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Maroc
Voyage dans les royaumes perdus
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56480-0 EAN : 9782296564800
Mustapha Kharmoudi
Maroc
Voyage dans les royaumes perdus
Roman historique L’Harmattan
Au Maroc, «les sauterelles viennent quelquefois,les sécheresses sou-vent, les pachas toujours », vieux proverbe paysan.
En racontant cette histoire, j’avais toujours en tête l’enfant rural et miséreux que j’étais il y a fort longtemps, au fin fond de la campagne reculée du Maroc. À l’époque, pendant nos trop longues nuits d’hiver et de privation, j’écoutais avec angoisse les miens raconter comment, par un passé lointain mais qui me semblait si proche, les armées de maints princes et sultans ravageaient nos terres sans pitié, quand mes ancêtres, pauvres et dépouillés, n’arrivaient plus à faire face à leur insatiable voracité…
MK Besançon, juin 2011
Avertissement
L’auteur s’est appuyé sur de nombreux témoignages de voyageurs européens qui s’étaient rendus au Maroc entre le XVIIe et le XIXe siècle, ainsi que sur les rares ouvrages rédigés en arabe par des chroniqueurs marocains. Les descriptions des villes et des campagnes, les événements historiques, no-tamment ceux qui concernent la succession du sultan Mohamed Ben Abdallah ainsi que ses déboires avec son fils le prince Yazid, sont authentiques. Cependant, une fiction reste en fin de compte une simple fiction.
Remerciements
Merci à Véronique, Joëlle, Rachid, Fernand et Séverine pour leur aide pré-cieuse.
Prologue
Cela s’était passé deux siècles avant cette histoire. À l’époque, l’Empire du Ma-roc était composé d’une multitude de petits royaumes dispersés et divisés. Et les princes se faisaient sans cesse la guerre. L’un d’eux, un certain Moulay Zidane, fraîchement détrôné, fuyait vers les provinces du sud pour restructurer son ar-mée et reprendre des forces. Mais sur sa route, des tribus en dissidence l’avaient attaqué. Il n’avait eu la vie sauve qu’en se repliant sur la ville de Safi. De là, il avait affrété un navire pour transporter son harem et ses bagages, et un second navire, dont le capitaine était français, pour transporter ses nombreux livres. Arrivé à Agadir, le premier navire avait déchargé femmes et malles. Par contre, le capitaine français attendait l’arrivée du sultan déchu ; il tenait à recouvrer l’alléchante commission promise avant de rendre les livres. En vain. Finalement, l’approche de l’hiver l’avait obligé à reprendre sa route en direction de la France. Avec sa cargaison. Chemin faisant, comme souvent à l’époque, il avait piraté un navire hollandais et s’était approprié son chargement. Rien d’anormal à cela : la Hollande et la France étaient en état de guerre… Mais les Espagnols, alliés des Hollandais, l’avaient arraisonné à son tour, et sai-si le butin volé au navire hollandais, ainsi que les livres du sultan. Et là, surprise : la prise la plus importante était un livre de Saint Augustin. Son armature était couverte d’or, et plusieurs pierres précieuses y étaient incrustées. Un livre inestimable donc, aussi bien par l’aspect historique et l’importance de son auteur, que par sa simple valeur marchande en or et en diamants. Par la suite, le gouvernement français avait protesté vigoureusement, et défendu avec force le capitaine du navire. Tant et si bien que l’affaire s’était soldée par un procès. Le capitaine avait été libéré, mais les Espagnols avaient confisqué les livres, car à l’époque le Maroc était en état de guerre avec l’Espagne…