Grammaire et conjugaison amazigh

De
Publié par

Publié le : mercredi 1 janvier 1997
Lecture(s) : 1 045
Tags :
EAN13 : 9782296340473
Nombre de pages : 400
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

GRAMMAIRE

et CONJUGAISON AMAZIY

IDustration de couverture:

tasarUl (la clef de l'univers) dans la symbolique Amazi)'; réalisé par l'auteur sous Mac Draw Il.

@ Éditions l'Harmattan, ISBN: 2-7384-5406-2

1997

Gaya HAMIMI

GRAMMAIRE et CONJUGAISON AMAZIY

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

i Mul]ya (Mul).end u Yel).ya) d wid akwam nelta

Cet ouvrage aurait pu voir le jour, il y a déjà quelques années. Malheureusement, des circonstances en ont décidé autrement.

Remerciements

Les premiers remerciements iront à ceux qui n'ont cessé de me décourager. Leur attitude n'a fait qu'augmenter le désir, pour la réalisation de ce travail.

Pour certaines personnes, il n'est pas facile de leur exprimer toute ma gratitude et ma grande considération. Il s'agit entre autres de:
Monsieur Lionel GALLAND (Directeur d'études à l'Ecole Pratique de Hautes Etudes, Paris-Sorbonne, spécialiste dans le domaine du berbère) : Il a eu l'amabilité de lire ce travail chez lui, avant de venir me rendre visite à mon domicile (malgré son âge et la pluie torrentielle qui tombait ce jour là), pour me prodiguer quelques conseils et m'exprimer ses sentiments. Monsieur Ravel LARBI et sa femme Jacqueline (amis) : C'est chez eux et avec leur matériel que ce travail est sorti du brouillon. Mademoiselle Dorota SmNICKA (Warszawa-Paris-Sidney) : C'est elle qui m'a poussée et soutenue du début jusqu'à lafin. Mademoiselle Yamina ZW A WI (docteur en linguistique) : Elle a eu la gentillesse d'accepter de porter les dernières ouvrage.

retouches

à cet

La peur (de soi-même)

Toi qui t'aventures dans les ténèbres des nuits profondes, quelle est cette peur qui te hante, au beau milieu du jour, lorsque même le soleil est au zénith, et que ton ombre n'est plus à la ronde? Hormis l'obscurité, le froid, quel est donc ce genre de monstre que, sur ton chemin, tu croisas? Il n'en est bien sûr rien de tout cela. Sans doute. Regarde bien au devant d'un miroir, t'apparaîtra l'image de cette créature que tu évites, que tu redoutes. Toi que la justice dérange, tu la traques, tu la combats,' à chaque fois que tu l'assassines, détrompe-toi! elle renaît et prend racines Voyant ton frère pris à ton piège, tu estimes qu'il le mérite, mais voilà que tout bascule, autour de toi, les murs se referment et t'emprisonnent Et c'est alors au grand désespoir que tu te plains, tu appelles et cries: JUSTICE* 111 mais oùes-tu donc justice I?

Lounis Aït-M anguellat (traduction d'un extrait du texte "lxu!')
~
il s'agit d'une traduction libre

* Dans le texte, en tamaziyt, l'auteur a employé le mot "tide\" (vérité), pour exprimer le mot "justice" .

AVANT-PROPOS

Il ne paraît pas impératif ou si important de lancer un avertissement à un lecteur dans le manque ou en quête du moindre ouvrage lui servant de repère ou de guide, quant au fonctionnement d'une langue. Il n'est pas question, bien sûr, de lui proposer du médiocre. Concernant l'apprentissage de la langue tamaziyt, le choix d'outils pédagogiques fait défaut. Il y a très peu d'ouvrages (deux ou trois au maximum) qui peuvent répondre, modestement, à cette question. Et s'il faut, brièvement, expliquer la raison, on dira que cela est dû à "la politique de répression en Afrique du nord, vis à vis de tout ce qui représente, de près ou de loin, la culture amaziy (berbère)". Du reste, la presque totalité des travaux réalisés à ce jour, est destinée à un public très limité: à des scientifiques ou à des universitaires. Et lorsqu'un lecteur ne manipule pas le langage scientifique, malgré sa bonne volanté, il se retrouve frusré et renonce à son engagement. C'est pourquoi, il est impératif de lui venir en aide en lui proposant d'autres outils codés avec un langage adapté. Pour cela, l'utilisation d'un livre pédagogique reste un des moyens les plus pratiques Et tant qu'il n'y aura pas une panoplie d'ouvrages proposée sur le marché

- même

si ce ne sont que de simples essais - il n'y aura jamais de base solide\pour

l'enseignement. Quand on sait que la langue tamaziyt est assez vaste; qu'elle peut, à elle seule, représenter toute une famille linguistique; là, on peut se poser la question sur le seul ouvrage capable de la cqntenir, sans l'apport de moyens humains ou matériels. Ce qui n'est pas du tout le cas, actuellement. Comme pour toutes les grandes langues, il faudrait bien qu'un parler serve de point de coalition, autour duquel viendraient se greffer les autres parlers. Ce qui permettrait l'émergence d'un système commun, et qui donnerait naissance à une véritable et unique méthode. Faute de quoi, tamaziyt connaîtrait - peut-être à un degré moindre - le même sort que le latin. Pour revenir à ce volume que vous avez sous les yeux, il est conçu et dédié à un public aussi large que possible. Avec le souci d'être utilisé même par des étrangers.

7

Étant modeste, et ne répondant pas à une étude exhaustive, il est tout de même organisé de façon à répondre à pas mal de questions que se poseront les lecteurs, pour appréhender cette langue. Son utilisation par des débutants demandera, peut-être, le soutien d'un professeur, qui, lui, serait capable d'éclaircir certains points, pas toujours faciles à assimiler. Il ne contient pas de variétés dialectales. Seule la dernière partie est consacrée à quelques expressions et à un petit lexique, sur quelques différences de vocabulaire entre le kabyle et le chleu/:}.Ce supplément n'a peut-être pas lieu de figurer ici, puisqu'il ne répond pas à un index ou au sujet traité. Mais, au point où est tamaziyt, et de l'intérêt certain qu'il suscitera, il restera toujours le bienvenu et utile pour les lecteurs. L'espace est en majorité occupé par le kabyle (ceci n'est absolument pas un choix), avec un apport lexical, non négligeable, appartenant au néologisme et à d'autres parlers amaziy. Il n'y a pas de rejet systématique pour ce qui est de l'emprunt. Plutôt, un réaménagement, avec un juste rétablissement de mots propres à la langue, lesquels, au fil du temps, tombaient dans l'oubli ("urar" remplacé par "lceb"; "aru" par "kteb"; "gma" par "xuya", etc...). Des formulations et réorganisations ont été apportées, comme par exemple aux adjectifs numéraux. Un minimum de règles a été créé pour le besoin: c'est une nécessité absolue qui met au clair la structure. Vous trouverez: - une table des matières élaborée d'une manière assez détaillée. Ceci pour donner une vision d'ensemble de la langue; - une traduction systématique en français; - des notes de bas de page et des renvois à d'autres pages qui complètent l'explication de certains points;

- des

encadrements

et des tableaux pour se repérer et, ainsi, rendre la lecture

aisée; - quelques extraits de textes (introduits dans certaines pages) empruntés de l'immense répertoire d'un poète-interprète; - éventuellement le mot à mot; - en deuxième partie (conjugaison), un maximum de verbes répertoriés par ordre alphabétique et par racine. Ils suivent un verbe type conjugué sous toutes ses formes et qui leur sert d'exemple. Souvent, dans la partie réservée au sens du verbe (en français), il est donné le synonyme et/ou le contraire de ce même verbe.
Rien n'a été laissé de côté, pour donner satisfaction.

8

Pour en finir, les dernières lignes visent les scientifiques qui viennent en dernier sur la liste de ce large public. Leur point de vue sera, peut-être, différent vis-àvis de ce travail. Ils ont une autre conception sur" les mots que nous
employons"

. Il leur

est donc réservé une place à part, pour juger ou exploiter le

contenu avec neutralité. Cet ouvrage ne sera utile que s'il s'ouvre à la critique. Et c'est là, l'une des préoccupations. C'est en quelque sorte un travail sous forme de proposition et non comme une idée à imposer. Il se réserve un seul droit: celui de ne pas être utilisé comme élément pour rentrer en conflit avec d'autres critères. Il présente un seul regret: celui de n'avoir pas assez puisé dans d'autres parlers. Ce manque sera, certainement, comblé à l'avenir. Enfin, pour se faire une idée générale, il est peut-être utile (pour les scientifiques?) de dévoiler au moins la formation de l'auteur: aucune formation dans le domaine de la linguistique. Juste quelques notions (presque nulles) acquises au fur et à mesure que ce travail avançait. Son seul atout: sa langue maternelle.

Alors, pourquoi réaliser ce genre de travail ?
Les raisons existent, et elles sont nombreuses. Mais celle qui préoccupe le plus, et qui pèse sur la conscience, est celle de la pauvreté de la production: le manque! Il fallait le dire pour comprendre cet acharnement, à aller fouler sur un autre terrain, au risque d'être considéré comme un intrus, même si quelques précautions ont été prises.
Ainsi, en espérant avoir conçu ce qui suit comme un outil de référence (malgré quelques erreurs qui ont pu, involontairement, se glisser), les lectrices et les lecteurs (aptes à juger) sont invités à adresser leurs remarques ou suggestions qui seront les bienvenues.

L'auteur

9

Abréviations et signes

- ace. ............
adj. ............ adv. ........... a.c.n. ......... a.p té . ......... a.prép. .......
a. v .c.o.d/i...

all. ............ a.p.am.n/s.. a.p.i. .......... ang. ........... anx. ........... aor. ........... ar. ............. ass. ............
- cat. ............

el. ............. corn. cons I c

accompli adjectif adverbe affixe complément de nom affixe de parenté affixe de préposition affixe de verbe complément d'objet direct/indirect allemand alphabet phonétique amaziy nord/sud alphabet phonétique international anglais annexion aoriste arabe assimilation catégorie classe commun consonne
dérivé(e)

- der.
- e.a. e.I. exc. E.x. expo ext. - fém. fy. f. fut. fro - heb. - imp. inacc.

état d'annexion état libre exception exemple exprimé extension féminin tifinay forme futur français hébreux impératif inaccom li

int. Intensif it. italien m.à.m. ... mot à mot masc. masculin nbre nombre n.a.v. nom d'action verbal n.ag. nom d'agent n.inst. nom d'instrument n.I. nom de lieu n.exp. non exprimé n.sép. non séparé n.b.p. note de bas de page no. numéro p. page pp.p. participe passé pas. passé pass. passif préf. préfixe prés. présent pl. pluriel prét. prétérit qté. quantité qqc. quelque chose qqn. quelqu'un Q. question récip. réciproque ref. référence R. réponse sép. séparé spI. simple sgI. singulier suf. suffixe trans. transitif

=: égal '*': différent, contraire :::: environ, sens proche, à peu près

:f.: égal à l'un et différent à l'autre *, (1): renvoie à la note de bas de page

10

1ère

partie

Introduction

à la transcription

--

-----

--

Transcription tifinav on latine?

La langue tamaziyt (berbère) possède son propre système d'écriture attesté comme un des plus anciens. Ce système ne doit sa survivance qu'à une partie du peuple amaziy : imucay (twaregs), hors de la portée des destructions de tout genre qu'engendraient les envahisseurs ou les régimes successifs en Afrique du nord. Dans leur contrée reculée du Sud, les moyens font défaut. Seuls les rochers du fabuleux et légendaire massif du Hoggar et de sa région ont permis, en présentant leurs façades à des mains, aussi naïves qu'intelligentes, de femmes et d'hommes libres (imaziyen), de graver leurs messages avec cet alphabet millénaire. Et c'est donc la roche qui restitua avec fierté, un des symboles de la mémoire du premier peuple de Taferka (Afrika ou Afrique) à qui le continent, tout entier, doit son nom. Les temps modernes sont là, mais, avec des hommes lâches cantonnés depuis toujours dans un " front de refus ", la situation n'est guère à l'amélioration. Contre sabre et voix obstinées, cet alphabet, avec son histoire, a fait sa traversée du désert pour atterrir entre des mains les siennes - qui, elles, s'obstinent à lui rendre son âme, à le remettre en l'état et à le préserver à jamais. Quoique répandu de plus en plus, mais encore par faute de moyens, il est resté, plus ou moins, à son état primitif. Il est peu développé pour répondre, en l'état actuel, au besoin réel de la langue. Son enseignement en parallèle, qui permettra de l'améliorer, ne sera qu'une bonne initiative. Ainsi, pour des raisons purement pratiques, la langue tamaziyt s'écrit à l'aide d'un alphabet basé sur le latin lequel, bien avant son heure, a déjà eu le mérite d'être utilisé*' il y a quelques millénaires, dans la poterie fabriquée en Afrique du nord.

-

Comme pour d'autres

parlers"

amaziy nord"

à système

spirant,

l' " amaziy-kabyle " dont il est particulièrement question ici, dégage un système plus large. Il serait alors difficile et même risqué de le limiter au seul système phonétique qu'on essaie d'imposer pour tamaziyt (v. " alphabet" p. 4 et 5).

* D'après J.B.Moreau "Grands symboles méditerranéens dans la poterie algérienne ", éditions S.N.E.D., Alger, 1976.

13

-----

Alphabet

a.p.am. (nord) C (cil)
A (ay) B (ba)
V (vi)

fv.
(néo) Ô
0 <D Â

a.p.am.
(sud)

a.p.i
?

fr./autres aa
man (ang.)
b

beb./ar.
<

exemples
~Celli (se moquer)

- -

a
b

»
,:)

re
b

~.,man (l'eau) A
':' Ji Cnu (chanter)

Bibb (porter sur le dos)

c
C

v

v~
cblt
lm tch
œJ

~- Vedd (ê. debout/stoppé)

C (ci)

C(cin)
D (dda) D (di)
J;>(c:!an)


(3

J
tf d

-

1\ V

d

d
this (ang.) ;: that (ang.)
le

-

et

a
!J
Q

CCina (des oranges) ~:> Ddem (prendre)

E (ilem)
F (faw) G (ga)

. ..
;(

E
][ X

c
).

ut>

.

~DeI(couvrir)

e
f g

I)lu (enduire) Err (remettre)
~Fakk (terminer)

f g

f goal

G <iï)

g
h

g
dz h
l;1

G (gin)
H (ha)

jean's (ang) hollywood

-

GgaII (jurer)

).

-

Ger (introduire)
~Ggel(devenir veuf) Hucc (secouer fortement) ~lJucc(couper de l'herbe) nIel (mer) Jji (guérir) ~Kkes(enlever)

X
0 J.. I I R I:i

IJ

(l)i)

i J k

k

Tf {fi

n

Il (i) J (ji) K (ka) K (Id)

i z k

i je,gà

,:)

-

I
m n

ç 1
m n

L (la)
M (mi) N (na)

Il
[ I

ich (all.) I
m n

,

- Kern (toi: fém.)

J

LIai(naître)

~r Mmi' (mon fils) ~I:JNfel (déborder)

(1)« i »transcrit en majuscule (Ul'':

prononcé" i "ou" y[e] ") à l'initiale d'un verbe (conjugué),

prend la valeur du pronom afftxe de la 3ème personne du masculin singulier (il: français); (v.p. 219 et 220" les paradigmes de la conjugaison ").

14

-

---

Q (qa)

k:::

q
Y x r r s Il t

q/o
R x r s
f>

r (parisien) hI dl (all.) r (roulé)
~r:devant a, 0

y2 (yi) X(xi) R (ri) ~(ra) S (si) ~(sa) T (ti) T3 (tin)

Y X 0 0 0 + X

i'
., .,

»

/=
/ / .J"

~Qqes(piquer) VIi(tomber)
~~Xsi (s'éteindre, dégonfler)

Rav (s'écrouler)
~vu(le gravats)

service
s: devant a, 0

éJ
0

Seddis (six)
~ubb(descendre)

t

U

e
~t / Is
U

t th in (ang.) ~tôle(fr.) zehn (all.)
(JI

cP

,:, -

Telwa (mare de café) ~'" 0 Tin (celle)
~~Till (regarder)

T (ta)
T (tin)
U (u)

y
t
0
0

- J\u (oublier)

\ .,.
.,.

-

UI (cœur)
~~Win(celui)

W (wa)
y (yen)
Z (zi) ~(:p) ~4(~in)

U

W

W

win (ang.)

n
>K

y
z +

J
z :?
]il

jahr (all.) zone, oser
7:. devant a, 0 zio (it.)

)!(

YaI (chaque) L1' Zgel (rater) /
/ ~+u(planter)

p5 (pi)

-

-

-

-

P

piano

- v~eg (mouiller:f. int.) ~- Pari (Paris)

(2) « y » noté sur la ligne (.Y.) - seulement à la fin d'un verbe (conjugué) - représente le pronom affixe de conjugaison (ou désinence) 1ère personne du singulier (je: français); (v.p. 219 et 220). (3) « t » noté" t " (avec une barre), représente l'indice de conjugaison des 2èmes personnes singulier et pluriel, et celui de la 3ème personne du féminin singulier; (v.p. 219 et 220). (4) Ce phonème (~) ne se rencontre qu'à l'intérieur de certains mots, qui sont généralement, des verbes sous forme intensive (v. "transformation consonantique", p. 37).
(5) Cette lettre (p) ne s'utilise que dans des mots étrangers. de : "à propos de la transcription ou en variante régionale (v. à la fin

des phonèmes /hl et Iv/", p. 26).

15

os palatal

cavité nasale

maxilaire supérieure

voile du palais

Lèvres

Maxilaire inférieure

Pomme d'Adam

--Poumons

r--

~

~

__

~

~

-------

---

Schéma de l'appareil articulatoire de la phonétique

16

PHONEMES
Il Y a, au total, quarante phonèmes propres au" kabyle ", si l'on inclue le " son" représenté par la voyelle muette «e ». Cela constitue le principe phonétique de la langue. Il Ya trente-six phonèmes consonantiques. a) Onze sont représentés chacun, par une consonne distincte des autres, et deux par des semi-voyelles. Ce sont: - e - b - v - f -j

- I - m - n - q - y -x

-, et w - y -

b) Vingt-trois sont représentés par, seulement, neuf consonnes. Chacune d'elles possède au moins un homographe, c'est-à-dire, un phonème différent, mais transcrit avec la même lettre (voir plus bas). Le reste - quatre phonèmes une muette. Donc, on n'utilise phonèmes.

- est représenté

par trois voyelles principales

et

que vingt-six

lettres pour transcrire

l'ensemble

des

I - Les consonnes 1.1) Occlusives:
a) Les consonnes unitaires: Ce sont les treize consonnes citées ci-dessus en a) , dont chacune ne représente qu'un phonème à la fois. : Ce sont des consonnes qui reproduisent, pour chacune, plus d'un phonème. Elles sont au nombre de neuf pour vingt-trois phonèmes.

b) Les consonnes

multioles

17

b.l) Cino consonnes Dar deux (Sx2) : 1) c 2) h C 3) k I}. 4) r

r

k

5) s

~

b.2) Trois consonnes Dar trois (3x3) : 1) d

2) g

d. , d. g; g

3) z

~; ~

b.3) Une consonne par quatre (lx4) :

t 1.2) Emphatiques:

t; t; t
Il Y a cinq consonnes emphatiques, qui se distinguent par un signe diacritique (pointd'emphase).

Cesont:
Note 1 :

-d-r-s-t-z. .
a) Lorsqu'une
parce qu'elle est"

.

.
spirante"

.

de ces emphatiques

- est

-

à l'exception dè « <I »,
au voisinage ou en

contact direct avec une de ces vélaires « q », « y » ou « X », ou d'une autre emphatique, on la note sans" le point" en dessous. Ex: 1) - qres (déchirer)
yez (mordre) rxu (être bas) 2) - zer (voir) mais:

on prononce: " "

- v<lel (faire tomber) :
prend un
Ii

" " " « le point d'emphase est maintenu ».

qre~ Ve~ rxo zer .

.

.

b) Quelquefois, c'est une autre consonne (du même mot) qui subit l'influence d'une de ces cinq emphatiques. Elle

timbre emphatique

", mais on la note sans
aJod .

le point d'emphase.
- alud . (la boue)

on prononce: - ajrad (le criquet) " "

ajrad .

.

18

Note 2 :
1) 2)
3)
<I

t = spirante = occlusive
= seule

1,1

" "" t " consonne notée avec un point en dessous, et

emphatique de " d"

qui" n'est pas emphatique ".

1.3) AffriQJ.lées ou semi-occlusives: Elles sont au nombre de quatre, déjà mentionnées plus haut en hl; b.2;bJ. Ce sont:

- c . g . t . ~ .

1.4) Spirantes: La notation phonologique, pratiquée pour tamaziyt, ne permet pas de distinguer une " spirante" d'une" occlusive ". Mais, contrairement à ce qui a été présenté jusqu'à ce jour, dans d'autres ouvrages - c'est-à-dire cinq spirantes représentées par cinq lettres d'occlusives - ici, ne seront présentées dans ce

sens, que quatre. La raison de cette différence est donnée plus
loin (v. .. à propos des phonèmes [b] et [v] ", p. 23).
Occlusives d (dd) Spirantes d* ,

g ~k t

k t

Cette présentation" exceptionnelle" des spirantes (avec des signes) n'est donnée ici, que pour avertir le lecteur de la différence qui existe entre ces deux tendances. Elle ne sera pas reproduite plus loin (la transcription des spirantes sera identique à celle des occlusives).

* Dans la majorité des cas qui se présentent, la lettre« d» (brève) est spirante, alors que l'occlusive est souvent tendue (dd). 19

1.5) Labio-vélarisées

(ou variantes régionales)

Cela porte sur des consonnes" labialisées ". L'explication n'est donnée ici, qu'à titre d'information. Plus tard. le lecteur pourra ne pas considérer ce phénomène. Il y a, principalement, cinq consonnes « g k q V X », qui - dans certains mots -, lorsqu'elles sont voisines de la voyelle « a », laquelle à un moment donné se change en« u» - deviennent des "labialisées".

- - - -

On les transcrit comme suit:

"g"

- k" - q"

. V"

-

X""

Pour bien prononcer, il suffit de remplacer le « " » (exposant), par un « U » très bref. La relation qui existe entre" u " et " w " explique le choix de " =:"

-

Ex:

- ag"ad (avoir peur) iy"yal (des ânes)

«
w

> Iugad (il a peur) > ayyul (un âne)

n.b: On peut constater, d'après les deux exemples ci-dessus, que la vélarisation
» disparaît dès que la voyelle « a » est remplacée par « U ».

A comvarer avec les mots suivants. où il n'y a vas d'alternance

vocalique:

- azggway(le rouge) - alywem(un chameau)

> izggwayen > ileywman

Dans ces exemples, la vélarisation se maintient: il n'y a pas de son« u ». Un autre cas de vélarisation, possible, est celui de la semi-voyelle « w » qui se transforme, pour donner naissance à une "lavio-vélaire": le mot garde toujours le même sens. Ceci n'est donc, qu'une possibilité (variante),et non une obligation. Ainsi, avec le verbe" awi " (emmener), lorsqu'il passe au prétérit, sa voyelle
«

a

»

devient

«

u », et comme cette dernière se retrouve en contact direct avec la

semi-voyelle « w » du verbe, elle est alors, assimilée à celle-ci. Et de ce verbe présenté au prétérit - se dégagent trois variantes:

-Iwwi
20

=

[Iggwi; I bbwi; Ippwi] (il a emmené/il a emporté)

Ce phénomène n'est qu'une des simples variantes régionales, qui ne pose aucun problème de compréhension. Par la suite - sauf cas nécessaire - ces variantes ne seront pas prises en compte. Il ne sera donné que la version, selon l'état primaire du mot. Comme pour

l'exemple ci-dessus, on aura uniquement" Iwwi ":

« pas de variantes ».

II

. Les voyelles

Pour la réalisation des voyelles - contrairement aux consonnes - le passage de l'air provenant des poumons ne connaît pas d'obstacle au niveau des " résonateurs" (organesde la phonétique).

II.l) Voyelles pleines:
On ne compte que trois principaux phonèmes vocaliques. Ce sont les" voyelles principales" appelées aussi" voyelles pleines ".

1) - a [re, a]
2) - i [i, é , è ] 3) - u [u, 0 ] Sous l'influence de consonnes emphatiques - en voisinage ou en contact direct ces voyelles changent de Utimbre " (v. " note l ", p. 8).
Ainsi: -

-

- ?:?:U [?:?:o](planter)

à comparer avec: zzu [zzu] (griller)
" ": zziY [zziY] G'ai grillé) : Izza [jezzœ] (il a grillé)

- ?:?:iY[?:?:èY]G'ai planté)" - I?:?:a [je?:?:a] (il a planté) ""
- furar [forar] (février) - itij [étèj] (le soleil)

21

II.2) Voyelle neutre « e » [ dL:
Qualifiée aussi de" muette" ou de " voyelle zéro ", elle est comme un agent de la circulation elle intervient, si nécessaire, parmi les consonnes pour éviter un entassement de celles-ci et faciliter la prononciation. . Il n'y a pas de mot qui s'écrit avec une suite de plus de deux consonnes, sans que « e » soit introduit.
I

la voyelle « e » ne se rencontre jamais à la fin d'un mot.

. Elle n'est pas obligatoire
.
Elle est instable

à l'initiale (elle est même déconseillée); sauf pour des mots à une consonne (les monolitères),tels que:

selon la nature du mot. Certains - à l'audition comme à l'écrit la confondent, souvent, avec la voyelle pleine « a ». Pour éviter cette confusion, il suffit - s'il s'agit surtout d'un verbe - de mettre ce dernier sous un autre aspect: -la voyelle « e » disparaît, ou alors, elle change de place.

- err (remettre, rendre); - ecc (manger), etc...

Ex:

aoriste - S~l (entendre) - kk~r (se lever)

prétérit > sliY (j'ai entendu) > kkren (ils se sont levés)

Note: Lorsqu'un

- consonnes) s'il nefinit parpas deconsonne mot une porte voyelle

(quel que soit le nombre de pleine en avant-dernière position, la place est automatiquement occupée par la voyelle « e ». - L'indice final « t » du féminin - si le mot en comporte n'est pas pris en considération: c'est-à-dire, comme consonne radicale du mot.

-

Ainsi:

- zgel (rater) > nezgel (nousavonsraté) - zeglm (ilsontraté) ---> zegl~ (ellesontraté)
A retenir: Une consonne double (tendue) ne représente qu'un seul" son" appuyé. Donc, elle ne peut être prise comme s'il s'agit de deux consonnes distinctes. Dans" heggi ", on ne comptera que trois unités: Et " e " n'est considérée, nulle part, comme unité fondamentale.

- une

brève (h), une tendue

(gg), et une voyelle

(i).

22

A propos de la transcription

des phonèmes /bI et /vI

/bl (occlusif) et Ivl (spirant) seront transcrits à l'aide des lettres" b " et " V"

- Le premier
I

est" bilabiale" - Le second est" labiodentale"
I

par rapport à l'ensemble des phonèmes / b / est le moins fréquent

En transcrivant les deux phonèmes avec la même lettre « b » - comme cela
tend à s'imposer

- le

lecteur

(surtout

non amaziyophone

ou débutant)

sera

contraint à chaque fois, ou de se reporter au lexique, ou alors, d'enregistrer toutes les" différences" et ce, même en étant déjà averti. Aussi, il serait prudent de revenir sur cette" hypothèse", équivalent graphique du phonème /v/. à savoir: « b »

On peut d'ailleurs, à ce propos, avancer deux raisons, lesquelles sont pas tout à fait solides - ont, au moins, le mérite d'exister:

- si elles

ne

1) L'existence d'une paire minimale [b

- v]

et:

-verrez

- berrez

(donner un coup de tête, foncer la tête la première) (débarrasser, nettoyer: forme intensive du verbe" vrez ")

2) L'emploi exclusif du phonème /b/ et non /v/

-bibb (porter sur le dos) -cbirdu (renard)

et non: [vibb] " " : [cvirau]

De plus: Présenter" v "tel quel, n'entraîne aucune lourdeur à la transcription. De tout temps, lorsqu'on a des difficultés à prononcer un phonème inexistant dans sa langue, on le remplace par un " son" proche. Et si, prononcer" v " pose des problèmes pour certains, avoir recours au [ b ] reste toujours possible. Même un nom propre peut perdre, complètement, son empreinte originale. C'est ce qui, par exemple, est en train de se produire avec le nom" Vgayet "

23

(nom de ville méridionale en basse Kabylie). Transcrit" Bgayet ", le nom n'est pas loin de la modification prise pour le rebaptiser en arabe" Béjaïa "; «les deux phonèmes [v] et [g] n'existent pas en arabe»

- « b » pour .
-«J» -«ï»
"

« V»

"

«g» « y »; et « t » a été ignoré.

Le phonème occlusif /bl peut, aussi, être le résultat du phonème spirant Ivl lorsque celui-ci doit s'allonger, comme lors du passage d'un verbe de l'aoriste simple à l'intensif (1) ; - xvec (griffer) > xebbec: forme intensive - rvu (accoucher) > rebbu : Il est peut-être vrai que, pour certains" berbérisants ", ces arguments ne sont pas tout à fait compatibles. prenons donc l'exemole de " b " et " v " espal!:nols

En castillan et en catalan médiéval, /bl et IvI étaient deux phonèmes
différents (cette différencesubsiste,actuellement,dans le valencien). Par la suite, Ivl (labio-dentale) devient /tll (fricative bilabiale), puis se confond avec la réalisation du phonème /bl (occlusif bilabiale). C'est ainsi que la relation primitive, entre /bl et Iv/, est devenue [b] et [!J].
qui sont une réalisation phonétique d'un unique as de transcrire ce dernier « b » et « v ».

En conclusion, l'espagnol ne fait pas de différence entre la prononciation du «b » et du « v » (2) et vice-versa. Ainsi, le «b» de burro [burro] se confond avec le « v » de vaca [baka]. on écrit: et on prononce: Valencia, [balen8ja], vino [bino]

(1)

Voir" transfonnation consonantique" p. 37.
du dictionnaire "français

(2) Observations

- espagnol/espanol

- francés",

page 124 pour "B", et

page 942 pour "V"; de Ramon Garcia-Pelayo et Jean Testas, édition Larousse 1991

24

Le cas particulier, pour tamaziyt, pousse à avancer l'hypothèse suivante: - A l'époque coloniale (et bien après l'indépendance) en Afrique du nord, le " berbère" n'a été pris en considération, et partiellement, que très tard. Il a été ignoré au profit de l'arabe mieux pris en charge par les autorités coloniales (ou nationales). Dans cette langue (l'arabe)le phonème Ivl (comme déjàsignalé, npage24) e n'existe pas. Et plus tard, lorsque timidement, on s'est penché sur la question "berbère", sans se soucier des contraintes qu'il aurait à subir, on lui a imposé le même système de transcription créé pour l'arabe. C'est en se basant à moitié sur cette hypothèse et, en d'autres cas, sur la difficulté - pas des moindres - que rencontrent même les amaziyophones dans la lecture ou la traduction d'un texte, que cette modification est, volontairement, introduite. Si la raison, pour laquelle on tenait à transcrire [v] par b, n'était que par souci de standardisation, et aussi, parce que ce phonème n'est pas admis dans l'amaziy-sud, alors le problème se poserait de la même manière, pour ce
qui est des "affriquées" (c

. g ; t .~),

et pour e et J} peu attestées

dans le sud. Et

à ce "jeu", les futures générations perdraient beaucoup au change: pas moins de onze phonèmes disparaftraient.
Or, le cycle vers une "coalition" entre ces parlers

peut, désormais, empêcher

-

- qu'aucun

pouvoir ne

est d'ores et déjà enclenché. Et leur différence ne

sera que positive pour la langue de demain.
On sait que les parlers du nord ont subi un phénomène propre d' " évolution phonétique" ou d' " assimilation", alors que ceux du sud restent moins touchés.C'est ce qui, probablement, explique la richesse de leur" vocabulaire type" , avec un minimum d'emprunts. De la même façon qu'on défend certains acquis (comme l' " emprunt "), il faut se garder de ne pas" amputer" une langue de ses richesses, aux dépens
et au détriment

- non

pas d'un autre parler

- mais

d'une idée[ ologie] reçue.

Vouloir apprendre une langue est à la portée de tous, mais pouvoir la " manipuler" exige un effort sérieux. Ce qui décourage, et ce sur quoi la
majorité bute, est l'articulation de quelques" phonèmes spéciaux"

.

Un exemple des plus marquants, à citer brièvement, est celui d'un français

25

d'aujourd'hui, qui rencontre des difficultés à prononcer le « r» (roulé) d'une autre langue latine (tel que l'italien ou l'espagnol), alors que sa propre langue est issue du latin. Ceci s'explique par le fait, qu'une minorité (d'aristocrates) a pu

imposer le « r : grasseyé ou parisien », pour se distinguer de la société
paysanne devenue minoritaire; et où le « r : roulé» ne survit que grâce. à l'ancienne génération. Un bel exemple de comparaison parmi tant d'autres à prendre au sérieux. On peut toutefois remarquer une certaine contradiction des uns, et un laxisme latent des autres: -/vl phonème propre à la langue, est rejeté de la transcription. - Ip I phonème inexistant dans le lexique amaziy avec une faible

-

apparition dans quelques variantes, et en concurrence

avec

«

w,g,

b », ou dans des mots étrangers - est transcrit tel quel. Alors qu'il aurait pu être transcrit différemment, ou prendre une autre valeur telle que « b » ou « V». Il n'y a, bien sÛT,aucune opposition à ce sujet. Au contraire. Pour finir, il est souhaitable, qu'il y ait, de toute urgence, en concordance avec toutes les parties, un certain remaniement et développement concernant cette transcription, même si elle a déjà quelques décennies derrière elle. Ceci dans un but d'usage simple et fluide. Cette forme d'introduction-réflexe n'est qu'une suggestion en toute modestie, sans aucune intention de remettre en cause, ce qui a été honorablement présenté, auparavant, par des spécialistes ou amateurs. C'est à eux, quand même, qu'on doit ce " plongeon balisé", et il leur est affiché, ici, reconnaissance et considérations sincères" . "

26

Phonétique

Les sons
Il Ya deux sortes de "sons":

. vocaliques

. consonantiques

(voyelles) (consonnes)

Ces" sons" sont fonnés grâce à l'air provenant des poumons, qui, avant son expulsion totale, est momentanément, arrêté par certains organes qui se refennent. Ce sont d'abord les cordes vocales, ensuite, après l'ouverture de celles-ci, l'air est modulé en premier lieu, par la langue selon sa position, puis les dents et les lèvres en dernier. A sa sortie cela donne un" son ".

n
Afin d'émettre un son, le canal d'expiration peut subir une fenneture ou fricative) momentanée (de l'air se trouvant dans les poumons) (spirante

(occlusive), ou un rétrécissement

- Alvéolaire

> alvéoles des dents. - Apicale (apico--) -> pointe de la langue - Dentale(inter-/apicaux-)--> dents - Dorsale > dos de la langue - Glottale (sonore) --> cordes vocales - Labiale (bi -) > lèvres

- Laryngale - Nasale

> larynx > fosses nasales

- Palatale (pré-/post-) ---> palais - Pharyngale ---> pharynx - Uvulaire/gutturale > luette - Vélaire > voile du palais

27

furek ad-ak-kelxen Yak kul m'ara k-wwten Assa, kks-ed affen Muqel afus nniqen fas neqqar-itent

ma telliq d-argaz tiyit' ak-tJ:laz seg fus i k-yewwten ma I"ef acekkwaz neggum' an-necfu >Urwat (LAM)

28

Mode d'articulation
C'est la désignation d'un phonème selon son articulation, en rapport avec les
" organes vocaux".

Comment se réalise la prononciation?
Labiales (b, p, m) : Les lèvres jointes, elles s'ouvrent sous la poussée de l'air expiré suivi de la voix. Le bout de la langue appliqué contre les dents supérieures et les lèvres légèrement ouvertes. Le bout de la langue entre les dents avec une petite ouverture des lèvres.

Apico-dentales

(d, n, t) :

Apico-inter-dentales

(d, t):

Labio-dentales

(v,

f) : Les dents supérieures (incisives) sur la lèvre inférieure et le bout de la langue à la base des dents inférieures.

Palatales (g, k) : La langue courbée, la pointe appliquée à la base des dents inférieures, et le dos contre la voûte arrière du palais (à la hauteur du voile) se décolle sous la pression de l'air, avec une légère articulation de la mâchoire inférieure (vers le bas). Palatales douces

(i, Ii) :

Identiques à ci-dessus, sauf que le dos de la langue n'est pas collé au palais, laissant un petit vide par où passe l'air en continu. Le son qui en résulte est doux. Les lèvres, légèrement ouvertes, sont portées en avant; la langue creuse, en forme de cuillère, touche par les bords les alvéoles côté prémolaires. L'air passe par le creux de la langue, suivi d'une voix sourde (c) ou sonore (j).

Post-alvéolaires

: (c, j) :

Alvéolaires (s, z) : Même procédure que pour « C » et «j » mais, ici, les cotés
de la langue s'appliquent contre les alvéoles (au-dessus des incisives), ce qui fait que la langue est plus creuse.

29

Larvn~ale/~lottale

(h) :

La pointe de la langue sur la racine des incisives, et il y a vibration des cordes vocales. L'air est fortement expiré, comme lorsqu'on veut couvrir une glace avec de la buée. Le bout de la langue est à la base des incisives et les lèvres sont légèrement ouvertes, alors que le pharynx se referme un peu lors du passage de l'air.

Pharvneales

(e, 1]) :

Latérale (I) :

D'articulation apico-alvéolaire, le bout de la langue appliqué sur les alvéoles (au dessus des incisives supérieures);cela crée un obstacle pour le passage de l'air qui contourne les deux côtés de la langue pour sortir.

Vibrante (r) : Le bout de la langue se met au dessus des alvéoles et produit plusieurs battements sous la pression de l'air. Il ne fait qu'effleurer l'organe fixe (la voûte du palais). Uvulaires (V, x) : La partie arrière du dos de la langue est fortement rétractée vers le fond (rapprochée de la luette mais sans se coller), le bout de la langue appliqué en dessous des incisives inférieures: l'air sort en raclant la gorge. (q) : La différence avec les deux phonèmes précédents est que, ici, le dos de la langue est collé à la luette. Ce qui donne une fermeture complète. La pression de l'air et le décollement sec du dos de la langue (claquement)donnent un" son sourd ".

Gutturale

Fricatives ou affriquées (c,g, t, ~) :Elles tiennent des occlusives, mais avec une fermeture plus ou moins prolongée, une ouverture lente et progressive, et finissent comme des fricatives. Pour les deux premières (c et g) la partie arrière du bout de la langue s'applique en arrière des alvéoles (post-alvéolares),alors que pour les deux autres (t et ~), elle s'applique sur l'avant des alvéoles. Emphatioueslpharyn~alisées

(4, t, r, ~, ~) J:.e point

d'articulation

est

identique à celui de leurs correspondantes (d, t, r, s, z), mais la durée d'occlusion est plus 30

importante. La langue - dont la racine est poussée vers le fond de la bouche (pharynx) semble prendre une forme gonflée. Labio-vélarisées combinaison de deux (g-, kW, q- , yw, x-Il)y:a articulations. La première (principale) est celle des correspondantes réciproques (g, k, q, V, x), et la seconde est celle de la voyelle «u », mais qui est très brève: la fin de l'articulation se fait avec les lèvres arrondies, sans qu'il y ait une réelle projection de celles-ci, comme pour la voyelle pleine « u ».

Semi-voyelles (w, y) : à durée d'émission brève. 1) «-1ï-»: Le bout de la langue est légèrement appliqué tout en bas des incisives inférieures. Les lèvres sont arrondies et un tout petit peu projetées en avant (contrairementà la voyelle postérieurefermée« u »); c'est d'ailleurs l'un des détails les plus importants qui les distingue: le passage de l'air se fait comme lorsqu'on souffle.
2) «....I :

La langue est courbée, le bout appliqué juste en dessous des dents (incisives inférieures), et le dos bien rapproché du palais: le passage de l'air suit la courbe de la langue.

Voyelles (a, i, u et e): Elles ont toutes un point important en commun: leur mode d'articulation est caractérisé par le libre passage de l'air qui subit le même traitement. Cet air traverse en totalité la cavité buccale, le voile du palais reste ouvert, fermant ainsi le passage par les fosses nasales. Ce qui fait que les voyelles réalisées sont orales; seuls les résonateurs varient le "timbre". «..il.» : Le bout de la langue en dessous des incisives inférieures, la bouche un peu ouverte (au momentoù on coupe la respiration), et on pousse l'air comme pour tousser légèrement. Au même instant la mâchoire inférieure s'articule vers le bas.

31

«.1»:

Le bout de la langue appliqué à la base des incisives inférieures, le dos contre la partie avant du palais et les lèvres étirées: l'air s'échappe entre les dents. Le bout de la langue tout en bas des incisives inférieures, l~s lèvres arrondies et projetées en avant: l'air sort en continu. Sa prononciation est assez proche de celle de « a » à laquelle on la confond. Mais, ici, la bouche est moins ouverte (à moitié fermée) et la mâchoire reste immobile.

«.JI..» :

«J:..» :

32

Classement des phonèmes

(selon l'articulation)

-d:
t :

occlusive dentale "

-d : spirante
t: "
-

inter-dentale

sourde

"

"sonore

-k:

g:

occlusive palatale sonore " "sourde

k : spirante palatale sourde (douce) g :" sonore"
et

- b: occlusive bilabiale sonore p(1): " sourde

-

: spirante

i"lter-<len13leSJurdeemphati}ue

t : occlusivedentale"

"

-v:
f :

fricative labio-dentale sonore " " "sourde

-r:
c:

liquide prè-palataleemphatique

~: sifflante sonore emphatique

-j:
c :"

fricative chuintante sonore sourde

-g : affriquée
"

-z:
s:

fricative sifflante sonore " "sourde

- ~: affriquée

t;

"

-e:
h:

pharingale spirante sonore "" sourde

-q:
V :" x :"

vélaire(2) spirante sourde

"sonore sourde

-I:
r :

liquide latérale "vibrante

- m: nasale bilabiale n: " apico-alvéolaire

(1) Voir
(2)

Il

note de bas de page no. 4 ", p. 15
(<<q

Ces trois vélaires

. V - X ») ne

se rencontrent jamais, toutes à la fois, dans un même mot,

et rarement par deux; sauf s'il s'agit de l'indicede conjugaison« V » 1èrepers. sgl.

33

-h:
-

laryngale spirante sonore

- ~ : spirante

dentale sourde, emphatique

-a: -

voyelle orale non arrondie i :" "" u: " " " " e: " ""

postérieure: ouverte antérieure: tendue et fermée postérieure: tendue etfermée centrale: fermée

-w: -y :

semi-voyelle vélaire arrondie " " pré-palatale antérieure

L'articulation

est" sonore" ou " sourde"

?

Cela dépend du passage de l'air au niveau de la glotte.

1)

Si le larynx est fermé, la poussée de l'air force le passage entre les cordes vocales, rapprochées, qui se mettent alors à vibrer et, avec l'aide de la voix, on réalise des articulations dites: "sonores" ou "voisées ".

2) Dans le cas contraire où la circulation de l'air est libre au niveau du larynx (les cordes vocales écartées ne vibrent pas), la voix n'est pas émise, et les articulations réalisées sont dites: "sourdes" ou " non voisées ".

34

NOTES D'ORTHOGRAPHE
Écrire correctement un mot demande une certaine connaissance des règles d'orthographe. Et ces règles - que des académiciens mettent en œuvre - sont basées sur les lois de la linguistique. On sait que les langues sont" mobiles "; en somme, elles évoluent et obéissent à un environnement. Et qui dit évolution, dit: " création", " nouveauté" . L'orthographe est quelquefois façonnée pour des" raisons esthétiques" . Et c'est ainsi qu'on rajoute ou qu'on modifie certaines règles. La langue tamaziyt - par sa simplicité lui permettant d'accepter certaines réformes sans trop exiger - peut facilement s'approprier de nouvelles" bases ". De ce fait, son orthographe ne se résume, en général, qu'à quelques règles assez simples. De par son" système phonétique" (on prononcetout ce qui est transcrit et on transcrit tous les sons émis), la prononciation (dans certains cas) joue un rôle important quant à l'orthographe à suivre.

. Le point auquel on s'intéresse, ici, porte sur la " consonnegéminée" (tendue), reproduite normalement, à l'écrit, par une consonnedouble.
Elle se présente comme suit: a) Prononcée et transcrite" tendue" :

1) A l'initiale des mots à trois unités au maximum

- nnda (la rosée du matin) - ffad (avoir soif; la soif)
2) En position interne ou finale

- sunney (dessiner) - fakk (terminer(finir)
Note:

---> fukkeY/fukken

U'ai fini/ils ont fini)

Pour reconnaître si la dernière consonne d'un verbe est tendue, il suffit de conjuguer ce verbe à la 1ère pers. sgl. ou à la 3ème pers. pl. (comme dans le dernier exempleci-dessus).

35

b) Prononcée"

tendue"

mais transcrite"

brève" :

1) A l'initiale des mots à quatre unités ou plus

-nuyni
- sicqa

(être triste)
(foudre)

on prononce: nnuyni : ssicqa

2) S'i! y a déjà, en position interne, une consonne double

- dulckel (aller ensemble) - kuffer (être étouffé)
3) Avec des verbes d'onomatopée - cencen (faire tchin) - ferler (s'envoler, battre des ailes)

on prononce: ccencen " : fferler

Exceptions:
1) Le préfixe caractéristique
toujours tendu Ex:
(<< 5S »)

de la forme factitive

est

-

. ssres
.

(poser) ssmekti (rappeler) 2) L'occlusive « d»

- sauf, comme indiqué ci-dessus,en

"b.2)"

- est toujours tendue (dd)

Ex:

- ddari

(s'abriter)
(être aveugle)

- dderyel
A RETENIR:

De toutes les" emphatiques

", seule «

<!

»

n'est jamais

" tendue": parce qu'elle est" spirante", alors que les autres emphatiquessont" occlusives" .

36

TRANSFORMATION

CONSONANTIQjlli

Il existe des consonnes" spirantes" qui se transforment en " occlusives". Cette transformation se manifeste lorsqu'un verbe passe du thème d'aoriste simple à celui d'intensif. Et ceci n'est valable, bien sûr, que pour une catégorie, et non pour l'ensemble des verbes renfermant une" spirante". . Les verbes concernés sont, surtout, à trois unités toutes des consonnes ou dont la troisième unité est une voyelle: la consonne qui se transforme, est toujours en 2ème position.

. Certains verbes (un petit nombre) sont à deux consonnes; et celle qui se
transforme, est en 1ère position. Sauf avec «V» qui peut se trouver en finale.

I

Une" spirante"

est tou~ours brève.

Voici les consonnes concernées:

Spirantes
« V»
« C» « d » « d » « « « « S» « W»

> Occlusives
>
> > 00___> «tt»

aoriste simple

>

intensif

> « > K

« z»

> «~~»

ge~~em

37

. En principe, lorsque la spirante « t » suit une de ces trois consonnes
« l, m, n », elle devient occlusive.

-

Ex:

- tawtul1

(lapine) (ville en basse kabylie)

- Tazmal..1

- tasseml (graisse) - azzleml ! (courrez)

-tammen1
- Timucen!

(miel) (ville dans l'oranie)

. Pour le reste des transformations, voir" assimilationconsonantique", pages suivantes.

38

ASSIMILATION

CONSONANTIQUE

Un cas d'assimilation se produit lorsque deux consonnes - souvent de son proche (toutes deux spirantes), et qui se suivent - présentent une difficulté à les prononcer
simultanément:

-ce sont la dernière

d'un mot et la première du mot qui suit.

Elles peuvent se présenter en forme d'affixes, de particules ou autre.

Ainsi, leur assimilation fait apparaître à leur place, soit une autre consonne qui remplace les deux, ou que l'une d'elles reste l' "élément assimilateur" (l'une prend la fonne de l'autre). n.b: Dans les exemples qui suivront, les spirantes" d " et " t " seront exceptionnellement - notées avec une barre ( d, t ) pour bien les distinguer des occlusives.

-

Ce phénomène d'assimilation se rencontre surtout, dans les deux cas suivants:

1er cas:

en conjugaison

a) Entre « ad- » (particuledu futur) et les préfixes de conjugaison suivants: «t » (3èrilepers. férn. sgl.)

-

« t - et» (2èrnepers. sgl. corn.) « t - m / t» (2èrnepers. pl. rnasc./férn.) «n- » (1ère pers. pl.)
«

I

ad-t- »

> «at:j-»

ou « at~

Ex:

- at-teddem/aUeddem < - at-teddme4/atteddmeq
- at-teddmem =

ad-teddem (elle prendra) < ad-teddme4 (tu prendras) aUeddmem <--- ad-teddmem (vousprendrez)

39

I

« ad-n -»

> «an-n-»

OU« ann- »

Ex:

- an-neddem/anneddem < mais: - ad-afeV (je
trouverai)

ad-neddem (nousprendrons)

- ad-afentt (ils/elles trouveront)

b) Entre« ad-» et un des affixes de verbe c.o.d suivants
- (i)t (3ème pers. masc. sgI.)

- (i)t

(3ème pers. fém. sgI.) (3ème pers. masc./fém. pl.)

- (i)ten/t bl) Avec l'a.v.c.o.d
« t»

ou « tenlt» devant le préfixe personnel « t- »

I

«ad-t-t-»

> «a' t-t- »/«aU'-»

I

. le résultat de l'assimilation entre ces spirantes (en contact) donne une
occlusive « t »

Ex:

1) - a't-twali/aU-'wali

<

ad-t-twali (elle le verra) <-- ad-t-twalim (vous le verrez)
est l'élément assimilateur

- a't-twalim/aU-'walim

- mais,

dans les exemples qui suivent, l'a.v.c.o.d

2) - a'ten-twali <

ad-ten-twali (elle les verra)

- a'ten-twaliq <
3)

ad-ten-twaliq (tu les verras)
ad-t-Iwali (HIe verra) ad-t-waliV (je le verrai)

- a't-Iwali - a't-waliV

< <

40

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi