Parlons Luo

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Le luo, de la famille des langues nilotiques, est l'une des trois langues les plus importantes du Kenya. Il est parlé par plus de 3 millions de locuteurs, dans la région du lac Victoria ainsi qu'en Tanzanie dans la région de Mara. C'est la langue du père de Barack Obama. Le lecteur trouvera une description de la langue, des éléments de conversation courante, de nombreuses informations de nature culturelle ainsi que deux lexiques.
Publié le : dimanche 1 février 2009
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EAN13 : 9782296221413
Nombre de pages : 186
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Parlons luo
Langue du Kenya

2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris

@ L'Harmattan,

http://www.librairiehannattan.com diffusion.hannattan@wanadoo.fr hannattan] @wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-07945-8 EAN:9782296079458

Neddy Odhiambo et Michel Malherbe

Parlons luo
Langue du Kenya

L'Harmattan

Parlons... Collection dirigée par Michel Malherbe

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Remerciements A mon père, sans ton soutien, je n'aurais rien fait de ma vie. Tu es et tu resteras ma seule et unique encyclopédie sans qui je n'aurais jamais réalisé cet ouvrage. A ma mère et Gaya ma grand-mère paternelle, des femmes Luo par excellence, courageuse et gardiennes de notre famille. A mes frères, Achieng, Oluoch, Anyango et Gaya, merci pour votre soutien. A mon amie Nasira, merci pour tout,. tu as changé mon destin. Grâce à toi, j'ai osé réaliser mes rêves etje suis devenue la personne que je suis aujourd'hui. A tous mes amis Luo qui résident en France,. Schola Jagona, Judy Ngao, Doreen Jagona, Catherine OtienoStrandberg, Hellen Oluoch-Hiver et Jacqueline OchiengBonnard, sans oublier les luophilles comme Susan Ongachi, Francis Ndung 'u et Jane Jacobsen j'espère que cet ouvrage vous aidera à garder la langue luo vivante même si vous vivez loin du pays. A Jerim Obure and Judy Ngao, merci pour vos précisons utiles sur le vocabulaire. A Grace Sicard, c'est grâce à toi qui j'ai pu participer au projet de cet ouvrage. Je te remercie beaucoup. A Michel Malherbe, travailler avec vous a été un très grand plaisir.

Acknowlegments To my father, I would never have done anything with my life without your support. You are and will always be my one and only walking encyclopaedia, without which I would never have written this book

To my mother, name, and mypaternal grandmother,
Gaya, - two exceptional Luo women- you are extremely hardworking women and you are the keepers of our family. I profoundly appreciate all that you do for our family. To my siblings,. Achieng, Oluoch, Anyango and Gaya, thank you for your support. To my friend Nasira, thank you for everything, you changed the course of my life. It is because of you that I dared to live my dreams and to become the person that I am today. To all my Luo friends living in France,. Schola Jagona, Doreen Jagona, Catherine Otieno-Strandberg, Hellen Oluoch-Hiver and Jacqueline Ochieng-Bonnin, not forgetting friends of Luo like Susan Ongachi, Francis Ndung'u and Jane Jacobsen, I hope that this book will help you keep Luo language alive despite livingfar from Luo-land To Jerim Obure and Judy Ngao, thanks for all the useful explanations and precisions that you helped me with on Luo vocabulary. To Grace Sicard, it is because of you that I managed to participate in the writing of this book Thank you so much. To Michel Malherbe, it was a great pleasure working with you on this book.

LE PAYS LUn DANS LA PRPVINCE Of NYANlA~KENYA

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N. Odhiambo 2009

Introduction
Les Luo du Kenya sont environ 3,5 millions selon le dernier recensement de population réalisé en 2009. Ils constituent environ 12% de la population kenyane et habitent majoritairement la province de Nyanza au bord du lac Victoria à l'ouest du pays, près des frontières de la Tanzanie et de l'Ouganda. La ville principale est Kisumu (environ 330.000 habitants) principal port kenyan sur le lac Victoria. Les Luos, au sens strict, constituent la troisième ethnie du Kenya par ordre d'importance numérique, soit environ 12% de la population du pays qui atteint les 33 millions d'habitants. Le peuple luo est originaire d'une région au sud du confluent du Nil el du fleuve Bahr-el-Ghazal dans l'actuel Soudan. Ils ont habité cette région jusqu'au XVème ou XVlème siècle lorsqu'ils ont commencé leur migration vers le sud, leur habitat actuel. Les taisons de cette migration ne sont pas totalement connues à l'heure actuelle. C'était un peuple de cultivateurs et d'éleveurs de bétail. La migration se fit en quatre temps et par petits groupes. Elle s'étendit sur une IOhgue période. Chaque groupe s'est installé dans une région d'uti des Etats actuels de l'Afrique orientale. Les Luos du kenya font partie du quatrième et dernier groupe de migration. Ce groupe 5

avait comme chef un guerrier appelé Ramogi Ajwang'. A leur arrivée au Kenya, ils se sont installés à un endroit qui s'appelle Got Ramogi (les collines de Ramogi) aux alentours de Imbo au nord de la province. Cette migration par petits groupes explique la présence des Luo au sud du Soudan, au nord de l'Ouganda, à l'est du Congo, à l'ouest du Kenya, au nord-ouest de la Tanzanie et à l'ouest de l'Ethiopie. Ce n'est qu'au cours du XIXèmesiècle qu'ils ont occupé des terres plus hautes ce qui leur a permis de compléter leur activité traditionnelle d'éleveurs par l'agriculture. Il en est résulté des échanges économiques et culturels plus nombreux avec les populations bantoues voisines. Leur langue est nilotique, du même groupe que celle des Massaïs. Aujourd'hui, les Luos se trouvent principalement dans la province de Nyanza aux alentours du Lac Victoria à l'ouest du pays. Cette province est une des huit provinces du Kenya. Comme dans la majeure partie du pays, Nyanza bénéficie d'un climat tropical marqué par deux saisons de pluie dans l'année. Sa superficie est de 12 547 km2 avec une population d'environ 4,4 millions d'habitants et une densité de 350 par km2. Jusque dans les années 1990, la province était divisée en quatre districts administratifs. Aujourd'hui, on en compte dix-huit. Cependant parmi les Luos, une frontière socioculturelle existe entre les habitants du nord de la 6

province (ce qu'on appelait anciennement Central Nyanza) et le sud de la province (South Nyanza). Cette frontière imaginaire est marquée par la rivière Sondu dans la région de Nyakach. Il est important de noter que la province n'est pas habitée uniquement par les Luos, les Luos partagent cette province avec les Kisii et les Kuria, deux ethnies bantoues. Ces deux ethnies habitent la partie sud-est de la province. Les voisins proches des Luos sont les Masai, les Kipsigis et les Nandi à l'est de la province et les Luyias au nord de la province. Le Luo est la troisième ethnie la plus nombreuse du Kenya après les Luyias et les Kikuyus qui parlent des langues bantoues. Les langues officielles du Kenya sont l'anglais et le kiswahili. Au total, on parle dans le pays une quarantaine de langues différentes.

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Première Partie Description de la langue

Description de la langue
Le luo fait partie du groupe de langues nilotiques comme le Maasaï et le Kalenjin. Le groupe nilotique se divise en sous-groupes et le luo se trouve dans le sous-groupe de l'ouest. Au sens large, il existe un ensemble de langues appelées luo qui compte une quinzaine de langues. Celles du nord se parlent au Soudan, souvent par des groupes très peu nombreux. La plus connue est le shilluk. Les langues luo du sud se parlent en Ouganda (achoU, alur, lang' 0, padhola etc.), au Kenya (Iuo proprement dit, appelé aussi dholuo ou kavirondo) et même en république démocratique du Congo (alur) ou en Ethiopie (anuak / anywak). C'est la langue dholuo qui est l'objet de ce livre. Malgré leur proximité, un Luo ne comprend pas forcément le shilluk ou l' acholi. Alphabet Le luo emploie l'alphabet latin, à l'exception des lettres q, v , x et z qu'on ne trouve que dans des mots étrangers. Les voyelles sont a, e, i, 0 et u (prononcé ou). Les consonnes sont: b, ch, d, dh, f, g, h, j, k, I, m, n, ng', ny, p, r, s, t, th, et

w.
La lettre c n'existe jamais sans être accompagnée de h ; ch se prononce à l'anglaise, comme tch en français; dh se prononce comme th dans le mot anglais that et th se prononce th dans le mot anglais think. Le j se prononce à 11

l'anglaise, cij comme dans John. Les groupes de lettres ng' et ny sont considérés comme des sons à part et sont classés à part dans les lexiques. Le son sh (ch du français) n'existe pas en luo. Attention, le luo distingue nettement: ringo courir de ring' 0 viande Le premier mot est perçu comme ayant une coupure entre les deux syllabes: rin-go alors que ng' est très nasalisé et se prononce d'une seule émission de voix. Pour acquérir une bonne prononciation, nous recommandons au lecteur de se rapporter au CD Rom qui accompagne ce livre. Phonétique Le luo comporte des voyelles longues et courtes. Les voyelles longues sont souvent redoublées. Ainsi l'eau s'écrit pii. Les tons jouent un rôle non négligeable en luo. De nombreux mots ont la même orthographe et ne se distinguent que par leur ton, haut ou bas. Il faut cependant noter qu'il existe aussi de nombreux cas de mots se prononçant identiquement mais de significations différentes. Exemples: apuoyo lapin / merci (en luo-acholi) 12

bor chak chieo chogo chwe ik kendo keyo kich koko kor kue kwoyo le 1er mondo neno nyaka oganda piny pong' romo sende tik tong'

loin / nuage / graisse animale lait / début lait frais (non traité) / matin os / benjamin de la famille aiguille / gros âge / funérailles à nouveau / épouser moissonner / disperser abeille / orphelin bruit / monstre poitrine / côté paix / se refroidir coudre / sable hache / animal lumière / muscle (pluriel: leche) que (conjonction) / arriver tôt voir / faire l'éloge d'un défunt devoir (verbe) / il faut / jusqu'à tribu / haricots pays / bas plein / moulin assez / rencontrer argent / assiettes (pluriel de san) menton / mauvaise odeur œuf / frontière

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On constate aussi des modifications de consonnes qui apparaissent notamment pour distinguer la possession de type aliénable du type inaliénable. Pour illustrer cette notion, donnons un exemple. L'expression chogo guok signifie l'os du chien, dans le sens de l'os que le chien a pris pour manger. En revanche chok guok signifie l'os du chien en tant que partie de son squelette. La forme Ch020 est aliénable car le chien peut s'en séparer alors que la forme chok est évidemment inaliénahle_ Nous verrons plus loin que des modifications de consonnes se produisent également lors de la formation des pluriels (très irréguliers en luo) et de la formation des compléments de noms. Fixation de l'orthographe Le luo s'écrit encore peu et son orthographe n'est pas encore complètement stabilisée. L'un des points qui pose encore question est le choix entre u et w, par exemple on peut écrire le mot mois due ou dwe et la préposition au sujet de kuom ou kwom. Pour les voyelles longues, on emploie parfois le redoublement, parfois pas.

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