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Le méroïtique

De
131 pages
Curiosité à l'égard de ce royaume de Kush qui, il y a 27 siècles donnait à l'Egypte sa XXVe dynastie de pharaons, ses "pharaons noirs", dont les impressionnants vestiges sont au cœur du désert nubien. Curiosité à l'égard de sa langue, cousine par l'écriture de l'égyptien ancien et qui lui est pourtant fondamentalement étrangère tant dans son organisation que dans son lexique. Rêve et imaginaire aussi, tant cette langue que l'on comprend encore trop peu ouvre des perspectives fascinantes au chercheur opiniâtre.
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LE MÉROÏTIQUE

BIBLIOTHEQUE PEIRESC
Collection dirigée par François ENGUEHARD et Marc FONTRIER Association française pour le développement de la recherche scientifique en Afrique de l’Est (ARESÆ)
« Servant un chacun quand nous l’avons pu, et principalement le public, pour lequel seul nous avons travaillé quasi toute notre vie » PEIRESC

La Bibliothèque Peiresc a été créée par Joseph Tubiana en hommage à l’érudit provençal d’ascendance italienne Nicolas Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), pour y accueillir des œuvres correspondant à l’exigence et à l’éclectisme de ce magistrat humaniste et bibliophile. Savant et curieux de toute chose, au point qu’on ne saurait énumérer tout ce qui l’a intéressé et diverti : sciences naturelles, numismatique, art, histoire, littérature, astronomie, philosophie, mœurs, religions, poésie, avec un souci particulier des langues et des cultures de la Méditerranée antique et contemporaine, dans les dernières années de sa vie il s’était pris d’un vif intérêt pour les chrétientés orientales, notamment d’Egypte et d’Ethiopie. C’est dans cette direction que notre collection est surtout orientée, sans s’interdire aucun des sujets qui ont retenu l’attention de Peiresc, en s’efforçant de satisfaire, avec le respect qui lui est dû, la curiosité diverse de nos contemporains.

DERNIERS TITRES PARUS
13 – Marc FONTRIER. La chute de la junte militaire Ethiopienne (1987-1991). L’Harmattan. Paris 1999. 14 – HAYLA MARYAM et Hugues LE ROUX. Makeda, reine de Saba. Présenté par J. TUBIANA. Sépia, St Maur 2001. 15 – Marc FONTRIER. Abou-Bakr Ibrahim – Pacha de Zeyla – Marchand d’esclaves. L’Harmattan. Paris 2003. 16 – H. de CONTENSON. Antiquités Ethiopiennes d’Axoum à Haoulti. Sépia. St-Maur 2005. 17 – Job LUDOLF. Histoire de l’Ethiopie – livre I. Traduction du latin sous la direction de J. Tubiana et F. Enguehard. L’Archange minotaure. Apt 2008. 18 – Mickaël BETHE-SELLASIE. La Jeune Ethiopie. L’Harmattan. Paris 2009. 19 – Serge TORNAY. Rencontres lumineuses au cœur de l’Afrique. Sépia. St-Maur 2009. 20 - Marc FONTRIER. Le Darfour : Institutions internationales & crise régionale 2003-2008. L’Harmattan, Paris 2009. 21 – Job LUDOLF. Histoire de l’Ethiopie - livre II. Traduction du latin sous la direction de J. Tubiana et F. Enguehard. L’Archange minotaure. Apt 2009 22 – Alfred BARDEY. Barr Ajjam. L’Archange minotaure. Apt 2010

Youri ZAWADOWSKI

LE MÉROÏTIQUE

Isidor S. KATZNELSON Rédacteur de l’édition posthume

Sous la direction de Marc Fontrier

Notes de Claude Rilly Traduction de Claire Zawadowski-Volkov

Ouvrage dirigé par Marc Fontrier pour l’Association pour la recherche et les études scientifiques sur l’Afrique de l’Est (ARESAE)

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12461-5 EAN : 978229612461-5

PREFACE
Un an après le décès de son auteur en 1979, le Méroïtique de Youri Zawadowski est publié, en langue russe, par les soins de son collègue et ami, l‟égyptologue Isidor Katznelson. Publier en français un ouvrage scientifique vieux maintenant de trente ans peut sembler discutable. L‟exercice relève pourtant d‟une triple préoccupation. Il s‟agit tout d‟abord de proposer un document de synthèse, jusqu‟alors quasiment inaccessible, rédigé à un moment où les études méroïtiques reprenaient de l‟ampleur et tendaient à une certaine cohésion. Il est ensuite l‟occasion de rendre hommage à un grand philologue de formation française, dont les intuitions à l‟aplomb de son immense savoir se sont largement affirmées au fil d‟une brillante carrière. L‟arabisant réputé a fait porter ses travaux les plus remarquables sur la biographie et l‟héritage créateur de trois des plus célèbres philosophes d‟Orient, ‟Ibn Sīnā, al-Bīrūnī et al-Fārābī. Le philologue s‟est distingué par ses recherches sur les dialectes arabes du Maghreb, recherches qui l‟ont naturellement mené à la berbérologie et à l‟étude des langues libyco-berbères. Ce sont ces dernières qui paraissent l‟avoir conduit, par un tour ordinaire de l‟esprit, à s‟interroger sur le « problème Méroé ». Dernier alibi à cette édition française, il s‟agit d‟une contribution à l‟année de la Russie en France, de se risquer à vivifier modestement quelque passerelle culturelle, de celles qui trouvent toujours un chemin pour faire de la différence une richesse. La langue du royaume de Kush que, dans les années 1850, le chercheur allemand Lepsius désignait pour la première fois sous le vocable de meroitisch, préoccupe depuis longtemps la communauté des chercheurs. Philologues, linguistes et archéologues tentent patiemment de percer les secrets d‟une société dont les vestiges attestent de la dimension, sans que les textes qui nous en sont parvenus ne permettent toutefois d‟accéder à son entendement global. Car telle est la « question méroïtique » : le passage de la lecture de cette langue à son intelligence et à sa traduction. A l‟instar de l‟étrusque et de quelques autres encore, l‟idiome mystérieux que l‟on déchiffre mais que l‟on comprend trop peu, ouvre des perspectives fascinantes au chercheur tenace. Il reste que, faute d‟avoir mis à jour la « pierre de Rosette » appropriée qui ouvrirait résolument les portes de la compréhension, cette ténacité peine à ne pas le céder au découragement. Pourtant, en dépit de l‟hermétisme qui perdure, le savoir, à pas lent, a ici aussi progressé. Si l‟intérêt des savants

est avéré dès le début du 20e siècle – avec les travaux décisifs du philologue et égyptologue britannique Francis Llewellyn Griffith, incontestable fondateur des études méroïtiques – il faut attendre l‟après-Seconde Guerre mondiale pour voir enfin la recherche véritablement décoller. A partir des années soixante, les choses paraissent même devoir s‟accélérer, car un regain d‟intérêt se fait jour dans les grandes universités européennes et américaines. De nombreux travaux donnent lieu à de nombreux articles, de nombreuses hypothèses, de nombreuses recensions. Il reste que chacun semble travailler seul, faute de moyen, faute de forum. C‟est alors que face à la lourdeur de la problématique, des réceptacles d‟échanges se mettent enfin en place et que le savoir parvient tant bien que mal à s‟organiser. Trois nécessités s‟imposent d‟emblée à la communauté des chercheurs : faire le point sur l‟acquis – substance et hypothèses –, le mettre en perspective et créer les espaces facilitant les échanges et favorisant la réflexion. En 1968, sous les auspices de Jean Leclant, professeur à la Sorbonne, et de Bruce G. Trigger, de l‟Université de Montréal, sont lancées à Paris les Meroitic Newsletters, revue qui permet d'enregistrer les avancées du Répertoire d’épigraphie méroïtique (REM) et donne aux spécialistes de l'archéologie et de la philologie méroïtique un espace de publication qui leur faisait défaut. Ils y accueillent les contributions de tous les grands noms du moment dont celui de Fritz Hintze qui de son côté crée à Berlin en 1973 la revue Meroitica, laquelle jusqu'aujourd'hui paraît de façon assez régulière, accueillant principalement les actes des congrès d'études méroïtiques ainsi que des monographies. Une impulsion est donc donnée. Méroé quitte les espaces périphériques et prend sa place entière dans le cortège des études des savoirs anciens. Ainsi, en février 1974, sous l‟égide de l‟UNESCO, un colloque est organisé au Caire sur le double thème du peuplement de l‟Egypte ancienne et le déchiffrement de l‟écriture méroïtique. Bien que n‟ayant que marginalement participé à ce colloque, la recherche russe n‟est pas restée sourde à ces sujets. Sous la houlette du philologue Youri Zawadowski et de l‟égyptologue, Isidor Kaznelson, une école d‟études kushites s‟est développée depuis la fin des années soixante au sein de l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de l'URSS. Youri Zawadowski qui a été formé à l‟Institut des Langues orientales de Paris apparaît explicitement dans les études méroïtiques en 1971. Il publie alors dans la Meroitic Newsletters de Jean Leclant un texte assez court, intitulé Notule sur une possible contamination de l’alphabet méroïtique par le système libycoberbère, réflexion qui semble établir une passerelle entre le travail de son auteur sur les langues libyco-berbères et son intérêt pour le méroïtique.
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L‟année suivante, en 1972, il rédige pour la même revue Some Considerations on Meroitic Phonology, une recherche approfondie sur la phonologie méroïtique, la première du genre. En 1973, Kalznelson publie de son côté à Berlin, dans la Meroitica de Hintze, The Study of the History of the Napatan and Meroitic Kingdom : Present state and tasks. C‟est donc bien sur l‟impulsion de ces deux chercheurs que l‟Académie des Sciences de Moscou accepte de s‟impliquer de façon plus patente dans les travaux sur Méroé. Paraîtront ainsi entre 1977 et 1989 une série de quatre recueils rassemblant les travaux de différents scientifiques sous les titres successifs de : - 1977 : Méroé - Problèmes d'histoire et liens culturels - 1981 : Méroé - Histoire, histoire de la culture, langue de l'ancien Soudan - 1985 : Méroé - Histoire, histoire culturelle et langues du Nord-Ouest africain et du bassin de la Mer Rouge - 1989 : Hommage à I. Katznelson : « Problèmes d'histoire et des liens culturels dans l'antiquité et le haut Moyen-Âge » Deux articles de Youri Zawadowski sont publiés dans les deux premières livraisons : Analyse de la stèle de Tourajev à l'Ermitage en 1977 et Problème de l'article en méroïtique, en 1981, soit deux ans après sa mort. Il reste qu‟après celle-ci, survenue en 1979, le travail de l‟école russe sur le méroïtique deviendra plus discret. Les contributions seront essentiellement d'ordre historique et resteront quasiment limitées aux auteurs soviétiques. Ainsi, dans les années quatre-vingt-dix, la revue cessera-t-elle de paraître tant à cause de la désorganisation des institutions de l'ex-URSS qu'en raison de la disparition de ses fondateurs. Aujourd‟hui, tandis que Méroé intéresse un nombre toujours croissant de scientifiques, les laboratoires les plus dynamiques sont à Vienne où Inge Hoffmann publie depuis 1986 la revue Beitrage zur Sudanforschung dont le dernier numéro est paru en 2006 et à Paris où les travaux de Claude Rilly s‟inscrivent dans la continuité de ceux de Jean Leclant1. Claude Rilly qu‟il s‟agit de remercier chaleureusement d‟avoir accepté de commenter et d‟annoter le texte de Zawadowski à la lumière des acquis nouveaux en dépit d‟un emploi du temps qui ne s‟y prêtait guère. Un petit ouvrage de passage entre les mystères de Méroé et nos certitudes contemporaines, mais d‟espoir aussi quand le savoir parvient à nous rassembler autour de nos rêves et de nos interrogations. Marc Fontrier
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Voir en particulier : Claude RILLY. La langue du royaume de Méroé – un panorama de la plus ancienne culture écrite d’Afrique subsaharienne. Honoré Champion. Paris 2007

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Le méroïtique est une langue qui durant l’Antiquité a été parlée sur le territoire de l’actuel Soudan, dans le royaume de Kush, à Méroé et Napata, ses capitales. Dans la première partie de cet ouvrage, on trouvera une histoire de l’ancien Soudan et un aperçu des étapes du déchiffrement des inscriptions méroïtiques. Les parties suivantes sont consacrées à une description de sa phonologie et de sa morphologie. Les inscriptions méroïtiques n’ayant pas été complètement déchiffrées jusqu’à nos jours, l’auteur n’a retenu en exemple que les textes qui se prêtent à une lecture suffisamment fiable.

INTRODUCTION
Un bref aperçu des inscriptions trouvées sur le territoire du royaume de Méroé permettra de mieux comprendre les particularités de cette langue. Situé sur les terres de l‟actuel Soudan ainsi que sur la partie septentrionale de la Nubie maintenant rattachée à la République arabe d‟Egypte, ce royaume a existé à partir du VIe siècle av. J.-C. jusqu‟au IVe après J-C. De nombreuses inscriptions anciennes comme les hiéroglyphes égyptiens, les Annales des rois d‟Assyrie, les inscriptions cunéiformes iraniennes ou la Bible témoignent de l‟existence d‟un Etat appelé Kush. Pourtant, dans les ouvrages scientifiques de tradition gréco-romaine ou de sources arabes médiévales, on l‟appelait jusqu‟à une époque récente tantôt Ethiopie tantôt Nubie. En fait, les Grecs désignaient du nom d‟Ethiopie divers pays du sud où vivaient des peuplades noires de peau tels l‟Inde, Aksum, l‟Afrique du Nord ou l‟Afrique centrale. Ainsi, par ailleurs, s‟il existe un Etat moderne appelé Ethiopie – Abyssinie, Hab sh –, son territoire ne correspond aucunement à celui de l‟ancien Kush. Il est évident que ces diverses appellations que l‟on retrouve dans les ouvrages scientifiques ont créé la confusion. Dans le meilleur des cas, on aurait pu désigner ce pays par un autre nom grec, « l‟Ethiopie des bords du Nil », mais ce nom aurait lui aussi prêté à désordre car chez les auteurs anciens, il ne correspond pas toujours aux frontières réelles de Kush. Le nom de Nubie ne serait pas plus exact. Il est apparu ultérieurement et n‟a jamais inclus le vaste territoire géographique que les Grecs appelaient « l‟île de Méroé » et qui comprenait les terres situées entre le Nil bleu, le Nil blanc et l‟Atbara. C‟est pourtant exactement là que se trouvaient les principaux centres politiques, religieux et culturels du royaume de Méroé. Aussi, pour éviter toute erreur, serait-il préférable de se ranger à la proposition faite par l‟égyptologue et archéologue américain D. Dunham qui, en 1946, proposait d‟utiliser le nom de Kush [19], terme par lequel dans l‟Antiquité les habitants de ces lieux s‟étaient eux-mêmes désignés. La période située entre le transfert de la capitale de l‟Etat, au VIe siècle av. J.-C., dans la ville de Méroé et allant jusqu‟à son invasion par Aksum est désormais appelée l‟époque du royaume de Méroé, d‟après sa ville principale : en grec Μερόη du mru, mrc des textes méroïtiques. De nombreuses études récentes ont permis de réaliser des progrès évidents dans le domaine de la connaissance de l‟histoire du Kush. C‟est ainsi qu‟est née la « méroïstique », branche nouvelle des études consacrées à l‟Orient
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ancien. Le but de notre ouvrage est de présenter de manière succincte les réalisations obtenues au cours des recherches, principalement dans le domaine de l‟étude de la langue. Toutefois, le niveau de nos connaissances demeurant encore assez réduit à ce jour, nous proposons au lecteur non pas des affirmations catégoriques, mais surtout des hypothèses de travail.

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ÉTAT ACTUEL DES RECHERCHES ARCHEOLOGIQUES
(Sources principales)
Plus de soixante-dix ans se sont écoulés depuis que l‟égyptologue anglais F. Ll. Griffith a pu déterminer les corrélations phonétiques de la plupart des signes de l‟alphabet méroïtique. Néanmoins, à l‟exception de certains mots épars et quelques formules figées, les textes recueillis ne se prêtent pas encore à une traduction systématique cohérente. On pourrait comparer cette situation avec les connaissances que nous possédons actuellement de la langue des Etrusques dont l‟alphabet nous est connu depuis longtemps, mais dont les textes demeurent indéchiffrables. Dans les deux cas, cela s‟explique par l‟absence de bilingues qui auraient pu fournir une clé à la lecture ou faciliter un tant soit peu aux chercheurs la détermination du groupe de langues auquel appartiennent le méroïtique ou l‟étrusque. Jusqu‟à un temps tout à fait récent, on ignorait presque tout des habitants d‟une des contrées les plus reculées du monde antique, celle du royaume de Méroé. Il est vrai que dans les ouvrages des auteurs tels qu‟Hérodote, Strabon, Diodore et Pline, on trouve à son propos quelques mentions éparses, mais la réalité y côtoie toujours l‟imaginaire. En ce qui concerne les données objectives issues des recherches archéologiques, celles-ci n‟ont été effectuées, plus ou moins systématiquement, dans la région du Soudan, qu‟à partir du XXe siècle et ce, dans des proportions assez restreintes. Traditionnellement, au XIXe siècle ainsi qu‟au début du XXe, seuls les peuples anciens dont la culture avait plus ou moins fécondé l‟antiquité et contribué à l‟essor de la civilisation européenne étaient considérés comme dignes d‟une étude scientifique approfondie. G. Maspero, l‟égyptologue français bien connu, avait désigné ces cultures anciennes comme « classiques » et par ce fait dignes d‟être étudiées en priorité, donnant ainsi l‟exemple à bien d‟autres chercheurs. Ce point de vue eurocentrique a ainsi détourné l‟attention des chercheurs qui se sont confinés dans les limites de l‟οἰκουμένη des Grecs sans aller au-delà de sa périphérie. Le royaume de Kush – l‟Ethiopie du Nil chez les anciens Grecs –, Aksum, le royaume minéen et celui de Saba, qui tous avaient subi l‟influence des grandes cultures du Proche et du Moyen-Orient, sont ainsi restés en dehors des préoccupations scientifiques de la majorité des chercheurs.

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