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Rencontres insolites aux USA

De
200 pages
Trop de touristes s'agglutinent en troupeaux devant un panorama à couper le souffle. Les yeux admirent, le cerveau enregistre, la mémoire s'encombre. Mais les lèvres restent serrées, faute de pouvoir communiquer avec l'étranger. C'est dommage ! Ce recueil est fait de personnages que le hasard a mis sur la route de l'auteur, en voyage aux États-Unis : il espère que ces rencontres donneront envie aux lecteurs, pour un petit quart d'heure ou plus, de tendre la main à ceux qu'ils croiseront.
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André GirodRENCONTRES INSOLITES
AUX USA
Voyager à travers les États-Unis comme dans tout pays,
donne lieu à des rencontres qui enrichissent la vie de ceux qui
prennent le temps de s’arrêter. Les circonstances sont toujours RENCONTRES
propices à des minutes de conversations intéressantes et
pour un petit quart d’heure ou plus, deux vies se croisent et
s’enroulent avant de se séparer peut-être à jamais.
La beauté des paysages ne doit pas détourner de ce contact
humain. Trop de touristes s’agglutinent en troupeaux devant INSOLITES
un panorama à couper le sou e. Les yeux admirent, le
cerveau enregistre, la mémoire s’encombre. Mais les lèvres
restent serrées, souvent faute de pouvoir communiquer avec
l’étranger. C’est dommage ! La communion s’arrête à la vision
commune, à l’instant où les cœurs battent à l’unisson devant
le spectacle mais ne va guère au-delà de cet instant fugace.
Ce recueil est fait de personnages que le hasard a mis sur la Dessins par André Girod
route de l’auteur : il les partage avec les lecteurs en espérant
que ces rencontres leur donneront envie de tendre la main à
ceux qu’ils croiseront.
Pendant trente ans, André Girod a parcouru plus d’un million de kilomètres
à travers les cinquante états des États-Unis, l’un des rares Français à l’avoir
fait, à la recherche de systèmes scolaires qui pourraient participer dans son
programme : « Classe franco-américaine ». Grâce à son travail, l’enseignement
du français s’est amélioré et André Girod a infl uencé plus d’un million de
jeunes Américains. Au cours de ses déplacements, il a rencontré des milliers
d’hommes et de femmes de toutes professions et toutes ethnies.
Illustration de couverture : © craig-aurness
ISBN : 978-2-343-04406-4
19,50 €
HC_GIROD_11_RENCONTRES-INSOLITES-USA.indd 1 25/09/14 14:07:07
André Girod
RENCONTRES INSOLITES AUX USA




Rencontres insolites aux USA


André Girod



Rencontres insolites aux USA



Dessins par André Girod












































ARMATTAN, 2014 © L'H
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04406-4
EAN : 9782343044064

Du même auteur

Demain le soleil était noir,
Éditions d’Halluin, Paris, 1968

L’ivrogne,
Éditions d’Halluin, Paris, 1969

Copeaux de mon enfance,
Éditions Debresse, Paris, 1971

Caltecor 5127,
Éditions Pensée Universelle, Paris, 1978

Flammes du père inconnu,
Éditions Publibook, Paris, 2009

Classe de neige franco-américaine,
Éditions Publibook, Paris, 2009

Ilkya, Partie 1
« Demain le soleil était noir »,
Éditions Publibook, Paris, 2010

Classe franco-américaine,
Éditions Publibook, Paris, 2010

Tourisme de destruction massive,
Editions L’Harmattan, Paris, 2011

Ilkya, Partie 2
« Morituri te salutant »,
Editions Publibook, Paris, 2012

Ilkya, Partie 3
« Le prédateur »
Editions Publibook, Paris, 2012

It’s a long way to France
En anglais
Red Lead Press, Pittsburgh, USA 2012

Quand le Made in France devient le Mad in France
Société des écrivains, Paris, 2012

C’est mon Amérique aussi
Editions l’Harmattan, Paris, 2012

Hasard sur les routes aux Etats-Unis
Editions l’Harmattan , Paris, 2013

Maire à la dérive ou dérives des Maires
Editions l’Harmattan, Paris, 2013

La Blanche Invasion
Publibook, Paris 2014

Opération Swap
Editions l’Harmattan, Paris 2014

American Gothic
Editions l’Harmattan, Paris 2014

Avant-Propos

Comme expliqué dans le premier volume des portraits
insolites, (« hasard des routes aux USA » éditeur
L’Harmattan), voyager à travers les Etats-Unis comme dans
tout pays donne lieu à des rencontres qui enrichissent la vie de
ceux qui prennent le temps de s’arrêter. Les circonstances
sont toujours propices à des minutes de conversations
intéressantes et pour un petit quart d’heure ou plus, deux vies
se croisent et s’enroulent avant de se séparer peut-être à
jamais. Parfois il arrive que le contact devienne permanent et
ce bout de chemin ensemble mène vers une amitié solide et
durable. Si ce n’est à une vie partagée pour le meilleur
(hopefully !).
La beauté des paysages ne doit pas détourner de ce contact
humain. Trop de touristes s’agglutinent en troupeaux devant
un panorama à couper le souffle. Les yeux admirent, le
cerveau enregistre, la mémoire s’encombre. Mais les lèvres
restent serrées, souvent faute de pouvoir communiquer avec
l’étranger. C’est dommage. La communion s’arrête à la
vision commune, à l’instant où les cœurs battent à l’unisson
devant le spectacle mais ne va guère au-delà de cet instant
fugace.
Ce recueil fait de personnages que le hasard a mis sur ma
route, je le partage avec vous, chers lecteurs. Qu’il vous
donne envie de tendre la main à ceux que vous croisez.
Mais en parler ne peut parfois suffire : il faut que la mémoire
9 enregistre aussi les contours de ce visage qui était inconnu
quelques minutes avant. Par le plus grand hasard, le dessin
reste un moyen d’expression plus puissant que les mots.
Ayant quelque talent développé au fil des années de voyage,
j’ai essayé par des coups de crayon simples de capter
l’atmosphère de la rencontre en y ajoutant plusieurs éléments
liés à la vie de la personne qui s’est prêtée au jeu de la
rencontre. Ces apports ne font que conforter le portrait.
L’auteur

10 Chapitre 1
Arizona
Grand Canyon’s backstage.
Coulisses du Grand Canyon
Si le Grand Canyon est l’une des merveilles du monde, vue de
la lune, si des millions de visiteurs viennent admirer les
nuances des couleurs, les multiples étages qui s’enfoncent à
plus de deux kilomètres dans la terre et au fond, la silhouette
sinueuse du Colorado, d’un vert émeraude, il n’est pas moins
essentiel que tout soit minutieusement préparé et sécurisé
pour ce grand spectacle. Les touristes arrivent pour la journée,
vont de point de vue en point de vue, jetant un coup d’œil sur
la beauté du site mais personne ne se demande ce qui se passe
dans les coulisses pour assurer une sérénité et un confort
absolus. Alors c’est le moment de délaisser les visiteurs pour
rendre visite à ceux qui travaillent et fournissent des services
impeccables aux touristes.
Commençons par les moyens de se rendre au Grand Canyon.




11 Raul : the Grand Canyon train conductor.



12 Quand le touriste arrive en voiture au Grand Canyon village,
il est étonné de voir un train de passagers. Or ce train a été
inauguré le 17 septembre 1901 pour remplacer la diligence
qui assurait la liaison entre Williams et le Canyon : long,
pénible et cher. C’est la compagnie Santa Fe avec Fred
Harvey, qui construit cette ligne. Le coût est de $ 3.95,
presque dix fois moins cher que la diligence. Le succès est
énorme et le Grand Canyon devient un des parcs les plus
visités en Amérique. Pour accommoder les touristes, Santa Fe
construit l’hôtel El Tovar en 1905.
Dés 1960, devant l’avancée de l’automobile et du « Tourisme
de masse » (voir le livre « Tourisme de destruction massive »
par André Girod, éditeur L’Harmattan), le train perd ses clients
et en juillet 1968, il n’y aura que trois passagers sur ce train.
C’est le dépôt de bilan.
Mais en 1988 la ligne est rachetée par Max et Thelma Biegert,
millionnaires qui veulent redonner vie à ce train. Le 17
septembre 1989, le train repart vers le Grand Canyon et des
centaines de milliers de passagers en profitent. Puis la société
Xanterra reprendra le train.
Les passagers montent et descendent du train sans trop se
soucier de savoir qui sont ces personnages qui, pendant le
trajet, s’occupent d’eux. Ils sont deux employés. L’un d’eux
est Raul. Cela fait deux ans qu’il est contrôleur animateur sur
la ligne. Auparavant, il travaillait dans les ateliers à l’entretien
du train. Il le fait encore maintenant puisqu’il ne fait le trajet
que 2 fois pas semaine.
13 Aujourd’hui dans son train il a environ 300 passagers.
Certains resteront au village pour y passer la nuit et revenir le
lendemain.
Le train quitte Williams à 9 :30 du matin et arrive au Grand
Canyon à 11 :30. Puis il repart à 15 :30 pour arriver à
Williams à 17 :30.
Raul est l’un des 4 « conductors ». Son rôle est de satisfaire
les passagers et d’assurer leur sécurité. Il est aidé ce jour-là
par Michaela, la PSA ( Passenger service assistant).
Le train comptait 12 voitures mais peut aller jusqu’au double
en pleine saison. Pour certaines dates il vaut mieux réserver à
l’avance. Michaela fait trois voyages par semaine. Elle sert à
manger, à boire et comme dit Raul, elle est la seule à recevoir
des pourboires !
Mais Michaela nous informe que pour le voyage retour, il est
prévu une attaque de train. C’est pour cela qu’un «marshall »,
armé d’un pistolet monte dans le train car il doit défendre les
passagers contre les « robbers », les brigands. Ce sont des
comédiens qui jouent ces rôles, au grand ravissement des
passagers qui se croient dans un film de cowboys !
En Amérique tout tourne autour de l’amusement et des
attractions !


14 Vikki : the Grand Canyon bus driveer.




15 Le long du Grand Canyon, des espaces sont organisés pour
avoir une magnifique vue du Colorado qui louvoie entre les
parois abruptes du canyon. Depuis quelques années,
cependant, la partie ouest est interdite aux voitures sauf avec
permis spécial pour handicapés. Un système d’autobus très
efficace permet aux visiteurs d’aller d’un point de vue à un
autre. Toutes les quinze minutes, un véhicule quitte l’arrêt
près du village pour se diriger vers l’extrémité : Hermits Rest.
Le choix est de prendre le bus entre les points de vue ou
d’aller à pied entre les arrêts selon vos possibilités. La
distance entre le départ et l’arrivée au terminus est d’environ
12 kilomètres ( 24 aller et retour). Cependant, il est facile par
un sentier bien balisé et sécurisé de marcher d’un arrêt à
l’autre et les distances varient. Le fait de dominer le canyon
pendant tout le parcours apporte une satisfaction
supplémentaire surtout si vous croisez des animaux.
Mais ces autobus sont conduits par de charmantes
conductrices et charmants conducteurs qui donnent des
explications entre les arrêts. Les touristes apprécient ces
renseignements sans aller plus loin.
Pour en savoir plus sur ce métier, j’ai décidé d’interroger
Vikki, une femme qui semblait heureuse de rendre service.
Vikki n’est pas de la région comme la plupart des employés
du Grand Canyon. Elle est née à Lobbit, Texas et a déménagé
plusieurs fois. Une fois le lycée terminé, elle s’est spécialisée
dans les transports. Elle a obtenu son permis poids lourd et a
commencé à conduire ces fameux autocars scolaires jaunes.
Puis ce qui rapportait plus, elle a travaillé pour une société qui
s’occupait de routes. Elle conduisait alors les camions
d’asphalte qui venaient vider leur chargement par tous les
16 temps sur les chaussées. Travail dur au milieu d’un monde
masculin. Alors elle cherche autre chose et trouve un emploi
comme chauffeur de camion, les plus gros qui livrent les
magasins Walmart. Mais elle se marie et s’installe à Winslow,
Arizona, près du Grand Canyon. Un jour, une amie lui dit
qu’une place s’est libérée comme conductrice de navette au
Grand Canyon. Elle envoie sa candidature et avec son
expérience est prise tout de suite.
Vikki est très heureuse : elle rencontre beaucoup de gens mais
très peu s’intéressent à elle personnellement. C’est la
première fois qu’elle se confie à quelqu’un et elle en est
d’autant plus ravie qu’il est français. Le trajet est
agréable, suivant le bord du Grand Canyon.
Les autobus, pour éviter la pollution, marchent au gaz naturel
qui vient de plus en plus de l’exploration dans le schiste.
L’Amérique va devenir dans les années qui suivent
entièrement indépendante de l’étranger au point de vue
énergétique.
Il y a en service 35 bus. Cet après-midi-là, Vikki a fait 4
rotations d’environ une heure. Il y a trois routes au départ du
village : Blue, Kabai et Red, celle sur laquelle travaillait
Vikki. Elle ne regrette ni ses semi remorques qui lui faisaient
quitter sa famille pendant des jours, ni ses camions d’asphalte
qui sentaient mauvais, ni ses autocars scolaires où elle devait
de plus en plus faire la police. Les touristes qui montent dans
son véhicule sont calmes, ravis de contempler un tel
spectacle. Vikki a enfin trouvé un immense bonheur qu’elle a
partagé avec moi quelques minutes.
17 Will : the grand Canyon river boat captain.



18 Le Grand Canyon peut être vu du haut, surtout côté sud et le
paysage dépasse l’imagination. Le regard plonge dans un
fatras de plateformes, de crevasses, de promontoires qui
s’enchevêtrent presque à l’infini, jouant d’une palette de
couleurs extraordinaires.
Mais plus rarement le Grand Canyon peut être admiré du
Colorado qui coule impétueusement à deux kilomètres au
fond du Canyon.
Les touristes se lancent dans cette aventure terrifiante une fois
dans leur vie comme l’a fait votre chroniqueur. Mais il est des
hommes et des femmes qui en ont fait un métier.
Suivez-moi pour rencontrer l’un d’eux. C’est Will.
Personnellement je le connais depuis qu’il a quatre ans ! Il est
le frère d’une fille qui, il y a plus de vingt ans, a servi de
famille hôtesse à ma fille, accompagnatrice d’une classe
franco-américaine de Montmorency. C’est un petit monde
dans lequel nous vivons.
Et l’histoire de Will est fascinante même s’il n’a que 30 ans !
Comprendre ce qu’il fait dans la vie nécessite une grande
attention, tellement les facettes de ses animations sont variées.
Pour commencer parlons de son activité principale l’été : il est
« raft pilot », pilote de radeau sur la rivière Colorado au fond
du Grand Canyon. Il travaille pour une société « Aramark »
qui s’occupe de tourisme. Mais il a à faire avec une branche
particulière : « Wilderness River Adventure » chargée
d’organiser des descentes en radeau pour les touristes le long
19