Mon Japon

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Ce livre est le carnet de route d'un homme simple, d'un anonyme ayant décidé de partir au Japon en solitaire. Plus qu'un récit de voyage, ses pages se veulent aussi être la matérialisation sur le papier de pensées, de sentiments et d'émotions que la solitude, la flânerie et la contemplation génèrent dans l'esprit et l'âme de celui qui les écrit au fur et à mesure de son séjour.
Publié le : mardi 8 septembre 2015
Lecture(s) : 75
EAN13 : 9782336390550
Nombre de pages : 180
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Maxime Paone
Ce livre est le carnet de route d’un homme simple, d’un
anonyme ayant décidé de partir au Japon en solitaire.
Ces quelques lignes peuvent être perçues au premier
abord comme le simple récit d’un voyage assez classique
mais elles se veulent aussi être la matérialisation sur le
papier de pensées, de sentiments et d’émotions que la
solitude, la fl ânerie et la contemplation génèrent dans
l’esprit et l’âme de celui qui les écrit au fur et à mesure Mon Japon
de son séjour.
Boku no Nihon Mon Japon. Boku no Nihon est un voyage au cœur d’un
des plus beaux pays du monde. C’est aussi un voyage
introspectif dans le cœur de celui qui l’a entrepris.
Varois d’origine, Maxime Paone est monté sur Paris au début des
années 80 pour s’y installer avec ses parents et sa sœur. Il vit
depuis maintenant plus de trente ans dans la capitale au point d’en
être tombé amoureux. En parallèle de ses études universitaires
orientées sur l’économie et la gestion, il a entrepris de nombreux
voyages lui ayant permis de s’ouvrir un peu plus au monde et
d’élargir sa vision de la vie. Musicien et dans une moindre mesure
photographe à ses heures perdues, il écrit aussi des chansons, des
pensées, des textes en prose et des poèmes. A trente-cinq ans et
après un voyage en solitaire en terres nippones en 2014, il se lance
dans l’écriture de Mon Japon qui en est le carnet de route. Ce récit
est le premier livre publié par cet auteur qui se qualifi e comme
quelqu’un de rêveur et de contemplatif.
En couverture : © GWMB - Thinkstock
Les impliqués
ISBN : 978-2-343-06033-0
Éditeur9 782343 06033018 €
Maxime Paone
Les impliqués
Mon Japon
Éditeur





MON JAPON




















Les Impliqués Éditeur

Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les
Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des
ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines
des sciences humaines et de la création littéraire.


Déjà parus

Barbey (Francis), De qui nous viendra le salut ?, essai, 2015.
Singou-Basseha (Apollinaire), Regards croisés sur la littérature congolaise,
essai, 2015.
Devaux (Estelle), Alice et le chaman de Kolakhouré, roman, 2015.
Moignoux (Pascale), Journal d’un Franc-Créole, récit, 2015.
Cartier (Jean-Michel), Monsieur Lentard, quasi-roman, 2015.
Babinet (Blandine), Bourgey (Chantal), Jomier (Roseline), Carnets de
bibliothécaires à la prison de la Santé, récit, 2015.
Frank (Évelyne), L’œuvre de Hilde Domin, essai, 2015.
Benzaquen (Randolph), Tourbillon de vie, récit, 2015.
Gribe (Serge), La révolte d’un rescapé face au silence de l’histoire, récit,
2015.
Mengome (Armand Joachim), La longue marche des populations fang,
récit, 2015.



Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site :
www.lesimpliques.fr Maxime Paone
Mon Japon
Boku no Nihon
RÉCIT
Les impliqués Éditeur































© Les impliqués Éditeur, 2015
21 bis, rue des écoles, 75005 Paris

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contact@lesimpliques.fr

ISBN : 978-2-343-06033-0
EAN : 9782343060330 « Je voudrais dédier ce livre
à toutes les personnes que
j’ai pu croiser lors de ce
voyage, mais aussi à la ville
d’Osaka et à ses habitants. »
M. P., 5 octobre 2014Jeudi 10 avril 2014

En quittant le travail en cette fin de journée d’avril, me
dirigeant à pied, bagages sur le dos, vers l’arrêt du
Roissybus rue Auber, je passe devant les marches de
l’Opéra Garnier où un joueur de guitare interprète
California Dreamin’.

À la vue de cette scène de rue, je ne peux empêcher
mon esprit de se projeter dans une situation où je
poserais mon gros sac à dos à terre avant de me
rapprocher du chanteur, puis de son micro pour tout
simplement faire ses chœurs. Je m’imagine répétant
après lui en écho les paroles principales All the leaves are
brown (All the leaves are brown !), And the sky is grey (And the
sky is grey !). Tout ceci n’est rien de plus qu’une de ces
folies passagères qui surgissent de temps en temps au
fond de moi et qui heureusement ou malheureusement
selon les points de vue, restent souvent intériorisées. Je
reprends finalement mon chemin.

Alors que derrière la vitre du bus près de laquelle je suis
assis défilent successivement le boulevard Malesherbes,
le parc Monceau et l’avenue de la Porte d’Asnières, je
pense soudainement à mon père puis à Lucas, mon fils.
Je pense ensuite à ma mère et enfin à mes
grandsparents. En tant qu’homme, j’ai la sensation de vivre ce
départ pour le Japon comme un moment unique. En
effet, mon père n’aura pas eu le temps de pouvoir
entreprendre un tel voyage et Lucas est encore trop
petit pour ressentir les sensations d’une telle aventure.

9 Je vis donc ce voyage pour mon père et pour mon fils
en ayant presque la sensation d’être chargé d’une
mission qui serait de pouvoir relater plus tard les effets
produits sur une personne par une telle expérience en
solitaire. Je me sens chanceux de vivre une aventure
aussi unique. Je me sens aussi porté et poussé par les
miens.

J’ai l’intime conviction que ce voyage sera riche en
terme de ressenti personnel et ai déjà l’impression que
tous mes sens sont en éveil.

Une fois arrivé à l’aéroport de Roissy, l’attente est un
peu longue avant l’embarquement dans le vaste terminal
où je me trouve mais je me sens détendu, relaxé et zen.
Est-ce lié au fait que je bois moins de café ces derniers
temps ? Est-ce lié au fait que l’état de solitude, dans le
sens où je ne suis pas accompagné, me permet de ne pas
ressentir de contrainte ou de stress particuliers ?

Je me sens tout simplement bien, ni trop impatient, ni
anxieux, juste prêt à découvrir l’inconnu et de nouvelles
sensations jamais éprouvées par le passé.

Je suis comme porté par des vents allant dans une
direction que j’ai certes choisie mais dont je ne connais
pas la réelle issue ni la réelle teneur. J’accepte tout ceci
calmement et sereinement. L’avion décolle, il est 23h30.


10 Vendredi 11 avril 2014

Je m’astreins à ne fermer les yeux que quatre heures
pendant ce vol de nuit. Je veux en effet être sûr de
pouvoir bien dormir à mon arrivée à Osaka ce vendredi
soir à 21h30 heure locale. Pendant que tout le monde
somnole ou dort profondément, je décide de regarder
un film. Un peu par hasard et par curiosité, j’en choisis
un qui raconte l’histoire d’un homme de trente-quatre
ans (comme moi ! est-ce un signe ?) touché par une
maladie rare le faisant retomber dans l’adolescence ou
plutôt dans une adolescence qu’il n’a pas eue puisqu’il a
été éduqué de manière stricte dans une famille très
traditionaliste. Je passe un très bon moment.

J’enchaîne ensuite sur le visionnage du blockbuster
Pacific Rim dont l’intrigue se situe à Hong Kong. Cette
ville se trouve être le lieu d’attaque de monstres venus
des profondeurs sous-marines et combattus par des
robots géants pilotés par des hommes. Je réalise
d’ailleurs que mon avion ne doit justement pas être bien
loin de Hong Kong au moment où je regarde ce film.

Enfin, pour continuer à bien me vider l’esprit alors que
je n’ai pas regardé la télévision à Paris depuis plus de six
mois, je conclus la série par le visionnage de Wolverine
dont l’intrigue se situe au Japon, principalement à
Tokyo et Nagasaki. Je l’avais déjà vu au cinéma à Paris
l’an passé mais cette fois je le regarde en japonais et
dans un avion.

À un moment du vol, alors que je navigue entre les
menus du système informatique de divertissement de
11 bord, je décide d’écouter la radio. En lançant une
station au hasard, je tombe immédiatement sur un air
qui me paraît familier mais très lointain. Le piano se
mêle aux violons et il me faut quelques secondes pour
reconnaître ce titre instrumental de Michel Polnareff qui
se dénomme Voyage, comme tout un symbole.
Je suis toujours aussi tranquille que je l’étais dans
l’aéroport à Paris et je prends ces petits signes comme
des confirmations m’indiquant que je vais dans la bonne
direction.
Me voici maintenant en transit à Shanghai et, en cette
fin d’après-midi, j’attends mon second vol qui a un peu
de retard. Je ne dors toujours pas même si la tentation
est forte car je reste toujours dans l’optique de faire une
nuit complète de récupération une fois arrivé à Osaka.
Il est 22h passées quand j’arrive enfin à Kansai Airport.
Thomas est venu gentiment me chercher et nous filons
sans temps mort prendre ensemble le train qui nous
mène directement dans son petit foyer du sud d’Osaka.
Je vais y passer ma première nuit sur le sol nippon avant
d’entamer mon voyage en solitaire.
Pendant le trajet, Thomas m’apprend que le trophée de
la coupe du monde de football vient d’arriver
aujourd’hui même dans la ville. Ce dernier est porté
traditionnellement et symboliquement par un
ambassadeur et il s’avère que le représentant du jour
n’est autre que le footballeur français Christian
Karembeu.
12 Je trouve cette coïncidence bien étrange et surprenante
alors que je n’en étais pas du tout au courant. Pourquoi
ce trophée arrive-t-il comme moi aujourd’hui dans cette
ville et non pas dans une des milliers d’autres grandes
villes de notre planète ? Pourquoi l’ambassadeur est-il
français alors qu’il aurait pu être de n’importe quelle
autre des centaines de nationalités du globe ayant vu
éclore de grands joueurs de football ? Cela représente
tout de même quelque chose à mes yeux de savoir que
ce trophée se trouve aujourd’hui au Japon. J’ai en effet
commencé à aimer le football dans ma plus tendre
enfance en grande partie grâce à l’anime japonais
Captain Tsubasa (Olive et Tom en français) qui a débarqué
en France dans les années 80.

Ce qui m’interpelle au moment présent, c’est qu’une
coupe du monde est un évènement qui ne se produit
que tous les quatre ans. Dans les mois précédant la
compétition, le trophée voyage ainsi de pays en pays
avant de s’établir dans le pays hôte de la compétition.
Cette année le tournoi se déroulera au Brésil, pays du
football ayant vu naître sur son sol Roberto Sedinho, le
célèbre numéro dix de l’équipe nationale sud-américaine
et qui est une véritable légende pour les fans de Captain
Tsubasa.

En ce vendredi, le trophée a donc fait une escale à
Osaka, après avoir traversé le monde et survolé de
nombreux pays et villes, comme je l’ai fait dans mon
avion ce même jour. La coupe du monde va maintenant
être présentée au public japonais par un ancien joueur
international français que j’admirais fièrement lorsqu’il
la souleva en vainqueur en 1998.
13 Samedi 12 avril 2014
Après avoir très bien dormi, je me lève de bonne heure.
Ma première envie est de contempler le soleil se lever
sur les toits de ce petit quartier du sud d’Osaka. Ce
quartier de Tezukayama est si calme que j’ai le
sentiment d’être comme une marmotte matinale sortant
la tête de son terrier aux premières lueurs du jour, alors
que le silence règne sur la colline où elle réside.
Je me prépare rapidement car ce matin je vais prendre le
train en direction d’Umeda, ou plutôt de Nishiumeda,
depuis la station de Tamade qui est la plus proche de la
maison de Thomas. Le trajet passe rapidement et une
fois arrivé à destination, je réalise que je suis tout
proche d’Osaka Central Station et du Hanshin Biru où
je compte me rendre. Il s’agit d’un immeuble abritant la
boutique des Hanshin Tigers, célèbre équipe de
baseball de la région d’Osaka et de Kobe. Je vais dans ce lieu
dans le but de trouver une casquette à l’effigie de cette
équipe pour un ami parisien qui est fan de ce club.
Je suis un peu en avance car il est 9h45 alors que la
boutique n’ouvre qu’à 10h. Je décide donc d’aller
prendre un petit café au comptoir d’un établissement du
coin. Sur place, je suis surpris de retrouver
immédiatement une atmosphère qui m’est familière
mais que j’avais oubliée. En effet, il est toujours autorisé
de fumer dans les cafés au Japon. En rentrant dans
celui-ci, j’ai soudainement senti et retrouvé l’odeur si
particulière et typique des cafés populaires parisiens où
les volutes des cigarettes se mêlaient il y a encore
quelques années à l’arôme du café.
15 Bien que non fumeur, j’apprécie pleinement ce moment
qui plus est dans une ambiance très feutrée. Je profite
de cet agréable instant pour déguster quelques toasts
avec mon café avant de filer faire mon shopping au
huitième étage de l’immeuble.
Mon précieux « sésame » en poche, je me rends ensuite
à Central Station pour faire valider mon JR Pass que j’ai
acheté à Paris et qui me permettra de voyager
gratuitement dans tout le pays en fonction des lignes
que j’emprunterai au cours de mon séjour. Je réserve
par la même occasion mon billet pour Hiroshima avant
de rentrer en train jusqu’à Tamade Station.
De là, je file à pied vers Nagai Koen Dori. Je longe
ensuite cette grande artère en direction de Nagai
Station. Sur le chemin, je m’arrête un court instant chez
Joshin, un magasin d’électronique où j’achète un
adaptateur pour prises électriques japonaises. Quelques
minutes après, je ressors et reprends la route me menant
directement au parc de Nagai (Nagai Koen).
Aujourd’hui, j’ai le privilège et l’honneur d’être invité
par Thomas et sa femme Kurumi, en compagnie de leur
fille Midori, à assister au derby d’Osaka opposant le
club de football du Cerezo Osaka à celui du Gamba
Osaka dans l’ambiance survoltée du Yanmar Stadium
Nagai. C’est une chance unique que ce match ait lieu ici
le lendemain de mon arrivée car je dois le préciser… je
suis fan du Cerezo !
Les alentours du stade sont bondés et il aura fallu
beaucoup de patience avant de pouvoir y entrer. Le
16 football est en effet très populaire au Japon et ce qui est
frappant c’est que les japonais vont assister aux
rencontres en famille. Il y a ainsi beaucoup d’enfants
dans les tribunes, même lors d’un grand match comme
celui-ci, y compris dans le kop situé dans le bouillant
virage des supporters locaux. Enfin, je note qu’il y a
également beaucoup de femmes ferventes supportrices
de leur club.

L’ambiance du stade est sans commune mesure
comparable avec les atmosphères électriques et parfois
tendues des stades européens. Les chants des
supporters ne cessent ici qu’à l’ultime seconde de la
partie dans une ferveur vraiment positive et enjouée.
Nous n’avons eu de cesse de chanter, de sauter, de crier
et de taper dans nos mains depuis le déroulé des deux
tifos en début de la rencontre jusqu’au coup de sifflet
final.

Les équipes se quittent à égalité (2-2), avec notamment
un doublé du joueur uruguayen Diego Forlan, venu du
Brésil au Cerezo il y a seulement quelques semaines.
Forlan est une star du football mondial qui a
précédemment porté dans sa carrière les maillots de
l’Atlético de Madrid, de l’Inter Milan et de…
Manchester United, mon club favori depuis que je suis
enfant !

À la sortie du stade, de fervents et fidèles supporters du
kop du Cerezo proposent de faire un hanami,
c'est-àdire un pique-nique entre amis sous les arbres du parc
de Nagai. Je dis oui bien sûr ! Me voici donc embarqué
dans une soirée inoubliable et organisée en un temps
17

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