Ecrire un texte érotique et se faire publier

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Vous voila prêt à aborder l'écriture érotique. Raconter le réel et le réalisable mais aussi le fantasme et la transgression. Trouver les mots justes, sensuels et sincères mais aussi les mots troublants, dérangeants, insupportables même.



L'écriture érotique n'est pas si facile qu'elle peut paraître au premier abord. Sans nuance, elle se borne à la description crue de gestes sexuels et verse dans la pornographie. Trop subtile ou lyrique, elle s'élève en poésie, touche le coeur mais pas le corps. Comme le désir, fragile et fort, l'écriture érotique joue les équilibristes. Pas d'inquiétude cependant. Si elle sait se dérober, elle se laisse aussi dompter !



Dans cet ouvrage, vous pourrez butiner d'un texte à l'autre, suivre patiemment l'ordre des pages ou aller directement à l'essentiel. Six chapitres s'offrent à vous, et avec eux, de nombreux exemples pour vous donner le ton et l'audace. Vous pourrez puiser dans chacun les propositions d'écriture selon vos désirs du jour.



Que vos lectures soit bonnes et que vos écrits s'épanchent sans retenue !




  • Au commencement était le sexe


  • Les mots polissons


  • De la fesse au téton


  • L'emprise des sens


  • Mise en scène


  • No limit

Publié le : jeudi 12 septembre 2013
Lecture(s) : 177
EAN13 : 9782212236033
Nombre de pages : 275
Prix de location à la page : 0,0105€ (en savoir plus)
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Écrire un texte érotique
Vous voilà prêt à aborder l’écriture érotique.
Raconter le réel et le réalisable mais aussi le
fantasme et la transgression. Trouver les mots
justes, sensuels et sincères mais aussi les mots
troublants, dérangeants, insupportables même.
L’écriture érotique n’est pas si facile qu’elle peut
paraître au premier abord. Sans nuance, elle se
borne à la description crue de gestes sexuels et
verse dans la pornographie. Trop subtile ou
lyrique, elle s’élève en poésie, touche le cœur
mais pas le corps. Comme le désir, fragile et
fort, l’écriture érotique joue les équilibristes. Pas
d’inquiétude cependant. Si elle sait se dérober,
elle se laisse aussi dompter !
Dans cet ouvrage, vous pourrez butiner d’un
texte à l’autre, suivre patiemment l’ordre des
pages ou aller directement à l’essentiel. Six
chapitres s’offrent à vous, et avec eux, de
nombreux exemples pour vous donner le ton et
l’audace. Vous pourrez puiser dans chacun les
propositions d’écriture selon vos désirs du jour.
Que vos lectures soit bonnes et que vos
écrits s’épanchent sans retenue !
Faly Stachak est conseil en pratiques d’écriture
et auteur notamment du best-seller Écrire, un
plaisir à la portée de tous, aux éditions Eyrolles.
Elle conçoit et anime des workshops en
techniques d’écriture et parfois, quelques nuits
d’écriture érotique (www.falystachak.com).
Jean-Marie Gachon est chargé de
communication au CNRS et chargé de cours en
stratégies créatives à l’Université de Strasbourg.
Il anime un site de correspondances érotiques
depuis plus de dix ans.Faly Stachak – Jean-Marie Gachon
Avec la complicité de Luc Kern
Écrire un texte érotique et se faire publierGroupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Pour communiquer avec l’auteur :
www.falystachak.com
Dans la même collection et du même auteur :
Écrire – Un plaisir à la portée de tous
Écrire pour la jeunesse
Faire écrire les enfants
50 ans, la plus belle vie des femmes
En application de la loi du 11 mars 1957, il est
interdit de reproduire intégralement ou
partiellement le présent ouvrage, sur quelque
support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur
ou du Centre français d’exploitation du droit de
copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006
Paris.
© Groupe Eyrolles, 2013
ISBN : 978-2-212-55538-7À Doudou, chère amie, pour sa vie bien remplie.« Nous sommes sortis tous les deux dans le
soleil, sa robe volait, Montmartre avait un air
italien. Elle m’a raccompagné au métro, je l’ai
embrassée joyeusement sur les deux joues.
Nous commencions une histoire de cul et de
gaîté. »
Jacques DRILLON, Six érotiques plus un.Préface
Le genre qui monte
Vous êtes assis dans le métro ou dans le train.
Vous plongez une main dans votre sac et, du
bout des doigts, vous faites discrètement glisser
ce livre sur vos genoux. Vous l’ouvrez, au hasard
d’une rencontre, cherchant déjà ce que vous
coucherez sur la page. Mais ce n’est pas très
commode de lire ainsi, vous relevez le livre. C’est
ce mot « érotique » sur la couverture qui vous
gêne un peu ? Pourtant, si vos voisins ont
quelque charme, ce pourrait être une belle
entrée en matière, non ? D’ailleurs, ce mot,
porteur de tant d’effets, est devenu si courant !
Aujourd’hui, la littérature érotique n’est plus un
tabou. Le livre le plus vendu dans le monde en
2012 ? Un roman érotique ! Et que dire
d’Internet ? Difficile de cacher quelque chose...
plus de frontières, plus d’interdits. Tout ce qui est
à voir, à montrer, à entendre, à dire, circule
désormais jour et nuit. À vous les jeux de langue
savants à partager en toute intimité ou plus, si
affinités ! À vous surtout la liberté d’écrire et
d’être lu, dans les limites de la légalité, bien sûr.
Car pour vous aujourd’hui, plus de bûcher, plus
de prison, plus de procès, plus de ruine, plus de
réputation à sauvegarder, plus de clandestinité,
nul besoin de masque ou d’anonymat. Plus de
censure non plus, ou si peu, tant il est difficile
parfois de juger dans ce domaine-là ce qui est
érotique et ce qui ne l’est plus ou ne l’est pas.
Adonnezvous sans crainte au plaisir sur la page
(doucement !), donnez du sens, osez ! Vous ne
serez pas du lot de ceux-là, auteurs, éditeurs,
qui, jusqu’à peu encore, ont lutté pour la liberté
d’expression, et donc la liberté tout court,
poursuivant leurs travaux en dépit des
condamnations, avec toutes leurs convictions.À vous la plume audacieuse, licencieuse et
jouisseuse !
Relevez votre livre.
Osez !
Vous voilà prêt à aborder l’écriture érotique.
Raconter le réel et le réalisable mais aussi le
fantasme et la transgression. Trouver les mots
justes, sensuels, et sincères. Mais aussi les mots
troublants, dérangeants, insupportables même.
Mais si l’écriture érotique paraît facile au premier
abord, détrompez-vous. Créative par excellence,
elle prend sa source dans l’imaginaire et dans la
sexualité. En cela, elle exige du doigté. Sans
nuance, elle se borne à la seule description crue
de gestes sexuels, et elle verse dans la
pornographie. Trop subtile, trop tendre ou trop
lyrique, elle s’élève en poésie, touche le cœur
mais pas le corps. L’écriture érotique, comme le
désir, fragile et fort, joue les équilibristes. Pas
d’inquiétude. Si elle sait se dérober, elle se laisse
aussi dompter ! Prêt à la coucher sur la page ?
Vous allez surprendre et vous surprendre.
Mais comment pénétrer ce livre ? Butiner d’une
page à l’autre, suivre patiemment l’ordre des
pages ou aller directement à l’essentiel ?
Six chapitres s’offrent à vous, avec eux, de
nombreux exemples pour vous donner le ton,
l’audace. Si vous pouvez puiser dans chacun,
selon les désirs du jour, du premier aux derniers
chapitres, les propositions d’écriture se
complètent et grimpent crescendo dans le travail
du texte !
L’autobiographie vous tente ? Éveil à la
sensualité, leçons de choses et secrets d’alcôve.
De la mémoire à l’imaginaire, de l’autofiction à la
fiction, initiation à l’érotisme : quand les écrits
intimes du je se dévoilent : « Au commencement
était le sexe. »
Vous aimez jouer avec les mots, en goûter lescontours, surtout quand ils débordent de sens.
Avec le sexe, chacun d’entre eux devient
jouissance et réjouissance. Et s’il y a plus de
mille façons de faire l’amour, il y a plus encore à
écrire et inventer... À vous les « Mots
polissons », calembours, acrostiches,
néologismes et métaphores...
« De la fesse au téton », du plan d’ensemble au
champ contre-champ, tout ici est affaire de
regard : place aux détails du corps et aux
promesses de volupté. Portrait, hommage, jeux,
poésie, inventaire et fiction... Morceaux choisis
qui font rêver les sens.
Nus l’un dans l’autre, sentir sa chaleur, humer sa
peau, baiser sa bouche, écouter son souffle...
Ivresse des gestes à rejouer tout à « L’emprise
des sens ». Descriptions, précision du
vocabulaire, travail du rythme, du ton, du style.
Lieux et situations insolites, accessoires et
machineries des voluptés... convoquez votre
imaginaire pour inventer d’autres entrées pour
exciter sa libido, usez et abusez de « Mises en
scène ».
De la petite coquinerie drôle et polissonne au
stupre sur l’autel immaculé d’une cathédrale,
l’imaginaire a de quoi ici ravir ou retourner vos
sens ! Dans tous les cas, osez explorer, par la
force des mots et des images, les profondeurs
de l’inconscient, le vôtre et celui des auteurs
cités. Tout ne se joue ici que sur papier...
Expériences réelles ou fictives, « No limit ».
Enfin, pour aguerrir votre plume, pour qu’elle
fasse mouche à tous les coups, des encarts
théoriques, explicatifs des différentes notions
littéraires, vous accompagneront tout au long de
ce parcours intime.
Mais avant de vous plonger, corps en avant,
dans la grande aventure de l’écriture coquine,
une petite « Touche d’histoire » où vous
découvrirez que l’écriture érotique, au cours desâges, s’inscrit dans la quête de la liberté.
Que vos lectures soient bonnes, que vos écrits
s’épanchent sans retenue !
Une touche d’histoire
Pour la liberté d’expression
Rares sont les grands écrivains en France, mais
aussi ailleurs, qui ne s’y sont pas frottés – avec
plus ou moins de bonheur –, voire engagés.
Parce qu’elle incarne l’idéal de la culture, celui de
pouvoir tout dire, tout lire, tout voir, dans un
esprit cher aux libertins du XVIIIe siècle, qu’on la
fustige ou qu’on la loue, l’écriture érotique est un
synonyme de liberté. Ici règne le droit de la chair
et de l’esprit mêlés, le privilège de s’exprimer,
d’inventer, d’émouvoir... Il n’en a pas toujours été
ainsi dans l’histoire, et qui sait ce que cette
dernière nous réserve ? Alors, profitons !
De fait, comme l’écrit Jean-Jacques Pauvert,
référence incontournable en la matière – et dont
je résume ici largement l’ouvrage La Littérature
érotique –, ce dernier terme, accolé au juridique,
a été longtemps entendu comme hautement
suspect : « Est dite “juridiquement érotique”
toute littérature :
qui outrage les bonnes mœurs (et/ou, pendant
quelque temps la religion) ;
dont l’intention “évidente” est d’exciter les
passions sensuelles ;
qui nie “les principes fondamentaux de la
morale sociale, familiale ou individuelle”
(jugement Sade, 1955)
dont le langage, les tableaux, descriptions,
etc., sont “indécents”, “pornographiques”,
“grivois” ou “obscènes”... »
Pourtant, ce que nous considérions hier comme
érotique, voire pornographique, ne l’est plusforcément aujourd’hui. Affaire d’époque, affaire
aussi de personne. Pour reprendre une célèbre
formule, « la pornographie, c’est l’érotisme des
autres ».
Tout est donc question de regard, regard
collectif, celui porté par la société, regard
personnel, celui que l’on porte sur les choses de
l’amour et du sexe selon son histoire, sa
sensibilité, ses valeurs... Bénéficiant tantôt de
liberté, tantôt proscrite, tout ce qui traite d’Éros
fut, et reste encore dans certains pays, soumis à
l’histoire et... à la censure.
Aux origines
À partir de quelle date peut-on parler de
« littérature érotique » ? Les textes les plus
anciens, légendes mésopotamiennes d’il y a 5
000 ans, comportent quelques passages que l’on
pourrait qualifier aujourd’hui d’érotique. Mais ce
qui est érotique pour nous, au XXIe siècle, l’étaitil
alors pour eux ? Quelle traduction, quel sens,
quel registre de langue donner par exemple au
mot mésopotamien désignant le sexe féminin :
vulve, chatte, con ? Dans le doute, les experts
ont préféré de prudents points de suspension :
« Si tu es ma reine, laisse-moi te toucher le... »
Un peu plus près de nous, chacun connaît les
sculptures et les illustrations indiennes (dont le
célèbre Kama Soutra, au IVe siècle), mais aussi
les estampes chinoises, japonaises ou les
miniatures perses, toutes suggestives. Si elles
furent des modèles de « l’amour libre » dans les
années 1960, qu’on ne s’y méprenne pas :
textes comme images prônent les pratiques
sexuelles comme un acte sacré témoignant de la
spiritualité inhérente à ces sociétés. La variété
dans les positions de l’amour n’a qu’un but :
maintenir l’harmonie du couple pour le bon ordre
de la société. Ainsi, ces authentiques manuels
d’éducation sexuelle sont loin d’une bande
dessinée aux intentions grivoises.L’Antiquité
Il faut attendre la Grèce antique (VIIe et VIe
siècle avant J.-C.) pour évoquer une littérature
érotique orale notée, détruite en grande partie
par la censure des monastères à la fin de
l’Antiquité. C’est avec le théâtre de tradition
populaire d’Aristophane (– 400) et sa pièce
Lysistrata que l’on peut vraiment commencer à
parler de littérature érotique.
Vient la conquête romaine (– 200). Si les Grecs
ont perverti leurs conquérants, il semble que les
Romains avaient de belles dispositions, visibles
dans la culture savante mais aussi et surtout
dans la culture populaire, l’une et l’autre s’étant
influencées. Mieux transmise, la culture latine
nous est restée, avec Catulle notamment, connu
par les érudits comme « fondateur, pour notre
culture, de la poésie amoureuse », ce qui ne
l’empêche pas d’être cru à l’occasion :
« Taverne à putes, et vous autres, ternes tas de
frères qui polluent Castor et Pollux, vous croyez-
vous les seuls aux verges solides, les seuls
ayant pleine licence de foutre la moindre fille,
quand les boucs ce sont les autres ?... »
Plus tard, alors que Rome s’emploie à mettre
bon ordre, Ovide sera l’un des premiers auteurs
censurés pour « outrage aux mœurs » avec son
célèbre L’Art d’aimer (vers l’an I), qui va à
l’encontre des mesures prises par le pouvoir en
faveur du mariage. Citons encore Le Satiricon,
de Pétrone, dont il ne subsiste que des
fragments assemblés de différents manuscrits.
Détruit après sa parution, rejeté par une partie
de la société pour la crudité et la décadence des
mœurs mise en scène. Enfin, citons L’Âne d’or,
Les Métamorphoses d’Apulée (vers 170 ou 180)
qui reprend le thème de l’âne, symbole de la
lubricité.
Pendant toute la période du IIIe au VIe siècle, lamontée du christianisme semble coïncider avec
l’apparition d’une nouvelle mentalité, où chasteté,
virginité, continence et piété sont de règle. Rares
sont les textes qui réussissent à circuler « sous
le manteau ».
Le haut Moyen Âge
A u VIIe siècle, dans ce qu’il est convenu
d’appeler le haut Moyen Âge, se développe la
culture arabe, dont la littérature se caractérise
d’abord par la poésie.
« Un cou aussi beau que celui de la gazelle
blanche,
Délicat, lorsqu’il se dresse sans aucun
ornement ;
La chevelure abondante et très noire, ornant le
dos,
Riche ainsi qu’un rameau de palmier chargé de
fruits
Et ses boucles rebelles se relèvent indomptées,
Noyant les rubans dans un flot d’ondes
enchevêtrées. »
Imru’-l-Qays (VIe siècle).
À partir du VIIIe siècle, elle prend un ton
nouveau, audacieux, presque contestataire.
Liberté de parole et de mœurs, qui ne saurait
jamais trop perdurer... Au IXe siècle, le monde
arabe va glisser peu à peu « dans le
conformisme religieux, à de rares exceptions
près ». En Occident, après les invasions
barbares et la dégradation progressive de la
langue latine, entre autres, les textes sont rares,
malgré la liberté des mœurs.
Vers la fin du millénaire émerge en Allemagne eten France une nouvelle catégorie de poètes, de
musiciens, de prêtres sans charge, d’écoliers
errants... les goliards, sorte d’anarchistes. S’il ne
reste que quelques bribes de leurs textes, ils
sont la première manifestation, dans l’histoire,
d’une mentalité libertine, affirmant
l’individualisme, la quête de liberté et la révolte
contre la toute-puissance de l’Église. Cette
dernière, d’ailleurs, ne manquera pas, au XIIIe
siècle, de les condamner et de les exclure.
En Orient, avant de sombrer dans le puritanisme
pendant deux siècles, le Japon qui adopte
l’écriture chinoise produit, pour une très petite
élite, une littérature féminine pudique et délicate,
dont, vers 1010, le célèbre roman d’amour Le Dit
du Gengi. Ce n’est que dans les années 1960
que la littérature érotique réapparaîtra au Japon.
Amour courtois et gaillardises
Vient en France le temps de l’amour courtois... À
cette évocation, les cœurs s’attendrissent...
Reprenez-vous, gentes dames ! Si les
troubadours des XIe, XIIe et XIIIe siècles
chantent l’idéal courtois, ils chantent aussi des
textes érotiques, voire scatologiques :
« Il n’est pas de noble dame au monde, si elle ne
montrait son “cor” et son con, tout comme ils
sont au naturel – en me disant : “Sire Raymond,
cornez-moi donc ici dans le derrière” que je n’y
penchasse mon visage et mon front, comme si je
voulais boire à une fontaine. »
Raimon de Durfort.
Fi des hauteurs de l’âme et de la courtoisie ! Le
troubadour sait se montrer misogyne et obscène.
Ainsi en est-il de poètes célèbres comme Peire
Cardenal, Raimon de Durfort (un nom
évocateur...) ou Bernard de Ventadour.
En France plus qu’ailleurs, ce genre de chansons
abonde, une autre forme d’exception ! S’il existedes passages érotiques dans le Roman de
Renart, recueil de contes et de fabliaux dont les
thèmes viennent de l’Europe entière, ils sont
davantage satiriques et obscènes qu’érotiques.
Quoi qu’il en soit, jusqu’aux environs du XIVe
siècle, la France s’avère la plus gaillarde et la
plus féconde en production littéraire érotique.
Elle sera rejointe, à la fin du siècle, par l’Italie
avec Pétrarque et Boccace dont Le Décaméron,
recueil de nouvelles érotiques, a pour toile de
fond la grande peste noire qui ravage l’Europe à
partir de 1348. Ce texte, où « éclate la joie de
vivre de la Renaissance », restera interdit dans
les pays anglo-saxons jusqu’en 1960 ! Quant à
l’Angleterre, les Contes de Cantorbéry,
composés par Chaucer vers 1390, manifestent
une certaine grivoiserie.
En France, comme en Italie, la production de
poètes gaillards se poursuit, chacune dans une
langue qui s’affirme, tels Guillaume Coquillart
(1421-110), Henri Baude (1430) ou Eustache
Deschamps (1346-1407) :
« – D’où venez-vous ? Où fûtes-vous hier soir ?
– Et toi, d’où vient à cette matinée ?
Que t’en est-il ? – Il me le faut savoir.
– Je ne finay hier toute la journée.
– De quoi faire ? – D’avoir une épousée.
Bon sein portait, gros con et grosses fesses ;
Quatorze fois lui battit sa poupée,
Tant qu’elle dit : “Fuis de ci, tu me blesses.” »
Imprimerie et censure
L’invention de l’imprimerie, à la fin du XVe siècle,
va révolutionner la diffusion des textes et, du
même coup, rétablir la censure. Non qu’elle fûtinconnue, mais face au progrès rapide de
l’imprimerie, la surveillance s’accroît,
principalement celle des écrits contraires aux
textes religieux. Au début, peu d’ouvrages sont
concernés. Si certains auteurs, bénéficiant de
protection, peuvent être imprimés, la majorité
d’entre eux, prudents, échaudés par l’exemple
de Rabelais dont le Pantagruel a été censuré par
la Sorbonne pour obscénité, impriment
clandestinement, sans avoir recours au
traditionnel privilège (demande d’autorisation au
conseil du roi).
C’est en France, où l’on imprime,
clandestinement bien sûr, une poésie abondante
et fort libre, et en Italie, férue de conte et de
prose, que circule la littérature licencieuse. La
poésie érotique du XVIe siècle, avec les poètes
de La Pléiade et leurs « gaillardises » (Ronsard,
du Bellay, Bonaventure des Périers, Louise
Labé, Tahureau, Claude Brissart, Jodelle,
Madeleine de l’Aubespine...), va contribuer
largement à enrichir la langue française,
notamment, le langage amoureux. Les poèmes
d’amour sont tout aussi érotiques que les
« gaietés », mais le lexique diffère pour les
seconds, avec « les mots de gueule » grossiers,
issus d’une langue populaire : foutre, cul, con,
couillon, vit... qui servent tout autant aux injures
qu’aux mots du sexe. Un lexique féroce quand il
s’agit d’invectiver les lesbiennes et les sodomites
ainsi que les prostituées.
Si certains auteurs se cachent parfois « pour le
principe », d’autres comme Ronsard, font
imprimer, avec privilège, certains de leurs
ouvrages tel le Livret de Folastries de 1553, qui
met à l’honneur le membre viril, ou cunnus :
« Je te salue, ô vermeillette fente,
Que vivement entre ces flancs reluis ;
Je te salue, ô bienheuré pertuirQui rends ma vie heureusement contente.
C’est toi qui fais que plus ne me tourmente
L’archer volant qui causoit mes ennuis.
T’ayant tenu seulement quatre nuits
Je sens sa force en moi desjà plus lente.
O petit trou, trou mignard, trou velu
D’un poil folet mollement crespelu,
Qui, à ton gré, domptes les plus rebelles,
Tous verts galants devroient pour t’honorer
À beaux genoux te venir adorer
Tenant au poing leurs flambantes chandelles ! »
Joliment poétique et cru, mais rien d’inquiétant
pour le pouvoir. Plus dérangeantes sont les
querelles théologiques fréquentes, menées en
latin sous la forme de pamphlets obscènes.
Avec De Matrimonio (1592), s’ouvre le débat
toujours actuel sur la censure : quelle est
l’intention de l’auteur ? Pour dénoncer les
outrages aux mœurs, l’auteur, directeur du
noviciat de Grenade, détaille avec une telle
crudité les cas sexuels qu’il semble promouvoir
ce qu’il condamne ! En France, le combat
continue pour que vive l’esprit gaillard ! Ainsi
Montaigne lui-même : « Qu’a fait l’action génitale
aux hommes, si naturelle, si nécessaire, pour
n’oser en parler sans vergogne et pour l’exclure
des propos sérieux et réglés ? Nous prononçons
hardiment : tuer, dérober, trahir, et cela, nous
n’oserions qu’entre les dents ?... »
Point de vue qui finira par le mettre à l’Index, en
1676.Les débuts du libertinage
Fin XVIe-début XVIIe siècle, la langue française,
en pleine floraison, se fixe en avance sur les
toutes les autres encore multiples et en
gestation.
Si les érudits catholiques comme protestants
s’affrontent sur le terrain idéologique, tous se
réfèrent aux anciens, Grecs et Latins, pour les
lettres. D’un commun accord, ils admettent les
poètes dits de « gaillardise » – expression de
l’héritage latin avec Priape – qu’ils opposent à
l’érotisme pervers, signe d’une âme malade.
Le premier de ces poètes fut François de
Malherbe, futur libertin. Voici l’un de ses poèmes,
publié anonymement de son vivant, dans lequel il
entreprend sa maîtresse au cours du repas :
« Là ! Là ! pour le dessert, troussez moy ceste
cotte,
Viste, chemise et tout, qu’il n’y demeure rien
Qui me puisse empescher de recognoistre bien
Du plus haut du nombril jusqu’au bas de la
motte,
Là, sans vous renfroigner, venez que je vous
frotte,
Et me laissez à part tout ce grave maintien :
Suis-je pas vostre cœur ? Estes-vous pas le
mien ?
C’est bien aveque moy qu’il faut faire la sotte !
– Mon cœur, il est bien vray, mais vous en faites
trop :
Remettez-vous au pas et quittez ce galop.
– Ma belle, baisez-moy, c’est à vous de voustaire.
– Ma foy, cela vous gaste au milieu du repas...
– Belle, vous dites vray, mais se pourroit-il faire
de voir un si beau con, et le foutre pas ? »
Après la mort d’Henri IV et les désordres
politiques qui s’ensuivent, l’Église tente de
« s’emparer des consciences », mais c’est sans
compter sur l’opposition, inédite dans l’histoire,
d’un mouvement de pensée et d’action, le
libertinage. Les premiers libertins se nomment
Malherbe, marquis de Racan, François Maynard
et, le plus célèbre, leur chef de file, Théophile de
Viau : « Un esprit jeune et rebelle contre les
contraintes officielles de la société : bigoterie,
conformisme, soumission aux convenances »
(J.-J. Pauvert, La Littérature érotique). Plus
l’Église étend son pouvoir, contrôle les esprits,
plus les libertins vont se révolter. Mouvement
unique en Europe, le libertinage regroupe
d’abord des poètes, mais aussi des magistrats et
de jeunes seigneurs. Leurs propos sont libres,
audacieux, provocateurs : « Le libertinage
devient un entraînement pour une bonne partie
de la jeune noblesse de Paris. Elle ose, dans les
églises, se moquer d’un prédicateur maladroit.
Elle se réunit dans les “cabarets d’honneur”, où
elle chante des couplets blasphématoires en
révolte contre la religion ou la répression des
mœurs. La classe supérieure se laisse gagner ;
c’est l’époque où la jeune Anne d’Autriche
s’amuse, avec quelques jeunes amies, à lire
l’obscène Parnasse satyrique » (A. Adam, Les
Libertins au XVIIe siècle, Buchet-Chastel, 1964,
cité par J.-J. Pauvert).
Pour avoir fustigé le roi dans un pamphlet
grossier ou prononcé des propos impies, on est
pendu, ou brûlé, et/ou l’on a la langue arrachée.
Ce ne sont pas tant les textes érotiques qui
dérangent que la crainte de l’athéisme, lesconsidérations antireligieuses mêlant des
descriptions pornographiques.
Ainsi, le procès contre Théophile de Viau, accusé
de libertinage, marque un tournant dans la
littérature française : les vingt-cinq pièces
érotiques qui composent son Parnasse satyrique
mettent en scène une nature pourvue de
pouvoirs que seul Dieu est censé posséder. La
publication des recueils collectifs de priapées
aurait pu se poursuivre avec privilège du roi,
mais le libertinage est une menace pour l’esprit
et les textes érotiques dans leur ensemble sont
désormais clandestins, hormis quelques facéties
sans danger. À partir des règnes de Louis XIII et
Louis XIV, le mouvement libertin est neutralisé.
Sous le règne de Louis XIV, époque d’une
grande richesse littéraire, apparaissent les
premiers grands romans érotiques français.
Ainsi, l’illustre Corneille – lui-même ! – avec,
L’Occasion perdue recouverte, pièce poétique de
quarante stances, dont les copies circulent
clandestinement vers 1650. Il raconte les
déboires d’un amoureux devenu soudain
impuissant auprès de sa belle... Tout finira bien,
mais Corneille devra, en pénitence, sous l’ordre
du père Pauli, transcrire en vers français
L’Imitation de Jésus-Christ. Sainte punition !
L’École des filles, paru en 1655, est la première
œuvre qui fait scandale sous le règne de Louis
XIV. Malgré les condamnations des prétendus
auteurs et la saisie des exemplaires (on en
retrouva un chez Fouquet lors de son
arrestation), le livre connaît un succès croissant
et maintes rééditions. Texte libertin par
excellence, au-delà de la volonté de choquer le
bon goût et la vertu, il « devient manuel d’amour,
manuel de savoir-vivre, manifeste de liberté et
de sagesse » (Jacques Prévot, cité par J.-J.
Pauvert).
Pourtant, c’est dans la piété et la répression,
sous l’influence de madame de Maintenon, ques’achève le règne de Louis XIV. Même Les
Nouveaux Contes de Jean de la Fontaine, si
respecté à la cour, et qui versa lui aussi dans le
genre érotique, seront suspendus à la vente en
1675.
Le siècle des Lumières
Les temps changent : le XVIIIe siècle sera l’âge
d’or du libertinage.
Liberté de pensée et hégémonie de la langue
vont conférer à la France une place
exceptionnelle en Europe. Tout le monde lit ou
parle le français et le pays est réputé dans toute
l’Europe « comme modèle de l’art d’aimer et,
plus précisément, de l’art de jouir » (Alexandrian,
Histoire de la littérature érotique). Au début du
siècle circulent des ouvrages galants, des
épigrammes, tels ceux de Grécourt. On rime de
nombreuses chansons libertines, on excelle dans
le théâtre érotique, surtout à partir des années
1730 et 1740, pièces, rappelons-le, toujours
clandestines, tel cet extrait de Granval fils, La
Nouvelle Messaline (1750) qui parodie Corneille :
« Ô rage ! Ô désespoir ! Ô Vénus ennemie !
Étais-je réservée à cette ignominie ?
... N’est-ce donc pas pour toi le plus sanglant
affront,
Qu’on m’ait enfin réduite à me branler le con ? »
Ou encore Les Tableaux des mœurs du temps,
de Crébillon fils, à l’adresse des gens du monde,
sont une « merveille d’érotisme », tel cet extrait
du dialogue XVI où la comtesse se donne dans
un boudoir :
MONCADE : Oui, je veux baiser ton petit
nombril ; je veux conduire ma langue comme un
pinceau sur toutes ces petites veines bleues que
je vois là. Je voudrais porter ma bouche sur toutton corps, qui est enchanté
LA COMTESSE : Je t’abandonne tout mon
amant ! Tout est à toi !... Que veux-tu ?
MONCADE : Passer la main sous tes petites
fesses pour les soulever un peu... Bon... Bon...
Voilà, ma camarade, empoigne et place-le moi !
LA COMTESSE : Est-ce qu’il n’a pas l’esprit de
se placer lui-même ?
MONCADE : Non, c’est un hurluberlu qui ne sait
ce qu’il fait.
LA COMTESSE : Donne-moi donc ce drôle-là...
Couche-toi sur moi... Attends... Attends... Ah !
Comme il me chatouille ! là !... c’est là ! Chien !
Tu me pinces les fesses !... C’est là te dis-je...
Pousse... encore... encore... ah !... ah !... Il
entre... Tu me fais mal !... non, non... Baise-
moi... l’y voilà... Jerni ! Je le sens jusqu’à l’âme...
Oh qu’il est bien... mon ami ! mon ami... je le
fais !... je le fais !
MONCADE : J’achève... j’achève... je n’en puis
plus.
LA COMTESSE : Je meurs de plaisir !... »
Le conte de fées érotique refait son apparition. Si
couru que le premier roman de Diderot, Les
Bijoux indiscrets (1748), répond au code du
genre. Longtemps considéré comme obscène, il
sera condamné à la destruction sous Louis-
Philippe, en 1835.
Sous l’influence de Voltaire, on dénonce, dans
des satires anticléricales, la luxure des moines.
La plus célèbre, le roman de Charles Gervaise
de La Touche, publié en 1741, Histoire de Dom
B... portier des Chartreux, aussitôt saisi par la
police mais constamment réédité au cours du
siècle et dont la Pompadour possédait unexemplaire.
Le XVIIIe siècle est aussi celui où les Mémoires,
genre au service des faits d’ordre public, se
transforment en confessions. On livre, avec une
volonté de sincérité, fausse ou réelle, ses
passions, ses penchants, sa sexualité. Jean-
Jacques Rousseau sera le premier à mêler vie
publique et vie privée et sera ainsi précurseur du
genre de l’autobiographie. Quant aux Mémoires
de Casanova, s’ils ont été rédigés entre 1789 et
1792, ils seront d’abord publiés dans une
traduction allemande de 1822 à 1827.
Tolérée par les pouvoirs publics, la littérature
licencieuse française circule soit
clandestinement, soit semi-clandestinement. À
cette époque, les textes philosophiques étant
édités sous le manteau chez les mêmes
imprimeurs français ou étrangers que les textes
érotiques, la « philosophie » finit par être
amalgamée à la pornographie et donc, à
l’athéisme, les philosophes s’adonnant d’ailleurs
aux deux genres.
À Venise, en Italie, toujours sous l’emprise de
l’Église, apparaît le plus grand poète priapique,
Baffo (1694-1768), tuteur de Casanova, et
qu’encenseront Apollinaire et Robert Desnos. En
Angleterre, l’événement littéraire érotique
marquant est la publication de Fanny Hill,
Memoirs of a Woman of Pleasure, prostituée
londonienne, inspiré de romans français et rédigé
par John Cleland alors qu’il était emprisonné
pour dettes.
Sous l’impulsion du clergé, les classes moyennes
françaises se sont alphabétisées. Les textes des
philosophes se répandent et, avec eux, la
réflexion et la révolte. La révolution se prépare.
De nombreux pamphlets dits « révolutionnaires »
sont, en réalité, des livrets pornographiques,
œuvres de maîtres chanteurs plus que de
philosophes. Et c’est avec des accusations d’une
rare obscénité et d’une rare violence, qu’onattaque, dans ce dernier quart du XVIIIe siècle,
Louis XV puis Louis XVI et surtout la reine Marie-
Antoinette et, avec eux, toute la haute société.
Révolution française et « silence
des lois »
Jusqu’en 1789, les pamphlets se déchaînent,
mettant en scène les perversions, fausses ou
vraies de la cour :
« Une reine jeune et fringante,
Dont l’époux très auguste était mauvais fouteur,
Faisait de temps en temps, en femme très
prudente,
Diversion à sa douleur,
En mettant à profit la petite industrie
D’un esprit las d’attendre et d’un con mal foutu. »
La production clandestine de textes politiques et
érotiques bat son plein et circule dans toute
l’Europe quand la Révolution éclate. On peut
citer Mirabeau avec Erotika Biblion (1782) et Ma
conversion ou Le Libertin de qualité.
Un peu avant la prise de la Bastille et jusqu’en
1790, toute censure et tout contrôle policier sont
abolis de fait. Chacun, relayant la cour et les
pamphlétaires professionnels, y va de son
couplet. La politique ne manque pas d’être elle
aussi à l’honneur : « Nos députés savent que
c’est une grande qualité pour un législateur que
de se branler le vit. C’était là le grand secret de
Lycurgue. S’il eut passé son temps à patiner un
cul féminin, à arroser une motte, il aurait fait
vraiment de belles lois. »
Les archives dévoilent leurs secrets et déversent
sur la place publique, « des alcôves de
Versailles », des rapports choquants et édifiantsrédigés sur l’ordre de Louis XV et qui dénoncent
la dépravation des mœurs d’ecclésiastiques, de
ducs et de comtes, notamment.
C’est une période que le marquis de Sade – qui
a commencé à la Bastille en 1785 Les 120
Journées de Sodome et publie, en 1791, sa
première Justine ou les Malheurs de la vertu –
nomme « le silence des lois ».
Le bon temps ne peut durer éternellement :
Robespierre prend le pouvoir et met « les vertus
à l’ordre du jour ». Aussitôt, la censure reprend
ses droits et des imprimeurs sont même arrêtés
et guillotinés.
La société française, à la sortie de la Terreur, est
en plein chaos, valeurs renversées et perte de
repères. La galanterie fait son profit du désordre,
malgré la pénurie de papier et de moyens. De
1794 à 1797, Restif de la Bretonne imprime lui-
même Monsieur Nicolas ou Le Cœur humain
dévoilé, les publications posthumes de Mirabeau
circulent partout, et même des œuvres
licencieuses, écrites par des femmes, font leur
apparition. Quand Sade sort de « maison de
santé », il publie, en 1795, La Philosophie dans
le boudoir et, surtout, de 1797 à 1801, « se lance
bientôt dans la plus grande entreprise de librairie
pornographique de tous les temps : les 3 600
pages de La Nouvelle Justine, suivi de L’Histoire
de Juliette, sa sœur » (J.-J. Pauvert, Sade
vivant, t. III, Robert Laffont, 1990).
Triomphe du roman et retour à la
morale
Le XVIIIe siècle se termine sur une « explosion »
de nouveaux ouvrages licencieux, dont les dix
volumes de La Nouvelle Justine suivie de
Juliette, en 1799 qui vont conquérir l’Europe.
Mais c’est trop tard. Bonaparte, premier consul,
a besoin d’une société « morale » pour asseoir
son autorité. En 1801, Sade sera emprisonné
définitivement et meurt en 1814. Même mort, ilne cessera de régner sur la librairie clandestine
et d’influencer toute la littérature du XIXe, Hugo,
S a n d , Théophile Gautier, Eugène Sue,
Baudelaire, Lamartine, Dumas, Musset, etc.
Comme l’écrit Maurice Blanchot, cité par J.-J.
Pauvert : « Cette œuvre [...] a tout de suite
épouvanté le monde. On peut admettre que,
dans aucune littérature d’aucun temps, il n’y a eu
un ouvrage aussi scandaleux, que nul autre n’a
blessé plus profondément les sentiments et les
pensées des hommes. »
Si la France a régné intellectuellement sur
l’Europe pendant tout le XVIIIe siècle, après la
Révolution, le spectacle de la licence sans
entrave a provoqué des réactions de repli : un
nouveau courant est né en Allemagne et en
Angleterre, le romantisme. Les valeurs sont
celles de l’ordre moral, comme en Espagne et en
Italie : « L’art doit être grave, candide et
religieux », écrit Victor Hugo. Ainsi, Flaubert sera
inquiété pour avoir publié Madame Bovary, puis
acquitté, et Baudelaire devra supprimer six de
ses pièces des Fleurs du mal, pour « réalisme »
et « érotisme. »
Les bijoux
« La très-chère était nue, et, connaissant mon
cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des
Mores.
Quand il jette en dansant son bruit vif et
moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur

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