Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

J'ai du pot d'avoir un balcon !

De
124 pages

Quand on a la chance d'avoir un balcon, on dispose d'un espace que l'on peut aisément transformer en jardin pour peu que l'on sache cultiver les plantes en pots. Roland Motte nous donne ici toutes les clés pour végétaliser son balcon en toute saison. Il nous fait part de son expérience pour recréer facilement un jardin derrière nos fenêtres, maîtriser tout ce qu'il est bon de savoir de la plantation à l'entretien : fertilisation, arrosage, soins, hivernage...
Il traite en détail une trentaine de plantes vertes ou à fleurs, mais aussi aromatiques, légumes et petits fruits, donnant chaque fois des conseils simples et des astuces pour voir croître ses plantes sans souci.


Voir plus Voir moins
J'ai du pot d'avoir un balcon !

Roland Motte

Illustrations : Audrey Caron

J'ai du pot

d'avoir un balcon !

Avant-propos

J’ai du pot d’avoir un balcon… Et vous aussi ! Rendez-vous compte, si les balcons, loggias ou portes-fenêtres n’existaient pas, si nous n’avions pas la possibilité de voir le ciel, ou simplement à travers les carreaux… Quel dommage, quelle erreur et quelle horreur !

Heureusement, tout cela n’arrivera pas, béni soit l’inventeur de la fenêtre, un petit gars qui devait trouver le temps long derrière les murs de la grotte ou du château fort ! Il a décidé de faire un trou pour y voir plus clair. Bien sûr, il faut être à l’abri dans la maison, mais si en même temps, nous pouvons bénéficier d’un brin de lumière et des rayons du soleil, alors là… nous sommes comblés. Le mythe du dedans-dehors existe depuis des lustres.

Le balcon en est la preuve : comment rester au chaud et en sécurité dans la maison, tout en observant la nature et les environs et en sortant le nez dehors ? La solution était évidente, et les avancées de fenêtre ont pu nous faire voir le jour de plus près.

Le balcon est dehors, bien sûr, il peut aussi être dedans : c’est le cas dans une salle de concert ou dans certains cinémas, où le balcon permet de voir les artistes depuis le haut.

Avec des expressions comme le balcon, le poulailler, la scène côté cour et côté jardin, les théâtres sont les proches cousins de nos jardins actuels. Pas étonnant que les fleurs et les couleurs se donnent en spectacle dès le printemps !

Mais le plus célèbre de tous, c’est celui de Juliette, à Vérone ! Là où Roméo venait faire le fanfaron, juste sous le logement de sa dame. Un petit balcon de rien du tout, perché en haut d’une belle demeure bourgeoise. Rien de bien exceptionnel, pas même une fleur pour faire battre le cœur, et pourtant ! Pourtant, c’est là que l’amour a trouvé ses lettres de noblesse. Le balcon est l’endroit idéal pour se laisser aller au rêve et au farniente, aux songes et aux mots doux.

C’est une passerelle vers l’extérieur et plus il est fleuri, plus il nous fait voyager loin, bien plus loin que la ville, jusqu’aux portes de nos rêves, de nos envies de voyage.

Bon, il y a aussi les balcons très officiels, où les personnalités lèvent une main à notre rencontre, pour montrer qu’elles sont encore là et qu’elles pensent à nous. Quant au balcon de l’hôtel de ville, celui-là a vraiment intérêt à rester fleuri, des fois que l’équipe locale remporte la Coupe de France : on lui fera la fête sur la place, lorsqu’elle apparaîtra au balcon, sous les géraniums !

Et qu’adviendra-t-il des balcons dans le futur, pensez-vous qu’ils existeront encore ?

Peut-être auront-ils été sacrifiés dans les constructions modernes, pour laisser la place à des baies vitrées ou à de grands murs végétalisés.

Mais au contraire, plutôt que de disparaître, si les balcons « explosaient » et devenaient incontournables ? Chaque fenêtre pourrait avoir le sien, un balcon si grand qu’on pourrait y vivre ; la maison ne serait là que pour stocker les affaires et abriter la famille en cas de froid ou de pluie. Le balcon deviendra peut-être la principale pièce à vivre, on pourra y manger et faire la cuisine en toute occasion. Et pourquoi pas s’y laisser aller et installer la plancha et le barbecue, histoire de prendre le repas sous les étoiles ? Après le repas, le lit de soleil est là, posé juste à côté du palmier en pot, le temps d’une digestion reposante !

Mais oui, ce balcon du futur, nous le connaissons, c’est le balcon d’aujourd’hui. Un balcon pour y passer le plus clair de son temps libre. Ce qui n’était qu’un complément dans la maison il y a quelques années, devient progressivement le centre de l’habitation.

Balcon, loggia, terrasse, véranda… Tous les moyens sont bons pour vivre dehors, au milieu des fleurs et des plantes, mais tout près du dedans, en cas de gros temps.

Alors, qu’attendez-vous pour le garnir, le fleurir, le décorer… Votre balcon peut devenir un jardin luxuriant, rempli de légumes, de fleurs, d’arbustes en tout genre. À vous de jouer avec les pots et les couleurs pour voir la vie en rose, ou en géranium !

Et puisqu’il est là, et que nous avons tous du pot de l’avoir, on va le bichonner ce petit balcon, le rendre beau, attrayant, accueillant. Il en aura du pot, lui aussi, de nous avoir, et du pot de toutes les couleurs, du gros pot, du petit pot, du pot âgé, du pot tout rond, du pot aux roses…

Quelles fleurs pour quels pots, quels pots sur quels balcons ?

Autant de questions sans réponse ? Mais non, vous avez du pot d’avoir un livre entre les mains qui va vous permettre de transformer ce balcon en un lieu différent, parfumé ou gourmand, coloré ou envahissant.

Vous avez du pot ? Tant mieux, vous pourrez planter sans retenue quelle que soit la saison.

Avec un tel programme, vous allez pouvoir accueillir du monde au balcon !

Roland Motte

Bien connaître son balcon

Connaître son balcon, c’est important ! Il n’a plus de secret pour vous, bien sûr, mais pour installer vos plantes, il va falloir être précis, en choisissant des végétaux parfaitement adaptés à la situation !

Un minijardin

Un balcon, c’est comme un jardin, et vous-même êtes comme une plante ! Il ne vous viendrait pas à l’idée de déjeuner en plein soleil au mois de juillet ou de ne pas profiter des premiers rayons au printemps !

Les plantes ne réagissent pas autrement : ce sont des êtres vivants qui apprécient plus ou moins le soleil, le vent, l’ombre ou la lumière, l’excès ou le manque d’eau. Si vous maîtrisez ces paramètres, vous devenez le roi des jardiniers de balcon. Vous disposerez des connaissances de base, celles dont auront besoin les plantes que vous aurez choisies. Ensuite, il restera à trouver la plante de votre choix, mais ça, c’est une autre histoire et c’est aussi le plus facile. Vous avez le livre qui convient entre les mains… Ben tiens !

La surface

Il y a de petits balcons, et de très grands ! Un balcon est avant tout un espace à vivre. Avant de passer à la plantation ou à l’installation des pots, vous devez prévoir les lieux de passage et les lieux de vie. Il n’y a rien de plus contraignant qu’un espace envahi par les pots et « infréquentable » faute de place. Les visiteurs ne sauront pas où marcher, et c’est le meilleur moyen pour abîmer le feuillage de vos petites protégées.

Parce que avant d’être un lieu d’exposition pour votre collection de bonsaïs ou autres potées garnies, le balcon est surtout un lieu de vie, un lieu où nous aimons nous prélasser… Les végétaux sont là, avec nous pour accompagner notre repos et notre intimité.

Organisons-nous : avant de courir acheter pots et fleurettes chez le marchand, un plan s’impose ! Mieux vaut prévenir que guérir.

Trouvez une feuille assez grande, commencez par tracer les limites de votre balcon à peu près à l’échelle pour ne pas avoir de mauvaises surprises ensuite.

Placez sur ce plan dessiné à la main les accessoires de vie : le salon de jardin, les chaises, le barbecue, la plancha, le lit de soleil, le repose-pied, le bar de jardin, le baby-foot des enfants, la caisse du chat… Ajoutez aussi la silhouette des accès, prenez en compte vos habitudes et ne négligez pas l’accessibilité à la rambarde, histoire de profiter du paysage. Pensez aussi au lieu de vie des enfants, s’ils ont pris l’habitude d’utiliser le balcon comme un terrain de jeu.

Une fois ce croquis effectué, il restera normalement un peu de place, des angles morts ou des endroits tranquilles qui seront parfaits pour y installer les futures potées.

Mesurez avec soin, et surtout avec un mètre, les emplacements disponibles. Ça y est, vous venez de déterminer la largeur maximale de vos futurs contenants.

La hauteur

Là, c’est plus facile. Si vous avez un balcon ou une terrasse à ciel ouvert, le calcul est simple et la hauteur est à peu près illimitée. Si vous disposez d’une avancée de type loggia, la hauteur est d’environ 2,50 m. Le choix des plantes devra être adapté. Inutile de s’emballer pour un immense palmier ou un grand thuya.

Quant à l’emplacement devant la rambarde, là aussi, renseignez-vous avant d’acheter une plante et informez-vous toujours sur sa taille adulte, en pot et en pleine terre. Ces indications seront bien utiles et vous éviteront de retailler chaque année un sujet trop vigoureux. Au balcon, les arbustes à croissance lente sont plus pratiques.

L’exposition

Plein soleil, ombre ou mi-ombre ? Lors du choix d’une plante, le vendeur dans votre jardinerie préférée vous demandera ces détails. Et vous aurez du mal à répondre… Pas facile de déterminer l’ombre ou le soleil, c’est une question de jugement ! Voici des définitions qui pourront vous aider dans votre recherche vers la lumière… Du soleil, bien sûr.

• Soleil : un végétal est considéré comme une plante de soleil lorsqu’il a besoin d’au moins 5 heures de soleil par jour, l’après-midi, entre 12 heures et 17 heures. Avec toutefois un bémol si la température est excessivement chaude : en fonction de l’espèce, il faudra alors être prudent de 13 heures à 16 heures, ce sont les moments les plus chauds.

C’est le cas de la majorité des plantes comme les rosiers, les œillets, les petits fruits, le thym, la lavande…

• Mi-ombre : les plantes de mi-ombre sont celles qui craignent justement ce chaud soleil de l’après-midi, il faut leur éviter les expositions brûlantes entre 13 heures et 16 heures. Elles ont besoin d’un peu plus d’eau que les autres, surveillez bien leur arrosage.

On trouve dans ce groupe des vivaces comme les hostas ou les heuchères. Au potager, le persil, la menthe ou l’oseille.

• Ombre : là, c’est plus clair, si on peut dire… Les plantes d’ombre ne supportent pas le soleil de l’après-midi. À 12 heures, elles sont à la recherche d’un coin d’ombre, le soleil pourrait faire griller leur feuillage. Elles seront au soleil uniquement le matin. C’est le cas des plantes de terre de bruyère comme les érables du Japon ou les rhododendrons. Les impatiences et les bégonias aiment aussi ces emplacements.

Aujourd’hui, les étiquettes des producteurs sont bien faites et portent généralement un petit sigle pour vous indiquer les besoins spécifiques de la plante et toutes ses préférences.

L’arrosage

Avec le soleil et le vent, vous l’aurez compris, l’eau peut manquer, et l’eau… c’est indispensable pour les végétaux. Aucune plante, même la plus résistante à la sécheresse, comme les cactus, ne peut s’en passer. L’eau doit être présente régulièrement dans le terreau. Et en pots, les plantes sont dépendantes du bon vouloir de leur jardinier. La période des vacances d'été est la plus difficile à passer pour nos amies à feuilles et à fleurs. Non seulement le jardinier est absent, mais en plus, c’est à ce moment-là qu’on a le plus besoin de lui !

Pour vous éviter de faire la navette avec un arrosoir depuis la cuisine jusque sur le balcon, prévoyez, si cela est possible, un robinet à l’extérieur. Les mieux organisés pourront détourner l’eau du toit pour la récupérer dans un réservoir, mais là, il faut effectuer un peu de bricolage.

Pour limiter les soucis liés à l’arrosage, le choix des plantes est bien sûr très important, l’exposition aussi. Vous pourrez utiliser un arrosage automatique pour vous simplifier la vie, sans oublier le paillage dont nous reparlerons un peu plus tard, dans quelques pages !

Le vent

Terrible ennemi qui vient dessécher les pots et casser les plantes fragiles ! D’où vient le vent, c’est LA question à se poser sur le balcon ou la terrasse.
Les vents dominants peuvent devenir violents ; en général, ils arrivent toujours de la même direction. Il existe de très jolies petites girouettes qui, une fois installées, vous donneront le sens du vent. En relevant régulièrement leur provenance, du nord au sud, de l’est à l’ouest, vous connaîtrez les habitudes des vents de passage. Cette notion est particulièrement importante en été, lorsque le vent favorise l’évaporation de l’eau dans les pots, et en hiver, où il accentue l’impression de froid et peut provoquer le gel des plantes les plus sensibles. Tout ça, pour éviter de prendre un vent !

La disposition des végétaux

Les petits devant, les grands derrière ! Bon, OK, mais sur un balcon, toutes les plantes sont derrière, alors, on ne met que des grands ? Mais non, là aussi, le bon sens du jardinier va entrer en action. Prenez en compte les points de vue, depuis la balustrade ou le bord de la terrasse : inutile de tout obstruer avec un arbuste qui n’en finit plus de grandir. Vous devez aussi préserver – ou non – la vue depuis l’intérieur de l’appartement : l’horizon est important, c’est un peu pour cela que les balcons ont été créés, pour s’approprier la vue, même depuis la maison.

Le choix des arbustes sera déterminant. Aidez-vous là encore d’un plan de face en indiquant la hauteur des végétaux adultes ; votre choix sera facilité lors de votre passage chez le marchand grâce à ce « carnet de bord ».

L’habillage du mur

L’utilisation des plantes grimpantes, c’est du bonheur ! Peu de largeur utilisée pour un maximum de fleurs et de verdure sur toute la hauteur du mur, avouez que l’investissement est parfaitement optimisé.

La majorité des plantes grimpantes a toutefois besoin d’un support pour grimper, elles ne s’accrochent pas seules au mur comme savent si bien le faire la vigne vierge et le lierre. Les clématites, les chèvrefeuilles ou les bignones, pour ne citer qu’eux, peuvent grimper, mais le support est indispensable. C’est encore pire pour le rosier grimpant qui a besoin de fixations : c’est vous qui devez faire le travail… Quand même ! Il compte sur vous.

Il existe de très jolis treillages en losange ou en carré. Avec une bonne perceuse et quelques vis, vous pourrez redonner du style à un mur avant même de l’habiller de plantes ! Alors imaginez avec les fleurs et la couleur !

La couleur

Justement ! On vient d’en parler. Les fleurs apportent de la couleur, même si pour les plantes, la dominante est verte. Les arbustes fleurissent en moyenne un mois dans l’année, c’est un peu plus long pour les vivaces et de mai à l’automne pour les plantes annuelles. Tout l’art du jardinier décorateur que vous allez devenir réside dans le choix des végétaux, de façon à étaler la floraison et avoir des couleurs toute l’année. Les époques de floraison sont indiquées sur les étiquettes des plantes ; soyez attentif à ce détail, c’est la clé de la réussite pour un balcon fleuri toute l’année même en hiver ! C'est le succès assuré.

Ensuite, vous n’avez plus qu’à harmoniser les couleurs. L’équilibre est souvent difficile à trouver, mais il est d’autant plus compliqué si vous optez pour plus de trois dominantes. Avec deux dominantes principales, vous êtes à peu près sûr de rester dans le « bon » goût, en respectant autant que possible couleurs chaudes et couleurs froides.

Couleurs chaudes et couleurs froides

• Les couleurs chaudes attirent l’œil, elles sont dynamiques, mais très difficiles à marier entre elles : rouge, jaune, orange.

• Les couleurs froides sont reposantes, apaisantes, inspirent calme et méditation : rose, violet, bleu.

• Il est possible d’associer couleurs chaudes et couleurs froides avec les « neutres » comme le vert et le blanc.

Vous en savez assez maintenant pour peindre votre jardin. Vous disposez d’une toile, votre massif de fleurs, et de gouaches, les plantes avec leurs époques de floraison… C’est à vous de jouer, lancez-vous !

Choisir les pots

Le choix du pot, le poids du chaud, le pot du chat… On ne plaisante pas avec le pot ! C’est l’élément essentiel pour conserver la plante, et bien sûr, pour la rendre encore plus belle !

Le bon pot

J’ai du pot d’avoir un balcon ! Et la plante, elle, a du pot de vous avoir ! Le pot est essentiel pour cultiver une plante en dehors du jardin. La culture hors sol, puisque c’est son nom, permet bien des fantaisies, y compris d’installer un coin de nature au beau milieu de la ville, alors qu’il n’y a pas le moindre terrain disponible. Mais il y a pot et pot ! Il peut varier de forme, de taille, de couleur.

Choisir un pot n’est pas une mince affaire, il faut être exigeant, pointilleux et déterminé ! Votre plante compte sur vous… ne la décevez pas !

La taille

Le volume de terre nécessaire varie en fonction du développement de la plante. Un petit géranium ne développe pas les mêmes racines qu’un grand rosier ou un arbre. Il faut donc trouver la bonne taille. En général, plus le pot est profond, plus il contient de terre et plus les plantes formeront de grandes racines. Si le volume de terre est important, l’évaporation de l’eau en plein été sera aussi plus lente, et vous ne serez pas obligé d’ar-roser quotidiennement. Par exemple, un bonsaï dans sa toute petite terrine, demandera un apport d’eau bien plus souvent qu’une plante installée dans un très grand pot.

Pour les fleurs du balcon, prévoyez un contenant d’au moins 35 cm de profondeur. Pour un arbuste, il faut compter environ 50 cm.

Lors d’un rempotage, le choix est simple : mesurez le diamètre du pot actuel, sa profondeur, et trouvez un contenant plus grand de 4 à 5 cm. Inutile d’opter pour un « géant », la progression doit se faire naturellement, au fur et à mesure de l’évolution de la plante.

La forme

Alors là… c’est vous qui voyez !

En général, les formes sont plutôt conformes, et même conformistes ! Un pot, c’est un pot. Mais le contenant horticole légèrement évasé a vécu : avec le temps, nos amis potiers du monde entier ont su varier les formes, les hauteurs, les diamètres…

Déjà dans l’Antiquité, les poteries, qui n’étaient pas destinées à recevoir des plantes, pouvaient devenir originales.

Pour nous, jardiniers amateurs, il convient aussi de joindre l’utile à l’agréable. Comme nous l’avons vu précédemment, plus le pot est profond, plus la plante pourra se développer dans de bonnes conditions. Profitez donc de ces nouveaux looks modernes pour choisir un vase élancé.

Si vous craquez pour un contenant plus large que haut, vous devrez prévoir plusieurs plantes pour occuper toute la surface.

Petit bémol à tout cela, la vasque évasée ! Lorsque la jarre est vide, elle est au mieux de sa forme, de ses formes ! Mais si vous y installez un arbuste ou un arbre, pensez qu’il faudra un jour changer le pot, et avec l’enchevêtrement des racines, le seul moyen, pour retirer la motte… sera de casser le pot ! Dommage !

La réserve d’eau

La plante a besoin d’eau, et en pot bien plus qu’en pleine terre ! Le volume est limité et la culture hors sol provoque l’évaporation rapide de l’eau. On ne le répétera jamais assez, en pot, la plante est dépendante du bon vouloir de son jardinier. Il fallait donc trouver une ruse pour garder les végétaux en bonne santé, sans être obligé d’arroser tous les jours.

La réserve d’eau est une trouvaille simple qui permet de disposer, à la base du pot, d’un réservoir équipé d’une bande de tissu. Cette bande sert de « pompe » à l’eau qui monte par capillarité jusqu’à l’étage supérieur, là où se trouve le terreau. Ce dernier est ainsi en permanence humide, tant qu’il y a de l’eau dans la réserve. Cette technique permet d’espacer les arrosages et de manquer à tous ses devoirs de jardinier pendant une semaine sans voir pour autant ses fleurs se dessécher lamentablement.

Un petit repère sur le côté vous indiquera si le niveau est bien conforme. Vous devez bien sûr être attentif à ne pas arroser en trop grande quantité et suivre le repère ou le niveau de l’eau dans le réservoir. Un excès d’eau est aussi dangereux pour une plante qu’une pénurie. Alors si vous avez laissé le pot sous la pluie, le remplissage en excès se fera sans vous consulter, et la plante pourrait bien ne pas se relever de ce traitement !

En résumé, le bac à réserve d’eau est une excellente « béquille » pour les plantes d’intérieur ou pour les plantes d’un balcon sous abri. Pour le balcon ou la terrasse en plein vent, il est préférable d’utiliser les pots traditionnels percés, pour faciliter l’évacuation de l’eau en excès.

Les poteries émaillées

Les poteries en terre cuite sont poreuses et laissent passer l’eau. C’est d’ailleurs l’avantage de ces pots qui sont perméables et facilitent la respiration des racines. Mais cet avantage se transforme en galère en hiver : l’eau peut imprégner les parois et provoquer leur éclatement en cas de gel. Que faire pour que cette satanée flotte ne vienne pas perturber la vie de nos pots ?

Une solution toute simple consiste à opter pour la poterie émaillée. Cette technique, en plus d’être particulièrement esthétique, imperméabilise la terre cuite à l’intérieur comme à l’extérieur. L’eau glisse alors le long des parois sans y pénétrer, impossible de faire éclater l’ensemble à condition bien sûr qu’elle puisse s’écouler dans le fond.

La résistance au gel

En fonction des régions, le froid, la neige et les intempéries peuvent avoir raison des poteries les plus fragiles. La prudence s’impose donc lors de l’achat. Rassurez-vous, la grande majorité des poteries ne vous fera pas faux bond et les fabricants indiquent bien souvent ce niveau de résistance sur l’emballage.

Avec ces quelques règles, vous pourrez vous débrouiller pour faire LE bon choix !

• Le gel est provoqué par l’eau qui se solidifie lorsque les températures descendent en dessous de 0 °C. L’eau présente dans le contenant augmente alors de volume et fait éclater le pot. Il faut donc trouver un matériau qui ne garde pas l’eau, mettre la poterie à l’abri ou s’arranger pour que l’eau s’évacue facilement du pot.

• Évidemment, le problème ne se pose pas si vous abritez les pots : ces derniers ne subiront pas les intempéries et n’auront que très peu de risque de geler. Si vous cultivez des arbustes en pots et s’ils sont abrités, il faudra juste penser à les arroser de temps en temps pendant l’hiver.

• Si vos contenants sont constitués d’un matériau non poreux comme le zinc, la résine ou le bois traité, il n’y a pas de gros risques, contrôlez juste l’évacuation de l’eau dans le fond du pot. Ces contenants peuvent rester dehors pendant toute la saison hivernale.

La terre cuite

Les pots traditionnels ont de tout temps été moulés, coulés ou façonnés en terre cuite. En fonction des propriétés de la glaise, il est possible de la travailler de différentes manières pour obtenir des pots de toutes formes et de toutes tailles. Les poteries sont fabriquées dans les régions ou la terre se prête à ce façonnage. En France, et depuis de nombreuses années, les pots viennent bien souvent de Lorraine. Le mélange de terre et d’eau est coulé dans des moules, la glaise épurée est aussi pressée de façon industrielle avant d’être cuite dans des fours chauffés à plus de 1 200 °C.

Aujourd’hui, les nouvelles techniques permettent de peindre les pots à l’intérieur comme à l’extérieur. Cette méthode permet de multiplier les coloris à l’infini et de choisir une poterie en terre cuite en fonction de la couleur souhaitée, adaptée à la plante, à l’environnement et même à la couleur des murs… Soyons fous !

Avec ou sans peinture, la terre cuite reste la référence du pot de jardin.

La résine

La maîtrise du plastique, ou plutôt de la résine de synthèse, permet d’obtenir des copies dignes de nos pots traditionnels, le poids en moins bien sûr. Rotomoulées ou pressées, les poteries dites « plastiques » sont déclinées dans tous les coloris et toutes les formes. Elles sont imperméables et ne gèlent pas quelles que soient les circonstances, si bien sûr ledit plastique est de qualité et si l’eau peut s’évacuer par le fond pendant l’hiver.

L’avantage suprême, bien sûr, c’est le poids ! Par rapport à une poterie en terre ou en pierre, le plastique – la résine, pardon – est cinq à dix fois moins lourd en fonction de la taille du pot. Et quand il faut déplacer la composition avant l’hiver, l’argument est justement de poids…

Et le reste

Toutes les matières susceptibles d’être travaillées peuvent devenir des contenants pour recevoir les plantes. C’est le cas du grès, du bois assemblé, de la pierre reconstituée, du fer, du zinc… L’ingéniosité du jardinier le poussera même à inventer des bacs en tissu, des pots sculptés dans des troncs d’arbre, dans des noix de coco… Et en poussant le « vice » un peu plus loin, pourquoi ne pas installer des jacinthes ou des tulipes dans une vieille botte ou une ancienne chaussure ?

Vous l’aurez compris, le contenant peut être classique ou dépasser l’imagination et sortir de son contexte. Détourner un objet comme un vieux pneu peut devenir un vrai jeu de jardinier en mal d’inventivité. Le tout est de choisir la plante la plus adaptée à cette folie en pot.

Ton sur ton

En pot, tout est possible, mais la classe sera de savoir associer les couleurs et d'assortir chaque plante avec le bon pot. Nous l’avons vu, tous les pots peuvent être colorés, par le fabricant ou par vos propres soins. Vous pouvez vous aussi peindre votre pot, c’est un bon moyen pour donner un coup de jeune à un vieux contenant en pierre qui traîne encore dans le fond de la cour ! Mais l’association entre le pot et la plante, ça, c’est un travail d’artiste. Et pour devenir artiste, ne prenez pas de risque : associez deux couleurs, pas plus ; au-delà, le choix devient très complexe et parfois franchement « tape-à-l’œil ».

À vous les nouvelles inventions, les prochains détournements de lessiveuses et autres gobelets !

La terre

C’est bien d’avoir du pot, c’est encore mieux d’avoir la terre qui va avec… Ha ben oui, la terre, c’est là que la plante va manger, boire et… dormir… Ou presque. Le choix de la terre ou du terreau est capital pour la bonne santé de vos protégées.

Les différents types de terre

Grand-mère me disait, il y a bien longtemps : « Y’a qu’à mettre de la terre du jardin, ça poussera bien ! » Bien sûr ! Encore faut-il avoir un jardin et la terre en question.

Il existe différents types de terre ayant chacun leurs particularités. Les plantes, dans la nature, ont su s’adapter à leur environnement. Un sapin préfère les terrains souvent humides et bien drainés, il n’aime pas les terres trop compactes. A contrario, un pommier se plaît dans l’argile lourde et profonde. Les plantes d’intérieur viennent souvent de pays tropicaux où le terrain est acide et humifère (riche en humus).

Bref, le monde végétal a su s’adapter à des conditions de vie bien particulières, qu’il s’agisse de la météo ou du sol. Pour avoir de belles plantes, en fonction de la variété, il est essentiel de répondre aux exigences de ces dames… à notre tour de nous adapter.

Le sol est le support essentiel de pratiquement toutes les plantes. À part quelques orchidées et autres espèces « surprenantes » qui vivent de l’humidité ambiante et se développent sur des supports aériens, la très grande majorité des végétaux a besoin d’un substrat pour croître et permettre aux racines de pousser.

C’est dans la terre que les plantes vont chercher la nourriture dont elles ont besoin au quotidien. C’est dans la terre que circule l’eau indispensable à leur vie. Mais la terre est aussi le support, le socle qui permet aux racines d’ancrer la partie aérienne d’un simple géranium ou d’un arbre centenaire. Plus la plante est importante, plus son système racinaire devra faire fonctionner la machine, et plus le socle devra être stable pour que l’ensemble tienne debout ! La profondeur de terre sera donc très importante. Plus la plante sera grande, plus le pot devra être profond… Logique !

Mais la création d’un balcon ou d’une terrasse avec des pots est le début d’une culture hors sol, donc en dehors du jardin. En l’absence de terre, il faut créer les conditions de survie de la plante. Le pot et son terreau vont faire office de minijardin ou de minicoin de terre à la disposition d’un seul spécimen, ou d’une composition de plusieurs végétaux.

Contrairement à ce qui se passe en « pleine terre », les plantes et leurs racines ne pourront pas se développer « à l’infini ». Le substrat va finir par se tasser et les oligoéléments contenus dans le terreau ne pourront pas se régénérer. Voilà pourquoi le rempotage est indispensable : il permet de renouveler la terre pour assurer la pérennité de la plante.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin