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Magoari, esprit des eaux

De
195 pages
Partis à l'aventure, en ne sachant pas ce qui les attendrait, nos deux comparses iront de surprise en surprise. Naviguant en pirogue sur plus de 1000 kilomètres, ils finiront par atteindre leurs objectifs. Mais à la croisée des chemins, ils rencontrent dans cette forêt, ces petites tribus qui loin de paraître démunies face aux aléas de la vie, ont su tout au contraire préserver leurs traditions, envers et contre tous.
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Magoari, esprit des eaux
Carnet de voyage en Orénoque
Magoari, esprit des eaux
Jean-Marc Gimenez Magoari, esprit des eaux Carnet de voyage en Orénoque
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00950-6 EAN : 9782343009506
Introduction
Je tiens à remercier toutes ces personnes qui ont croisé notre chemin. De par leur dévouement et leur confiance, elles ont contribué à matérialiser ce projet qui n’aurait jamais pu exister sans leur aide. De même, si nous nous étions dévoués à la simple exploration, à l’aventure ou à tout autre argument similaire, il y a fort à parier que nous serions passés à côté de cette chance unique d’apporter notre pierre à un édifice qui se construit d’abord avec son cœur puis, après, avec sa bourse.
Tous les pays sont beaux pour peu que l’on s’ouvre à l’âme même du lieu que l’on foule. Si tel est le cas, il est possible d’y garder un souvenir, d’y trouver un repaire et quelquefois, plus rarement, d’y éprouver de la compassion.
En ce qui nous concerne, il ne fut pas évident, au début, de jauger la situation avec lucidité, tant le spectacle de cette nature luxuriante nous émerveilla. Mais avec le temps, les souvenirs s’embellissent et de nouveaux sentiments apparaissent, puissants et déconcertants à la fois.
Qu’en est-il maintenant ? Je crois pouvoir dire que cette étude sur le terrain métamorphosa notre conscience. Cette nouvelle approche, si belle soit-elle, émergea malheureusement au milieu d’un océan d’incompréhension. Afin d'être en paix avec moi-même, je veux croire qu'il ne sera pas inutile de rappeler tous les méfaits employés pour déloger de leurs terres ancestrales, ces populations adeptes de la chasse, des loisirs ou tout simplement de la tranquillité. Qu'adviendra-t-il d'eux si nous restons les bras croisés. Je ne peux l'imaginer, mais comme vous devez vous en douter beaucoup ne le voient
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pas du même œil et font tout ce qu’ils peuvent pour déstabiliser cette nouvelle pensée émergente: «Laissons aux Amérindiens ce qui leur appartient. »
Si nous nous disons appartenir à cette pensée, il est évident que plus rien ne compte sinon le but que vous vous êtes fixé.
Avec le temps cela est devenu un fardeau, qu’il nous tarde de quitter, une enclume attachée à nos pieds, mais c’est aussi une parole donnée, un serment sacré, une aventure qui se doit de bien finir.
Notre association, aussi modeste soit-elle, cherche par tous les moyens des fonds afin d’apporter une aide réelle sur le terrain. Lorsque l’on est optimiste, voyez-vous, on se surprend à rêver et c’est cela le plus important car tout devient possible. Pour les fils de la lune, tel n’est pas le cas, s’ils sont prêts à défendre leurs terres et revendiquent une entière jouissance de leur territoire, il n’en demeure pas moins qu’une épée de Damoclès plane toujours au-dessus de leurs têtes «là, je fais allusion à l’énorme potentiel minier de leur territoire». Pour endiguer ce problème, la meilleure solution serait de fermer à la pénétration les hautes sources de l’Orénoque. Mais est-ce vraiment possible, voire même concevable ?
J’aimerais crier « qu’on leur foute la paix ! »Excusez-moi le terme mais il résume à lui seul l’essence même des difficultés présentes et à venir.
Pour les autres ethnies, la chose est cependant différente pour la simple raison qu’elles font partie ntégrante du modèle exigé par la société. Il en ressort néanmoins des problèmes d’instabilité, de discrimination et de perte d’identité.
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Fort heureusement, des projets toujours plus nombreux naissent et exigent des budgets trop importants pour ces petites populations qui luttent déjà, bec et ongles, pour exister. Les besoins sont nombreux, pas toujours cohérents à nos yeux, mais fort utiles pour eux. Ils ont besoin de notre aide, mais ne l’attendent pas sans quelques difficultés.
Il m’appartient d’être assez crédible, non pas, je le rappelle pour en tirer un profit personnel. Non, il ne servirait à rien en effet de nous lancer dans ce genre de polémique, pour la simple raison que tout ce qui pourra être récolté par le biais de ce livre d’aventure sera reversé entièrement à des associations qui ont le sens des responsabilités. Être responsable, voyez-vous, c’est donner avec son cœur, c’est tout tenter pour y arriver. Cette faculté existe en chacun de nous et ne demande qu’à s’épanouir.
Après tous ces efforts pour concrétiser ce projet, j'aurais aimé trouver un peu de tranquillité. Hélas, il n’en est rien car beaucoup reste à faire. Ce combat mené contre l'indifférence sera notre bouclier. Nous le ferons briller au soleil pour interpeller ceux qui comme nous refusent cet état de fait. Mon vieux compagnon m'assure qu'il suffira d'une seule bonne volonté pour changer les choses. Que l'avenir lui donne raison !
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Afin que le lecteur puisse situer où se déroule l'action, voici une carte indiquant notre itinéraire, qui pourra l'aider.