Le nouveau visage du rugby professionnel français

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Le rugby est encore un jeune sport professionnel. Sa transformation en une activité marchande officielle en 1995 a représenté une véritable révolution. Vingt ans plus tard il est intéressant de faire le point sur la situation économique dans un monde où la marchandisation du spectacle sportif est une donnée objective essentielle. Si le rugby bénéficie de recettes en croissance régulière et de droits télévisuels en augmentation, le déficit de certains clubs se creuse de manière inquiétante.
Publié le : mardi 15 septembre 2015
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EAN13 : 9782336390956
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et du Tourisme. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur l’éco-et et du TTIl est Il de et et sur
l’économie du sport professionnel dont Le rugby professionnel en France,nomie du sport prprdont Le rugby prpren Photographie de couverture, © 2015, Laurent Lardière tous droits réservés.Pierre Chaix, spécialiste d’économie du sport, est Maitre de conférences
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ISBN : 978-2-343-07145-9et du Tourisme. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur
l’économie du sport professionnel dont Le rugby professionnel en France,23,50 e
L’Harmattan 2004 et Les grands Stades : au cœur des enjeux
économiques et sociaux entre collectivités publiques et clubs professionnels,
L’Harmattan 2011.
couv : Frédéric Schmitt / UPMF / Photographie de couverture, © 2015, Laurent Lardière tous droits réservés.
couv : Frédéric Schmitt / UPMF / Photographie de couverture, © 2015, Laurent Lardière tous droits réservés.
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LE NOUVEAU VISAGE DU RUGBY PROFESSIONNEL FRANÇAIS P. Chaix (Ed.)
LE NOUVEAU VISAGE DU RUGBY PROFESSIONNEL FRANÇAIS P. Chaix (Ed.)
LE NOUVEAU VISAGE DU RUGBY PROFESSIONNEL FRANÇAISLE NOUVEAU VISAGE DU RUGBY PROFESSIONNEL FRANÇAIS
P. Chaix (Ed.) P. Chaix (Ed.) LenouveauvisageduRugbyprofessionnelfrançais:
argent,succèsetdérives


La Librairie des Humanités


Collection des Éditions L’Harmattan destinée à recevoir, dans ses diverses
séries, des textes couvrant tout le champ des sciences sociales et humaines,
son caractère universitaire lui fait devoir et privilège de promouvoir des
travaux de jeunes auteurs autant que de chercheurs chevronnés.

Cet ouvrage réalisé avec la collaboration et sous la responsabilité de Pierre
CROCE, ancien Chargé de missions sur la politique de publication de
l’Université Pierre-Mendès-France, Grenoble 2 et directeur de la collection
La Librairie des Humanités.



Dans la même collection :
Pierre Chaix, (2004). Le rugby professionnel en France : Enjeux économiques et sociaux. Paris, L’Harmattan.
Maxence Fontanel, (2008). Sportif de haut niveau, manager en devenir. Paris, L’Harmattan.
Nico Dridy (2008). Les enjeux de l’événement sportif. Paris, L’Harmattan.
Jacques Fontanel, Liliane Bensahel, Pierre Chaix (Dir) (2009). Regards sur l’économie et le
management du sport et des sportifs professionnels. Paris, L’Harmattan
Pierre Chaix, (2011). Les grands stades : Au coeur des enjeux économiques et sociaux entre colectivités
publiques et clubs professionels. Paris, L’Harmattan.
















www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

© L’Harmattan, 2015
16 rue des Écoles – 75005 Paris
ISBN : 978-2-343-07145-9
EAN : 9782343071459
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PIERRECHAIX(ED.)
Avecleconcoursde:
WladimirAndreff
ÉricBarget
JonathanBest
Jean FrançoisBrocart
FabienClipet
ChristopheDurand
Jean JacquesGouguet
NicolasScelles
MickaëlTerrien
PierreVillepreux




Lenouveauvisage
duRugbyprofessionnel
français:
argent,succèsetdérives

















L’Harmattan
2015
rrListedesauteurs
WladimirANDREFF
Professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Président d’honneur de Inter
national Association of Sports Economists et de European Sports Economics Association, Membre
d’honneur de European Association for Comparative Economic Studies, ancien président de
l’Association Française de Science Économique. En économie du sport : coordinateur de 4
ouvrages et auteur de 130 articles scientifiques et 6 ouvrages dont Mondialisation économique
du sport, Bruxelles, De Boeck 2012. Président du Conseil scientifique de l’Observatoire de
l’ÉconomieduSport,MinistèredesSports.

ÉricBARGET
Docteur en sciences économiques, et spécialiste des études d’impact économique, social, et
environnementaldes événementssportifs. Iltravaille égalementsurd’autresthèmesd’économie
du sport amateur et professionnel. Membre de plusieurs sociétés savantes, notamment du
séminaire de dynamique économique du sport et de l’association européenne de management
du sport (EASM), il est membre fondateur et trésorier de l’Association internationale des
économistesdusport(IASE).
JonathanBEST
Joueur de rugby professionnel au club de rugby de Grenoble. Capitaine de cette équipe, il a évolué
dans les 3 premières divisions du rugby français (Fédérale 1, Pro D2, Top14) avec ce même club.
Titulaired’unMasterenéconomieilestégalementchroniqueurpourMidiOlympique.
Jean FrançoisBROCARD
Maître de Conférences à l’Université de Limoges et Secrétaire Général de l’International Asso
ciation of Sports Economics (IASE). Après une thèse de doctorat (2012) consacrée à l’analyse du
rôle des agents sportifs dans les sports collectifs professionnels, il se spécialise dans le champ de
l’analysedessportsprofessionnels.
PierreCHAIX
Spécialiste d’économie du sport, est Maître de conférences à l’Université Pierre Mendès France
de Grenoble et membre du Centre de Droit et d’Économie du Sport de Limoges (CDES). Ancien
er
joueur de 1 division (Bourgoin et Grenoble) et ancien entraîneur adjoint de l’équipe de France
universitaire de rugby, il est responsable du Master Stratégies Économiques du Sport et du
Tourisme. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur l’économie du sport professionnel
dont Le rugby professionnel en France, Paris, L’Harmattan, 2004 et Les grands Stades: au cœur
des enjeux économiques et sociaux entre collectivités publiques et clubs professionnels, Paris,
L’Harmattan,2011.
FabienCLIPET
Doctorant en sciences économiques et spécialiste de l’héritage des événements sportifs. Il
travaille plus particulièrement sur la créativité générée par les méga événements sportifs ainsi
quel’implicationdelaclassecréativedansledéveloppementéconomiquedesterritoires.
rrrrrr

ChristopheDURAND
Professeur à l’Université de Caen.Après avoir coordonné le Master Management du Sport, il
dirige aujourd'hui l’ED 556 HSRT et l’unité de recherche Staps CesamS.Ces travaux portent
essentiellement sur la régulation du sport spectacle et la théorie de la ligue professionnelle.Un
focus particulier est porté sur les questions liées aux aspects financiers et à la valorisation de la
firmesportive.
Jean JacquesGOUGUET
Professeur d’économie, d’aménagement et d’urbanisme à l’Université de Limoges. Après une
thèse de Doctorat(1978)consacréeàl’analyseéconomique de lapauvreté dans lespays riches,il
se spécialise dans le champ de la Science Régionale qu’il va mettre au service de deux
thématiques: l’économie de l’environnement et l’économie du sport. C’est dans ce dernier
domaine que Jean Jacques Gouguet est devenu un spécialiste internationalement reconnu avec
de très nombreuses publications. Derniers ouvrages parus: The Political Economy of Professional
Sports, (avec J. F.Bourg). Edward Elgar. London. 2010, De l’évaluation des grands événements
sportifs. La Coupe du Monde de Rugby 2007 en France (avec É. Barget) PULIM, Limoges, 2010.
Événements sportifs: impacts économique et social (avec É. Barget). De Boeck, Bruxelles, 2010.
Économiedusport(avecJ. FBourg).Paris,«Repères»,LaDécouverte,2012.
MickaëlTERRIEN
Élève normalien en économie gestion, Il est actuellement en doctorat à l’Université de Caen
Basse Normandie. Ses thématiques de recherche portent sur le management stratégique des
organisationssportivesetsurlarégulationdesliguessportivesprofessionnelles.
NicolasSCELLES
Lecturer en économie du sport à l’Université de Stirling en Écosse. Il a publié de nombreux
articles scientifiques dans plusieurs revues internationales: Applied Economics, Economics
Bulletin, International Journal of Sport Finance, Journal of Sports Economics… Il intervient dans le
MasterExécutifenManagementdesOrganisationsSportivesduComitéInternationalOlympique.
Ilco encadreunethèseréaliséeauseindelaFédérationFrançaisedeRugby.
PierreVILLEPREUX
Professeur agrégé EPS retraité, ancien Directeur Technique National de la Fédération Française
de Rugby (FFR), ancien directeur du développement sur l’Europe à l’International Rugby Board
(IRB), ex entraîneur de Toulouse et de l’équipe de France. Il a baigné dans le rugby depuis son
plus jeune âge grâce à un instituteur et à ses parents. Son aventure avec ce sport l’a amené à
vivre des expériences passionnantes dans des milieux et cultures différentes qui lui ont permis
d’enrichirsesconnaissancesetd’entirerprofitdanslesdomainesdel’enseignementdujeuetdu
managementdeshommes.Ilcontinueencoreaujourd’huiàassouvirsapassionpourcesport.

rrrrrrr
Sommaire

Introduction ......................................................................... 9

1.L’organisationetlefinancementdurugbyprofessionnelenFrance
PierreCHAIX............................................................................. 17
2.L’ouverturedelaLigueNationaledeRugby:
«lefrenchflair»d'uneinstancerécente
ChristopheDURAND, NicolasSCELLES, MickaëlTERRIEN....................................... 55
3. Lesenjeuxdelatransformationdesphasesfinales
d’unchampionnatrégulierenunévénementponctuel:
lecasdesphasesfinalesduTop14derugby
ÉricBARGET,FabienCLIPET ................................................................. 75
4.Lesmétamorphosesdurugbyfrançais:
destransformationsstructurellesimportantes
PierreCHAIX............................................................................. 97
5.Versunemétropolisationdurugbyprofessionnelfrançais?
PierreCHAIX............................................................................ 107
6.Lesdérivesdurugbyprofessionnelfrançais
PierreCHAIX ............................................................................ 115
7. Marchédutravail,équilibrecompétitifetstabilitéfinancière
Jean FrançoisBROCARD, Jean JacquesGOUGUET ........................................... 133
8.AnalyseéconomiquedurugbyprofessionnelenFrance:
équilibrecompétitifetcontraintebudgétaire
WladimirANDREFF....................................................................... 157
9.L’harmonisationducalendrier,unproblèmepolitico économique
PierreCHAIX ............................................................................ 191
10.Lerugby,d’unjeudegentlemenauxvaleurs«humanistes»
àunsportprofessionnelauxvaleursmarchandesdominantes
PierreVILLEPREUX,JonathanBEST.......................................................... 205
rrr










Introduction

« Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, le présent
marche dans les ténèbres ».

A. de Tocqueville



LE SPORT EST DEVENU UN PHÉNOMÈNE SOCIAL MAJEUR. Il est à la fois un
instrument d’éducation, une philosophie, un loisir, mais il devient aussi une
activité économique en forte croissance, aux pouvoirs géopolitiques,
stratégiques et socio-économiques non négligeables, comme en atteste l’importance
considérable pour un pays de l’organisation des Jeux Olympiques ou de la
1Coupe du Monde de Football . Le rugby est longtemps resté confidentiel, dans
un amateurisme de bon aloi, ludique, réservé plutôt aux couches aisées de la
société. Sa professionnalisation, toute nouvelle (deux décennies) en a modifié le
comportement, le contenu, l’ambition. Sa capacité à attirer plus de 2,2 millions
de personnes dans les stades au cours de la Coupe du Monde 2007 en France,
2en a fait le troisième événement mondial en termes de spectateurs payants
3(après la Coupe du Monde de football de 2010 qui en a déplacé 2,9 millions ).
En mars 2015, deux des principaux temples historiques du football européen, le
Stade Vélodrome à Marseille et le Stade Wembley de Londres ont accueilli des
rencontres de rugby des championnats anglais et français, ils ont fait le plein et
battu des records de fréquentation. Le match Saracens vs Harlequins à Wembley
détient le nouveau record du monde d’affluence pour une rencontre de clubs de
rugby, avec 84 068 spectateurs. La volonté du rugby d’élargir ses lieux de pratique
à l’ensemble des États en fait un vecteur de valeurs qui s’inscrivent dans les
valeurs économiques dominantes d’aujourd’hui, avec un soupçon de valeurs
humanistes en déshérence.
Le rugby est un jeune sport professionnel. Sa transformation en une activité
marchande officielle depuis 1995 a représenté une véritable révolution pour ce
sport historiquement régi par des organismes nationaux et internationaux peu
enclins à toute évolution, et traditionnellement acquis à la cause de
l’amateu1 Fontanel J., Fontanel M., (2009), Géoéconomie du sport, Le sport au cœur de la politique et de
l’économie internationales, « Les idées et les théories à l’épreuve des faits », Paris, L’Harmattan.
2 Après les JO d’été 6,5 millions en 2008, et la Coupe du Monde de football 2010, 2,95 millions.
3 L’équipe du 21 juillet 2011.
10 LE NOUVEAU VISAGE DU RUGBY PROFESSIONNEL FRANÇAIS
1risme, même pour l’élite et quelle que soit la nature profonde de l’État . Le poids
de l’environnement international a malgré tout brisé les dernières barrières et
2lancé le rugby dans le monde du sport professionnel .
Vingt ans plus tard il est intéressant de faire le point sur la situation
économique de ce rugby professionnel français, dans un monde où la marchandisation
du spectacle sportif est une donnée objective essentielle. Les trois disciplines
phares du sport français (football, rugby, basket-ball) atteignaient 793,6 M d’€
de chiffre d’affaire pour leurs compétitions d’élite au cours de l’année 2000-01
(Bayle, Coudert, 2003). Quatorze ans plus tard, il faut rajouter un milliard pour
arriver au même total, 1,793 Milliards d’€ pour les mêmes budgets prévisionnels
de la saison 2014-15.
Aujourd’hui, le rugby français dispose des moyens financiers les plus
importants dans le monde, preuve d’une réussite certaine. Cependant de nombreux
nuages noirs s’amoncèlent à l’horizon, lesquels peuvent, soit amener une pluie
vitale qui fait reverdir et rajeunir les structures anciennes, soit provoquer une
« tornade » financière et économique susceptible de détruire toutes les avancées
de ces vingt dernières années. Le rugby n’est pas en situation de monopole dans
le sport en France, il est dominé par le football et concurrencé par le basket-ball,
le hand-ball, mais sans doute aussi, à terme, par le volley-ball, autant de
propositions d’images télévisuelles potentielles nouvelles qu’il convient de surpasser,
notamment durant les compétitions internationales, lesquelles constituent les
principaux vecteurs de conquête des ressources : billetterie, redevances
télévisuelles, soutien des pouvoirs publics et privés.
La relative jeunesse du rugby dans un contexte professionnel installé n’a pas
toujours favorisé l’essor d’études approfondies sur son fonctionnement et son
financement. Dans les pays anglo-saxons, l’économie du sport est mieux analysée
qu’en France, mais le rugby échappe, la plupart du temps, à ce type d’analyse
spécialisée. Dans l’hexagone, des études intéressantes ont été conduites en leur
3temps . Il est ainsi possible de rappeler celles présentées dans un ouvrage édité
4par J. Fontanel, L. Bensahel et P. Chaix (2009) , qui mettait en évidence les
5coûts/bénéfices de la Coupe du Monde de rugby 2007 en France , l’importance
6de l’équilibre compétitif dans le rugby français ou les pratiques managériales
1 Chaix P. (2009), Le sport sud-africain et racisme, Ibid, pp. 105-114.
2 Chaix P. (2004), Le rugby professionnel en France. Enjeux économiques et sociaux, Paris, L’Harmattan.
3 Andreff W., Nys J.-F., (2002), Économie du sport, « Que sais-Je ? », Paris, PUF.
Fontanel J., Bensahel L., (2001), Réflexions sur l’économie du sport, « Éco+ », Grenoble, PUG.
4 Fontanel J., Bensahel L., Chaix P., (2007), Regards sur l’économie et le management du sport et des
sportifs professionnels, Paris, L’Harmattan.
5 Barget É., Gouguet J.-J., Une analyse coûts bénéfices de la Coupe du Monde de Rugby 2007 en France,
Ibid.
6 Chaix P., Rugby français et équilibre compétitif, Ibid.
INTRODUCTION 11
1dans le sport de haut niveau . Il est temps de faire un état des lieux de la santé
économique du rugby professionnel, afin de dégager quelques tendances et de
mettre en évidence les leçons à tirer des expériences passées, à la lumière des
chiffres relatifs au fonctionnement économique du rugby en France et des
leçons à tirer de l’évolution des autres sports appartenant à la sphère du sport
professionnel. Il s’agit aussi de mettre en évidence le vécu des acteurs pour
reconstruire la situation réelle en termes d’enjeux, d’intérêts communs ou
opposés, de jeux et de règle du jeu qui donnent sens et cohérence à ce vécu. En
utilisant une approche mariant les documents des instances de contrôle de
gestion du sport professionnel et les recherches destinées à comprendre les
évolutions, il est aujourd’hui nécessaire de présenter une image aussi complète
que possible de l’organisation économique de ce sport en France, de la situation
économique de ses clubs, de la structure de leurs budgets, de la provenance des
recettes et des revenus perçus par les joueurs.

Les réflexions à engager portent sur trois domaines d’étude :
1) En premier lieu, il apparaît nécessaire d’analyser les conditions
économiques et financières des clubs professionnels de rugby en 2015. Il s’agit
de dévoiler les budgets des clubs, de montrer l’évolution des droits télévisuels
ou de révéler les salaires « officiels » des joueurs. Le modèle économique du
rugby s’éloigne de plus en plus de celui du volley-ball basé sur les subventions
des collectivités locales ou territoriales pour se rapprocher du modèle du football
dont les recettes proviennent pour l’essentiel de la télévision et du sponsoring.
Le rugby français bénéficie de recettes (sponsoring, billetterie, marketing)
en croissance régulière, de droits télévisuels en forte augmentation et d’aides et
subventions publiques constantes, mais en retrait par rapport à l’ensemble des
chiffres d’affaires des clubs. La comparaison avec le football montre les progrès
réalisés par le rugby professionnel en France. Si le football pèse objectivement
plus lourd au plan économique, il le doit principalement aux droits TV. Le
rugby a su développer d’autres stratégies pour faire progresser son économie.
Mais les clubs devront cesser de raisonner individuellement et égoïstement pour
placer la Ligue au centre de leurs réflexions et de leurs préoccupations. La place
et le pouvoir que les clubs donneront à la LNR conditionneront l’influence que
celle-ci pourra avoir face aux décideurs économiques. Par ailleurs, le retour
récent d’une méritocratie sportive dans le cadre des reversements de la LNR aux
clubs marque un virage plus « libéral » (davantage d’argent reversé aux clubs les
mieux classés) qui surprend et rompt avec le fonctionnement qui a fait sa réussite.

– La création d’une Ligue Professionnelle en France a été plutôt favorable
au développement du rugby professionnel, parfois en désaccord avec la
Fédération française de Rugby. L’histoire récente et le « french flair » de cette
organisa1 Paturel M., Fontanel M., Pratiques managériales et sport de haut niveau, Ibid.
12 LE NOUVEAU VISAGE DU RUGBY PROFESSIONNEL FRANÇAIS
tion est mise en évidence par Christophe Durand, Nicolas Scelles et Mickaël
Terrien. Depuis sa création, la LNR n’a cessé d’engager la réflexion pour
transformer considérablement le rugby d’élite français. Il s’agit d’analyser la mise en
œuvre d’une gestion sportive et économique spécifique des championnats
professionnels, la recherche d’une optimisation de cette gestion sportive et
économique par la mise en place d’un véritable pouvoir de marché.
Une analyse longitudinale des actions entreprises par la LNR depuis sa
création permet d’observer l’optimisation recherchée de l’offre du championnat
professionnel de première division. L’attractivité d’un championnat professionnel
dépend de plusieurs éléments. Le plus connu et mobilisé dans la littérature en
économie du sport est celui d’incertitude du résultat. Le concept d’intensité
compétitive étendue (ICE ; Scelles et Durand, 2011) est alors principalement
invoqué. L’évolution de cet indicateur sur la période 1998-2010 permet de se
faire une idée plus objective du bien-fondé de la stratégie de la LNR. D’autres
facteurs influencent également l’attractivité d’une ligue, comme la présence de
stars, la qualité du spectacle, le public potentiel. Les choix opérés mettent en
lumière les stratégies de la LNR afin d’assurer le développement du rugby
professionnel.
Depuis quelques années, la Ligue Nationale de Rugby mise sur les
délocalisations de certains matchs comme vecteur de développement. Par cette
stratégie, la LNR se propose d’étendre la pratique du rugby à de nouveaux
territoires. Lors des phases finales de la compétition, la LNR a elle-même misé
sur les délocalisations et les a même organisées. Dans ce contexte, Éric Barget et
Fabien Clipet étudient les enjeux de la transformation des phases finales d’un
championnat régulier à un événement ponctuel majeur. Les bénéficiaires de ce
choix sont principalement les grands clubs qualifiés dans cette course vers le
Bouclier-de-Brennus, mais aussi les télévisions et tous les acteurs impliqués dans
les recettes afférentes au monde de l’événementiel.
La transformation de ces matchs réguliers de championnat en des
méga1événements sportifs sur le modèle du Superbowl , revêt des enjeux pour différentes
parties prenantes de ce spectacle Si tous y trouvent leur intérêt, la situation peut
perdurer et on est alors en présence d’une innovation quant au modèle
économique des championnats professionnels collectifs. Quels sont les gagnants
et les perdants de l’instauration de ce format de compétition ? Il est alors
intéressant de décortiquer le jeu des acteurs qui s’installent entre la Ligue à la
recherche de recettes additionnelles et les collectivités qui s’interrogent sur la
pertinence d’accueillir ce type d’événements, tout en participant à la diffusion du
rugby de haut niveau sur l’ensemble du territoire national. Les résultats
conduisent à se demander si le rugby est sur le point d’inventer un nouveau
modèle de valorisation d’un championnat professionnel et plus spécifiquement
1 Voir Matheson et Baade, 2006.
INTRODUCTION 13
des phases finales. La politique de la LNR interpelle et pourrait servir d’exemple
pour d’autres sports, dont la pratique est parfois plus développée et la ligue
professionnelle plus riche, mais qui sont moins innovants et audacieux en
matière de gouvernance.
Pour réussir ce passage de l’amateurisme au professionnalisme, la nature des
clubs s’est profondément transformée. D’une part, le statut juridique des clubs a
été modifié avec la disparition progressive des associations et un rapprochement
avec les entreprises privées s’est ainsi constitué. D’autre part, et sans doute
moins apparent mais tout aussi profond, la place de l’association et sa relation
avec la structure professionnelle qui gère le club a évolué. Si la loi maintient un
lien conventionnel entre les deux structures, celui-ci peut apparaître de plus en
plus artificiel. L’évolution de la nature juridique des clubs s’accompagne d’une
mutation de la structure du club sportif de départ vers une entreprise
professionnelle, spécialisée dans la production d’un spectacle sportif de haut niveau.

– Au regard des impératifs économiques, les clubs des villes moyennes n’ont
pas toujours réussi à se maintenir et on assiste aujourd’hui à une
métropolisation du rugby professionnel. Le modèle économique des clubs de rugby
professionnel repose très majoritairement sur leurs recettes sponsoring et le
partenariat, complétées par les revenus de la billetterie. On voit bien quelle est la
dynamique que les clubs cherchent à mettre en place. De la taille de mon
marché, dépend le volume de recettes que je peux espérer. Pour cela
l’environnement économique des clubs joue un rôle fondamental, mettant en difficulté
les écosystèmes de taille moyenne.

2) En second lieu, dans une approche plus prospective, les problèmes du
rugby doivent trouver des solutions avant qu’ils ne viennent polluer son
développement.
Les déficits budgétaires sont de plus en plus importants, les dérives dans les
modes de gestion ou l’importance excessive des mécènes dans certains clubs à
gros budgets, sont des sources d’inquiétude qui ne manquent pas et qui suscitent
bien des questions quant à l’avenir du rugby professionnel. Au-delà du
développement remarquable de l’économie du rugby, on note également des
déséquilibres importants dans les finances des clubs. Certes, les actionnaires comblent
régulièrement ces déficits, mais leur récurrence doit interpeller le monde du
rugby. D’autant que la réussite sportive de certains clubs aux finances instables
pose problème. Si certains clubs cherchent à améliorer leurs « capacités de
production », d’autres se reposent de manière structurelle sur leurs mécènes
et/ou actionnaires. La mise en œuvre d’un « fair-play financier » pourrait devenir
un enjeu majeur pour les années à venir, car l’apport important des mécènes
contribue à déséquilibrer la compétition sportive par son influence sur le marché
des joueurs en général et des stars en particulier. Une réflexion approfondie sur
14 LE NOUVEAU VISAGE DU RUGBY PROFESSIONNEL FRANÇAIS
le contrôle de la masse salariale et l’efficience souhaitée dans le domaine des
centres de formation constitue un troisième de travail.
Dans ce cadre, Jean-Jacques Gouguet et Jean-François Brocard proposent
une étude complète du marché du travail des joueurs, structurée autour de deux
analyses. Ils mettent ainsi en évidence la forte segmentation du travail dans le
rugby professionnel. Les dérives de l’hétérogénéité des budgets et l’apport des
mécènes peuvent remettre en cause la réalisation d’un équilibre compétitif ;
perpétuer ou accentuer un rugby national à deux vitesses, en désaccord avec les
efforts de régulation mis en œuvre par la LNR. Ce constat rend indispensable
l’analyse des défaillances du marché du travail des rugbymen ainsi qu’une
réflexion sur les instruments de régulation à mettre en place pour restaurer un
meilleur équilibre compétitif et la stabilité financière des clubs Il s’agit de
dégager les conséquences des décisions prises et d’engager un dialogue sur
l’intérêt de ces décisions (et des décisions alternatives) pour les joueurs, mais
aussi pour le fonctionnement normal des clubs au regard de leurs budgets.

– Wladimir Andreff présente l’analyse économique du rugby en France, en
insistant plus particulièrement sur l’équilibre compétitif et la contrainte
budgétaire. Il ne s’agit donc pas d’une présentation descriptive à partir des seuls
chiffres disponibles. Il souligne les conditions économiques du développement
de ce sport par une analyse économique prenant en considération les
hypothèses de décision plausibles des instances rugbystiques. Quelle est l’importance
de l’équilibre concurrentiel, comment mieux répartir les budgets ? Derrière les
apparences immédiates de l’importance économique du rugby, il est proposé
des clefs de réflexion qui mettent en évidence les résultats de scenarios réels ou
prospectifs et les conditions économiques de la situation du rugby en fonction
de son organisation, de sa capacité concurrentielle et de ses sources de
financement. Son analyse très pointue de l’action de la DNACG souligne les difficultés
rencontrées par le rugby professionnel aujourd’hui. Pour W. Andreff cela
s’explique largement par la contrainte budgétaire « lâche » des clubs du Top 14
tolérant déficits et dettes, et obligeant les actionnaires à sans cesse renflouer
financièrement leurs clubs, ce qui n’incite pas ces derniers à une meilleure
gestion (problème de gouvernance). Les efforts actuels de la DNACG et ses
sanctions trop faibles sont inefficaces pour améliorer la situation.
Au plan national et international, comment s’organisera le calendrier et
quelle sera la place laissée aux compétitions nationales ? La Ligue nationale de
Rugby est encore trop sous la « tutelle » de la FFR et de l’IRB pour pouvoir
installer son propre projet de développement. Faut-il plus d’autonomie à la
Ligue ? Pour quelles raisons et à quel prix ? L’intervention des facteurs
politicoéconomiques dans la gestion du monde professionnel est courante. La question
essentielle de l’harmonisation du calendrier des clubs, des championnats
nationaux aux équipes nationales en passant par les compétitions européennes
INTRODUCTION 15
des clubs n’est toujours pas résolue au détriment des principaux acteurs du
domaine, les joueurs. Chaque niveau d’organisation du rugby souhaite profiter
de l’essor économique de ce sport. Cela ne va pas sans certaines décisions
absurdes qui ne pourront sans doute pas résister aux contraintes réelles du
marché et aux interrogations sans doute plus contestataires que ne manqueront
pas de soulever les joueurs, dans un schéma d’organisation qui les oppressent,
les rend plus menacés par les blessures récurrentes et peut même réduire, à
terme, leur valeur marchande.

3) Enfin, au-delà de ces questions économiques, deux questions peuvent
légitimement être posées :
– L’évolution du jeu professionnalisé est-il un facteur d’attractivité ? L’intérêt
des matchs va déterminer aussi l’avenir potentiel du rugby. Le
professionnalisme implique parfois des règles de jeu plus strictes qui réduisent le potentiel
créatif d’un jeu de force et d’esquive qui ne pourra sans doute plus se
développer si une seule de ces valeurs venait à manquer ou à disparaître. Comme le
soulignent, à juste escient, Jonathan Best et Pierre Villepreux, la mise en place
de jeux stéréotypés plus individualistes et l’apparition de compétitions
insuffisamment équilibrées peuvent devenir des menaces importantes pour l’avenir
professionnel du rugby. La puissance financière du rugby ne porte pas seulement sur
les valeurs traditionnelles reconnues à ce jeu et à ses pratiquants, elle dépend
surtout de sa capacité à proposer un spectacle, non pas aux seuls « spécialistes »
de ce sport, mais surtout aux spectateurs et téléspectateurs potentiels avides de
mouvements d’éclat dans le jeu et de confrontations à enjeux.
– « L’esprit du rugby » résistera-t-il au professionnalisme, et quelle sera la place
des hommes et du jeu dans cette évolution ? Le rugby s’est toujours montré très
fier des valeurs qu’il véhicule, notamment de la notion de promotion sociale
rattachée à sa pratique. Il n’y avait pas de chômeurs dans le rugby. Sous le
prétexte d’améliorer l’efficacité de leurs équipes, les dirigeants augmentent
considérablement les obligations sportives de leurs joueurs. Malheureusement,
certains considèrent que l’obligation de formation scolaire ou universitaire ne
fait plus partie de leur champ d’action dès lors que le joueur a signé un contrat
pro. Un monde professionnel obnubilé par la rentabilité, la performance, mais
occultant la dimension humaine et sociale et utilisant le joueur comme un
simple outil de production renouvelable à loisir, doit nous interpeller et nous
obliger à mettre en place les garde-fous nécessaires. La survie identitaire et
probablement économique du rugby est à ce prix.
Pierre CHAIX
Grenoble le 20 juillet 2015

1PierreChaix
1.
L’organisationetlefinancement
durugbyprofessionnelenFrance
INTRODUCTION

L’État a délégué aux fédérations sportives, notamment celle de rugby (FFR),
sous le contrôle et l’agrément du ministère des Sports, le pouvoir d’organiser et
de promouvoir la pratique de leurs disciplines. Ainsi, la FFR détient
officiellement le monopole de l’organisation des compétitions en France. Si l’arrivée
massive d’argent, a perturbé les équilibres existant à l’intérieur de la fédération,
amenant l’ensemble des acteurs à s’interroger sur une rupture entre le
mouvement sportif « traditionnel » et l’entreprise du spectacle, l’assemblée générale
extraordinaire de la FFR du 13 juin 1998 à Chambéry a clos le débat, en
« décidant » de créer une Ligue professionnelle dotée de la personnalité morale
(Chaix, 2004). À première vue la création de la Ligue et les missions qu’elle
2assure, « représentation, gestion et coordination du rugby professionnel » , clarifient les
rôles de chacun au sein du rugby français.
D’un côté, la FFR est principalement chargée de la gestion et du
développement du rugby amateur avec, en prime l’équipe de France ; de l’autre, la Ligue
Nationale de Rugby (LNR) gère l’ensemble du monde professionnel.
1 Pierre Chaix est Maître de conférences à l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble et
membre du Centre de Droit et d’Économie du Sport de Limoges (CDES).
2 Article 1 de la convention liant la FFR et la LNR.
18 L’ORGANISATION ET LE FINANCEMENT DU RUGBY PROFESSIONNEL EN FRANCE
L’assemblée générale de la LNR définit, oriente et contrôle la politique générale
de la Ligue Elle a compétence pour définir la forme des compétitions et fixer la
1
répartition financière de ses ressources entre les clubs membres et la LNR .
Depuis 1995, les règles de la compétition et des compétiteurs ont été
constamment modifiées, passant de 40 clubs répartis en 4 poules en 1995, au Top 14
d’aujourd’hui, (voir chapitre 2, Terrien, Scelles et Durand). Cette modification
des formules de championnats s’est accompagnée d’une explosion des budgets
des clubs.


1. LESBUDGETSDESCLUBSCONNAISSENTUNEÉVOLUTION
REMARQUABLE

La professionnalisation des clubs a entraîné une profonde évolution des budgets
aussi bien en termes de volumes qu’en termes de structuration. Les volumes
représentés par les clubs de Top 14 ont connu une progression tout à fait
remarquable depuis la fin des années 1990. En 17 ans (1998-99, 2014-15) le
budget prévisionnel des clubs a été multiplié par 8,16 (+716% !). Ce chiffre
étonnant est même sous-estimé car il faut souligner que les budgets de l’année
1998-99 intégraient l’association sportive support dont le budget est désormais
séparé de la société sportive.

Tableau1 Évolutiondubudgetmoyen«Élite»durugbyFrançais
(enMillions€)

Évolution
Année 1998 1999 2014 2015
1998 2015en%
Budgetprévisionnelmoyen 2,61 21,31 +716%
Source : Bourg, Nys, (2003), Chaix, (2004), LNR, (tableau par l’auteur).

Cette évolution est remarquable quantitativement mais également en terme de
régularité. En effet elle représente un taux de croissance annuel moyen de
14,57% sur 17 ans, ce qui est tout à fait exceptionnel (Graphique 1). Les
différentes crises économiques nationales ou internationales (2000-08) ont eu
peu d’influence sur le développement économique du rugby français. On peut
toutefois noter un ralentissement de cette progression sur les cinq dernières
années du graphique. En effet depuis 2009, le rythme d’évolution du chiffre
d’affaires n’est plus que de +4,8% par an. Nous verrons plus tard les raisons
structurelles qui peuvent expliciter ce ralentissement.
1 Voir chapitre sur les reversements de la LNR.
rrr
rP.CHAIX 19
Graphique1 Évolutionduchiffred’affairesmoyendesclubs


Source : LNR, Chaix, (2004, graphique par l’auteur).

Il faut souligner que cette évolution se déroule dans le contexte ultra compétitif
du spectacle sportif. D’un côté, une très forte concurrence des sports
professionnels hexagonaux, le football notamment, mais également le
basketball ou le hand-ball, de l’autre les sports professionnels américains, le football
européen ou encore la formule 1. La comparaison entre l’évolution des budgets
des principaux sports professionnels français permet de souligner une fois
encore la performance du rugby, (Tableau 2, infra).
Si tous les sports ont plus ou moins progressé, l’évolution de certaines
disciplines (Basket, Volley) est restée marginale dépassant péniblement l’inflation
1sur la même période (+28,7% ). Cette stagnation contraste avec les fortes
évolutions du football, du hand-ball et du rugby. L’année 1998 peut être
considérée comme une date charnière, avec la création officielle de la Ligue nationale
de Rugby (LNR) et le titre de champion du monde de football obtenu en France.
Ces deux évènements ont probablement contribué aux évolutions budgétaires
que nous constatons dans le tableau 2, avec une dynamique sportive positive
autour du football et de ce titre mondial, et une dynamique structurelle pour la
LNR (voir chapitre 2, infra, Scelles, Terrien, Durand). Le hand-ball, a lui aussi
profité des très brillants résultats de l’équipe de France durant cette période
21995-2015, capitalisant cinq titres mondiaux et un titre olympique . Il a
définiti1 D’après le site France-inflation.com.
2 Champion du monde en 1995-2001-2009-2011-2015, champion olympique 2008.

r20 L’ORGANISATION ET LE FINANCEMENT DU RUGBY PROFESSIONNEL EN FRANCE
vement distancé le volley-ball et conteste au basket-ball la première place
économique des sports de salle en France, même si cette lecture comptable est
biaisée par le budget « qatarien » du PSG. Malgré tout, le différentiel de
progression au profit du rugby reste révélateur d’un succès remarquable. Le rugby a
pris une place importante au sein de l’ensemble des spectacles sportifs
professionnels en France s’installant clairement à la seconde place sur la base de son
poids économique.

Tableau2 Budgetsprévisionnelsmoyensdesclubsdel’élite
professionnellemasculinede1998à2014(enMillionsd’€)
Sports/ 1998 2002 2008 2011 2013 2014 %Évolution
année /99 /03 /09 /12 /14 /15 1998 2014
Football 20 34 47,7 57 73,25 51,31 +266%
horsPSG
Rugby 2,61 5,9 12,9 18,32 21,31 21,31 +716%
Différentiel #de1 #de1 #de1 #de1 #de1 #de1
Foot/rugby à8 à5 à3,69 à3,11 à3,43 à2,40
1,476Volley ball 0,98 1,41 1,41 +50%
(13 14)
Hand ball 1,06 2,25 2,73 4,39 3,59hors +314%
PSG
Basket ball 3 3,4 3,8 4,2 4,65 +55%
Source : LNR, LNV, LNB, LFP, LNH, (tableau par l’auteur).

S’il paraissait illusoire de parler de concurrence frontale entre le football et le
rugby en 1998, le « rapproché » régulier et constant, du second vis à vis du
premier autorise aujourd’hui à s’interroger sur la possibilité de voir un jour le
ballon ovale devancer le ballon rond. L’apparition récente du PSG avec son
budget de 490 M d’€ permet au football de maintenir, voire d’augmenter son
écart avec le rugby. La lecture « hors PSG » montre bien que les économies des
deux sports tendent à se rapprocher.
Les cinq plus gros budgets prévisionnels du Top 14 2014-15, de
Mont1pellier 22,5 M d’€ à Toulouse 35 M d’€ , sont tout à fait comparables aux neuf
2derniers budgets de L1, de Bastia 22 M d’€ à Lorient 35 M d’€ . Il n’est pas
anecdotique de constater que le Stade Toulousain possède un plus gros budget
(35 M d’€) que son voisin le Toulouse Football Club (32 M d’€), malgré les 22 M
d’€ de droits TV dont celui-ci dispose. La comparaison entre football et rugby
1 Montpellier, Stade-Français, Racing-Métro 92, Toulon, Clermont, Toulouse.
2 Bastia, Guingamp, Caen, Metz, Évian, Reims, Nantes, Toulouse, Lorient.
rrrrr


rP.CHAIX 21
fait sens aujourd’hui, et nous verrons par la suite que le rugby obtient de
meilleurs résultats que le football sur plusieurs éléments de comparaison.
Cette évolution du rugby s’est faite en conservant, relativement, un assez
faible écart entre les plus gros et les plus petits budgets. Le budget 2014-15 du
Stade Toulousain, le plus gros du Top 14 est seulement, deux fois et demi plus
gros que celui de Brive (le plus petit budget). L’écart s’est même réduit depuis
2003, passant de trois à deux et demi. On peut comparer cet écart avec celui qui
existe dans les principaux sports collectifs professionnels en France.

Tableau 3 Évolution du ratio entre le plus gros budget prévisionnel et
lepluspetitdanscinqsportscollectifsprofessionnels
Sport 1998 99 2002 03 2014 15
1Hand ballL1 3,4 5,5 6,8(~4 )
2
FootballL1 6,4 8,3 24(~13 )
RugbyTop14 3,86 3 2,56
Volley ballLAM 4,1 4,1 1,45
Basket ballProA 4 4,6 3,05
Source : P. Chaix, (2004), LNR, LFP, LNB, LNH, LNV.

Sans réelle surprise le football reste le sport le plus inégalitaire en termes de
budgets. Si le PSG version « qatarie » fait exploser le ratio, sans les Parisiens
celui-ci reste très élevé et en progression constante. À l’opposé, le championnat
de pro A de Volley-ball présente désormais des budgets très similaires pour
toute l’élite. Le financement principal qui provient des collectivités peut
expliquer cette évolution vers des budgets sensiblement identiques. Les trois derniers
ont vu les écarts se réduire (hors PSG pour le Hand-ball), le rugby réussissant la
performance de présenter parallèlement à son développement économique, un
ratio descendu à 2,56. La répartition égalitaire entre tous, des droits télévision et
marketing, n’est certainement pas étrangère à cet état de fait. A contrario, la
distribution inégalitaire du football alimente fortement cet écart, dans un rapport
de 1 à 3. La répartition des droits 2014-15 permet au PSG de toucher 45 M d’€,
quand Lens en reçoit seulement 13.


1 Hors PSG.
2
rrrrrr
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