarde à mon tour pour comprendre pourquoi mes forces m’abandonnent, des flots de sang s’échappent de mon bassin. Je vais donc mourir. J’essaye de tourner de l’œil mais on m’en empêche : mon infirmière et un gros gaillard sanguin, un Ch’timi me semble-t-il, qui me donne des tapes dans le visage pour...

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