Philologie et histoire de la langue espagnole

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Après le succès recueilli auprès des étudiants, l'auteur se devait de publier ce cours de philologie et d'histoire de la langue espagnole, qui rend désormais accessible à tous les hispanistes et aux linguistes en général l'essentiel des données traditionnelles de la philologie espagnole, avec une remarquable clarté.
Publié le : jeudi 1 novembre 2007
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EAN13 : 9782296185197
Nombre de pages : 209
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PHILOLOGIE

ET HISTOIRE

DE LA LANGUE ESPAGNOLE

2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan @wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

@ L'Harmattan,

ISBN: 978-2-296-04395-4 EAN : 9782296043954

Jean-Michel THOMAS

PHILOLOGIE ET HISTOIRE DE LA LANGUE ESPAGNOLE

Préface de

Jean LUCAS

L'Harmattan

Recherches et Documents

-

Espagne

Collection dirigée par D. Rolland et J Chassin
La collection Recherches et Documents-Espagne publie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques, des documents et des recueils de documents.

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Reconnaissance envers mes professeurs aujourd'hui décédés: M. le vicomte dom José de Vasconcelos M. l'abbé Lemarié M. Louis Miard M. Philippe Cahuzac (requiescant in pace)

PREFACE
Après le succès d'un cours très apprécié par les étudiants à l'université de Poitiers en 2002-2003, Jean-Michel THOMAS a entrepris de rendre ici accessible à tous les hispanistes et aux linguistes en général l'essentiel de son cours de philologie et d'histoire de la langue espagnole.

L'intérêt de l'ouvrage de Jean-Michel THOMAS est tout d'abord de présenter les données traditionnelles de la philologie espagnole avec une clarté remarquable, qui aidera amplement les non latinistes à bien comprendre l'évolution du latin en Ibérie depuis vingt siècles. Pour se démarquer des ouvrages déjà existants sur le sujet, l'auteur a pris l'heureuse initiative de compléter l'exposé des lois générales de la philologie espagnole par des références aux plus récentes découvertes de la linguistique contemporaine dans les domaines de la phonologie et de la sémiologie.
Au moment qui convient, Jean-Michel THOMAS a également su donner à son exposé une dimension européenne, en mettant en évidence l'universalité des lois phonétiques par de nombreuses références à d'autres langues, latines ou non, de sorte que sans être un traité de linguistique générale, cet ouvrage invite le lecteur à sortir du cadre étroit de l'étude d'une langue précise, sans nier l'originalité et l'intérêt porté spécialement ici au castillan.

Comme la langue du passé a survécu grâce aux écrits, Jean-Michel THOMAS a consacré une deuxième partie de son exposé à une analyse détaillée de plusieurs documents représentatifs de l'état du castillan au Moyen Age et à la Renaissance. Un autre avantage de cet ouvrage, et non des moindres, est donc d'avoir illustré la partie théorique par des explications de textes anciens. Pour chacun d'eux, une étude phonétique, motphologique et syntaxique aidera efficacement les étudiants à y retrouver d'une façon concrète l'application des lois générales de la philologie, présentées dans la première partie. Grâce à ces commentaires, jusqu'ici peu développés dans les manuels et assez difficiles d'accès, l'étudiant hispaniste pourra ainsi vérifier «sur le terrain », et sans devoir se livrer à de laborieuses recherches, la manifestation des lois qui ont déterminé l'évolution du castillan, des origines jusqu'à nos JOurs. Gageons que ce travail apportera à tous les passionnés de linguistique hispanique la joie de faire de nombreuses découvertes et que, par le biais de l'histoire de la langue espagnole, ils y découvriront aussi certains aspects de leurs propres origines.
Jean LUCAS, docteur ès lettres.

AVANT-PROPOS

Une des difficultés majeures que rencontrent aujourd'hui les étudiants qui s'adonnent à l'étude de la philologie et de l'histoire de la langue espagnole résulte de leur méconnaissance du latin, de moins en moins enseigné dans nos lycées et collèges. Le présent travail a été réalisé principalement à l'intention de ces étudiants hispanistes, afin de leur venir en aide dans cette approche diachronique de la langue de Cervantes et de Garcia Lorca. Bien que l'évolution du latin dans la péninsule ibérique ait été beaucoup moins complexe qu'en Gaule, les changements qui s'opérèrent inévitablement dans le langage pendant deux mille ans ne peuvent être compris qu'à l'aide de points de repère précis dans la langue d'origine, notamment dans les domaines de la phonétique et de la morphologie, dont les transformations ont eu aussi des conséquences sur la syntaxe du castillan, en raison principalement de la disparition des cas latins. Pour faciliter la tâche de nos étudiants hispanistes non-latinistes de formation et qui abordent l'histoire de la langue espagnole, nous avons simplifié, autant que faire se peut, la présentation des structures latines de base à partir desquelles la langue espagnole a pris son essor. Comme cette évolution n'est pas anarchique mais nécessairement soumise à des lois phonétiques, nous avons exposé ces dernières en montrant aussi parfois leur influence sur d'autres langues, puisque ces lois sont en fait universelles, tout en exerçant sur chaque langue une influence particulière. Pour mieux illustrer l'application des lois exposées précédemment, nous avons complété cette étude par une analyse linguistique de quelques textes médiévaux extraits du Cantar de mio Çid, des Milagros de nuestra Senora de Berceo, de l' Auto de los Reyes Magos et du Libro de buen amor de l'arcipreste de Rita. Puissent ainsi nos étudiants avoir une meilleure compréhension de la langue espagnole, si originale parmi toutes les autres langues romanes.

SOMMAIRE
Pages
1ère partie: PHILOLOGIE

Chapitre 1: Notions de phonétique générale et de phonologie. Chapitre 2 : Les grands phénomènes phonétiques et phonologiques dans la constitution de la langue espagnole. Chapitre 3 : Le rôle déterminant de la palatalisation et du Yod dans le latin ibérique et le castillan.
2èmepartie:

9

23

45

HISTOIRE

DE LA LANGUE

ESPAGNOLE

Chapitre 4 : Du latin à l'espagnol. Chapitre 5 : Les grandes étapes de l'évolution du castillan.
Chapitre 6 : Textes commentés 1) Cantar de mio Çid (vers 1 à 30) 2) Berceo : Milagros de Nuestra Senora (Introduccion) 3) El auto de los Reyes Magos (vers 1 à 45)

63 107 121 123 132 141

4) Arcipreste de Hita : Libro de buen amor - Enxiemplo de la abutarda e de la golondrina (st. 756 à 762) - Cântica de serrana (st. 1022 à 1042) - Enxiemplo dei mur de Monferrado e dei mur de Guadalfajara (st. 1370 à 1384) - Enxiemplo delleon e dei mur (st. 1425 à 1436) Lexiq ne

150 158 170 181 191

1ère partie:
PHILOLOGIE

Chapitre I NOTIONS DE PHONETIQUE GENERALE ET DE PHONOLOGIE

1. De2rés d'aperture buccale
Au plan vertical de la bouche correspondent les degrés d'aperture (ou d'ouverture) des phonèmes. Toute langue retient un certain nombre de PHONEMES, c'est-à-dire d'unités phoniques de base qui serviront à former les mots. Les phonèmes les plus ouverts entrent dans la catégorie des VOYELLES tandis que les phonèmes les plus fermés appartiennent à la catégorie des CONSONNES. Voici le tableau des degrés d'aperture buccale des phonèmes de l'espagnol moderne: Voyelle ouverte Voyelles moyennes Voyelles fermées 8 7 6 y I, Il e a o u w r, rr

Sonantes (semi-voyelles) 5 Liquides - Vibrantes Nasales Fricatives 4

3
2
f(fuego)

m-n-Îi

-e (cero) - s (seis) - x (joven)
- 8 (cada) - y (haga)]

[(f3 (saber)

Affriquée

1

c (chico) p-b
9 t -d k-g

Occlusives

o

Plus l'aperture est grande (i.e. plus la bouche est ouverte), plus on se rapproche des voyelles; plus l'aperture est faible, plus on est au niveau des consonnes. a) Au degré le plus inférieur se situent les consonnes dites OCCLUSNES dont la prononciation s'accompagne d'un blocage total de l'air: - soit au niveau des lèvres, ce qui donne les deux consonnes labiales P et B. - soit au niveau des dents, ce qui donne les deux consonnes dentales T et D. - soit au fond de la gorge (voile du palais), ce qui donne les deux consonnes vélaires K et G. (cf. degré 0 du tableau). b) A un degré d'aperture un peu plus élevé (c'est-à-dire en ouvrant légèrement la bouche), on rencontre les FRICA TNES, qui sont des consonnes dont la prononciation s'accompagne d'un frottement de l'air (ou d'une friction) - soit au niveau des lèvres (d'où la fricative labio-dentale F). - soit au niveau des dents (d'où la fricative interdentale 8, la ceta espagnole ). - soit, un peu plus en arrière, au niveau des alvéolaires (d'où la fricative apico-alvéolaire S, en espagnol, différente de la fricative dorsoalvéolaire S en français). - soit au fond de la gorge (d'où la fricative vélaire appelée jota) (cf. degré 2 du tableau). Remarque. - Les occlusives sonores intervocaliques B D G ont tendance à être articulées comme des fricatives, raison pour laquelle elles sont transcritesphonétiquementpar J3(saber), Ô(cada) et y (haga). c) Entre les occlusives et les fricatives se situent les AFFRIQUEES, qui sont des consonnes mixtes, composées d'un premier élément occlusif et d'un deuxième élément fricatif. L'espagnol moderne ne connaît plus qu'une affriquée, la eche (tJ), qui phonétiquement peut se décomposer en T (occlusif) et CH ou J (fricatif), mais phono logiquement ces deux éléments sont inséparables; ils constituent donc une unité, un phonème particulier, et c'est pourquoi tous les mots espagnols commençant par CH sont classés dans le dictionnaire après ceux qui commencent par C. Le castillan médiéval possédait aussi l'affriquée TS, présente dans le mot CABEZA, souvent orthographié CABEÇA, et qui se prononçait alors KA'J3ETSA ; cette affriquée se retrouve aujourd'hui dans l'allemand ZEIT. - Dj ou D3 est une

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autre affriquée qu'on trouve dans l'anglais JUST (D3/\st) ou l'italien GIORNO ('D]jJRNJ). (cf. degré 1 du tableau). d) A un degré d'aperture supérieur se trouvent les consonnes nasales. Leur prononciation laisse une partie de l'air passer par le nez, mais leur point d'articulation étant variable, on distinguera la nasale labiale M, la nasale dentale N et la nasale palatale N (JI) que l'espagnol oppose dans la série
CAMA (KaMa)

- CANA

(KaNa) - CANA (Ka[1a) (cf. degré 3 du tableau).

e) En ouvrant un peu plus la bouche, on en arrive aux LIQUIDESVffiRANTES. La L est une latérale apico-dentale, parce qu'on la prononce avec la pointe de la langue (apex) qui vient buter contre les incisives supérieures tandis que l'air s'échappe librement des deux côtés de la langue. La LL ou ~ est une liquide palatale (très exactement une latérale dorsopalatale). On dit que R est une vibrante parce que l'organe par lequel on l'articule (la pointe de la langue en espagnol, ou la luette en français) forme une série d'occlusions très rapides (cf. degré 4 du tableau). t) Dans la partie supérieure du tableau apparaissent les phonèmes les plus ouverts appelés VOYELLES (cf. degrés 6-7-8). Celles-ci se diversifient en deux groupes: les palatales E - I (qu'on prononce en tirant les lèvres en arrière, d'où leur nom de rétractées) et les vélaires 0 - U (qu'on prononce en allongeant les lèvres, d'où leur nom d'arrondies). Le U français (y) de « lu », « vu », est un I prononcé avec les lèvres en avant comme pour la prononciation d'un ou. Les voyelles sont simples tandis que les consonnes sont, étymologiquement, des vibrations sonores composées (con-sonnes).
g) Entre les voyelles et les consonnes se situent les SONANTES, encore appelées semi-voyelles ou semi-consonnes (cf. degré 5 du tableau). Ce sont le YOD (palatal) et le WA W (vélaire), qu'on retrouve en espagnol à l'initiale des mots YEGUA ('Jeywa) et HUEVO ('We~J). 2. Point d'articulation ou localisation

Au plan horizontal de la bouche correspond le point d'articulation qui permet de distinguer, ou de localiser, d'avant en arrière:
a) Les LABIALES, articulées au niveau des lèvres: P-B-M.

b) Les LABIO-DENTALES, articulées au niveau des lèvres et des dents: F (+ V en français). Il

c) Les INTERDENTALES, articulées entre les dents: e de l'espagnol CERO (ou de l'anglais THICK).
d) Les DENTALES, articulées derrière les dents: T-D-N-S-L-R. et

e) Les PALATALES, articulées au niveau du palais: CHltf -N/Jl-LL~ anciennement SIf et Z/3 + les voyelles E-I.

f) Les VELAIRES, articulées au niveau du voile du palais: K-G-Jota + les voyelles O-U.

3. Dee:résd'aperture e:lottale.
Outre les degrés d'aperture buccale, il faut aussi envisager deux degrés d'aperture glottale. La GLOTTE - qui se situe au niveau du larynx (pomme d'Adam) - comporte deux muscles que l'on appelle les cordes
vocales, qui peuvent être en contact ou écartées.

Dans la prononciation des occlusives, si les cordes vocales sont écartées, on émet les consonnes SOURDES P-T-K ; au contraire, si les cordes vocales sont en contact, elles vibrent et produisent les consonnes SONORES B-D-G.

Cordes vocales écartées

Cordes vocales en contact SONORES B-D-G

SOURDES

P-T-K

Le français distingue aussi des fricatives sourdes et des fricatives sonores: F (ils font) s'oppose à V (ils vont) - S (le poisson) s'oppose à Z (le poison) - CHIJ

(boucher) s'oppose à J/3 (bouger). En espagnol, toutes les fricatives sont sourdes; mais le castillan médiéval distinguait, comme le français actuel, un S sourd, redoublé dans l'écriture (OSSO: ours) qu'il opposait à un S sonore (Osa: 1ère pers. sing. du prés. de l'indicatif de OSAR) qui se prononçait comme le Z du français «j'ose ». Enfin, toujours comme en français actuel, le castillan du Moyen Age opposait une fricative palatale sourde CHIJ, qui s'écrivait alors X comme dans DIXO «il a dit», et une fricative sonore palatale J/3, qu'on trouve par exemple dans le mot OJO/)3) « œil ». Vers le XIVèmeiècle, l'opposition CH-J (fs 3) a disparu et seule la sourde CHIJ est restée jusqu'au XVnème siècle où cette
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fricative palatale a reculé son point d'articulation pour devenir la fricative vélaire

que nous appelons la Jar A. Aujourd'hui en espagnol, tous les phonèmes
supérieurs aux fricatives sont des sonores.

4. Différence

entre vovelles

et consonnes.

Le mot CAPIrULO (Ka'pituIJ) nous permettra de mettre en évidence cette opposition telle qu'elle apparaît lorsqu'on situe les phonèmes qui composent ce mot à leur place respective dans le tableau des degrés d'aperture.
Degrés d'aperture

Ouverture 8 7 o 6 5 4 3 2

o
Fermeture

K

P

T

13

La voix ne cesse de monter et de descendre entre tous ces phonèmes, de sorte que nous pourrions aussi écrire:

8 7 6 0 C A o P I 0 T 6 7

~--------/
4 V L

0

On voit que la voyelle est un sommet (c'est-à-dire un degré supérieur d'aperture) tandis que la consonne est une base (un degré inférieur d'aperture). L'articulation serait impossible si on ne faisait pas varier le degré d'aperture. Par exemple, le groupe «PTK» est imprononçable puisqu'on reste au niveau des occlusives. En revanche, on peut prononcer « PST» parce qu'on a fait varier l'aperture. Cette syllabe pourrait s'écrire /S" PT;

ici le S est « voyelle» (cas fréquent en polonais).

5. Notion de diphton2ue.
Les trois voyelles A-E-O sont dites ouvertes tandis que les voyelles I et V sont fermées. Lorsqu'une des voyelles fermées est associée à une voyelle ouverte, elles forment une diphtongue. C'est dans ce cas que le I et le V deviennent des semi-voyelles / semi-consonnes, c'est-à-dire le YOD et le WAW. Toutes les combinaisons mathématiques possibles d'une voyelle fermée et d'une voyelle ouverte forment une diphtongue, qui compte toujours pour une seule syllabe: AI (aire) - lA (piano) - AV (caudal) - VA (cuatro) - IE (piedra) - El (veinte) - 10 (limpio) - 01 (boina) - VO (antiguo)OV (bou) - VE (bueno) - EV (deuda). L'association des deux voyelles
fermées I et V forme aussi une diphtongue: lU (ciudad)

- VI

(cuidado). Les

deux diphtongues les plus fréquentes en espagnol sont lE et VE. En revanche, deux voyelles ouvertes consécutives ne forment jamais une diphtongue en espagnol et doivent être prononcées séparément: EA (idea) - AE (faena) - OA (toalla) - AO (caoba) - EO (museo) - OE (poeta). Le latin classique distinguait déjà nettement la voyelle simple 0 et la diphtongue AV : ODIO (je hais) =1= AUDIO (j'entends) ; OFFERO (j'offre) =1= AUFERO (j'emporte). 14

L'espagnol actuel connaît quelques rares cas de triphtongues: BUEY PARAGUAY - ESTUDÎAIS.

6. Notion de svllabe. a) En principe, il y a dans un mot autant de syllabes que de voyelles. a 4 voyelles, donc 4 syllabes: PE - LI - CU - LA. Du point de vue syllabique, une diphtongue a la valeur d'une voyelle simple. Dans VARIa ou VARIa, il n'y a donc chaque fois que deux syllabes : VA - RIO ou VA - RIO. Mais si le I, associé à une autre voyelle, est accentué, il retrouve alors sa pleine valeur vocalique, ce qui rajoute une
Ex. PELICULA

syllabe au mot. Ainsi, vARia
n'a que deux syllabes, tandis

a 3 syllabes VA
que HAcÎA

- Ri - O. De

même HACIA

en a trois HA

- CI - A.

Rappelons que deux voyelles ouvertes ne forment jamais de diphtongue et que chacune appartient alors à une syllabe distincte. Il y a donc dans le mot MUSEO 3 syllabes: MU - SE - O. Le mot GEOGRAFIA a 5 syllabes: GE - 0 - GRA - FI - A; le mot EUROPEO n'en a que 4 : EU Ra - PE - 0, à causè de l'association EU qui forme une diphtongue, tandis qu'à la fin du mot les voyelles E 0, toutes deux ouvertes, appartiennent à des syllabes différentes. b) Une syllabe commence à partir du phonème le plus fermé. Ainsi, dans le verbe ABRlR, la barre syllabique doit se mettre entre le A et le B : AI BRIR (81 0464), puisque le B, en tant qu'occlusive, est au degré d'aperture le plus inférieur. En revanche, dans le mot ARBOL, qui a aussi deux syllabes puisqu'il contient deux voyelles, la barre syllabique doit se placer entre le R et le B : AR! BOL (841 074). Le R, étant plus ouvert que le B, appartient à la première syllabe AR, tandis que le B, qui est plus fermé, se trouve à l'initiale de la syllabe suivante. On dira alors que le R est en situation implosive tandis que le B est en situation explosive.

7. Notion d'implosion et d'explosion.
En début de syllabe, une consonne est toujours en situation explosive, tandis qu'en fin de syllabe, elle est toujours en situation implosive. Dans le mot français APPEL, qui contient deux voyelles, il y a donc deux syllabes et la barre syllabique doit s'inscrire entre les deux P : APl PEL. Le premier P, qui ferme la syllabe, se trouve en situation implosive qu'on représentera par le petit signe> placé au-dessus de la lettre - tandis que le deuxième P, qui ouvre la deuxième syllabe, se trouve en situation
explosive

- qu'on

représentera

par le signe < placé au-dessus de la lettre. Le

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L final se trouve bien entendu en situation implosive puisqu'il ferme la deuxième syllabe. On représentera les implosions et les explosions dans ce > < > mot de la façon suivante APl PEL. En espagnol, un yod en finale de mot sera en situation implosive; il jouera donc ici le même rôle qu'une consonne et c'est pourquoi ce mot prendra au pluriel la terminaison ES, comme tous les mots terminés par une < > < < > consonne. D'où REY > RENES, en notant toutefois que le yod qui est implosif au singulier passe en situation explosive au pluriel puisque, comme nous venons de le voir, une syllabe commence à partir du phonème le plus fermé, c'est-à-dire ici le yod, situé entre deux E. En ce qui concerne les implosions et les explosions, plusieurs cas de figure sont possibles: a)On peut avoir un chaînon implosif (2 implosives consécutives), à condition que la première consonne soit plus ouverte que la suivante. C'est » le cas du français ARC. Mais l'espagnol n'admet pas ce type d'implosion en >< finale absolue. On aura donc le mot ARICO, dans lequel le C n'est plus implosif comme en français mais explosif puisqu'il est ici en début de syllabe.-Lorsqu'en latin un mot contient deux consonnes implosives suivies d'une consonne explosive, la deuxième implosive disparaît en castillan. Ex : < > >< > SANC/TUM> SANTO. b)On peut aussi avoir un chaînon explosif (deux explosions consécutives), à condition que la première consonne soit plus fermée que la < « suivante. Ainsi, dans le mot espagnol CUAlTRO, le groupe TR, qui rassemble deux phonèmes dont le premier est plus fermé que le second, nous met en présence d'un chaînon explosif, c'est-à-dire de deux consonnes qui < >< appartiennent à la même syllabe. Au contraire, dans le mot CUAR/TO, les deux consonnes R et T appartiennent à deux syllabes différentes puisque R et plus ouvert que T. Le R, qui ferme la première syllabe est donc implosif tandis Que le T qui ouvre la deuxième syllabe est explosif. C'est pourquoi on <: > < écrira CUARlTO.
f

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