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Henri Vallot

De
302 pages
L'ingénieur centralien Henri Vallot (1853-1922) a été pendant plus de trente années associé aux entreprises de son cousin Joseph Vallot, scientifique, acteur et mécène de l'aventure savante au Mont-Blanc. Acteur majeur d'une approche scientifique et technique plus précise de la cartographie topographique, Henri Vallot élabora des méthodes sur le terrain et perfectionna les instruments. Élargissant le champ de ses activités de la cartographie à l'aménagement de la montagne, il participa à la construction de refuges, à la création de sentiers... Ses cartes, à travers les guides Vallot, ont été utilisées par plusieurs générations d'alpinistes.
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montagne. Acteur majeur d’une approche scientifique et technique plus pré-
à la création de sentiers et à la réalisation de tables d’orientation… Son fils
Annie Lagarde-Fouquet
Henri Vallot
L’arpenteur du MontBlanc (18531922)
BIOGRAPHIES
Henri Vallot
L’arpenteur du Mont-Blanc
(1853-1922)
Biographies Dernières parutions Delanoue (Lydie),Noël Ballay, l’Africain, Avec et sans Brazza, 2016. Ferault (Christian),Le Frère Eugene-Marie,Un grand e agronome picard du XIX siècle,2015. Fischer (Didier),Louis Bascan ou la République au cœur (1868-1944),2014. Sarrazin (Jean-Pierre),Gabriel Julien Ouvrard.Grandeur et misère d’un financier de génie sous l’Empire,2013. Marquis (Yvon),Verdier, Une ambition africaine Arthur (1835 - 1898),2013. Leclerc (Christophe),Gustave Doré, le rêveur éveillé,2012.
Annie Lagarde-Fouquet
Henri Vallot
L’arpenteur du Mont-Blanc
(1853-1922)
Même auteure
Edouard Charton et le combat contre l’ignorance. (en collaboration avec Christian Lagarde), Collection Carnot, Presses Universitaires de Rennes, 2006, 248 pages. ISBN 2-7535-0291-9 Grand Prix de la Fondation Jean-des-Vignes-Rouges de l’Académie des Sciences Morales, des Lettres et des Arts de Versailles et d’Ile de France (2008).
Ida Pfeiffer, première femme exploratrice. L’Harmattan, Paris, 2009, 336 pages ISBN 978-2-296-09310-2 Contribution à des ouvrages collectifs. Sur les routes d’Europe et d’Asie. Ecrivains, marchands, ème ème missionnaires, récits de voyages XVI XIX siècle. ISBN 2-9510242-7-4 Séjour à l’île de Maurice (1860-1861) par M. Alfred Erny. ISBN 99903-36-25-3 Héros et héroïnes de la Révolution française. ISBN 978-2-7355-0760-3 e Les expositions universelles en France au XIX siècle. Techniques Publics Patrimoine ISSN 978-2-271-07338-9 © L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09776-3 EAN : 9782343097763
Avant-propos Un Vallot peut en masquer un autre… Henri Vallot, né le 14 mai 1853 à Auteuil (actuel seizième arrondissement de Paris), ingénieur centralien, promotion 1876 a consacré, pendant plus de trente ans, tout son temps libre à la topographie et à la cartographie du massif du Mont-Blanc. L’importance de ses travaux et leur diffusion auprès des alpinistes topographes amateurs justifiait qu’il prit place dans la galerie de portraits d’ingénieurs del’École centrale des arts et manufacturesdu dix-neuvième siècle, que je publie régulièrement dans la revueCentraliens. Au terme de mes recherches, menées à Chamonix et à Paris, je dus me rendre à l’évidence, il fallait pour témoigner de la vie et de l’œuvre de cet ingénieur bien plus que les quatre pages d’un article, et pourquoi pas lui consacrer un livre ! Henri Vallot appartient au cercle familial d’un personnage bien connu à Chamonix ; il est le cousin de Joseph Vallot, mécène et animateur de l’aventure scientifique au Mont-Blanc de 1887 à sa mort, en 1925. Étudier la vie et l’œuvre de ce cousin méconnu, si proche de Joseph que certains les donnent pour frères, et examiner toutes les facettes du personnage, permet de découvrir l’importance du creuset familial dans lequel ont été façonnées ces deux personnalités, et d’aborder, avec un point de vue nouveau, une partie de l’œuvre de Joseph Vallot. En 1887, après plusieurs séjours et la découverte de l’alpinisme, commence pour Joseph Vallot ce que certains 1 ont appelé « l’épopée Vallot au Mont-Blanc ». Une aventure scientifique, sportive et touristique familiale. Sa femme Gabrielle et sa fille Madeleine l’assistent dans ses travaux et l’accompagnent en montagne. Madeleine détiendra quelque temps le record féminin des ascensions du Mont-Blanc. Les activités de Joseph Vallot mêlent science et alpinisme,
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mécénat et foi dans le progrès, esprit d’entreprise et désintéressement. Il a consacré une grande partie de sa fortune à sa passion pour les sciences et la connaissance de la montagne. Il a construit à ses frais et mis à la disposition des scientifiques une station laboratoire d’altitude (Observatoire du Mont-Blanc ou Observatoire Vallot, ou encore Observatoire des Bosses). Il y a étudié seul, en équipe ou en laissant la place à d’autres savants, les phénomènes glaciaires, la géologie, la météorologie, la physiologie… Sa découverte de la haute montagne passe aussi par la cartographie, la photographie et même le cinéma, avec Léon et Charles Gaumont… En reconnaissance, les Chamoniards lui ont attribué une grande partie de l’artère principale de la ville. Il la partage, insigne honneur !, avec un enfant du pays, le docteur Michel Gabriel Paccard, premier vainqueur du Mont-Blanc en 1786. Son cousin Henri est, dès le début de l’aventure, le précieux, discret, tenace et exigeant compagnon de cette entreprise. Dans la trace et souvent à l’ombre de son illustre cousin, Henri Vallot, pourtant connu, de son vivant, dans les milieux de la topographie et de l’alpinisme, est tombé dans l’oubli. Très longtemps, la salle duMusée Alpin de Chamonix, consacrée aux travaux de Joseph Vallot, l’a ignoré. Il n’y a trouvé une place que récemment, à l’occasion d’une judicieuse réorganisation. La ville lui avait attribué un chemin, une plaque apposée sur ce sentier, à une trentaine de minutes de marche du centre ville, rappelle ses travaux géodésiques et cartographiques. L’inauguration en fut discrète, laRevue du Touring-club de France« d’une parle cérémonie à laquelle son intimité donnait le caractère d’un 2 pèlerinage »;on a, depuis longtemps, oublié que ce sentier porte son nom, même si celui-ci figure en petits caractères sur la carte del’Institut Géographique National, etbien peu de gens pourraient guider le visiteur vers ce lieu. La plaque, nettoyée et restaurée en 1998, n’attire guère le regard des
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promeneurs, et encore moins celui des sportifs qui courent sur ce chemin créé à son initiative. L’oubli a franchi les frontières : l’explorateur Isachsen, l’a rencontré avant son départ. En remerciement des conseils qu’il lui a prodigués, il attribue son nom à des monts situés au Spitsbergen, dans l’archipel de Svalbard. Ces monts (Vallotfjellet), se trouvent dans Haakon VII Landpar 79.05°N, 12.81°E: Unpeuplus tard, on baptise unglacier en hommage à Joseph. LeVallotbreen se trouve dans Nathorst Land, aux coordonnées 77.63°N, 15.15°E: Il n’en fallaitpas pluspourque l’officiel service norvégien, en charge de ces territoires,précise dans sa nomenclatureque monts etglacier Vallotportent le nom duglaciologue français, Joseph Vallot, etpourtant, l’explorateur avaitpris lapeine de compléter sa carte d’une liste des noms, dans laquelle ilprécisait bien qu’il s’agissait d’un hommage à l’ingénieur Henri Vallot. Masquant sous un effacement plus apparent que réel, une volonté de fer et une grande ténacité, Henri Vallot a été un acteur majeur d’une approche scientifique et technique plus précise de la cartographie topographique appliquée à la montagne. Il été l’animateur et le formateur infatigable de jeunes alpinistes lancés à l’assaut des massifs pour les cartographier. Pendant plus de trente ans, il a mis, bénévolement, ses compétences au service de projets initiés ou soutenus par leClub Alpin Français,dans le cadre de laCommission de topographie. Il a activement participé à l’aménagement touristique de la montagne réalisé par leClub Alpin ou leTouring-club de France. Son approche de la montagne est singulière, il la parcourt, en quête d’une vérité topographique qui ne peut se traduire qu’en chiffres. La part la plus importante de ce livre est évidemment consacrée à ses activités alpines, à son travail sur le terrain l’été à Chamonix et dans tout le massif du Mont-Blanc, qui se prolongeait l’hiver à Paris : exploitation des résultats, calculs, dessins, correspondance avec ses collègues topographes,
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militaires, alpinistes ou excursionnistes, conseils aux uns et aux autres, rédaction de manuels et d’articles, perfectionnement des appareils… Il fut aussi un acteur de l’aménagement de la montagne,rédigeant des instructions pour la construction des refuges, le tracé des sentiers ou le dessin des tables d’orientation. Il en a lui-même réalisés. Ce seul aspect de son œuvre, ses relations avec Joseph Vallot et le monde des alpinistes topographes aurait pu faire l’objet du livre, cependant, il n’était pas question de passer sous silence son parcours professionnel et entrepreneurial, ni ses activités au sein de laSociété des ingénieurs civils. Ce chapitre, bien que peu développé permet de le situer au sein du réseau centralien de son époque. En embrassant l’ensemble de ses activités, on constate que, quelque soit le domaine qu’il aborde, montagne ou entreprise, quelque soit son statut, bénévole ou administrateur, quelque soit le lieu, Chamonix ou Paris, Henri Vallot reste un technicien, un ingénieur. Formé à l’École centrale des arts et manufactures, il y a acquis de sérieuses connaissances. Il les utilise avec l’esprit d’entreprise de son milieu familial et réussit, dans toutes ses activités, à allier culture théorique et habileté pratique pour tenter d’atteindre son idéal de technicien complet. Le récit de la vie de cet homme secret ne pouvait non plus faire abstraction de ses origines sociales, c’est la raison pour laquelle, je les évoque assez longuement. Il est issu, et cela vaut pour Joseph, de la bourgeoisie artisanale et industrieuse parisienne, celle qui a profité des mutations sociales et du progrès industriel du dix-neuvième siècle et assis l’aisance financière de ses descendants, mais pour qui la richesse n’engendre pas l’oisiveté. L’aventure cartographique qu’il avait initiée avec Joseph était inachevée à sa mort, son fils aîné, Charles reprend le flambeau avec l’appui de Joseph. Capitalisant sur tout le travail réalisé par son père sur le terrain, il termine et prolonge son œuvre en publiant enfin la
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carte du massif du Mont-Blanc. Il la valorise, la complète et l’actualise en lançant les célèbresGuides Vallot, qui ont fait résonner, encore pendant quelques années après la disparition d’Henri puis de Joseph, le nom de Vallot à Chamonix et dans tout le massif alpin.
1 R. Vivian,L’Épopée Vallot au Mont-Blanc, 100 ans déjà…, La Fontaine de Siloé, 1999. 2 La Revue du Touring-club de France, Vol 34, N° 360, octobre 1924, p.444.
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