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Survol

De
214 pages
« Voyager pour avoir l'opportunité de frotter sa cervelle à celle d'autrui » selon l'expression de Montaigne. Voyager pour se débarrasser de toutes les couches de certitude qui nous enveloppent, nous étouffent, nous isolent. Mais voyage-t-on en accumulant kilomètres ou heures de vol ? Survol est une tentative de réflexion sur le voir, le ressenti, le comprendre en voyage. C'est aussi, au fil des pages, une réaction citoyenne aux bouleversements du monde.
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JeanLuc Escoubas
SurvolEssai sur le voyage
Survol
Jean-Luc Escoubas Survol Essai sur le voyage
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10341-9 EAN : 9782343103419
C’eT par la leture qu’on açquîere çonŝerve le reçul néçeŝŝaîreà une vîŝîon îndîvîduelle du monde.
Il ne fau paŝ rop parler deŝ lîvreŝ.Il fau leŝ vîvre.
Avant-propos
1   peut-il fonder une mémoire s’est-on demandé . La multi-U plication des tracés et des trajets que la vie professionnelle m’a imposés a eu sur moi l’effet inverse. Des voyages réduits au mouvement lui-même ont brouillé ma mémoire non seulement de ce que j’ai vu mais aussi de ce que je fus. Au fil d’années de voyages, elle n’est plus me semble-t-il qu’un miroir déformant d’un monde lui-même devenu un kaléidoscope géant. Jeu de reflets où tout repÈre a disparu, trompe-l’œil planétaire. La forme fragmentaire, presque disloquée de ce texte en est le symptôme. Elle exprime l’aspect discontinu et parcellaire de ma vie faite d’allers-retours, toujours brefs, aux quatre coins du monde, ce qui a progressivement modifié mon rapport au temps et à l’espace. La désorganisation tant spatiale que temporelle de ma vie, où le cycle naturel jour/nuit fut constamment contrarié, a abouti à une vision cubiste du monde : rien dans ces pages n’est inventé mais rien n’y est ordonné. Il existe toutefois une différence : le cubisme est une construction rigoureuse, la vision du monde ici présentée est, elle, le résultat du asard et de l’accumulation de strates. On peut lire ce livre comme une tentative de carottage : retrouver les traces d’un passé, d’un mode d’existence désormais acevé. « Le lecteur participe aussi au processus de production avec l’auteur » 2 écrit Alfred Döblin . Au lecteur de modifier sinon de reconstruire sa propre vision du monde à la lecture de ce texte. Celui qui écrit ne surplombe pas celui qui lit.
1. Yannick Haenel, inFaçe à sebald. 2. «Der leŝer maç alŝo den Produkîonŝprozeŝŝ mî dem Auor mî» (souligné par Döblin) ; « Der Bau des episcen Werks »,inAufŝäze zur Lîeraur;construction de l’œuvre« La épique », inL’ar n’eŝ paŝ lîbre, îl agî.
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