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Potager au balcon

De
53 pages

Un balcon, un rebord de fenêtre… que planter ? Et pourquoi pas des légumes ?

Ce livre vous donne toutes les informations pour bien installer et cultiver vos légumes : choix des contenants et du substrat, exposition, semis, plantation, arrosage, paillage…

Selon le type de composition choisie, l’auteur vous donne des conseils pour sa réalisation et son entretien, et vous propose des fiches de culture détaillées de 28 légumes ainsi qu’un large choix de variétés.


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Flore Palix

Photos : Flore Palix

potager
au
balcon

LOGORustica.tif

cultiver un
potager sur
son balcon

Fraîcheur, satisfaction et gourmandise… à portée de main !

Conjurez votre sort de citadin en cultivant quelques légumes qui ensoleilleront vos fenêtres autant que vos papilles ! Cultiver un peu de notre terroir est tout à fait possible si l'on suit quelques recommandations. Mais ayez en tête qu'un potager, plus encore un potager en pot, réclamera des soins attentifs et un arrosage régulier. Gare donc aux absences et aux vacances d'été ! Ne vous attendez pas, bien sûr, à avoir une production qui sera la base de votre alimentation… En revanche, il sera une source intarissable d'émerveillement et un antistress redoutable qui dopera votre créativité et votre curiosité jardinière ! Un exercice horticole ludique et gratifiant pour toute la famille, qui fera oublier pesticides et grisaille citadine jusque dans votre assiette !

Un petit rappel

Ne vous lancez jamais dans l'aménagement d'un balcon sans avoir pris connaissance des règles d'urbanisme de votre commune ou, si vous habitez un immeuble, avant d'avoir consulté le règlement de copropriété. Car, en cas de dommages (chutes de pots, d'eau, de fruits gâtés entraînant blessures, dégradations ou salissures), sachez que vous serez tenu pour responsable !

Pour éviter tout désagrément, installez vos pots et jardinières à l'intérieur de votre balcon. Si vous habitez en immeuble, vous n'aurez pas le choix, c'est obligatoire ! N'oubliez surtout pas les soucoupes qui contiennent les excès d'arrosage et soyez vigilant quant à vos fixations : elles devront être solides, car vous n'êtes pas à l'abri d'une bourrasque et d'un pot volant ! Si vous envisagez de grandes plantations, sachez qu'en général un balcon d'une construction moderne supporte une résistance maximale de 350 kg/m2. Attention donc à la surcharge qui risquerait à la longue de provoquer des détériorations irréversibles !

Le bon calcul

Sachez qu'un sac de terreau de 40 litres pèse en moyenne 15 kg. Pour un bac de 60 x 30 cm, il vous en faudra trois. En rajoutant 5 kg de matière drainante, le poids du pot et l'eau d'arrosage, cela équivaut à peu près, pour quelques centimètres de culture, au poids d'un homme !

Contenants et astuces

Le choix de votre contenant se fera en fonction de la taille et des besoins de vos plantes. Plus il sera spacieux, plus elles s'épanouiront… Certaines ne feront pas l'impasse sur la place ! Mais ne remisez pas pour autant vos jardinières classiques : elles pourront accueillir radis, fraisiers ou salades à couper, ainsi que certaines de vos aromatiques.

En terre, en bois, en métal, en plastique, design, standard, high-tech, il y en a pour toutes les bourses et pour tous les goûts. Premier critère si vous souhaitez un maximum de cultures : la légèreté. Mais gare au métal qui transmet rapidement la chaleur : déshydratation et brûlures garanties ! De même, pensez à la couleur qui n'est pas anodine : les teintes foncées absorbent davantage la chaleur que les teintes claires. Un pot noir se desséchera donc plus vite qu'un pot blanc !

Selon la taille de votre balcon, l'orientation et le type de culture, prenez toujours garde au type de matériau !

Un potager a un certain coût : avis aux petites bourses, pensez à adopter pour les cultures gourmandes de grandes poubelles en polypropylène. Peu onéreuses, elles vous feront faire de sérieuses économies ! Si vous les trouvez inesthétiques, n'hésitez pas à les masquer en les emballant d'un brise-vue de bambou, bruyère, roseau ou toile de jute.

Pour tous vos pots, vérifiez le fond : il faut qu'il soit percé ! Si tel n'est pas le cas, forez impérativement des trous de drainage (un trou de 1 cm tous les 10 cm). Sans eux, et ce pour toutes cultures confondues en pot, c'est la noyade assurée !

Pour les bricoleurs, il est très aisé de fabriquer des caisses en bois, que vous pourrez teindre ou peindre à votre guise. Le luxe du sur-mesure ! Pour garantir une bonne isolation, calez des feuilles de polystyrène contre les parois : les frileuses et les assoiffées apprécieront. Pour tous ceux qu'une trop grande préparation rebute ou décourage, il existe des sacs de culture prêts à l'emploi avec substrat qui pourront satisfaire certaines de vos potagères. Et pour optimiser l'espace et entrer dans la tendance du mur végétal, adoptez les poches verticales à suspendre, très pratiques pour la culture de vos fraisiers. Mais attention, si elles ont l'avantage d'être poids plume, sachez qu'elles n'offriront pas les meilleures conditions de culture (problème d'écoulement de l'eau, petitesse des poches…). Vieillissant assez mal pour certaines, elles ne seront, en outre, pas forcément pérennes…

Pensez pratique !

Pour chercher soleil ou ombrage, ou pour tout simplement mettre en scène votre balcon, vous serez sûrement amené à déplacer vos potées. Ne vous tournez pas les reins et pensez aux roulettes !

L'orientation : connaître leurs préférences !

Si presque tous les légumes aiment croître au soleil, il existe des exceptions heureuses pour les balcons plus ombragés : à vous les radis, navets ou carottes qui apprécient une exposition fraîche. Pour les aromatiques et les fleurs comestibles, tentez le persil, la coriandre, le cerfeuil, la menthe, l'hysope, la bourrache, le coqueret du Pérou, le souci, l'ail des ours ou la capucine. Et pour vos salades, adoptez le cresson alénois, l'épinard, la roquette, l'oseille ou la mâche.

Mais de manière générale, il vous faudra un minimum de 4 heures d'ensoleillement par jour et 6 à 8 heures pour vos légumes-fruits si vous voulez qu'ils fructifient correctement !

Plein soleil requis pour les légumes-fruits.

Pas d'impasse sur le drainage !

Si vous ne voulez pas que vos efforts ultérieurs soient ruinés, il est indispensable, et ce pour tous vos contenants, de ne pas oublier la couche drainante ! Sans elle – et sans les trous qui vont avec ! –, l'eau peine à s'écouler et stagne : gare au pourrissement des racines ! Cailloux, graviers, billes d'argile, tessons de pots… tous font très bien l'affaire ! Garnissez généreusement le fond de vos contenants (environ 20 % de leur hauteur).

Sans drainage, vous sonnez le glas à vos plantations ! La terre apparemment sèche en surface sera saturée d'eau en profondeur. Asphyxie et pourriture garanties ! Ne l'oubliez jamais, tout comme la soucoupe !

Un substrat de qualité primordial

Choisissez impérativement un terreau riche en matières organiques. À la maison, jugez votre substrat : la granulométrie doit être fine et la couleur presque noire, deux critères de qualité.

Choisir un bon terreau est une étape décisive ! Il en va de la santé et de la productivité de vos potagères. Votre substrat demandera à être drainant, léger, peu acide et surtout riche en éléments nutritifs. Oubliez donc les terreaux bas de gamme et méfiez-vous des terreaux dits « universels » quelquefois plâtreux ou mal décomposés. Choisissez les terreaux « spécial potager » enrichis en argile et en fumure organique pour 100 jours, idéalement étudiés pour la culture en pot. Pensez à la vente par correspondance ! Vous serez livré à votre porte : lorsque l'on ne possède pas de voiture et que l'on habite au sixième étage sans ascenseur, c'est bien pratique !

Soyez très vigilant quant à l'arrosage de vos jeunes pousses, surtout en godets de tourbe où le substrat sèche très vite ! Un oubli est souvent fatal.

Et si je testais les semis ?

Vous aurez bien raison ! Ils vous permettront toutes les audaces dans le choix de vos légumes, car qui a dit que la carotte était orange, la tomate rouge, l'aubergine violette ? Grâce à un choix fabuleux de graines, vous pourrez piocher dans une gamme botanique extraordinaire, découvrir les variétés anciennes oubliées, sélectionner celles que vous jugerez les plus esthétiques, originales, savoureuses ou simplement celles qui occuperont un minimum de place.

La rotation des cultures

Même en pot, il faudra y songer et encore plus, car le substrat aura tôt fait de s'épuiser… Essayez dans la mesure du possible de ne pas planter la même espèce ou famille de plante dans le même pot chaque année (à l'exception de la tomate qui semble très bien se débrouiller au même endroit).

Pour les semis que vous effectuerez sous abri, adoptez godets en plastique, petits pots de terre cuite ou de simples bouteilles en plastique coupées en deux, un terreau « spécial semis », des étiquettes et un pulvérisateur à main pour un arrosage doux et uniforme. Les godets de tourbe sont très pratiques et évitent l'étape du repiquage, stressante pour les plantules : biodégradables, vous n'aurez qu'à les enterrer directement. En revanche, ils ne sont pas très écologiques : à usage unique, ils utilisent une matière première qui se raréfie. Si les miniserres chauffantes – qui permettent une meilleure levée des graines en maintenant une température constante – vous paraissent peu abordables, équipez-vous d'une caissette en polystyrène assez profonde disponible chez votre poissonnier. Coiffée d'une plaque de plexiglas, elle emmagasinera bien la chaleur placée devant une fenêtre dans une pièce bien chauffée.

Lorsqu'elles seront assez grandes, vous devrez acclimater vos plantules en les sortant peu à peu aux plus belles heures de la journée. Vous les repiquerez ensuite en place lorsque tout risque de gel sera écarté. Et pour ne pas être encombré à la maison, les petites serres de balcon satisferont vos protégées jusqu'aux beaux jours.

Pour vos semis en place, il existe des tapis de graines astucieux : très faciles à mettre en œuvre d'un coup de ciseaux, ils vous épargneront l'éclaircissage. À la volée, n'ayez pas la main lourde : attention à ne pas semer tout le paquet de graines, vous ne saurez que faire des plants !

Le saviez-vous ?

Vous pouvez améliorer la croissance et la productivité de vos plantes… en levant simplement le nez au ciel ! Munissez-vous du calendrier lunaire et jardinez en fonction des différentes phases de l'astre, afin d'intervenir favorablement sur vos différentes familles de légumes.

Quand planter et comment ?

Soyez patient et ne succombez pas trop vite ! Les plants et minimottes que vous trouverez en jardinerie au printemps sont à mettre en terre uniquement lorsque les risques de gel sont écartés ! Veillez, juste avant la plantation, à plonger vos godets quelques minutes dans une bassine d'eau à température ambiante afin de réhydrater la motte. Si le système racinaire est important, n'hésitez pas à griffer les racines à l'aide d'une fourchette. Ce démêlage bénéfique favorisera un meilleur enracinement. Il est souvent nécessaire de butter les pieds, c'est-à-dire de remonter la terre jusqu'aux premières feuilles afin de favoriser la formation de nouvelles racines. Plus vos plantes pourront puiser de nourriture, plus il y aura de fruits !

N'allez pas trop vite à la plantation. Une bonne préparation est un gage de réussite ! N'oubliez pas de réhydrater les mottes et de démêler les racines !

Et les engrais ?

Soyez attentif à la composition de votre terreau, inutile d'en rajouter s'il en est déjà pourvu. Pour les autres substrats en revanche, un amendement organique est impératif, notamment pour les légumes-fruits. Fumiers décomposés de cheval, d'ovins, enrichis d'algues (type Or Brun® ou Algo-Forestier®…), en granulés ou compostés, vous aurez le choix ! N'ayez pas la main lourde et respectez les doses : un surdosage brûlerait les racines ! Si vos légumes-fruits sont friands de phosphore et de potasse, vos légumes-feuilles, quant à eux, apprécieront le sang séché ou les paillettes de corne, riches en azote. Pour fortifier les plus gourmandes, pensez à l'indispensable purin d'orties et aux broyats de racines mycorhizées. Ces mycorhizes, champignons microscopiques naturellement présents dans le sol, aideront vos potagères en pot à mieux absorber les éléments minéraux dont elles ont besoin.

Boycottez le lithothamne (maërl) !